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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Commémorons l'Armistice : les derniers mois de la guerre à Hagenbach

11 Novembre 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Divers

Commémorons l'Armistice : les derniers mois de la guerre à Hagenbach

 

Georges Zink*

 

 

 

 

Ce bombardement marque une date dans l'histoire du village. C'était en mars [1918], à la fin d'une belle journée. Des obus se mettent à tomber sur le village, Mais, curieusement, au lieu des violentes détonations auxquelles nous étions habitués, c'étaient des éclatements comme assourdis. Très vite, nous avons compris que c'étaient des obus à gaz et nous avons mis nos masques. Selon mon habitude, j'ai pris mes jambes à mon cou pour me réfugier dans le haut du village. Mais les obus tombaient tout autour de moi et, à mi-chemin, je me suis arrêté chez les Bibler dont deux garçons, Léon et Emile, étaient mes amis. Et là nous sommes restés tous à peu près deux heures dans l'étable sans enlever nos masques. Longtemps après la fin du bombardement, dans la nuit noire, un garçon plus âgé me raccompagna chez moi.

 

Sur le moment, le bombardement ne semblait pas avoir fait trop de mal. Ce n'est que le lendemain que l'on devait s'apercevoir qu'une cinquantaine de personnes étaient plus ou moins intoxiquées, soit parce qu'elles avaient refusé de mettre leur masque, comme le père Heitz qui disait : « Les gaz ? Ils ne me font pas peur : j'ai ma pipe pour les chasser », soit parce qu'elles l'avaient retiré prématurément comme mon frère Joseph qui, le bombardement à peine terminé, était sorti et s'était amusé à ramasser des éclats encore chauds. Toutes ces personnes furent évacuées sur l'hôpital militaire de Morvillars [Territoire de Belfort] où elles devaient rester en traitement assez longtemps. La plupart devaient s'en tirer, mais cinq d'entre elles, des gens âgés, moururent [dont mon arrière-grand-père].

 

Ce fut la panique au village, presque toutes les familles partirent pour chercher refuge plus loin du front. Mon père, quant à lui, décida de rester : entre notre ferme et le front, il n'y avait désormais plus de civils. Nous n'étions plus qu'une dizaine de garçons d'âge scolaire au village, tout juste assez pour fournir des enfants de chœur au curé et pour accompagner de nos chants les offices à l'église ; souvent, pour les offices des morts en semaine, nous n'étions que deux petits chantres. L'église elle-même fut d'ailleurs touchée par un obus qui ouvrit un grand trou dans le mur et démolit un des autels latéraux, celui au pied duquel une vieille femme, accompagnée de plusieurs enfants, était venue prier quelques minutes auparavant.

 

 

 

 

Pour les enfants restés au village, les grandes vacances commencèrent donc cette année là au mois de mars. Comment passions-nous notre temps durant cette longue période ? Parfois nos parents nous emmenaient aux champs quand ils travaillaient dans des secteurs relativement tranquilles. Le plus souvent, nous restions au village, dans ce village aux trois quarts abandonné où il nous était loisible d'aller fouiller dans à peu près toutes les granges, de marauder dans presque tous les vergers. Nous jouions aux jeux que notre nombre réduit nous permettait, et ces jeux étaient parfois très dangereux. Depuis le début de la guerre, plusieurs camarades avaient déjà perdu qui un œil, qui un doigt ou deux en maniant des explosifs. Un jour, j'étais avec le Wersinger Paul et nous avions trouvé un lot particulièrement important de cartouches. Nous nous mîmes à en retirer les balles et à verser la poudre dans une bouteille qui fut bientôt remplie aux trois quarts. Alors nous fîmes craquer des allumettes pour mettre le feu à notre engin. Mais il faut croire que la Providence prit en pitié notre sottise : à chaque fois que nous tentions d'introduire une allumette dans le goulot de la bouteille, elle s'éteignait. Si nous avions réussi dans notre tentative, nous aurions été ou tués, ou mutilés pour la vie. Finalement, de guerre lasse, nous versons le contenu de la bouteille dans une vieille boîte de conserve et nous y mettons le feu. La boîte partit comme un boulet, mais elle eut le bon esprit de nous éviter et d'aller s'aplatir contre un mur.

 

Nous avions naturellement tout loisir de tourner autour des soldats et de les observer. Il y en eut au village, en cette fin de guerre, de toutes les nations et de toutes les couleurs. Des Français, bien sûr. Une fois, un cheval ayant été tué dans un bombardement, ils en firent cuire des quartiers et m'invitèrent à en manger. Je trouvai le plat excellent, alors que, par la suite, la viande de cheval devait m'inspirer un dégoût tel que même pendant les années de famine de la deuxième guerre mondiale, je refusais obstinément d'en manger, même quand ma femme m'assurait que c'était de l'antilope ! Pendant un temps, une compagnie disciplinaire était installée chez nous dans le grenier aménagé en dortoir. Les soldats partaient le matin pour creuser des tranchées ou aménager des abris et ils revenaient le soir. Ils étaient sévèrement consignés, et n'avaient pas le droit, comme les autres, de se promener dans le village. Alors l'un ou l'autre m'interpellait: "Hé, ptit gars!", me remettait de l'argent et me demandait d'aller lui acheter du chocolat ou du savon à l'épicerie, au retour, il me donnait un sou ou deux, ce qui finit par me faire une appréciable cagnotte. Des soldats occupaient maintenant les pièces du rez-de-chaussée où vivait autrefois la Leen. C'étaient des gens du Sud-Ouest et bien des fois, le soir avant de m'endormir, je les entendais chanter Montagnes des Pyrénées et d'autres chansons dont je n'ai retenu que des bribes (Au son des castagnettes - Dans la fumée bleue des cigarettes... ).

 

Parfois les troupes "françaises" étaient relevées par des troupes "coloniales". Il y a eu au village des tirailleurs nord-africains, des Arabes, comme on les appelait, que je n'ai vus que de loin, car ils n'étaient pas cantonnés chez nous. Mais ces soldats au teint basané, coiffés de la chéchia m'impressionnaient beaucoup. Je savais qu'ils adoraient Dieu sous le nom d'Allah, que leur prophète s'appelait Mahomet, qu'ils ne buvaient pas de vin et ne mangeaient pas de porc. Mais ce qui, par les belles nuits d'été, me faisait surtout rêver, c'était le lien, pour moi très mystérieux, qui devait exister entre eux, leur religion, et la lune, le croissant de lune.

 

Les Noirs sont passés par le village. Je me souviens en particulier d'un Comorien qui venait souvent nous voir -il était, je crois, un peu amoureux de ma sœur Mélanie- et qui, pour vanter les mérites de son pays et de sa race, nous répétait sans cesse: "Sénégal, y a pas bon, Madagascar, y a pas bon, Comores, y a bon".

 

Des Annamites sont venus aussi, sinon dans notre village, du moins dans notre secteur. Les Français disaient d'eux: "Ils ne savent pas se battre, ils ne sont bons qu'à creuser des tranchées". Evidemment, ils ne prévoyaient pas Dien Bien Phu et ce qui allait s'en suivre !

 

Enfin, il y a eu les Américains, les Américains avec leurs casques aplatis, leurs grands chapeaux de cow-boys et leurs poches pleines de dollars. Ces dollars, ils les dépensaient sans compter, dévalisant l'épicerie du village, achetant aux paysans, pour varier leur menu de boîtes de conserve, œufs et poulets -eggs, chicken, ce sont les premiers mots anglais que j'ai appris-, buvant le champagne à même le goulot. Ils nous gâtaient, nous, les rares gamins du village, nous offrant sans cesse chocolat et sucreries. Leur pain nous attirait par sa blancheur, mais, après y avoir goûté, je le trouvai d'une fadeur détestable comparé au pain (mi-seigle, mi-froment) que l'on mangeait chez nous. Et ils nous serinaient quelques petites phrases en anglais en nous disant: "Allez les apprendre à vos grandes sœurs et qu'elles viennent ensuite nous les répéter". (Les phrases étaient: I love you et Kiss me quick).

 

Mais déjà à cette époque, certains de leurs officiers n'avaient pas le sens psychologique très développé, tel celui qui chassa à coups de pieds au derrière le maire du village venu lui demander quelque renseignement dans son P.C. Celui-ci était installé dans un des abris en béton que l'on avait construits au village vers la fin de la guerre et qui existent toujours. Quant au maire, c'était un vieux paysan très respectable qui, dans son enfance, avait été au collège d'Altkirch et qui, plus tard, quand j'y allai moi-même, prenait plaisir à me réciter les déclinaisons latines et même grecques.

 

(Source)

 

Dans la famille, le grand événement, ce furent les fiançailles de ma sœur Marie avec Léon Willer. Je ne me rappelle plus la date, mais très nettement les circonstances de sa première visite. Mon père, Marie et Emma étaient assis sur le banc devant la maison et moi, je jouais auprès d'eux sur les marches de l'escalier. Voilà Léon qui descend la Judegàss [la rue des Juifs – le village abritait une communauté juive dans les anciens temps], fumant son éternel ninas, et qui s'installe avec nous. Il n'avait rien de précis à nous demander, cela voulait donc dire que cette visite marquait le début d'une fréquentation. Mais laquelle des deux sœurs était l'élue de son cœur ? Par la suite, Emma devait dire en riant: "Ce soir, j'ai vraiment cru que c'était pour moi qu'il venait". En réalité, il avait choisi Marie, comme nous ne tardâmes pas à l'apprendre.

 

Léon était beau garçon, de type méditerranéen très prononcé : cheveux noirs, teint mat, tendance à l'embonpoint. Les Willer étaient originaires d'Eglingen et nous appelions les gens de ce village d'Spaniole car à l'époque où, sous Napoléon 1er, on creusait le canal du Rhône au Rhin, des prisonniers espagnols, occupés à ce travail, y étaient cantonnés. Une aïeule de Léon avait-elle fauté avec un de ces Espagnols ? C'était en même temps un beau parti : ses parents tenaient une épicerie-boulangerie qui, à l'époque, faisait des affaires d'or, et il était entendu qu'il reprendrait le "commerce" après son mariage.

 

Tout de suite, je m'attachai à lui. Il me gâtait tant qu'il pouvait, il était très drôle quand il se mettait à raconter des histoires; et puis, il y avait autre chose : il venait passer les dimanches après-midi auprès de sa fiancée et en son honneur, il y avait au goûter a Himmelstarte [une tarte du ciel], le meilleur des gâteaux à mon goût. Ne pouvaient rivaliser avec lui que les Firrote [? littéralement rouge comme le feu] que ma sœur Mélanie me rapportait de Dannemarie quand elle allait y vendre les œufs et le beurre de la ferme. Léon n'avait qu'un seul défaut : il était affreusement jaloux -autre marque de son ascendance espagnole ? Marie souriait-elle en répondant au salut d'un autre garçon du village ? il restait des jours et des jours à bouder : ar blajt wider [il boude de nouveau], disait-on dans la famille.

 

Il était entendu que Léon et Marie ne se marieraient que la guerre finie. C'est ce qu'ils firent en octobre 1919 et ils furent durant des années un des ménages les plus heureux que j'aie jamais connus.

 

Il faut que j'intercale ici une petite histoire qui m'amènera à parler encore du curé Blaesy. Avant de fréquenter ma sœur Marie, Léon avait fait un brin de cour à une autre fille du pays, mais sa mère, 's Becks Mathil [la Mathilde du boulanger], ne voulait pas d'elle pour bru. Et un soir qu'il était auprès de la demoiselle, elle était allé le chercher elle-même pour le ramener à la maison -une baguette à la main, ajoutaient les mauvaises langues. Le curé, de son côté, aurait bien voulu que Léon épousât sa première amie ; en revanche, il n'avait pas vu d'un très bon œil les fiançailles avec ma sœur. Pour quelle raison ? Je l'ignore - sans doute parce qu'il n'y avait guère d'atomes crochus entre lui et la famille Zink. Car qu'aurait-il pu reprocher à Marie ? C'était vraiment une jeune fille modèle : soignée de sa personne, réservée, d'humeur toujours égale, travailleuse et, avec cela, profondément religieuse. Une seule fois, je l'ai vue tenir tête à notre père : c'était pour lui reprocher je ne sais quel manquement à un commandement de Dieu - ou peut-être du curé !

 

Ces qualités, elle devait les manifester tout au long de sa vie. Je la considère comme une sorte de sainte, car elle a su faire preuve de détachement aussi bien dans les périodes de bonheur que face aux malheurs et aux revers de fortune qui ont suivi.

 

La famille Willer songeait à un moment donné à faire ce qu'avaient fait la plupart des familles du village, c'est-à-dire à aller s'établir dans le Territoire de Belfort. Et un dimanche, Léon et Marie reçurent mission d'aller voir une maison qu'on leur avait signalée dans l'un des trois Montreux (vieux, -jeune, -château). Avant de partir, ils assistèrent à la messe le matin et je crois bien qu'ils étaient rentrés le soir pour le chapelet. N'empêche ! Le dimanche suivant, du haut de la chaire, le curé se mit à tonner contre les mœurs dissolues qui commençaient à s'étaler au village : n'avait-on pas vu un jeune couple de fiancés quitter le village sans se faire accompagner d'un chaperon et passer ensemble toute une après- midi ? Aucun nom ne fut prononcé, mais l'allusion était claire et tout le monde l'avait comprise. Huit jours plus tard, avant le salut -nous jouions en attendant devant l'église-, je vois Léon entrer au presbytère, toujours son ninas aux lèvres. Je ne sais pas ce qu'il a dit au curé, mais il a dû se montrer énergique et convaincant, car par la suite Blaesy se tint coi.

 

Sur la commune de Carspach, voisine de Hagenbach (source)

 

L'arrivée des Américains fit comprendre aux gens du village que la défaite de l'Allemagne était imminente. Dans les mois précédents cependant, une victoire des États Centraux paraissait encore possible à beaucoup. Il y avait eu le traité de Brest-Litowsk dont je ne me rappelle pas avoir entendu beaucoup parler. Il y avait eu surtout la grande offensive allemande du printemps 1918. A ce moment, le coiffeur du village, connu pour sa francophilie (on l'appelait 'dr Joffre) reconnaissait lui-même que tout pourrait arriver. Quelques mois plus tard, quand la situation sur le front nord eut été redressée, on savait que la guerre allait bientôt finir et comment elle allait finir.

 

A la fin de l'été, mon père estima à juste titre que les vacances, pour moi, avaient assez duré et il me fit inscrire pour la rentrée à l'école de Dannemarie. Entre notre ferme et cette école il y avait environ quatre kilomètres. Je partais le matin avant sept heures, je déjeunais à midi chez l'oncle Joseph : un frère de ma mère évacué d'Eglingen et installé à Dannemarie. Le soir, je rentrais à Hagenbach.

 

Je n'ai pas gardé très bon souvenir de ce passage par l'école de Dannemarie. Les garçons de ce petit chef-lieu de canton, fils d'artisans et de petits commerçants, se considéraient comme des citadins et ils regardaient du haut de leur grandeur le petit paysan de Hagenbach aux gros souliers ferrés. Ils se moquaient de moi, me lançaient des phrases à eux dont j'avais du mal à comprendre les allusions, m'accusaient d'avoir des poux, ce qui n'était pas vrai. Des poux, j'en ai eu certes, mais mon père, tous les mois, me tondait le crâne si ras que les pauvres bêtes avaient du mal à survivre.

 

Un seul épisode de ma brève vie scolaire à Dannemarie vaut d'être conté. Un jour l'instituteur nous annonce solennellement que nous allions avoir la visite d'une grande dame américaine immensément riche, qu'il nous fallait être bien sages et répondre aux questions qu'elle ne manquerait pas de nous poser. Peu après, la dame en effet arriva. Elle s'exprimait avec beaucoup d'aisance en français, elle nous parla de son grand pays et finalement nous demanda: "Que voulez-vous que je dise de votre part aux petits Américains", Les Tallerschlacker (pique-assiettes) [c'est le surnom des gens] de Dannemarie demeurèrent cois. L'un d'eux se hasarda à dire : "Que nous travaillons bien". Ce n'était pas là la réponse que la dame attendait. Cette réponse, c'est moi qui la trouvai. Je levai le doigt et, interrogé, jé lui dis d'une voix timide : "Que nous voulons être leurs amis". La dame se montra enchantée et elle enchaîna aussitôt : "Et pourquoi voulez-vous être leurs amis" ? La classe alors se réveilla et il y eut d'autres réponses qui lui donnèrent satisfaction. En nous quittant, elle nous félicita et nous dit que nous entendrions encore parler d'elle. Après son départ, l'instituteur à son tour me félicita, il prit les noms de tous ceux qui avaient bien répondu et leur annonça que la riche américaine allait envoyer à chacun d'entre eux un beau cadeau. Ce cadeau, hélas, je l'attends toujours !

 

(Source : Bernard Burtschy – Vincent Heyder, 1914 – 1918 – Première Guerre Mondiale sur le Front d'Altkirch à Dannemarie)

 

Il y avait un mois à peine que j'allais à Dannemarie, quand mon père décida de me mettre à l'école à Buethwiller. De notre ferme à Buethwiller, il n'y a guère que deux kilomètres, mais comme je rentrais chez moi pour déjeuner, j'avais quand même, comme pour Dannemarie, mes huit kilomètres à faire dans la journée. Seulement, le trajet était plus sûr. Pour aller à Dannemarie je suivais la route qu'empruntaient les convois militaires et qui, de ce fait, risquait d'être bombardée, alors que pour me rendre à Buethwiller, je n'avais qu'à traverser, en suivant des sentiers mal tracés, les grands prés qui s'étendent entre les deux villages.

 

A cette époque, nous savions tous que la fin de la guerre était très proche. Et un soir, en effet, comme je rentrais de l'école, les cloches de Hagenbach, demeurées silencieuses pendant plus de quatre ans, se mirent à sonner à toute volée. Je me mets à courir, je me précipite à l'église où je vois les grands garçons du village qui tirent sur les cordes des cloches avec une telle ardeur que l'une d'elles se rompit : c'était le 11 novembre 1918, c'était l'Armistice!

 

_______________

 

Georges Zink (1909-2003), fils de cultivateurs, a intégré l'école Normale Supérieure et est devenu professeur à la Sorbonne (voir aussi ici).

 

Son « Une enfance à Hagenbach » (Le Verger éditeur) a été publié en 1995. Je lui « emprunte » un chapitre pour ce 11 novembre. C'est le député Jean-Baptiste Moreau qui m'a inspiré ce forfait avec un fil Twitter.

 

Hagenbach est un village du Sundgau (Sud de l'Alsace), situé dans la vallée de la Largue, non loin de ce qu'on appelait autrefois « l'Intérieur » (le Territoire de Belfort et tout le reste).

 

C'est dans le Sundgau que tombèrent le 2 août 1914 dans le Sundgau les deux premières victimes de la guerre, le caporal français Jules André Peugeot et le sous-lieutenant allemand Albert Mayer.

 

Au début de la Grande Guerre, les troupes françaises lancèrent une offensive qui les amena jusqu'à Mulhouse, mais elles durent se replier et le front se stabilisa à l'est de Hagenbach, devenu premier village (français) derrière la ligne de front. Il servit de cantonnement pour les troupes françaises et "françaises" comme l'écrit Georges Zink et acquit le surnom de « Petit Paris ».

 

 

 

 

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Hbsc Xris 12/11/2020 07:34

Génial ! Je ne connaissais pas Georges Zink. L'occasion d'évoquer "Le journal d'un instituteur alsacien 1914-1951" par Philippe Husser.