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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Sur Atlantico et de MM. Cyrille Milard, Jean-Marc Boussard : « Bug dans la politique environnementale : les leçons de la crise de la betterave »

14 Août 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #betteraves, #Néonicotinoïdes, #Politique

Sur Atlantico et de MM. Cyrille Milard, Jean-Marc Boussard : « Bug dans la politique environnementale : les leçons de la crise de la betterave »

 

Glané sur la toile 566

 


 

M. Cyrille Milard est agriculteur et président de la FDSEA 77 et M. Jean-Marc Boussard, économiste, ancien directeur de recherche à l’INRA et membre de l’Académie d’Agriculture de France.

 

Dans « Bug dans la politique environnementale : les leçons de la crise de la betterave », ils ont brossé, le 2 août 2020 – donc avant l'annonce gouvernementale d'une initiative législative –, un intéressant tableau de la situation qui dépasse le cadre restreint de la crise actuelle.

 

Nous ne nous lasserons pas d'évoquer une calamité à laquelle le gouvernement a longtemps refusé de répondre autrement que par des indemnisations des producteurs, donc par nos impôts, pour des raisons que nous pensons être électoralistes – à moins que ce ne soit une conversion à un écologisme ultra-stupide :

 

« Atlantico.fr : Les néonicotinoïdes permettant la protection des récoltes ont été interdits en 2016 en raison du principe de précaution de l'environnement et des abeilles. Est-ce justifié selon vous ?

 

Cyrille Milard : Dans le cas de la betterave, aucunement. Les néonicotinoïdes appliqués sur la betterave ne tuent pas d’abeille pour une simple raison : il n’y a pas de butinage de leur part car les betteraves ne font pas de fleur.

 

Depuis la nuit des temps, je n’ai jamais vu une abeille sur un champ de betterave. Nous sommes donc en train de trouver une solution à un problème qui n’existe pas. Aujourd’hui, nous sommes face à une catastrophe annoncée. Nous avions déjà dit à l’époque qu’il s’agissait d’une hérésie d’interdire ces produits sur la betterave, et nous sommes à présent face à une attaque de pucerons sans précédent qui ont transmis le virus de la jaunisse. Cette invasion va nous faire perdre 50% de nos rendements sur la betterave et cela aura de lourdes conséquences : s’il n’y a plus de betteraves pour approvisionner les usines, elles fermeront d’ici un an. C’est un milliard de perte dans la balance commerciale pour la France et 45.000 emplois qui vont disparaître. »

 

 

 

Voici trois autres vérités :

 

« Atlantico.fr : Cette décision a-t-elle été prise sans données scientifiques réelles ?

 

Jean-Marc Boussard : Le lien entre la baisse des populations de pollinisateurs et l’usage des néonicotinoïdes est loin d’avoir été démontré de façon indiscutable. Mais le contraire non plus. On est donc ici dans l’inconnu. Quand à la question de l’existence de résidus dans les sols, elle est prouvée, mais les conséquences possibles à long terme sont encore mal évaluées. Ici joue évidemment le "principe de précaution" : tant qu’on peut soupçonner une pratique d’être dangereuse, et tant qu’on n'a pas démontré que cette crainte était vaine, il convient de l’interdire. Or la démonstration de la "non-dangerosité" est quelquefois difficile à faire, ce qui conduit à prendre des précautions inutiles. Il est possible que ce soit le cas ici.

 

[...]

 

Cyrille Milard : C’est un dossier purement dogmatique et politique. Un vrai totem des écologistes et cela a été voté par des députés qui n’avaient pas forcément les données scientifiques et qui ont répondu à une pression environnementale et écologique. Aujourd’hui, les 105 députés qui encouragent la réintroduction des néonicotinoïdes pour la betterave sont ceux qui étaient absents dans l’hémicycle le jour du vote.

 

Nous les avons alerté en leur disant que c’était une bêtise de faire ça, qu’il n’y avait aucun risque pour les abeilles. Quelle a été leur réponse ? Nous dire que l’interdiction était valable pour toutes les cultures. Pourtant, paradoxalement, il faut savoir que vous pouvez retrouvez les néonicotinoïdes sur les colliers anti-puce de vos chiens et chats, et cela en vente libre. C’est un produit qui est censé être très dangereux, on nous l’a interdit en agriculture pour de mauvaises raisons, et on l’autorise pour les colliers d’animaux alors que c’est un perturbateur endocrinien. Nos animaux de compagnies les portent, nos enfants les caressent et cela ne pose de problème à personne.

 

[…]

 

Atlantico.fr : Vous a-t-on proposé des solutions ?

 

Cyrille Milard : On savait que ça la jaunisse pouvait apparaître, mais personne n’y était confronté car nous avions ce traitement. Il a fallu attendre l’interdiction pour s’en rendre très vite compte. Il suffit d’un puceron sur une betterave pour que celle-ci contracte la jaunisse. Nous avons cette année centaine de pucerons par betterave. Auparavant, nous utilisions les produits efficaces. [...] »

 

C'est, en fait, une situation similaire à celle des vaccins : une bonne solution à un problème sanitaire nous fait oublier l'existence du problème. Dans le cas de la betterave, le problème de la jaunisse est arrivé au galop...

 

Le reste est tout aussi intéressant.

 

Mais nous n'adhérerons pas à cette idée :

 

« A noter qu’une solution simple pour réduire l’utilisation des néonicotinoïdes, et les réserver à des usages indispensables, serait de les frapper d’une taxe significative qui en augmenterait le prix de façon substantielle. »

 

Taxer, c'est péjorer la compétitivité de notre production agricole et alimentaire, la compétitivité des acteurs de cette filière.

 

 

En bonus...

 

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