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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Célébrer la certitude du commerce

1 Juillet 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Divers

Célébrer la certitude du commerce

 

Georgina Gutierrez, Joanna Lidback et Cherilyn Nagel*

 

 

 

 

De la pandémie de Covid-19 et de ses ordres de confinement aux protestations contre les brutalités policières et toutes leurs controverses, cette année sera l'une des plus turbulentes de l'histoire récente.

 

Cependant, à la mi-2020, le 1er juillet, notre monde et notre vie économique deviendront un peu plus stables. C'est le jour où l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM ou United States–Mexico–Canada Agreement ou Canada–United States–Mexico Agreement, USMCA) entrera en vigueur, remplaçant l'Accord de Libre-échange Nord-américain (ALENA) et permettant à nos trois pays de bénéficier à nouveau de relations commerciales ordonnées.

 

 

 

 

En tant qu'agricultrices de chacun des trois pays de l'ACEUM, nous avons déjà écrit sur l'importance de cet accord commercial. En 2018 et 2019, nous avons exhorté nos gouvernements et leurs diplomates commerciaux à conclure l'accord. Aujourd'hui, nous voulons les remercier pour ce qu'ils ont fait et rappeler à tous que nous devons leur être reconnaissants pour notre partenariat vital.

 

C'est peut-être la principale leçon à tirer de l'année 2020 : ne rien tenir pour acquis, qu'il s'agisse de la possibilité de rendre visite à des parents âgés ou même de trouver du papier toilette dans les rayons des magasins. On ne sait jamais quand tout va changer.

 

Pour les agriculteurs de notre continent, l'ALENA a bien fonctionné pendant une génération. Peu importe que vous cultiviez du blé dans les plaines de la Saskatchewan au Canada, que vous produisiez du fromage dans les collines du Vermont aux États-Unis ou que vous éleviez des vaches laitières dans les hautes terres du centre du Mexique.

 

C'est ce que nous faisons et c'est là où nous le faisons, et chacune d'entre nous a bénéficié de cette relation économique.

 

Tout comme les agriculteurs ont prospéré, les consommateurs ont prospéré. Le Canada nous a fourni du poisson et du blé. Les États-Unis nous ont offert du maïs et du lait. Le Mexique cultivait des légumes frais. Nous sommes devenus les plus grands partenaires commerciaux les uns des autres, en exportant et en important les produits que nos peuples voulaient.

 

D'une certaine manière, cependant, le plus grand avantage était celui que nous tenions pour acquis : l'idée que l'ALENA serait toujours là.

 

Nous aurions probablement été heureux que l'ALENA soit éternel, ou du moins qu'il dure longtemps. Puis il y a eu les perturbations politiques de 2016 et 2018, lorsque les candidats populistes à la présidence Donald Trump aux États-Unis et Andrés Manuel López Obrador au Mexique ont remporté leurs élections et ont remis en question l'objectif et le potentiel de l'ALENA.

 

Pendant un certain temps, il semblait que nos relations commerciales risquaient de s'effondrer. Plutôt que de permettre aux biens et aux services de franchir nos frontières avec une efficacité négociée, nous avons été confrontés à la perspective de nouveaux obstacles sous la forme de tarifs protecteurs et de réglementations nuisibles.

 

Nous avions considéré l'ALENA comme allant de soi, et soudain nous étions sur le point de le perdre.

 

Ces difficultés nous ont obligés à faire face à des réalités difficiles. Malgré tous ses avantages, l'ALENA était en partie obsolète. Il a été signé avant l'avènement de l'internet, ce qui signifie qu'il ne tenait pas compte de la façon dont le web a transformé nos économies. Il n'avait pas grand-chose à dire sur la biotechnologie, qui a remodelé l'agriculture grâce au miracle scientifique des OGM. Et il contenait également des distorsions commerciales, impliquant l'accès aux marchés des uns et des autres – des points mineurs dans le grand ordonnancement des choses, mais frustrants pour ceux d'entre nous qui doivent les surmonter dans nos entreprises agricoles.

 

L'ACEUM corrige bon nombre de ces points, promettant un meilleur avenir avec plus d'emplois, de meilleurs prix alimentaires et une croissance économique durable.

 

Mais le meilleur, c'est que nous retrouverons la certitude que nous avions perdue.

 

Personne ne sait ce que l'avenir nous réserve : l'année prochaine sera-t-elle marquée par une sécheresse ? Un tremblement de terre détruira-t-il les infrastructures ? Une nouvelle technologie changera-t-elle notre façon de faire des affaires ?

 

Nous faisons de notre mieux pour anticiper l'avenir, en élaborant des plans qui en tiennent compte. Pourtant, une grande partie de ces événements échappe tout simplement à notre contrôle.

 

La politique commerciale, en revanche, est entièrement sous le contrôle des dirigeants qui nous représentent.

 

Pendant quelques années, en raison des questions qui entouraient les liens commerciaux nord-américains, nous avons lutté pour savoir si nous aurions la possibilité d'échanger nos produits entre nous.

 

C'était un problème de notre propre fabrication politique et maintenant, heureusement, la mise en œuvre de l'ACEUM le résout.

 

Le 1er juillet, réjouissons-nous d'avoir un accord économique qui nous aidera tous et décidons de ne plus jamais le tenir pour acquis.

 

___________

 

Gina est une productrice de lait de cinquième génération. Sa ferme familiale est située dans la région centrale du Mexique et on y trait actuellement 420 vaches. La ferme a 40 hectares de cultures : maïs, orge, triticale et ray-grass mis en ensilage pour le bétail. Gina travaille avec son père, un vétérinaire responsable de la santé et de la nutrition des animaux, et son frère, un agronome, qui s'occupe des cultures. Gina est impliquée dans l'exploitation à plein temps depuis 2008.

 

En mai 2015, Gina a lancé une page Facebook pour la défense du secteur laitier. La Vida Láctea compte maintenant près de 30.000 adeptes. Elle a récemment terminé une maîtrise en droit des sociétés et fait partie de la catégorie des jeunes leaders du secteur laitier. Elle écrit régulièrement pour Ganadero et Hoard's Dairyman en espagnol. En 2018, Gina a remporté le prix Kleckner du Réseau Mondial d'Agriculteurs.

 

Source : https://globalfarmernetwork.org/2020/06/celebrating-the-certainty-of-trade/

 

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