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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Merci agriculteur, de remplir notre garde-manger

11 Octobre 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Alimentation, #Covid-19

Merci agriculteur, de remplir notre garde-manger

 

José Antonio Arcos, traduit par Christophe Bouchet (CulturAgriCulturE)

 

 

 

 

Notre ami Christophe Bouchet, de CulturAgriCulturE, s'était fait assez discret ces derniers temps (il bosse, lui...) et il y a eu un moment d'inattention entre l'informatique et moi (la première, bien sûr...).

 

Ce n'est donc que récemment que j'ai découvert son « Merci agriculteur, de remplir notre garde-manger », une traduction de « ¡Gracias, agricultor, por llenar nuestra despensa ! » de José Antonio Arcos, journaliste espagnol spécialisé en information agricole, très centré sur l’Espagne et l’Europe.

 

L'article original a été posté le 15 mars 2020. Il reste d'actualité en ces temps de nouvelle vague de Covid-19. Et il reste d'actualité quelle que soit... l'actualité.

 

Beaucoup de gens ont découvert lors du (premier) confinement qu'au-delà des rayons « alimentation » des supermarchés, il y avait, au début de la chaîne, des agriculteurs.

 

C'est un constat qui nécessite, me semble-t-il, des piqûres de rappel rapprochées. C'est donc avec plaisir que je pille les œuvres de MM. José Antonio Arcos et Christophe Bouchet.

 

 

° o 0 o °

 

 

L'introduction de M. Christophe Bouchet

 

 

Depuis plusieurs semaines, avec la crise actuelle du Covid-19, nous sommes tous très sensibilisés et reconnaissants de l’incroyable travail de tous les corps médicaux, souvent réalisé dans des conditions difficiles et même parfois précaires, avec un énorme dévouement en ces temps particulièrement difficiles que nous traversons.

 

José Antonio Arcos a voulu nous rappeler que les agriculteurs continuent à produire les aliments dont nous avons besoin, et que grâce à leur labeur quotidien et malgré la situation de confinement, nous disposons jour après jour d’aliments de qualité, bien que la vie économique de nos pays soit presque paralysée.

 

Je veux me joindre à cet éloge, en tant que consommateur et aussi en tant qu’agriculteur. Merci à tous.

 

Merci également à tous les ouvriers agricoles que poursuivent leur dur labeur dans les champs malgré la situation si tendue que nous vivons. Sans vous, beaucoup de fermes seraient à l’arrêt, malgré la bonne volonté des agriculteurs.

 

 

° o 0 o °

 

 

Merci agriculteur, de remplir notre garde-manger

 

 

 

 

Si nous pouvons rester enfermés chez nous durant quinze jours et ceux qui suivront avec le garde-manger plein, c’est grâce aux agriculteurs. C’est grâce au secteur primaire – qu’ils soient pêcheurs, éleveurs ou agriculteurs – que nous pouvons éviter la faim et la désespérance d’une situation comme celle que nous vivons en Espagne à cause du coronavirus. Il n’y a pas de famine parce qu’il y a des aliments. Il y a des aliments parce qu’il y a des producteurs (agriculteurs, éleveurs et pêcheurs).

 

Grâce à ce travail des hommes et des femmes de l’Espagne Vidée*, nous mangeons tous. L’Espagne Vidée ou Vide, l’Espagne rurale donne vie à l’Espagne urbaine et à chaque table sur laquelle on pose une assiette. Ce sont mes héros.

 

 

 

 

Valoriser la souveraineté alimentaire.

 

Il est possible que désormais les millions d’Espagnols qui vivent en marge de l’agriculture et des différents secteurs de l’activité du monde agricole puissent comprendre le concept de souveraineté alimentaire. Ces deux mots, que durant ces dernières semaines les agriculteurs et les éleveurs ont crié dans les rues de toute l’Espagne, ne sont pas vides de sens.

 

Souveraineté alimentaire signifie la capacité d’une nation à s’auto-approvisionner. L’exemple typique, nous le voyons ces jours-ci alors que des millions de consommateurs ont fait des courses massives d’aliments, et ils ont trouvé les produits nécessaires pour remplir leurs paniers. Ces produits, ces aliments, n’apparaissent pas par génération spontanée dans un supermarché ou un magasin de fruits et légumes, ces aliments sans lesquels rien ne serait possible sont produits par un agriculteur. C’est leur créateur.

 

Cette souveraineté alimentaire prend un sens encore plus profond en situation de crise comme l’actuelle pour cause de coronavirus, face aux hypothétiques limitations ou fermetures des frontières. La souveraineté alimentaire permet que, en marge de ce qui pourrait se produire à l’extérieur, un pays reste capable d’alimenter sa population.

 

Merci, agriculteur et éleveur, gens de la terre. Merci pêcheur, homme de la mer.

 

 

 

 

Lorsque nous sortirons de cette pandémie (Covid-19), parce qu’il est certain que tous ensemble nous vaincrons le virus, quand ça se produira (ça se produira), s’il vous plait souvenez-vous que nous ne pouvons pas laisser tomber notre secteur primaire qui est celui qui nous donne à manger. C’est prioritaire.

 

A part que beaucoup peuvent désormais comprendre ce qu’est la souveraineté alimentaire, ils comprendront aussi pourquoi les agriculteurs sont un secteur stratégique.

 

Sans agriculture, il n’y a rien («Sine agricultura, nihil»**). Ce sont mes héros. Applaudissons-les tous. »

 

 

 

_____________

 

* L’expression Espagne Vidée (España Vaciada) s’est développée depuis quelques mois pour illustrer les effets de l’exode rural, de l’explosion démographique et économique des grandes cités du pays, et du manque de recours économiques, techniques et technologiques dont souffrent de plus en plus les zones rurales, sans qu’il y ait apparemment une volonté politique d’influer sur cette tendance. C’est aussi un mouvement de revendication de droits pour ces régions immenses, indispensables à la souveraineté alimentaire du pays, et abandonnées par les gouvernements successifs.

 

** Sine agricultura, nihil est la devise latine du corps des ingénieurs agronomes espagnols.

 

 

° o 0 o °

 

 

La fin du commentaire de M. Christophe Bouchet

 

 

Que restera-t-il de tout cela lorsque cette crise sanitaire sera finie ?

 

Qui se souviendra que la souveraineté alimentaire n’est pas une vue de l’esprit, mais un besoin vital de toute société humaine ?

 

Parlera-t-on encore de l’évolution de l’agriculture européenne vers une activité d’entretien des paysages, dont la rentabilité n’a pas vraiment d’importance, pourvu qu’elle soit « propre » et politiquement correcte ?

 

Pourra-t-on alors retrouver un débat sain, non idéologique, sur la production d’aliments, le besoin de développer une agriculture productive, durable, rentable, saine, destinée en priorité à une consommation de relative proximité ?

 

 

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