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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Biodiversité : combien d'espèces en péril ? Une formidable analyse de M. Jean-Claude Bregliano

30 Novembre 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Divers

Biodiversité : combien d'espèces en péril ? Une formidable analyse de M. Jean-Claude Bregliano

 

 

Le genre d'infographie inepte qu'on peut produire sur la biodiversité. « 24 % des Français jugent... » ? Et ?

 

 

Il a repris du service, M. Jean-Claude Bregliano, généticien et professeur des universités, « actuellement retraité » selon la fiche « qui suis-je » de son blog, « Les pieds dans le plat », sous titré : « Les deux pieds dans le plat des croyances, superstitions et dérives médiatiques ».

 

C'est une vision bien optimiste des choses... pour se rendre au fond du plat, il faudrait sans doute un bathyscaphe...

 

Son avant-dernière production avant la pause a été « Lamarck et Darwin : deux visions divergentes du monde vivant » en... chut... Puis il y eut « Le côté obscur du monde de la recherche » sur les divers types de fraude scientifique et – disons – l'honorabilité des instances d'évaluation.

 

L'heureuse surprise du 16 octobre 2020, c'est « La biodiversité entre faits et extrapolations ».

 

Après une courte introduction pour planter le décor, le sujet est ainsi piqueté :

 

« Ce texte concernera exclusivement la biodiversité interspécifique. Plus précisément, il sera focalisé sur les questions du nombre d’espèces vivantes existantes et de la proportion de celles qui seraient menacées d’extinction. Des sujets très médiatisés, sur un mode très alarmiste, par les médias grand public et des ONG, sur la base de déclarations d’organismes internationaux considérés comme des références en la matière. Qui n’a entendu parler "d’effondrement de la biodiversité", voire de "disparition du vivant" ? Quelle est la part du factuel et des suppositions sur ce sujet ? C’est ce que nous allons tenter de comprendre en abordant quatre questions.

 

1) Combien connaît-on actuellement d’espèces vivantes ?

 

2) Que sait-on du nombre total d’espèces existantes ?

 

3) Que sait-on sur les espèces menacées d’extinction ?

 

4) Peut-on estimer la quantité totale d’espèces menacées d’extinction ?

 

Pour connaître les réponses, il faudra aller sur site. C'est fouillé, argumenté, passionnant, éclairant et... déprimant.

 

Voici néanmoins une partie de la conclusion :

 

« Les rapports de l’IPBES et du WWF posent un problème de fond. Étant donné la très grande diversité des zones géographiques et des espèces, est-il vraiment pertinent d’exprimer les modifications de la biodiversité par un chiffre global ? Lorsque celui-ci est très anxiogène, il peut être très efficace pour déclencher un battage médiatique, mais certainement pas pour une véritable information. On a le même type de problème avec la prétendue extinction de 75 % des insectes et de nombreux scientifiques s’en inquiètent. Avec de telles méthodes on croit sensibiliser les gens et on risque en fait d’aboutir à les démoraliser, voire à les perturber mentalement (eco-anxiété) et à discréditer la science. Comme l’écrit Christian Lévêque [lecture conseillée]: Dire que tout va bien serait peu sérieux, mais faire croire que tout va mal l’est tout autant. Cette phrase pourrait d’ailleurs constituer une bonne conclusion de ce texte.

 

« ...certainement pas pour une véritable information » ? Pire : certainement pas pour une véritable action.

 

Prenons à cet égard un petit paragraphe du « Reconquête de la biodiversité : de quelle nature parle-t-on ? » de M. Christian Lévêque publié sur le site de l'Association Française pour l'Information Scientifique (AFIS) :

 

« La loi pour la "reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages" promulguée en 2016 entend répondre aux enjeux de la biodiversité [...]. Cependant, elle en reste à un discours déclamatoire en ne précisant pas les moyens concrets qui permettront de parvenir aux résultats souhaités. »

 

 

Post scriptum

 

Le Figaro, avec AFP, a publié le 18 novembre 2020 « Le déclin général de la faune sauvage pourrait être surestimé », fondé sur un article publié dans Nature, « Clustered versus catastrophic global vertebrate declines ».

 

En introduction et en résumé :

 

« Le déclin catastrophique des populations mondiales d'animaux décrit par certains rapports est surestimé en raison des méthodes statistiques utilisées, selon une étude publiée mercredi, qui remet en cause un indice utilisé par un rapport de référence de WWF sur la faune sauvage. »

 

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U
Je conseille la lecture du livre de Lévêque, la biodiversité avec ou sans l'homme ?
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D
Si l'IPBES n'annonçaient pas des catastrophes, ils n'existeraient tout simplement plus.
C'est une question de survie...pour eux.

Air connu.
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P
Bon , au risque de me répéter, Je suis bien content de retrouver des sites en français qui remettent les pendules à l'heure.
De ce côté de l'Atlantique, tous les médias sont crédules (incompétent probablement).
Continuez votre bon travail.
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