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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

ANSES et étude du potentiel cancérogène du glyphosate : le consortium sélectionné renonce – le travail de sape continue

26 Juillet 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Glyphosate (Roundup), #critique de l'information, #Activisme

ANSES et étude du potentiel cancérogène du glyphosate : le consortium sélectionné renonce – le travail de sape continue

 

 

Que la Force soit avec vous ! (Source)

 

 

C'est la suite de l'histoire que nous vous avons relatée dans « L'ANSES, le glyphosate et le Monde ».

 

En bref, le gouvernement avait demandé à l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES) d'établir le cahier des charges d’une étude sur le potentiel cancérogène du glyphosate, ce en vue de la procédure de renouvellement (ou non-renouvellement) de la matière active glyphosate à l'échéance fin 2022.

 

L'ANSES a établi ce cahier des charges, lancé un appel d'offres et retenu, d'une part, un consortium coordonné par l’Institut Pasteur de Lille (Institut Pasteur de Lille, CEA, Université de Lille, Inserm (Institut NuMeCan), Université de Toulouse, ARPAE (Agency for Prevention, Environment and Energy, Italie), LABERCA) pour l'étude principale et, d'autre part, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) pour une étude complémentaire.

 

Cette procédure a été entachée d'irrégularités (alléguées). Qu'il soit cependant précisé que le monde scientifique concerné est petit et que respecter les règles à la lettre tient de la gageure.

 

La députée Delphine Batho a posé une question au Gouvernement sur la base d'informations très précises. Un « collectif de lanceurs d'alerte » anonymes a pour sa part instrumentalisé le Monde et ses chasseurs de conflit d'intérêt et « lobbywatcher ».

 

On pensera ce qu'on voudra s'agissant de l'importance des irrégularités. Mais, sur le plan des principes et surtout dans le climat passionnel d'aujourd'hui, le dossier ne pouvait pas être simplement refermé, peut-être comme voulait le faire une ANSES à notre sens peu inspirée et qui avait défendu ses positions.

 

La solution est venue d'ailleurs. Le 23 juillet 2020, l'ANSES a publié un communiqué, « Etude du potentiel cancérogène du glyphosate : l’Anses annonce le retrait du consortium sélectionné pour conduire les études toxicologiques complémentaires ».

 

Cela a le mérite d'être clair :

 

« Compte tenu de l’enjeu de disposer des études complémentaires pour le processus européen de réévaluation en cours, l’Anses avait décidé de donner suite à l’appel à candidatures. Toutefois, les questions soulevées risquant de créer un climat de suspicion sur le résultat des études peu propice à la sérénité des débats scientifiques, la coordination du consortium lauréat, suivie par plusieurs laboratoires impliqués, a fait part du retrait de sa participation. Cette situation conduit de facto au retrait du consortium, dont l’approche intégrée était un élément clef pour garantir la qualité du dispositif d’études. »

 

Mais l'ANSES persiste pour le second volet :

 

« Le projet mené par le CIRC sera en revanche maintenu et financé, et les résultats attendus pour le second semestre 2021. »

 

Nous nous étonnerons de cette obstination. S'il y a un organisme qui a un – énorme – conflit d'intérêts dans cette affaire, c'est bien le CIRC. Bien évidemment, il nintéresse pas nos Pravda nationales.

 

M. Gil Rivière-Wekstein, rédacteur d'Agriculture et Environnement, avait vu juste le 15 juillet 2020 avec son : « Pesticides : L’étude mort-née de l’Anses ».

 

Maintenant que la messe est dite, il reste à savoir quelle sera la suite.

 

Sur le plan médiatique, c'est apparemment la torpeur estivale. À l'heure où nous écrivons, seul parmi les médias généraliste, Libération a produit un article de Mme Aude Massiot réservé aux abonnés, « Glyphosate : à l'Anses, une étude abandonnée pour conflits d'intérêts ».

 

Un article outrageusement cocorico – « "Libération" révèle des conflits d'intérêts autour de la dernière étude sur le glyphosate... » – mais aussi outrageusement venimeux :

 

« Ceci n’est pas le récit de personnes malveillantes, happées par leur avidité, ni d’erreurs humaines. C’est l’histoire d’une agence publique, coincée entre des impératifs contradictoires, au point d’oublier son essence même : préserver la santé publique. »

 

 

(Source)

 

 

Quel contraste avec ce gazouillis fort pondéré de Générations Futures...

 

 

(Source)

 

 

Le 23 juillet 2020, la Mission d’Information Commune sur le Suivi de la Stratégie de Sortie du Glyphosate a auditionné l'ANSES. Le député Jean-Baptiste Moreau y a fait une déclaration fort remarquée par les rationalistes.

 

 

Le gazouillis ci-dessous présente-t-il une déclaration lors de cette audition, ou d'une audition antérieure ? Qu'importe, ce qui compte, c'est le message :

 

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