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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Les femmes africaines sont à la tête de l'avancée de la biotechnologie sur le continent

20 Juillet 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Afrique, #OGM

Les femmes africaines sont à la tête de l'avancée de la biotechnologie sur le continent

 

John Agaba*

 

 

 

Les femmes chercheurs influencent fortement l'adoption de la biotechnologie agricole en Afrique.

 

« En tant que femmes africaines, nous sommes celles qui souffrent le plus lorsque la sécheresse et les pénuries alimentaires frappent, malgré l'existence de solutions technologiques à ces problèmes», a déclaré la Dre Felister Makini, directricer générale adjointe chargée des cultures à Organisation de Recherche sur l'Agriculture et l'Élevage du Kenya (Kenya Agriculture and Livestock Research OrganizationKALRO).

 

« Nous cherchons de nouvelles solutions et comment nous pouvons utiliser la technologie pour donner à notre peuple et à nous-mêmes des variétés de plantes meilleures et améliorées pour lutter contre la faim et améliorer la qualité de vie », a déclaré la Dre Priver Namanya Bwesigye, qui dirige le programme de recherche sur le bananier en Ouganda au sein des Laboratoires Nationaux de Recherche Agricole (National Agricultural Research Laboratories – NARL) à Kawanda. « Nous avons également besoin de variétés qui peuvent nous donner plus en termes de nutriments. »

 

Dans toute l'Afrique, des femmes travaillent dans des laboratoires à la mise au point de cultures à haut rendement, capables de tolérer des maladies ou d'y résister, ainsi que d'un bétail plus sain et plus productif. On les trouve également dans des salles de réunion et des jardins pour informer le public de leurs innovations et de la manière dont ces cultures améliorées peuvent contribuer à la lutte contre la faim sur le continent et dans le monde.

 

« Il est temps de faire connaître au public le côté positif de la biotechnologie », a déclaré la professeure Caroline Thoruwa, présidente de l'Association des Femmes Africaines dans la Science et l'Ingénierie (African Women in Science and Engineering).

 

En Ouganda, où les bananes sont un aliment de base important et une culture de rente, Mme Bwesigye est chargée de développer des variétés qui offrent de meilleures options aux agriculteurs.

 

Son équipe et elle utilisent les outils du génie génétique pour développer des variétés de bananiers résistantes aux nématodes, au flétrissement bactérien et aux charançons. La plus avancée de ces variétés génétiquement modifiées est une banane biofortifiée pour fournir de la vitamine A. Elle devrait parvenir aux agriculteurs dès que l'Ouganda aura mis en place un cadre juridique de biosécurité guidant l'utilisation des OGM.

 

« Nous avons testé la technologie dans plusieurs endroits – dans les quatre régions de culture du bananiers de l'Ouganda – et elle sera prête lorsque nous disposerons d'un cadre juridique », a déclaré Mme Bwesigye. « Nous devons faire ces essais sur le terrain multisites avant de pouvoir les donner aux agriculteurs. Nous voulons être sûrs que les différents agriculteurs à travers le pays puissent planter la variété et obtenir des résultats similaires. Dans ce cas, toutes les productions de bananes devraient être riches en provitamine A. »

 

Mais le programme de Mme Bwesigye fait bien plus que développer des bananes améliorées en utilisant la biotechnologie. Il utilise également des outils conventionnels d'amélioration des plantes pour produire des variétés plus robustes, dont un bananier résistant à la maladie du black sigatoka. Lorsqu'elle n'est pas au laboratoire, Mme Bwesigye mène une vaste campagne de sensibilisation auprès des agriculteurs et des jeunes pour expliquer la biotechnologie agricole et les raisons pour lesquelles l'Ouganda, l'Afrique et le monde ont besoin de cet outil.

 

La Dre Barbara Mugwanya Zawedde se fait également le champion de l'adoption des biotechnologies agricoles en Afrique. Elle est actuellement directrice de la recherche à l'Institut de Recherche et de Développement Agricole Zonal de l'Ouganda, à Mukono, qui relève de l'Organisation Nationale de Recherche Agricole (National Agricultural Research Organization – NARO).

 

Mais avant cela, elle a été coordinatrice du Centre d'Information sur les Biosciences de l'Ouganda (Uganda Biosciences Information Center – UBIC) – le centre de partage des connaissances et des informations de la NARO. Ce centre se fait le champion de la compréhension de la recherche moderne en biosciences pour le développement agricole et s'efforce d'éduquer les parties prenantes sur l'importance de la biosécurité.

 

Dans ce rôle, Mme Zawedde a engagé des chefs religieux, des communautés locales, des agriculteurs, des agents de vulgarisation, des législateurs, des ministères publics, des « femmes dans l'agriculture », des étudiants et d'autres personnes pour sensibiliser aux nouvelles technologies et à leur sécurité.

 

Après avoir obtenu un doctorat en amélioration des plantes, en génétique et en biotechnologie à l'Université de l'État du Michigan, Mme Zawedde est retournée en Ouganda en 2013 pour découvrir « que nous avions des lacunes dans la communication ainsi que dans la réglementation », a-t-elle rappelé.

 

Elle a donc travaillé avec le Dr Yona Baguma, aujourd'hui directeur général adjoint de la NARO, pour mettre en place le centre d'information sur les biosciences. Leur objectif était de « mettre en avant ces nouvelles technologies dont les gens ne parlent pas » et de souligner l'importance de les réglementer.

 

« Le cadre réglementaire [que nous avons demandé] ne concerne pas seulement l'introduction de ces nouvelles technologies, mais aussi leur réglementation », a déclaré Mme Zawedde.

 

Dans une certaine mesure, Mme Zawedde et l'UBIC ont réussi.

 

Le Parlement a adopté le projet de loi nationale sur la biotechnologie et la biosécurité à deux reprises, bien que le président Yoweri Museveni n'ait pas encore signé la loi. En outre, de plus en plus d'Ougandais apprécient désormais la science et ce qu'elle peut faire pour améliorer leur vie. Des éléments de biotechnologie et de biosécurité ont également été inclus dans les programmes scolaires du pays.

 

« Il sera plus facile d'adopter ces technologies [une fois que nous aurons un cadre réglementaire] parce que plus de gens comprennent aujourd'hui ces technologies et comment elles peuvent contribuer à améliorer l'agriculture et la sécurité alimentaire en Ouganda et dans la région », a déclaré Mme Zawedde.

 

De même, le Women in Biosciences Forum travaille au Kenya pour s'assurer que tout le monde connaît bien la valeur de la biotechnologie et le rôle que les femmes jouent pour faire avancer la science.

 

« Nous devons améliorer le statut des femmes dans le domaine de la biotechnologie et aussi encourager les femmes à se mettre en réseau afin d'atteindre le noble objectif de partager leur science », a déclaré Mme Thoruwa. « Les femmes doivent être impliquées pour que l'Afrique progresse dans l'agro-biotechnologie. »

 

Plusieurs pays africains ont approuvé la culture d'OGM et d'autres ont mené des essais pour des variétés de plantes génétiquement modifiées. Mais dans de nombreux pays qui mènent des recherches, les semences génétiquement modifiées n'ont pas encore atteint les agriculteurs et les consommateurs parce que les dirigeants politiques sont influencés par l'opposition et ont « peur » d'adopter la biotechnologie, ont observé les femmes scientifiques.

 

« Nous devons parler d'une seule voix et plaider pour un environnement politique prévisible », a déclaré Mme Makini, de la KALRO.

 

« Les détracteurs seront toujours là », a déclaré Mme Bwesigye. « Mais nous devons comprendre que ces technologies, à peu près comme tout ce qui existe dans la vie, ont des avantages et des inconvénients. Nous devons juste exploiter les avantages. »

 

L'un de ces avantages est de pouvoir développer une culture de base, comme la banane, qui fournit de la vitamine A, un nutriment crucial qui manque à près de 30 % des enfants ougandais de moins de 5 ans. « C'est une évidence », a déclaré Mme Bwesigye à propos de l'intérêt d'adopter la banane qui fournit de la vitamine A.

 

Malgré les obstacles politiques, Mme Bwesigye et ses collègues ne se découragent pas. Mme Zawedde a déclaré que les femmes continueront à mener des actions de communication et de sensibilisation, appelant les gouvernements à donner aux agriculteurs une chance de planter certaines de ces cultures améliorées.

 

« Nous n'avons besoin que de sensibilisation, de sensibilisation et de plus de sensibilisation », a déclaré Mme Bwesigye. « Alors les mentalités changeront et l'adoption de ces technologies sera plus facile. »

 

_____________

 

* Source : https://allianceforscience.cornell.edu/blog/2020/07/african-women-are-leading-biotechnologys-advance-across-the-continent/

 

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R
Maître Folace24/07/2020 09:46 dans :
Les Coquelicots et les dérivés de pesticides dans l'eau : plus fort que les Protocoles des Sages de Sion

"Étant ingénieur ESPCI je connais un peu le cuivre contrairement à ce que prétend l'autre hurluberlu."
...
l'autre hurluberlu ne connais pas un peu mais connais très bien le cuivre !!! ^-^

Alors Monsieur l'ingénieur ESPCI le 23/07/2020 à 15:42 vous écrivez ceci "bref c'est autorisé à raison de 4 kg/ha de sulfate de cuivre" ;
alors je confirme vous connaissez un peu le cuivre car ceci est complétement FAUX; Monsieur l'ingénieur ESPCI vous ignorez bien évidement qu'en agriculture,
le sulfate de cuivre n'est absolument pas l'unique forme de cuivre utilisée; Monsieur l'ingénieur ESPCI vous ignorez bien évidemment que la dose réglementaire de 4 Kg
est exprimée en cuivre métal ce qui change donc la donne par rapport à vos balivernes, Monsieur l'ingénieur afin d'être bien clair envers les lecteurs,
je vous laisse donc le soin d'expliquer la différence entre vos balivernes et la réalité puisque contrairement à l'autre hurluberlu vous connaissez un peu le cuivre.

Ensuite, l'autre hurluberlu corrigera votre copie avec grand plaisir ;-))

En même temps, Monsieur l'ingénieur ESPCI afin que ce soit bien clair pour les lecteurs non avertis, développez et expliquez nous votre écrit du même jour :
"Ça n'est tout de fois pas anodin car le cuivre est rémanent et s'accumule dans le sol et le stérilise"
Répondre
R
max22/07/2020 18:03

Relayer de profondes débilités te va très bien continue ainsi l'avenir est derrière toi .
Répondre
J
En Afrique, l'école sert à faire aimer la science et proposer des réponses aux défis climatiques/environementaux/alimentaires, en France ça sert l'obscurantisme... cf les propositions de la convention citoyenne pour le climat de rééducation des enfants à l'école façon heures sombres de l'humanité...
Répondre
R
Maître Folace24/07/2020 09:46 dans :
Les Coquelicots et les dérivés de pesticides dans l'eau : plus fort que les Protocoles des Sages de Sion

"Étant ingénieur ESPCI je connais un peu le cuivre contrairement à ce que prétend l'autre hurluberlu."
...
l'autre hurluberlu ne connais pas un peu mais connais très bien le cuivre !!! ^-^

Alors Monsieur l'ingénieur ESPCI le 23/07/2020 à 15:42 vous écrivez ceci "bref c'est autorisé à raison de 4 kg/ha de sulfate de cuivre" ;
alors je confirme vous connaissez un peu le cuivre car ceci est complétement FAUX; Monsieur l'ingénieur ESPCI vous ignorez bien évidement qu'en agriculture,
le sulfate de cuivre n'est absolument pas l'unique forme de cuivre utilisée; Monsieur l'ingénieur ESPCI vous ignorez bien évidemment que la dose réglementaire de 4 Kg
est exprimée en cuivre métal ce qui change donc la donne par rapport à vos balivernes, Monsieur l'ingénieur afin d'être bien clair envers les lecteurs,
je vous laisse donc le soin d'expliquer la différence entre vos balivernes et la réalité puisque contrairement à l'autre hurluberlu vous connaissez un peu le cuivre.

Ensuite, l'autre hurluberlu corrigera votre copie avec grand plaisir ;-))

En même temps, Monsieur l'ingénieur ESPCI afin que ce soit bien clair pour les lecteurs non avertis, développez et expliquez nous votre écrit du même jour :
"Ça n'est tout de fois pas anodin car le cuivre est rémanent et s'accumule dans le sol et le stérilise"
I
Je les ai lues FM06. Quelles propositions vous sembles puériles ou liberticides ?
F
@il est là : vous les avez lues les propositions de la CCC? Ça va du puéril au carrément liberticide en passant par les inepties moralisatrices et décroissantistes...

https://www.climato-realistes.fr/propositions-de-la-convention-citoyenne-pour-le-climat-faisons-barrage/
I
Après j'ai vu les propositions de la Convention Citoyenne. Bon si ce qu'elle propose sur l'agriculture est critiquable, le reste ne semble pas si mauvais, bon après je ne connais pas toute la situation par coeur, mais les propositions en dehors de l'agriculture me semblent acceptables.
M
Ça change de "l"écoféminisme" de Vandana Shiva. Ce sont des exemples qui mériteraient d'être plus médiatisés en France.
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R
Maître Folace24/07/2020 09:46 dans :
Les Coquelicots et les dérivés de pesticides dans l'eau : plus fort que les Protocoles des Sages de Sion

"Étant ingénieur ESPCI je connais un peu le cuivre contrairement à ce que prétend l'autre hurluberlu."
...
l'autre hurluberlu ne connais pas un peu mais connais très bien le cuivre !!! ^-^

Alors Monsieur l'ingénieur ESPCI le 23/07/2020 à 15:42 vous écrivez ceci "bref c'est autorisé à raison de 4 kg/ha de sulfate de cuivre" ;
alors je confirme vous connaissez un peu le cuivre car ceci est complétement FAUX; Monsieur l'ingénieur ESPCI vous ignorez bien évidement qu'en agriculture,
le sulfate de cuivre n'est absolument pas l'unique forme de cuivre utilisée; Monsieur l'ingénieur ESPCI vous ignorez bien évidemment que la dose réglementaire de 4 Kg
est exprimée en cuivre métal ce qui change donc la donne par rapport à vos balivernes, Monsieur l'ingénieur afin d'être bien clair envers les lecteurs,
je vous laisse donc le soin d'expliquer la différence entre vos balivernes et la réalité puisque contrairement à l'autre hurluberlu vous connaissez un peu le cuivre.

Ensuite, l'autre hurluberlu corrigera votre copie avec grand plaisir ;-))

En même temps, Monsieur l'ingénieur ESPCI afin que ce soit bien clair pour les lecteurs non avertis, développez et expliquez nous votre écrit du même jour :
"Ça n'est tout de fois pas anodin car le cuivre est rémanent et s'accumule dans le sol et le stérilise"
I
Fidèle aux conneries biotausaurus, Bionel le Gros Malin, vous adhérez donc à la thèse complotiste du suicide des paysans provoqués par les OGM à laquelle même Stéphane Foucard ne croit plus
R
Il est là, fils spirituel de Seppi22/07/2020 00:17

"Cependant contrairement à elle je ne prétends pas que les paysans se suicide à cause de la science."

Fidèle à l'affichage de votre profonde incompétence, il n'y a vraiment rien d’étonnant à cela !
I
Mon cher Max

Je ne partage pas cet avis, je ne pense pas que Shiva et Bionel le Gros malin soient intolérents, je pense qu'ils sont soit des ma,ipulateurs qui se servent des pauvres et de leur souffrance pour se faire leur beurre, soit des gens préoccupés par le sort des pauvres mais en ayant une vision idéaliste de ce qu'on peut faire pour les aider.
M
Vanada Shiva n'est pas prix Nobel est a le Right Livelihood Award qui est appelé prix Nobel alternatif. Mais bon, elle se prétend aussi physicienne quantique et raconte de grosse connerie là dessus.

Il est là, fils spirituel de Seppi
Comme Seppi la déjà dit dans un commentaire que vous avez surement déjà lu, cette personne est plutôt intolérante envers les pauvres. Il est donc normal qu'il soutienne une personne comme Shiva qui préfère que les pauvres reste pauvre pour éviter de souillé leur spiritualité avec l'horreur d'un ventre plein.
http://seppi.over-blog.com/2020/07/le-covid-19-perturbe-l-approvisionnement-en-semences-de-l-afrique-menacant-la-securite-alimentaire.html