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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

L'eau dans le Monde : du très bon et de la...

13 Août 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information

L'eau dans le Monde : du très bon et de la...

 

 

(Source)

 

 

L'édition papier du Monde des 9 et 10 août 2020 contient trois articles (et un articulet) sur un sujet chaud : l'eau, ou la sécheresse :

 

 

 

 

 

Informatif et pédagogique

 

Le premier article est informatif et pédagogique, avec quatre cartes de la France métropolitaine sur les sécheresses météorologique, agricole et hydrologique, ainsi que les arrêtés préfectoraux.

 

Dans les commentaires ? Les habituelles récriminations contre le maïs et la FNSEA, avec des conseils avisés d'agronomes de canapé... C'est à peu près pareil pour les autres articles, le troisième étant toutefois assez abondamment critiqué quant à sa teneur.

 

 

Célélobi... (Source)

 

 

Informatif et pédagogique (2)
 

Le deuxième est tout simplement extra ! Décrivant la situation à laquelle sont confrontés des agriculteurs, l'auteur de l'article – encore une fois : félicitations... – ne manque pas d'évoquer certaines conséquences :

 

« "On est convaincus que la polyculture et l'élevage sont la bonne solution, estime Alexis [Descamps, Savigny-sur-Braye (Loir-et-Cher)]. On a notre propre système fourrager, on essaie de trouver des solutions mais il nous faut du temps. Si on avait choisi de tout pâturer, il aurait fallu décapitaliser le troupeau, réduire le nombre de têtes. Mais avec moins d'élevage, le vétérinaire ira voir ailleurs. »

 

Ou encore :

 

« Dans ces conditions âpres, le départ d'un producteur de lait pourrait s'avérer fatal pour l'ensemble des producteurs du bassin de collecte. "C'est comme un château de cartes : si quelqu'un arrête de faire du lait, la laiterie voudra chercher à s'installer ailleurs pour maintenir son activité, s'inquiète Alexis. Mon outil de travail deviendrait invendable. Il faut continuer à faire du volume pour maintenir l'activité du collecteur. On se bat en ce moment, collectivement, pour qu'un jeune puisse reprendre un élevage." Le défi est de taille : d'ici à 2027, 50 % des producteurs de lait arriveront à l'âge de la retraite en France. »

 

Cet agriculteur explique encore, et c'est repris en pavé :

 

« Cette eau d'hiver que nous aimerions capter n'est pas pour doper les rendements mais pour avoir une sécurité. »

 

 

Hélas...

 

Le titre – qui n'est peut-être pas de Mme Martine Valo – est déjà une insulte au bon sens et à la rationalité. Les petits et grands aménagements, certains multiséculaires, seraient des « solution[s] de très court terme » ?

 

 

(Source)

 

 

Idem pour le chapô qui laisse entendre que « les hydrologues » – tous les hydrologues – défendent la recharge des nappes souterraines. D'ailleurs, les partisans de cette avenue – en fait les opposants pour des motifs d'idéologie aux aménagements tels que les retenues collinaires et les « bassines » – devraient nous expliquer comment il faut faire...

 

Les poncifs et les éléments de langage des Neinsager s'alignent en chapelet, entrecoupés d'approximations et de contre-vérités. On nous prend même de haut, dès le départ :

 

« Les uns après les autres, quand arrivent les mois chauds qui assèchent les sols et les rivières en France, les ministres de l'agriculture avancent la même réponse comme frappée du sceau de l'évidence : si l'eau manque en été, il n'y a qu'à la stocker en hiver. »

 

Ils sont bêtes ces ministres (ironie)... Suit le sophisme du déshonneur par association :

 

« C'est d'ailleurs la demande récurrente de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA). »

 

Et, pour que le kamoulox ait un semblant de cohérence :

 

« Pour affronter le réchauffement climatique, il faudrait, selon le syndicat majoritaire des exploitants agricoles, multiplier les retenues sur des rivières et des bassines – au nom trompeur puisqu'elles occupent en général plusieurs hectares chacune –, alimentées par pompage dans les cours d'eau et les nappes souterraines, les pluies et les ruisseaux étant loin de suffire à remplir ces installations conséquentes largement subventionnées. »

 

Une histoire de sapeur Camember, en bref. Sauf que les pompages dans les nappes souterraines devraient être de rares exceptions...

 

Mais l'essentiel n'est-il pas d'alimenter l'opposition au développement et à l'aménagement du territoire ? En pavé pour convaincre ceux qui ne veulent pas tout lire :

 

« Les barrages assèchent les tronçons de rivières situés en aval, détruisent les écosystèmes, noient les zones humides. »

 

Les barrages bien conçus et bien exploités permettent au contraire de maintenir un débit d'étiage en aval et créent de nouveaux écosystèmes et zones humides...

 

Relevons encore cette perle :

 

« D'autres [études], réalisées en Espagne, ont conclu que dans les régions les plus équipées de barrages, les sécheresses sont deux fois plus intenses et plus longues. »

 

C'est dit par un directeur de recherche honoraire du CNRS... Peut-être lui a-t-il échappé que l'on a choisi d'équiper en barrages, en priorité, les régions les plus frappées par la sécheresse... Mais quand le militantisme parle...

 

 

 

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