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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Un scandale d'État ! La ministre Barbara Pompili signe une pétition et s'auto-interpelle...

19 Septembre 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Activisme, #Politique

Un scandale d'État ! La ministre Barbara Pompili signe une pétition et s'auto-interpelle...

 

André Heitz*

 

 

La pétition « exige »... « de nos gouvernants l’interdiction de tous les pesticides de synthèse en France ».

 

 

(Source)

 

 

Comment faut-il aborder cela ? Furioso peut-être... assurément !

 

C'est un scandale d'État !

 

Mme Barbara Pompili, Ministre de la Transition Écologique a reçu le mardi 15 septembre 2020 une « délégation » de l'association – c'en est une, elle est enregistrée – Nous voulons des coquelicots. Celle-ci lui a remis les signatures de « 1.135.131 citoyens qui exigent la sortie des pesticides ».

 

Petite précision : des pesticides de synthèse. Pas de ceux qui sont utilisables et utilisés en agriculture biologique, et dont l'interdiction mettrait dans de beaux draps les sponsors et commanditaires de l'opération.

 

 

(Source)

 

 

Rappelons que, loin d'être le fruit d'une génération spontanée, l'opération a été soigneusement préparée en amont, comme en témoigne le fait que le site Web a été enregistré par Générations Futures.

 

Jusque là, tout va bien. Enfin... que représentent ces « signatures » (Jules César a signé ! Bolobolo Kloop aussi!) ? Quel crédit le gouvernement peut-il accorder à cette opération ? Quel message est envoyé aux propagandistes de tout poil qui peuvent se sentir en droit de monter des opérations largement contestables ?

 

Mais voici que Mme Barbara Pompili signe l'« appel à la résistance pour l'interdiction de tous les pesticides » – rappel : sur Internet, on a fini par préciser dans le titre : « de synthèse ». Un appel d'une profonde débilité (petit décryptage ici).

 

C'est là que commence à se poser un énorme problème pour la gouvernance de la France.

 

Rien que le fait de signer une pétition...

 

...une pétition selon laquelle « Nous exigeons – elle exige – de nos gouvernants – donc d'elle-même – l’interdiction de tous les pesticides de synthèse en France. Assez de discours, des actes »...

 

...une pétition grotesque, outrancière et mensongère, qui débute par « Les pesticides sont des poisons qui détruisent tout ce qui est vivant » … Qui prétend par exemple que : « Quand un pesticide est interdit, dix autres prennent sa place. »

 

Et une pétition d'une entité qui n'a eu de cesse de critiquer la gouvernance française et de dénigrer, voire diffamer, l'ANSES et ses dirigeants, une agence dont Mme Barbara Pompili est ministre de tutelle... De vilipender et dénigrer également l'agriculture et les agriculteurs qui nous nourrissent et, de temps à autre, à appeler à la violence.

 

 

(Source)

 

 

 

Non seulement elle signe, mais elle s'en vante !

 

 

(Source)

 

 

« Je partage l’appel du mouvement des @coquelicots. Pour cela, nous devons avant tout concentrer nos efforts sur la recherche et le déploiement rapide d’alternatives, afin de pouvoir nous passer à terme des pesticides de synthèse »

 

Il va de soi que cette démarche a suscité un tollé sur les réseaux sociaux, à la hauteur du scandale.

 

En septembre 2018, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France écrivait dans « Attaques contre l’ANSES : une remise en cause inacceptable de la science »

 

« Il est aujourd’hui primordial que les Ministères de tutelle de l’ANSES en charge de la Santé, de l’Agriculture, de l’Environnement, du Travail et de la Consommation réaffirment tous leur confiance dans les travaux de l’agence et s’appuient sur ses avis scientifiques et non sur le lobbying de personnalités ou d’ONG environnementalistes. Celles-ci ont pris pour habitude de diffamer l’excellence du travail réalisé par l’ensemble de l’organisation sanitaire française (pouvoirs publics compris). Cette pression sur la science et les scientifiques est une nouvelle preuve du populisme écologique qui se développe en France et que l’on a vu à l’œuvre dans les débats sur la vaccination. »

 

Ce populisme est maintenant porté par la Ministre de la Transition Écologique !

 

Pour quels résultats ?

 

M. Fabrice Nicolino commente dans le Monde, dans « Quand la ministre Barbara Pompili signe une pétition réclamant l’interdiction des pesticides », avec en chapô un perfide mais très juste : « La ministre de l’écologie soutient l’appel des "coquelicots" alors que le gouvernement s’apprête à réautoriser partiellement les néonicotinoïdes » :

 

« C’est un moment important, on sort de ce mépris épouvantable qui nous a obsédés pendant ces deux années. Le fait que la numéro trois du gouvernement accepte de contresigner notre appel, c’est tout de même une très bonne nouvelle, et ça clôt ces deux années d’efforts collectifs de manière plutôt heureuse. »

 

Il y a aussi ce commentaire assassin de M. Yannick Jadot :

 

« Signer d’une main le retour des néonicotinoïdes alors que l’usage des pesticides a augmenté ces dernières années et, de l’autre, signer des engagements portés par les mouvements de la société civile : on dépasse les limites de la duplicité. »

 

Il a peut-être raison, M. Yannick Jadot. Au-delà de la duplicité, il y a bien autre chose.

 

M. Fabrice Nicolino s'est-il réjoui ? Sur son site, dans « Ce que les coquelicots ont vraiment dit à Barbara Pompili… », le ton est fort différent !

 

Il est d'abord relevé que :

 

« … après la lecture du texte qui suit, la ministre de la Transition Ecologique, sous les regards consternés de ses conseillers, a pris son stylo et signé l’Appel des coquelicots. »

 

Et ensuite ? Extraits de la déclaration :

 

« Nous ne pouvons plus attendre, et vous faites pourtant comme si. La crise de la vie sur Terre, et donc en France, est totale. Vous le savez, mais vous faites semblant qu’il n’en est rien, préférant miser sur une carrière politique qui a fait de vous le numéro trois du gouvernement. […]

 

[…]

 

Madame Pompili, vous êtes responsable. Vous êtes responsable personnellement, et nous n’acceptons pas les subterfuges habituels. Vous ne pouvez décemment vous abriter derrière des arguties. […]

 

[...]

 

C’est ce droit-là que vous devez défendre contre tous ceux, si nombreux, qui nous enfoncent dans une crise sans issue. Mais vous ne le faites pas. Et pour cette raison, le mouvement des Coquelicots dépose ce 15 septembre 2020 une plainte majeure contre vous. Elle n’est pas pénale, elle est morale. Et fondamentale. C’est une plainte solennelle pour non-respect de votre propre parole. C’est une plainte pour non-assistance à des milliards d’êtres vivants en danger de mort immédiate, dont le peuple des abeilles n’est qu’une première ligne. C’est une plainte qui restera. Cette flétrissure vous suivra tout au long de votre vie. À moins que? »

 

Insultée de la sorte, une ministre de la République prend sa plume...

 

Et au détour d'un entretien sur Europe 1, on apprend qu'elle avait déjà signé « il y a quelques années ».

 

Au final, est-ce le summum de la duplicité ? De la bêtise ? Du machiavélisme ?

 

Il sera maintenant difficile pour Mme Barbara Pompili de porter une loi qui permettra l'enrobage des semences de betteraves avec un néonicotinoïde pour lutter contre les ravages de la jaunisse. En fait, elle n'a plus sa place au gouvernement.

 

_____________

 

André Heitz est ingénieur agronome et fonctionnaire international du système des Nations Unies à la retraite. Il a servi l’Union internationale pour la protection des obtentions végétales (UPOV) et l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI). Dans son dernier poste, il a été le directeur du Bureau de coordination de l’OMPI à Bruxelles.

 

Cet article a été publié sous un autre titre et dans une version légèrement modifiée par Contrepoints.

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P
"* André Heitz est ingénieur agronome et fonctionnaire international du système des Nations Unies à la retraite. Il a servi l’Union internationale pour la protection des obtentions végétales (UPOV) et l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI). Dans son dernier poste, il a été le directeur du Bureau de coordination de l’OMPI à Bruxelles."

Pour être précis et ne rien perdre de vue,c'est aussi ce lobbyiste qui tient ce blog Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels .
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H
@ Papaver rhoesas : Si vous êtes agriculteur bio, quelles sont vos productions, votre rentabilité et le salaire, au taux horaire, que vous parvenez à dégager. Toutes les expériences positives sont les bienvenues et il faut les partager sur le net pour aider d'autres agriculteurs qui ont peut-être loupé quelque chose. Personnellement vivant dans le monde agricole, je n'ai pas encore rencontré d'agriculteur bio convaincant, mais je reste à l'écoute car je n'exclus jamais rien d'emblée. A défaut, si vous êtes simple jardinier amateur, quel est votre taux d'autonomie alimentaire ? Je veux dire par là, que cultivez vous et ou le cas échéant élevez vous et jusqu'à quel point vous nourrissez vous avec votre production ? Depuis combien d'années ? Si vous achetez tout ce que vous consommez alimentairement, êtes vous prêt, sans sourciller, à un triplement (ad minima) de tous les prix alimentaires sur les étals et à la rareté régulière de nombreux produits.
Et ouvrez un livre d'histoire pour aller voir comment vivaient nos ancêtres. Quand au lobbying, creusez un peu le monde du lobbying vert, c'est passionnant...
J
mi j'ai crée l'assoc je veux de la morelle des chénopodes et des chardons..dans le jardin du voisin.

je crois que c'est peut être ce qui me révolte le plus..l'ambigüité permanente..

finissez vos phrase svp...personne ne vous empêche d'avoir des coquelicots.. et même des champs.. entiers..
mais les écolos ont compris une chose...la démagogie ça marche...
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U
Comment une molécule peut-elle exister si elle n'a pas été synthétisée ? Dans un tube à essais ou une cellule végétale. Par intervention divine ?
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