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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Des niveaux alarmants... » Haro sur l'imidaclopride dans le Monde

7 Novembre 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Article scientifique, #critique de l'information, #Activisme

« Des niveaux alarmants... » Haro sur l'imidaclopride dans le Monde

 

 

(Source)

 

 

Sur le mode « théorie du complot »

 

Présentons la chose sur le mode complotiste.

 

Ce qui est devenu la loi relative aux conditions de mise sur le marché de certains produits phytopharmaceutiques en cas de danger sanitaire pour les betteraves sucrières (texte issu de la commission mixte paritaire (Assemblée Nationale-Sénat) le 29 octobre 2020) était une affaire pliée, sur le plan du principe, au moment même où avait été annoncée l'intention gouvernementale. À quoi bon, dès lors, gaspiller de précieuses munitions ?

 

La mise en ligne – le 29 septembre 2020 par la revue Agriculture, Ecosystems & Environment – de « Residues of currently used pesticides in soils and earthworms: A silent threat? » (résidus de pesticides actuellement utilisés dans des sols et des vers de terre : une menace silencieuse ?) s'est donc faite dans un étonnant silence médiatique.

 

Même pas de communiqué de presse tonitruant des institutions de rattachement ! À croire que...

 

Mais une fois le projet de loi adopté par le Sénat le 27 octobre 2020, il devenait à la fois urgent de publier un article sur le sujet, pour être le premier, et opportun d'ouvrir les hostilités sur un des candidats à l'enrobage des semences de betteraves à sucre, l'imidaclopride (par ailleurs le néonicotinoïde ayant un des profils écotoxicologiques les moins favorables, s'agissant de la durée de demi-vie dans le sol).

 

Ce fut donc, le 29 octobre 2020 (date sur la toile), dans le Monde Planète et sous la signature de M. Stéphane Foucart (évidemment...), « Des niveaux alarmants de pesticides mesurés dans les sols et les vers de terre ». En chapô :

 

« Un néonicotinoïde compte parmi les substances les plus fréquemment retrouvées. Il s’accumule de manière inattendue dans les vers, où il est parfois présent à des taux "faramineux". »

 

L'article scientifique n'a sans aucun doute pas été conçu à cette fin, mais l'occasion fait le larron.

 

Cette théorie du complot, ça se défend, non ?

 

 

Que dit l'étude ?

 

L'étude est de C. Pelosi, C. Bertrand, G. Daniele, M. Coeurdassier, P. Benoit, S. Nélieu, F. Lafay, V. Bretagnolle, S. Gaba, E. Vulliet et C. Fritsch. Elle a été réalisée à Chizé (Deux-Sèvres), sur la zone atelier Plaine et Val de Sèvre du CNRS, le lieu de production d'études qui font froncer les sourcils de bon nombre d'observateurs rationnels.

 

Mais voici le résumé (nous découpons comme de coutume) :

 

« Faits marquants

 

  • Trente et un résidus de pesticides ont été analysés dans 180 sols de surface agricoles et 155 vers de terre.
  • Les sols (100 %) et les vers de terre (92 %) contenaient au moins un pesticide.

  • Les champs traités et les habitats semi-naturels non traités étaient contaminés.

  • Un nombre plus important et des concentrations plus élevées de pesticides ont été constatés dans les zones traitées.

  • Les concentrations environnementales initialement prédites dans les sols ont été dépassées dans 22 % des sols.

  • Un risque élevé de mélange de pesticides pour les vers de terre a été prédit dans 46 % des cas.

 

Résumé

 

Des lacunes critiques dans les connaissances sur le devenir environnemental et les effets involontaires des pesticides actuellement utilisés (PAU) entravent la compréhension et l'atténuation de leurs impacts globaux sur les processus écologiques.

 

Nous avons étudié l'exposition des vers de terre à 31 PAU multiclasses dans un paysage agricole en France.

 

Nous avons mis en évidence la présence d'au moins un pesticide dans tous les sols (n = 180) et de 92 % des vers de terre (n = 155) à la fois dans les cultures traitées et dans les habitats non traités (haies, prairies et céréales en agriculture biologique).

 

Des mélanges d'au moins un insecticide, un herbicide et un fongicide (> limite de quantification) ont contaminé 90 % des sols et 54 % des vers de terre à des niveaux qui pourraient mettre en danger ces organismes bénéfiques du sol non ciblés.

 

Un risque élevé de toxicité chronique pour les vers de terre a été constaté (46 % des échantillons) à la fois dans les céréales d'hiver traitées et dans les habitats non traités considérés comme des refuges. Cela peut altérer la biodiversité, entraver le rétablissement et nuire aux fonctions des écosystèmes.

 

Ces résultats fournissent des informations essentielles pour l'agriculture durable et la réglementation des PAU, et mettent en évidence le potentiel des pesticides en tant qu'agents du changement mondial. »

 

Il y a bien des choses à dire sur ce résumé.

 

Les auteurs font une immense découverte : il y a plus de résidus, en nombre et en concentration, dans les champs traités que dans les zones non traitées.

 

Il suffit de faire des « prédictions » basses pour pouvoir proclamer ensuite qu'elles ont été dépassées.

 

Les auteurs évoquent aussi des « prédictions » de « risque élevé » pour les vers de terre.

 

Bref – et cela ressort nettement du résumé – on est dans le registre de la « science » militante.

 

En fait, nous sommes prévenus dès le titre : « une menace silencieuse », certes assorti d'un point d'interrogation de camouflage, fait écho au « Printemps silencieux » de Rachel Carson. Et l'origine institutionnelle de l'article est aussi devenu un indicateur.

 

 

L'alarmisme est-il justifié ?

 

Pour les sols, les résultats sont livrés dans le tableau suivant :

 

 

Tableau 2. Concentrations des 31 pesticides dans les 180 sols, classées par ordre décroissant du nombre de détections. nd = non détecté. OF = agriculture biologique. Doses recommandées pour les céréales ou d'autres cultures (y compris les applications multiples potentielles) selon la base de données e-phy (https://ephy.anses.fr). Pour plus de détails, voir le tableau S1.

 

 

Que signifie la « dose recommandée » dans ce tableau ? C'est la dose théorique dans le sol calculée à partir des formulations commerciales utilisées sur céréales, une pénétration de 5 centimètres dans le sol et une densité du sol de 1,5.

 

Par exemple dans le cas du diflufénican, la valeur médiane est grosso modo la moitié de cette dose (la médiane est la valeur qui sépare la moitié des échantillons les plus « contaminés » de la moitié les moins « contaminés »). La valeur la plus élevée résulte vraisemblablement d'une accumulation.

 

Faut-il s'en inquiéter ? Il n'y a pas de point de comparaison pertinent. Il n'y a pas non plus d'indication sur ce que représente la valeur la plus élevée : exceptionnelle (une valeur aberrante) ou non ?

 

On peut considérer que la présentation des données, qui met en premier les valeurs les plus élevées, est tendancieuse et cherche à impressionner.

 

Ce tableau corrobore-t-il les annonces faites dans les faits marquants ? À vous de juger.

 

Indication : dans les sols en agriculture conventionnelle, la médiane est supérieure à 1 ng/g de sol pour quatre produits de protection des plantes seulement, sur 31. Lorsque la médiane est « nd » (21 occurrences sur 31), cela signifie que le produit n'a pas été détecté dans la moitié des échantillons... ou plus.

 

Selon les informations complémentaires, une limite de détection fréquente est 0,02 ng/g (c'est par exemple le cas pour le diflufénican et l'imidaclopride). Cela correspond à la dose phénoménale de 0,0266 gramme/hectare (2,66 grammes/kilomètre carré).

 

Voici maintenant pour les 155 vers de terre (Allolobophora chlorotica).

 

 

Tableau 3. Concentrations des 31 pesticides dans les 155 vers de terre (A. chlorotica), classées par ordre décroissant du nombre de détections. nd = non détecté. < LOQ = inférieure à la limite de quantification.

 

 

Ici aussi, il n'y a pas de points de référence dans l'article, alors qu'il aurait suffi d'ajouter deux colonnes.

 

Deux graphiques permettent cependant d'affiner quelque peu l'image.

 

 

Fig. 2. Concentrations (ng g-1 poids sec) de pesticides (herbicides en noir, fongicides en violet, et insecticides en vert) dans a) les sols (n = 180) et b) les vers de terre (n = 155 individus). LOD : limite de détection, LOQ : limite de quantification (pour l'interprétation des références à la couleur dans la légende de cette figure, le lecteur est renvoyé à la version web de cet article).

 

 

Les concentrations ne disent encore rien sur l'éventuel problème environnemental. On observera néanmoins la part importante des « petites quantifications » et des résultats entre la LOD et la LOQ dans les sols. Les vers de terre semblent constituer des concentrateurs de certaines substances.

 

Le graphique suivant donne la fréquence des nombres de pesticides dans les échantillons de sol et les vers de terre. Est-ce vraiment instructif quand on sait que trouver 19 pesticides dans un échantillon de sol, par exemple, implique que la majorité se trouvent à des niveaux faibles, dans la tranche « LOQ – 10 ng/g », voire « LOD – LOQ » ? Sachant que 10 ng/g = 7,5 gramme/hectare.

 

 

 

 

Quelle valeur didactique attribuer à l'analyse d'un seul ver de terre par parcelle échantillonnée ? Quelle valeur aussi attribuer à des médianes pour une population de sept, dix, douze ou quinze mesures ?

 

 

 

 

Notons encore – pour qui voudrait exploiter le fait que les auteurs n'ont pas trouvé de ver de terre sur certains sites – que ce n'est pas une caractéristique exclusive des sols en céréales conventionnelles (traitées).

 

 

Ce n'est pas convaincant

 

En définitive, tout cela n'est pas très convaincant.

 

L'effort intellectuel est sérieux, comme en témoignent les longs développements sur l'évaluation des risques, lesquels tiennent de la haute voltige. Mais ils peinent aussi à emporter l'adhésion vu que des analyses ont été faites sur des vers de terre vivants et qui ne devraient pas l'être selon les analyses et simulations...

 

Sur Twitter, M. Patrick Vincourt, ancien directeur de recherche de l'INRA, a cité une publication qui – bien que portant sur une autre espèce de vers de terre, Eisenia fetida, et la seule imidaclopride – offre un point de comparaison qui incite à plus de prudence, et ce, même si son résumé émet aussi des signaux d'alarmisme.

 

 

(Source)

 

 

D'autres publications produisent d'autres chiffres. Par exemple ici une LC50 de 25.530 ng/g de sol sec pour Eisenia andrei. Ici, c'est 770 ng/g pour la même espèce.

 

Au printemps de 2019, « A nation‐wide survey of neonicotinoid insecticides in agricultural land with implications for agri‐environment schemes » (une enquête nationale sur les insecticides à base de néonicotinoïdes dans les terres agricoles avec des implications pour les programmes agro-environnementaux) de Ségolène Humann-Guilleminot, Łukasz J. Binkowski, Lukas Jenni, Gabriele Hilke, Gaétan Glauser et Fabrice Helfenstein avait suscité une certaine attention médiatique. Les auteurs avaient analysés des sols agricoles suisses en production conventionnelle, IP Suisse (une formule à bas intrants) et biologique pour cinq néonicotinoïdes, et ce, en milieu « normal » et « écologique » (zones d’intérêt écologique faiblement ou non exploitées).

 

Pour l'imidaclopride en conventionnel « normal », ils ont trouvé une médiane de 1,8 ng/g et un maximum de 29,72 ng/g (contre 15,1 et 160, respectivement, dans l'étude commentée ici). C'est tout de même curieux. L'étude de Humann-Guilleminot et al. n'est pas citée dans Pelosi et al. C'est tout de même curieux.

 

Cela étant, on peut penser à des articles d'un chercheur dont prononcer le nom comporte des risques de se retrouver au prétoire. On peut sans doute opiner que cette étude est du générations-futuresque amélioré. Même procédé qui joue sur les détections et quelques valeurs extrêmes, avec ici des valeurs numériques en plus... enfin des statistiques bikini : ça donne des idées mais ça cache l'essentiel.

 

C'est en tout l'impression que dégage la dernière partie, « 4.2. Mélange de PAU multiclasses dans le paysage, une menace pour les vers de terre ». À partir des données de l'étude est brossée une situation cauchemardesque, avec cependant les précautions d'usage dans ce genre de littérature. Une phrase peut servir de résumé du militantisme :

 

« Le fait que les niveaux de PAU dans les champs soumis à l'agriculture conventionnelle n'aient jamais présenté de risque faible ou négligeable mais un risque élevé pour les vers de terre dans 91 % des sols remet sérieusement en question la durabilité de l'agriculture chimique traditionnelle. »

 

 

La caisse de résonnance du Monde de M. Stéphane Foucart

 

 

(Source)

 

 

La technique journalistique amplifiant notamment les « rapports » de la petite entreprise Générations Futures est également mise en œuvre ici :

 

« Conclusion : la totalité des prélèvements analysés contiennent au moins une des substances recherchées, et 90 % contiennent un mélange d’au moins un insecticide, un fongicide et un herbicide. […] "Dans 40 % des cas, on retrouve plus de dix pesticides différents", explique l’écologue Vincent Bretagnolle (CNRS) et coauteur de ces travaux. »

 

Le sensationnalisme et les fanfaronnades ne sont évidemment pas absents :

 

« De telles données de contamination sont "étonnamment rares", soulignent les chercheurs. "Nous n’avons trouvé aucune donnée sur la contamination, par différentes classes de pesticides couramment utilisés, des éléments du paysage distincts des champs, formant des habitats semi-naturels comme les haies, les bosquets, les marges des parcelles, ou encore les champs biologiques non traités", écrivent les auteurs. »

 

Ou encore :

 

« "C'est à notre connaissance la première fois qu'on cherche des résidus de pesticides sur des vers de terre prélevés dans des milieux agricoles et semi-naturels, dit l'écologue Céline Pelosi (Inrae), première autrice de ces travaux. Nous suspections une potentielle persistance de certaines molécules en raison d'une utilisation fréquente et massive à large échelle. Mais nous pensions aussi possible de n'en trouver aucune trace.»

 

On ne sait trop, à la lecture de cette citation, s'il faut en rire ou en pleurer... On peut penser que les chercheurs sérieux qui se penchent sur les effets des pesticides sur les vers de terre préfèrent travailler en conditions contrôlées de laboratoire.

 

Qui serait assez naïf pour croire que les chercheurs n'auraient fait que suspecter une persistance et auraient cherché des pesticides dans des vers de terre en partant de l'hypothèse qu'ils n'en trouveraient pas ? Toutefois si on rapporte la dernière phrase à « certaines molécules », la naïveté alléguée acquiert un soupçon de crédibilité. Mais il n'est pas sûr que les lecteurs du Monde se livrent à une telle analyse détaillée. Le propos est là pour impressionner... même le journaliste.

 

Car l'article de Humann-Guilleminot et al. n'avait pas échappé à M. Stéphane Foucart. Le 27 août 2019, il écrivait : « Les néonicotinoïdes sont là pour durer », avec en chapô : « Une étude suisse montre que les effets de ces pesticides sur la biodiversité risquent de perdurer à long terme, tant la contamination des sols est sévère. »

 

 

Sus à l'imidaclopride

 

Mais voici l'imidaclopride. Paroles de M. Vincent Bretagnolle :

 

« Les taux d'imidaclopride que l'on retrouve dans les vers de terre sont faramineux [...]. Ils indiquent un phénomène de bio-accumulation. […] Les concentrations retrouvées sont spectaculaires : 43 % des vers de terre présentent un taux d'imidaclopride de plus de 100 ppb [parties par milliard ou nanogrammes/gramme] et 8 % en ont plus de 500 ppb. »

 

Sur Twitter, M. Patrick Vincourt relève :

 

« "Faramineux", c’est le commentaire d’un co-auteur, qui ne donne aucun point de comparaison pertinent.

 

Pour faire bonne mesure, l'article cite aussi un certain John Tooker, entomologiste, professeur à l'université de Pennsylvanie (Etats-Unis), qui – selon la formule consacrée – « n'a pas participé à cette étude ». Il devient donc, implicitement, une source crédible. Sans surprise, il abonde dans le sens de l'alarmisme des deux co-auteurs de l'étude cités dans l'article du Monde :

 

« Les concentrations relevées dans les vers de terre sont plus élevées que ce qui est mesuré dans les sols. Je ne connais pas d'autres travaux montrant que des néonics peuvent s'accumuler dans Ia faune, et je suis curieux de connaître les explications à ce phénomène. [Il juge la situation] très inquiétante, non seulement pour les lombrics, mais pour l'intégrité des chaînes alimentaires et la santé environnementale en général. »

 

Et M. Vincent Bretagnolle d'enchérir avec un propos que la rédaction du Monde a pris soin de mettre en pavé :

 

« Pour certains oiseaux qui se nourrissent de vers, les concentrations d'imidaclopride laissent suspecter des effets quasi létaux. »

 

Il est bien trop compliqué de comprendre – et c'est contraire à la ligne éditoriale du Monde Planète – qu'avant d'agiter des épouvantails, il conviendrait de vérifier la qualité et la pertinence des données présentées à l'appui d'allégations a priori extravagantes.

 

 

(Source)

 

 

 

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Hbsc Xris 10/11/2020 03:53

Etant jeune, j'ai longtemps cru que sans vers de terre, un sol était "mort" et inapte à faire pousser quoi que ce soit. Les années passant, j'ai découvert que certains sols très argileux et acides sont totalement dépourvu de vers de terre, mais ils n'en supportent pas moins souvent de belles prairies à herbivores pour l'élevage. Et on peut les cultiver avec succès, le cas échéant en les amendant avec des apports de calcaire et de minéraux divers mais bien entendu vu la dureté et la lourdeur de ces sols, mieux vaut un tracteur 80 ch qu'un cheval de trait attelé qui fera du sur place...
Et pour la petite histoire, les célèbres maraichers parisiens du XIXème siècle n'aimaient pas trop les vers de terre qu'ils donnaient à leurs poules. Le contenant en NPK et minéraux des tonnages littéralement hallucinants de fumier qu'ils rentraient annuellement pour leurs couches chaudes (plus ou moins 200 tonnes/ha et peut-être beaucoup plus parfois) était au coeur de leurs rendements, ils furent sans doute les plus grands pollueurs aux nitrates de tous les temps. Et en hydroponie, il n'y a même plus de sol, juste une solution nutritive dans de l'eau, alors les vers de terre...

Il est là, fils spirituel de Seppi 10/11/2020 12:48

... sont importants dans certains sols et certains contextes agricoles et pas dans d'autres. Ce témoignage de Xris nous rappelle qu'il ne faut pas généraliser, jamais.

MS 09/11/2020 18:54

Pour la concentration dans les vers, ca interroge sérieusement. On aime bien les vers de terre en agriculture, surtout en ce moment, et on oriente même certains systèmes (agriculture de conservation) dans le but de les favoriser. Alors une "bioaccumulation" d'un facteur 22 en imidaclopride, c'est pas glop. S'il y a des lecteurs ici qui ont une compétence en analyse ou en biologie, je suis preneur d'un regard critique sur cette hypothèse:
Les dosages sont exprimés par rapport au poids sec. Si on prend une capacité au champ de 30% (30g d'eau retenue pour 100g de terre fine), on est à 23% de poids d'eau sur le poids de l'échantillon de terre humide. Un rapport donc de 4 à 5. Pour un ver de terre, disons à 80% constitué d'"eau" (je n'ai pas trouvé rapidement de meilleure estimation mais c'est probablement plus), on a à nouveau un facteur 4 mais dans l'autre sens.
Est-ce qu'une explication simple à ce facteur 22 n'est pas juste qu'on dose une concentration d'imidaclopride similaire dans l'eau du sol et dans le ver de terre, mais rapporté à des extraits secs complètement différents ? (à 4x5 on a quasiment notre facteur 22).

Marc FAURE 09/11/2020 18:54

Bonjour, remettons l'église au centre du village ! les traitements de semence sont fait soit en station soit à la ferme et avec des appareils ultra contrôlés. Les agriculteurs et les stations de semences ne mettent pas des doses supérieures à l'homologation, voir souvent moins. Cet agribasching devient intolérable.

MS 09/11/2020 18:34

Je n'ai pas beaucoup d'estime pour les "études" agronomiques du CNRS de Chizé. Le protocole est le plus souvent médiocre à mauvais, et la discussion écarte les explications les plus simples ou les ignore au détriment d'une conclusion militante. Mais on ne peut pas rejeter de base leurs études (ne serait-ce que vu la communication qui est faite autour) pour cette raison.
Si on regarde l'imidaclopride par exemple (principal résultat), il me semble que c'est plutôt une bonne nouvelle. Les 15,1 ng/g correspondent à 20g/ha (d'après votre conversion). Si on considère la source probable (traitement de semence à 0.2l/q, 350g/l de m.a., semis de céréale entre 100 et 150 kg/ha) on obtient un apport entre 70 et 105g/ha de m.a. On a donc en teneur médiane dans les sols l'équivalent d'un apport 1 année /4 voire 1/5. Avec 60% de la sole en céréales d'hiver cela signifie qu'on n'assiste pas du fait de la persistance (demi-vie longue) à l'accumulation dans les sols qui est mise en avant pour faire peur dans le cadre de la dérogation sur betteraves à sucre.

un physicien 07/11/2020 19:04

Trouvé en butinant :
"l’exposition à ces polluants est associée.. à une survie accrue chez un oiseau marin"

https://inee.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/pollution-les-effets-paradoxaux-des-composes-perfluores-sur-un-goeland-de-larctique