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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Dans la série « les petits et moins petits arrangements avec la réalité des faits » : coucou ! revoilou M. Julien Bayou !

2 Septembre 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Politique, #critique de l'information, #Glyphosate (Roundup)

Dans la série « les petits et moins petits arrangements avec la réalité des faits » : coucou ! revoilou M. Julien Bayou !
 

 

(Source)

 

Nous avons décrypté une intervention de M. Julien Bayou, secrétaire national d'EÉLV sur la « sortie du glyphosate » et le prétendu blocage d'alternatives « naturelles » dans « Gros mensonges ou méconnaissance crasse des faits : entre M. Julien Bayou et Info France 2, qui mérite le plus la fessée ? »

 

L'élément essentiel de la déclaration de M. Julien Bayou pour notre propos :

 

« Sortie du #glyphosate dans un an : "Des entreprises proposent des désherbants naturels qui attendent toujours leur agrément. Il y a des alternatives bloquées car il y a une pression des plus gros exploitants de la FNSEA" ».

 

L'AFP a produit un factchecking détaillé de M. Thomas Saint-Cricq, « Non, les autorités sanitaires ne bloquent pas des alternatives au glyphosate produites par deux sociétés comme le dit Bayou (EELV) ».

 

 

« J'ai lu trop vite » !

 

M. Julien Bayou a évidemment été sollicité :

 

« Sollicité par l'AFP après la vérification de ces éléments, Julien Bayou explique le 26 août avoir "lu qu'il y avait eu des difficultés concernant ces entreprises".

 

"J'ai lu trop vite" se défend ce responsable des Verts. "Je me réjouis si, enfin, on peut homologuer ces produits. Mais je note que c'est plus compliqué pour une PME de le faire", ajoute-t-il.

 

On peut sans doute – et à la rigueur, en faisant preuve de charité – accorder des circonstances atténuantes concernant Osmobio tant les médias se sont employés il y a maintenant plus de deux ans à propager une mésinformation sur l'injuste infortune (alléguée) du concepteur du produit.

 

L'ANSES avait cependant publié le 1er décembre 2017 une « NOTE AUX REDACTIONS – Point sur le dossier OSMOBIO » que M. Julien Bayou aurait dû lire ou que les services d'information du parti auraient dû lire pour alerter les apparatchiks et leur éviter de dire des bêtises. Il y a aussi ce fort utile blog et son « Osmobio, le successeur du glyphosate serait là... vraiment ? »

 

 

Il a lu trop vite... ce qu'il ne pouvait pas lire !

 

S'agissant du Beloukha de l'entreprise Jade, à notre connaissance, il n'y a aucune indication sur la toile sur des difficultés (alléguées) d'homologation causées par l'ANSES. Difficile, donc, de croire que M. Julien Bayou a pu lire... et certainement pas « trop vite ».

 

L'AFP a reproduit un tableau communiqué par l'ANSES à ce sujet.

 

 

 

 

Mais, effectivement, on ne pouvait pas... car « enfin, on peut » !

 

Le dernier élément de cette réponse est une double fourberie : « Je me réjouis si, enfin, on peut homologuer ces produits. Mais je note que c'est plus compliqué pour une PME de le faire ».

 

Le mot « enfin » est de trop. Pour le lecteur inattentif, cela signifie qu'il ne s'est pas trompé et qu'il ne nous a pas trompés : on ne pouvait pas... mais maintenant on peut...

 

C'est assorti d'une diversion. Non, ce n'est pas « plus compliqué » pour une PME, laquelle est soumises aux mêmes conditions que les grands de l'agrochimie.

 

Nous recommanderons toutefois à M. Julien Bayou et à ses amis de bien analyser la situation qu'ils contribuent à créer en rendant les conditions d'homologation de plus en plus drastiques et cette homologation de plus en plus difficilement accessible, question coûts, pour les PME. Enfin, s'ils sont vraiment intéressés par le sort des PME, plutôt que par l'agitation de l'épouvantail des multinationales, si rentable sur le plan politicien.

 

 

La FNSEA (et l'ANSES) calomniée ?

 

Il y a aussi la référence à la FNSEA. Mme Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, s'était exclamée :

 

« Mensonges & calomnies [...] »

 

Seuls les paucineuronaux ne comprendont pas qu'a été jugé calomnieux le propos suivant : « Voyez donc, il y a des alternatives qui existent – le travail du sol superficiel, les faux semis, ces désherbants bio –, mais c'est bloqué parce qu'il y a une vraie pression, notamment des plus gros exploitants de la FNSEA pour continuer à utiliser le glyphosate ».

 

Que répond M. Julien Bayou ? L'article de l'AFP n'est pas des plus limpides :

 

« En 2017, le président de la République Emmanuel Macron avait annoncé la sortie de la France de l'usage du glyphosate "dans les 3 ans", avant de conclure, fin janvier 2019, que le France n'y arriverait pas "à 100%" sur cette période. »

 

"Je ne dis pas que la FNSEA est dans le bureau de l'Anses, mais elle a maintenu une pression politique", affirme Julien Bayou à l'AFP le 26 août.

 

"C'est devant la FNSEA qu'Emmanuel Macron est revenu sur sa promesse d'interdire le glyphosate, il y a été applaudi", dénonce-t-il. »

 

Logiquement, cette réponse signifie que la FNSEA – ou ses « plus gros exploitants » – aurait exercé des pressions pour bloquer « ces désherbants bio ». Sinon pourquoi évoquer, sous la forme qu'il a choisie, la présence de la FNSEA dans le bureau de l'ANSES ? On tourne en rond...

 

Enfin la logique politicienne suit des règles qui échappent à la logique rationnelle.

 

Remarquons incidemment que si elle a exercé des pressions pour éviter l'interdiction du glyphosate, la FNSEA est tout à fait dans son rôle.

 

 

La « sortie du glyphosate » et M. Emmanuel Macron
 

Et il y a toujours, comment dire...

 

Non, M. Emmanuel Macron n'est pas revenu sur sa promesse d'interdire le glyphosate. Il l'a modulée, en tenant compte de certaines réalités – les impasses et l'absence d'alternatives – que l'idéologie intransigeante et irresponsable de la « vertitude » refuse de voir.

 

Ce genre d'exagération fait peut-être partie des ficelles politiciennes, elle ne grandit pas celui qui l'utilise et jette le discrédit sur le monde politique.

 

« ... il y a été applaudi » ? C'est vraiment petit-bras !

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R
L'excés de rigueur, et du coût, des conditions d'homologation est aussi une des causes de l'inaccessibilité des techniques OGMs au PME. Ainsi on peut plus facilement accuser les "multinationales" d'en être les producteurs exclusifs..
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J
il y a aussi le lance flamme (chalumeau) comme alternative au glyphosate...
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M
Bonjour, les alternatives au glyphosate utilisables en pulvérisation ont nettement moins d'efficacité et pour un coût bien supérieur; cela est un fait ! Quid des doses astronomiques avec de l'acide acétique sur la faune du sol ? Il n'y a jamais eu d'études dans le dossier d'homologation car cela est un produit naturel ! comme de datura ou l'ergot du seigle ! Le travail du sol est une vraie alternative, mais sur le plan carbone ? Que tous ces écolos amateurs d'être devant les plateaux télé restent chez eux et étudient mieux leur dossiers.
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