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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Les « étranges » méthodes de Mme Brune Poirson : M. Michel-Édouard Leclerc répond poliment mais fermement...

16 Juin 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Politique, #Alimentation

Les « étranges » méthodes de Mme Brune Poirson : M. Michel-Édouard Leclerc répond poliment mais fermement...

 

 

La politique du gouvernement en matière d'écologie inclut-elle la dénonciation publique, la mise au pilori, par Twitter interposé, d'un acteur de la vie économique « coupable »... coupable de quoi donc ?

 

Deux questions en une...

 

La première se traduit par une autre question : cette méthode – pour ne pas utiliser « ces agissements » – sont-ils assumés par M. le Président de la République, M. le Premier Ministre ainsi que Mme la Ministre de la Transition Écologique et Solidaire auprès de qui Mme Brune Poirson est Secrétaire d'État (n'oublions pas, pour flatter son ego, qu'elle est aussi Vice-présidente de l’Assemblée de l’ONU Environnement selon son compte Twitter) ? En d'autres termes, est-ce une nouvelle manière de gouverner ?

 

Enfin, nouvelle... il y a des références historiques qu'il vaut peut-être mieux ne pas détailler... Il y a aussi des références actuelles. Une « liste noire des mauvais citoyens » pour faire avancer l'écologisme ?

 

La deuxième est de savoir quel est l'objet du délit. Utilisons la forme passive : des œufs durs ont été offerts à la vente par six, emballés dans une barquette – ce qui permet précisément de les vendre par six – d'une matière très largement utilisée pour ce mode d'emballage – le polystyrène – recouverte d'une autre matière très largement... (bis) – un film plastique – sur lequel on a apposé l'étiquette sans laquelle le commerce aurait du mal à se faire.

 

Oh ! Précision importante : les œufs sont déjà écalés, ce qui fait que l'emballage s'impose aussi pour des questions d'hygiène et de santé publique.

 

Vous aurez compris, chère lectrice, chère lecteur, qu'il s'agit d'un délit imaginaire, d'une action parfaitement légale, doublement légale en ce que rien n'interdit ce genre d'emballage et qu'il est même imposé par la réglementation sanitaire.

 

Et qui est le « délinquant » ? Enfin l'acteur économique qui a osé défier Mme Brune Poirson, Secrétaire d'État à la lutte contre le plastique, une action gouvernementale de première importance ? Mme Brune Poirson a jugé opportun d'interpeller par Twitter, donc publiquement, M. Michel-Édouard Leclerc :

 

« Sinon, pour protéger un œuf, la nature a inventé un emballage ingénieux qui s’appelle la coquille !

Bravo @Leclerc_MEL pour cette fantastique innovation

 

Heureusement, la #LoiAntiGaspillage va permettre la suppression de ces aberrations.

#WorldEnvironmentDay2020 »

 

 

(Source)

 

 

Le caractère fictif du délit est même reconnu dans le gazouillis ! Si la loi « anti-gaspillage » va mettre bon ordre et supprimer « ces aberrations », c'est bien que rien ne s'y oppose présentement.

 

La loi s'y opposera-t-elle, du reste ? C'est à voir ! Suggérons à Mme Brune Poirson de vite mettre en branle une révision de la loi pour y inclure une obligation de vendre les œufs durs dans leur coquille... ou peut-être uniquement des œufs frais... peut-être dans leur emballage d'origine consigné ou non, la poule.

 

Ce gazouillis reflète une certaine pauvreté intellectuelle et morale, et un enfermement dans une bulle idéologique à mille lieues des réalités.

 

Que sait Mme la Secrétaire d'État (ou son communicant) du modèle économique, de son intérêt et de ses contraintes ? Beaucoup de commentateurs ont écrit qu'il s'agit d'œufs frais approchant de leur DLC auxquels on donne une nouvelle chance d'être consommés par des acheteurs (ou des bénéficiaires de l'aide alimentaire).

 

Où est le problème ? Dans l'emballage ? La plupart des œufs frais sont aussi vendus dans un emballage dans les supermarchés. Dans les matières plastiques ? Il faudrait alors réviser de fond en comble nos pratiques commerciales (et sanitaires).

 

Voilà aussi une interpellation qui relève du crachat à la figure, et du commerçant, et des clients qui achètent ce genre de produit par choix... après tout, nous sommes (encore) dans une économie de libre-entreprise et de libre-arbitre... ou par nécessité.

 

 

(Source)

 

 

M. Michel-Édouard Leclerc a choisi de répondre en mettant une dose d'humour dans son « Brune Poirson : la secrétaire d'Etat et le bout de la lorgnette ? » Mais en y mettant aussi la nécessaire dose de fermeté. En voici le texte complet :

 

« On peut évidemment toujours considérer que les petits ruisseaux font les grandes rivières. C’est sûrement vrai, mais quand on prétend faire de la politique et orienter le destin d’une nation, mieux vaut cranter son ambition un peu au-delà.

 

Hier, sur Twitter, la secrétaire d’Etat à l’Ecologie Brune Poirson m’interpelle au sujet d’une boîte d’œufs durs sous-vide vendue dans un magasin Leclerc breton. Initiative pas super, j’en conviens aisément. Un coup de téléphone à l’adhérente suffit d’ailleurs à mettre un terme à la pratique (tant pis pour les pique-niqueurs).

 

Je découvre que la secrétaire d’Etat a voulu faire de son tweet un "acte fort" de sa rentrée médiatique. Communiqués et éléments de langage sont distillés à la presse, et les fameux "entourages" expliquent que ce "Name and Shame" sur E.Leclerc sert à illustrer la nouvelle méthode de la Ministre.

 

Le "Name and Shame" ne me pose pas de souci. Il est pratiqué depuis des années par les ONG et permet souvent de faire bouger les choses. Mais quand une secrétaire d'Etat décide de l’utiliser contre une entreprise pour dénoncer une erreur dans un point de vente (parmi 1.200 autres pour ce qui est d’E.Leclerc), je m’interroge sur l’adéquation des moyens à la réalité. En procédant de la sorte, ne fait-elle pas ce qu’elle reproche à ses nombreux détracteurs : l’approche d’un problème par le bout de la lorgnette ?

J’ai voulu vérifier en lui signalant quelques heures plus tard que 3 jours auparavant, E.Leclerc avait annoncé avoir remplacé l’emballage de ses glaces BioVillage en choisissant désormais le carton, ce qui permettait au passage de se passer désormais de 14 tonnes de plastique par an. Et sur le carton, il y a toute l’info consommateur : le lieu de fabrication, l’origine des ingrédients et le Nutri-Score. Bien en vue sur la face avant ! Le début d’une longue série de changements dans le cadre de notre plan E.Leclerc pour la planète.

Et que croyez-vous que fit la ministre ? A-t-elle salué l’annonce ? A-t-elle encouragé la démarche ou même simplement "liké" le twitt ? Que nenni évidemment ! Indifférence totale.

Quand le "Name and Shame" n’a pas pour contrepartie le "Name and Fame" alors cela porte un autre nom : le bashing. Et à ce sport, les politiques doivent se méfier, ils finissent généralement par y perdre plus de plumes que les autres ! »

 

 

(Source)

 

 

Mme Brune Poirson a assuré le 8 juin 2020 le service après-vente de sa tribune publiée le même jour dans l'Opinion, « Bâtissons une économie qui tourne enfin rond » :

 

« Alors que nous sortons progressivement de la crise du Covid19 le débat public sur l’écologie est pris en tenaille par 2 discours caricaturaux ne sortant pas des grands principes (le quoi) pour entrer dans l’action (le comment). »

 

Avec ses gazouillis, nous sommes dans un discours caricatural d'un troisième type. Franchement, il n'est pas glorieux, et encore moins digne de notre démocratie.

 

 

Un fil à lire pour comprendre la complexité du sujet ! Conclusion : « L’élimination du plastique ne doit pas être faite sur des impressions ou des sentiments sur son impact. Cela doit faire partie d’une VRAIE démarche d’écoconception en limitant un maximum les impacts environnementaux. » (Source)

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M
Bonjour, cette Mme Poirson ne lira jamais notre site. Si par bonheur (pour nous) un(e) de ses sousfifres lisait cette tribune, ils(elles) se rendrait compte de la vraie vie des gens du peuple. Qu'a fait réellement Mme Poirson, à part pantoufler dans la fonction publique et dans des ONG financés par nos deniers ! Dehors !
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S
@ Marc FAURE le lundi 07 décembre 2020 à 17:00<br /> <br /> Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Vous serez surpris d'apprendre qu'elle a aussi travaillé pour Véolia. Se rendre compte de la vie des vraies gens, elle devrait le faire de par son expérience. Mais visiblement l'idéologie aveugle.
U
Brune Poirson : "l’urgence climatique est telle qu’il nous faut avoir le courage de sortir des postures."<br /> La fermeture de Fesenheim ( et l'ouverture de Datteln) entrainera l'émission de millions de tonnes de CO2 en plus chaque année, pour une "posture".
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