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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Sylvie Brunel : "La crise du coronavirus nous a rendus plus humbles vis-à-vis de nos agriculteurs" » – vraiment ?

11 Mai 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Covid-19, #critique de l'information

« Sylvie Brunel : "La crise du coronavirus nous a rendus plus humbles vis-à-vis de nos agriculteurs" » – vraiment ?

 

Glané sur la toile 534

 

 

Mme Sylvie Brunel a accordé un entretien à France Culture. Il fait l'objet d'un long article – forcément long car abordant beaucoup de questions –, « Sylvie Brunel : "La crise du coronavirus nous a rendus plus humbles vis-à-vis de nos agriculteurs" ».

 

En résumé :

 

« La pandémie de Covid-19 met à mal notre sécurité alimentaire. La famine menace plusieurs centaines de millions de personnes confinées dans le monde. En France, on redécouvre l’importance stratégique de l’agriculture pour affronter ce type de crise. Entretien avec la géographe Sylvie Brunel. »

 

Beaucoup de choses justes sur les risques d'explosion de la faim et de la malnutrition dans le monde (y compris dans le monde occidental et en France), sur l'importance de l'agriculture et la place relative des différents modes de production, sur l'importance de la logistique et des différents modes de commercialisation, etc.

 

Extrait :

 

« Dans cette logique-là, faut-il considérer le bio comme une réponse à la crise, mais non comme la réponse absolue ?

 

Le bio est une réponse, car cela permet de vendre plus cher en créant de la valeur pour le producteur. Mais c’est au prix de beaucoup de main-d’œuvre, et c’est pour cela que l’on vend plus cher. Ou alors, il faut beaucoup de machines pour pallier le manque de main-d’œuvre. Mais les gens qui sont aujourd’hui au chômage partiel se plaignent du prix des fruits et des légumes. Il est bon qu’un petit producteur qui a peu de surface puisse vendre en bio, car même s’il produit moins, il vendra plus cher. Mais on ne peut pas généraliser ce modèle à l’ensemble de l’agriculture française. Je pense à l’agriculture bretonne qui a reçu récemment la visite d’Emmanuel Macron. Nous avons besoin aussi de produire beaucoup et à bas prix pour les gens qui n’ont pas le pouvoir d’achat nécessaire pour acheter du bio.

 

Beaucoup de choses, donc, qu'elle ne cesse de répéter (avec d'autres), avec malheureusement un succès fort limité.

 

En conclusion :

 

« Et cette crise du coronavirus peut accentuer cette prise de conscience sur l’importance de l’agriculture ?

 

Cette crise nous a obligé à regarder ce qui se passait dans nos campagnes. Elle nous a rendus plus humbles. Nous avons compris les difficultés de nos agriculteurs, car nous avons besoin de solidarité, et nous avons besoin vraiment d’écouter ce qu’ils ont à nous dire. Ecoutons ce que les paysans dans leur grande diversité ont à nous dire sur leurs impasses techniques face aux pestes, sur leurs difficultés de commercialisation, sur leurs difficultés de valorisation aussi. Nous sommes parfois incohérents : nous leur demandons d’adopter des modèles extrêmement exigeants, mais nous ne voulons pas payer le prix de ces modèles. Nous avons pris conscience aussi qu’il y avait des millions de Français pour lesquels la nourriture est un problème colossal. Soyons plein d’humilité, et surtout changeons d’échelle, examinons la question de l’agriculture à l’échelle des territoires. »

 

Sommes « nous » vraiment plus humbles ? Avons-« nous » compris les différentes problématiques ? Avons-« nous » compris les problèmes des pauvres et des démunis en France ?

 

Tout dépend évidemment de ce que l'on entend par « nous »...

 

On peut en douter si on y inclut ceux que, précisément, on entend dans les médias audiovisuels ou lit dans cette presse qui publie frénétiquement des tribunes de « stratèges » d'un « jour d'après » dans lequel on renverserait la table ; ces parlementaires qui relaient l'activisme anti-pesticides.

 

On peut en douter si on y inclut un « journaliste » de Télématin qui exploite un reportage plutôt équilibré sur les bonnes surprises d'un apiculteur alsacien pour n'en retenir, comme cause d'une bonne miellée au mois d'avril, que le fait que les abeilles « ne sont plus gênées – notamment les activités agricoles – grâce au confinement »

 

 

On peut en douter encore si on y inclut des « journaliste » de France 2 qui montent un « reportage », « Épandages : tensions avec les riverains confinés », en l'étayant par des séquences d'archive, des vues de traitements qui se font au loin (même par un tracteur invisible...), des propos hystériques d'une riveraine, l'interview d'une maire préparant un arrêté dont elle sait qu'il sera retoqué par la justice administrative...

 

 

Il y a encore du boulot, Sylvie !

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M
Ça n'auras en tout cas pas remis en cause l'interdiction des néonicotinoïdes qui menace plusieurs cultures. C'est pas grave, dans le monde d'après ou tous seras local, on mangeras des pucerons.
https://twitter.com/RemDumDum/status/1259223829362196487
https://twitter.com/PicocheD/status/1259131247055589377
https://twitter.com/EricTHIROUIN/status/1257657981103149062
https://twitter.com/AlexisLeherle/status/1257409842077204480
https://twitter.com/ChoiselatF/status/1256583784096501760
https://twitter.com/RemDumDum/status/1255533413295173633
https://twitter.com/AEGRW/status/1254750455974047747
https://twitter.com/_MissBetter/status/1253672140953575431
https://twitter.com/CGB_FR/status/1253688211098009602

On peut aussi rajouter Brutnature pour l'agribashing.
https://twitter.com/AEGRW/status/1255423222679470081
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I
Hélas ça ne remet en cause l'interdiction des néonic que pour les agriculteurs, pour les citoyens, on doit encore développer des alternatives aux néonic. Même là les biotausaurus ne comprennent pas.
I
Franchement, sur ce coup je trouve aussi que Mme Brunel est trop optimiste. Non nous ne sommes pas plus humble vis-à-vis des enjeux agricoles et la majorité continue de penser que les pesticides et les OGM c'est le mal et que le bio à 100% nous sauvera. :(
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