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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Il y a zéro pesticides dans le sucre... peut-il y en avoir moins ?

24 Septembre 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information

Il y a zéro pesticides dans le sucre... peut-il y en avoir moins ?

 

Glané sur la toile 578

 

 

L'histoire part d'un communiqué de presse publié par le groupe coopératif Tereos : « Tereos lance une campagne pilote de betteraves "Haute Valeur Environnementale" »

 

Communiqué du 22 septembre 2020, en plein pugilat parlementaire sur le « projet de loi relatif aux conditions de mise sur le marché de certains produits phytopharmaceutiques en cas de danger sanitaire ». Chapeau pour le timing ! Mais bon, ça ne s'est pas trop mal passé en commission à l'Assemblée Nationale.

 

En bref :

 

« Après s’être lancé dans la production de sucre de betterave biologique, le groupe coopératif Tereos poursuit le développement de son offre en proposant, dès 2020, une gamme de sucre issu de betteraves HVE (Haute Valeur Environnementale). En collaboration avec une quinzaine d’associés coopérateurs, Tereos initie une première campagne test sur le site d’Artenay avec environ 400 hectares de betteraves HVE. Une démarche qui s’inscrit dans la volonté du groupe d’accompagner les changements agronomiques souhaités par la société et le monde agricole. »

 

En bref aussi : les producteurs ont arraché les betteraves plantées le printemps dernier dans le cadre d'une certification HVE de leurs exploitations ; elles arrivent à la sucrerie ; et bientôt il y aura du sucre « HVE » pour les industriels et les consommateurs.

 

Encore une fois, chapeau pour le timing... l'annonce ne pouvait pas attendre le 5 octobre 2020, date à laquelle le projet de loi sera examiné en séance plénière.

 

Le communiqué de presse explique :

 

« Elle [la certification HVE] repose sur 4 piliers :

 

1. la protection de la biodiversité (ex : aménagement de bandes enherbées en bordure de champ, introduction de nouvelles cultures et espèces, allongement de la rotation, installation de ruches)

 

2. la stratégie phytosanitaire (ex : désherbage mécanique, traitement chimique localisé, utilisation d’Outils d’Aide à la Décision)

 

3. la gestion de la fertilisation (ex : utilisation d’OAD, réalisation de reliquats azotés, apports azotés localisés, implantation de Culture Intermédiaire Piège à Nitrates)

 

4. la gestion de la ressource en eau (ex : régulation de l’irrigation, utilisation d’OAD). La promesse : une agriculture préservant l’écosystème naturel et réduisant au minimum la pression sur l’environnement. Contrairement au niveau 2 de la certification, qui engage une obligation de moyens, la Haute Valeur Environnementale (niveau 3) s’appuie sur une obligation de résultats.

 

Le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation dénombrait un total de 5 388 exploitations certifiées en au 1er janvier 2020, contre 1 518 en 2019. L’objectif est fixé à 15 000 pour 2022. »

 

 

 

 

Fort bien ! Mais les pisse-copie ne retiennent qu'un aspect : les pes-ti-cides !

 

France bleu a ainsi produit « Bientôt moins de pesticides dans le sucre produit en Centre-Val-de-Loire ? ».

 

En chapô :

 

« La première campagne de sucre de betteraves HVE, Haute Valeur Environnementale, vient d'être lancée en Centre-Val-de-Loire par le groupe sucrier Tereos. Cette certification, déjà accordée à quinze exploitants agricoles de la région, assure une utilisation minimale de produits chimiques. »

 

L'angle est plus ouvert en fin d'article, avec ce pavé :

 

« On emploie des techniques alternatives grâce à des "OAD", des Outils d'aide à la décision. C'est-à-dire qu'on mesure l'impact de la météo ou des pucerons et en fonction de ça, on régule ou pas nos traitements. Parce qu'on ne va quand même pas laisser mourir notre culture dans les champs ! »

 

Mais...

 

« Pour y parvenir, il [l'agriculteur] a dû acheter du matériel : des GPS, des stations météo et des rampes pour l'irrigation qui lui permettent de réduire de "10 à 15%" sa consommation d'eau. Mais tout cela a un coût, qu'il estime entre 5 000 et 20 000 euros par an. Il espère ainsi une rémunération à hauteur des "risques" qu'il prend. Ce sucre, fabriqué avec des betteraves HVE, doit être commercialisé en grande surface au printemps prochain. Son [mot manquant : prix] n'a pas encore été fixé.

 

« ...il espère... » L'agriculteur est souvent, et semble-t-il ici aussi, la variable d'ajustement. La France Agricole écrit dans « Tereos s’essaie aux betteraves certifiées HVE » :

 

« La valorisation du prix, Tereos y travaille encore. "Il faut borner le marché", affirme Jean-Claude Lefebvre. Car il faut que l’aval suive, mais aussi que le logo HVE soit compris des consommateurs. "Les consommateurs sont sensibles au côté environnemental. Mais il faut que tout le monde soit gagnant et que les efforts des agriculteurs soient pris en compte", conclut Pascal Chenu.

 

Mais revenons au titre de cet article de France Bleu finalement pas trop mal fait : le sucre – au moins le sucre blanc – c'est du saccharose pur. Il n'y a pas de pesticides... et il ne peut y en avoir moins...

 

 

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