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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Indépendance agricole » ? « Autonomie alimentaire » ? Des dirigeants agricoles bretons écrivent une belle lettre au Président Emmanuel Macron

4 Mai 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Divers

« Indépendance agricole » ? « Autonomie alimentaire » ? Des dirigeants agricoles bretons écrivent une belle lettre au Président Emmanuel Macron

 

 

C'était il y a six mois... (source)

 

 

C'est un courrier collectif du réseau Produit en Bretagne, l’ABEA, l’UGPVB, Interbev, et Agriculteurs de Bretagne (source : Paysan Breton). Et cela ne devrait pas être réservé aux seuls lecteurs du Paysan Breton.

 

« Monsieur le Président,

 

Dans les médias, comme sur les réseaux sociaux, la France entière exprime sa gratitude envers ses nouveaux héros du quotidien. À juste titre nous célébrons les personnels soignants mais aussi les agriculteurs, les salariés des entreprises et de la distribution, les artisans et commerçants qui sont au cœur de la souveraineté alimentaire de notre pays.

 

Depuis le 17 mars dernier, date du confinement, la filière alimentaire française subit un stress-test imposé par la crise sanitaire. Force est de constater sa robustesse et sa résilience. Passé l’épisode de panique des premières heures, les Français se sont raisonnés, rassurés de voir les rayons regarnis et le spectre de la pénurie s’éloigner.

 

Ce satisfecit ne saurait masquer ce qui fragilise notre appareil productif alimentaire national. Depuis de nombreuses années, nous constatons dans les faits la tendance à l’abandon en rase campagne de notre autonomie alimentaire pour prioriser d’autres choix politiques.

 

Or, la crise actuelle nous rappelle toute l’importance pour la France de disposer d’un appareil productif alimentaire performant et compétitif pour reconquérir pleinement notre autonomie. L’alimentation n’est pas un secteur d’activités comme les autres. Ici, une crise peut vite se transformer en émeutes de la faim, voire en famine. L’écrivain et journaliste américain Alfred Henry Lewis prophétisait en 1906 : "there are only nine meals between mankind and anarchy*".

 

Nous faisons aussi le constat qu’une France en bonne santé est bien mieux armée pour affronter une pandémie de l’ampleur du Covid-19 : l’accès à l’alimentation est vital pour la population. Et ce d’autant plus que nous allons avoir à gérer à l’échelle de la planète des alertes sanitaires répétées. Cela nous rappelle tout l’enjeu de la maîtrise rigoureuse des techniques de production en élevage, culture et transformation. La technicité et la sécurité sanitaire française sont reconnues mondialement.

 

Alors que la nécessité de l’autonomie alimentaire s’impose comme une évidence à tous les Français confi- nés, il est bon de rappeler que ce n’est plus une réalité pour notre pays. Les soldes de la balance extérieure de produits agricoles de première nécessité sont éloquents :

 

En viande bovine, le solde de la balance extérieure est passé d’une situation positive avant les années 2000, à un déficit d’environ -400 millions d’euros en 2018 (source GEB Institut de l’Élevage). En porc et volaille, les soldes se dégradent de façon continue depuis 20 ans : respectivement +100 mil- lions d’euros et +1 milliard d’euros à la fin des années 90, à près de -400 millions € et -500 millions d’euros en 2018 (source IFIP et ITAVI).

 

Les alertes répétées avec beaucoup de bon sens paysan sont restées jusqu’à ces derniers jours sans écho ni portée médiatique. Ces dernières années, la tendance était aux discours bien-pensants et aux programmes électoraux prometteurs, reléguant les enjeux alimentaires aux seules injonctions de montée en gamme. Le moment particulier que nous vivons nous apprend qu’il est délétère d’opposer qualité et quantité. La clé est dans une diversité assumée. Chaque modèle doit aller vers son excellence. Mais il n’y a pas plus de système unique de production qu’il n’y a de besoin unique des populations. L’alimentation ne fait pas exception à la règle.

 

La question est de savoir si l’alimentation des 67 millions de Français est stratégique pour notre pays, ou non. Notre responsabilité est de déterminer si en cas de crise sanitaire ou politique majeure, nous avons la capacité d’être autonome ou à l’inverse dépendant d’un pays tiers pour nourrir nos concitoyens.

 

Depuis des années, à force d’une constante surenchère réglementaire et d’une grande permissivité face aux attaques idéologiques visant nos productions agricoles et alimentaires, nous avons affaibli la capacité de notre pays à produire sa propre alimentation.

 

Dans votre discours aux Français le 12 mars 2020, Monsieur le Président, vous avez exprimé qu’il y aurait un avant et un après Covid-19. De fait, cette crise va nous obliger à changer notre façon de voir et surtout de faire le monde. Cette crise nous impose un retour brutal à des priorités que nous avions perdu de vue : un système de santé et un appareil de production alimentaire qui soient en capacité de répondre aux be- soins de 67 millions de Français confrontés à une crise sanitaire majeure.

 

Dans votre allocution du 13 avril 2020, vous avez constaté que le moment que nous vivons nous rappelle combien nous sommes vulnérables. Vous avez également appelé à sortir des idéologies pour construire le monde d’après. Nous partageons ces constats.

 

Bruno Le Maire et Didier Guillaume, s’adressant par courrier, le 17 mars 2020, aux salariés des coopératives, des PME et des industries de l’agro-alimentaire, leur indiquaient "Vous, êtes un maillon essentiel de cette chaîne d’approvisionnement. C’est vous qui fournissez une alimentation de qualité, sûre, tracée, quelles que soient les conditions que les mesures de protections sanitaires nous imposent. Les Français s’en rendent comptent, aujourd’hui plus que jamais".

 

Selon le sondage Odoxa-Comfluence réalisé les 8 et 9 avril 2020 : "93 % des Français attendent du Président de la République et du gouvernement qu’ils 'garantissent l’autonomie alimentaire de la France'". Il conclut en synthèse : "Traditionnellement attaché à leur agriculture, les Français en perçoivent désormais le caractère vital avec la crise. Contestés ces derniers mois par certains acteurs associatifs, les agriculteurs vont voir leur contribution sociétale largement valorisée".

 

Autant de points de convergence entre les Français, ceux qui les gouvernent et ceux qui les nourrissent.

 

Préserver l’outil productif alimentaire de la France, c’est protéger les Français. Dans cet objectif, nous nous vous remercions, Monsieur le Président, de bien vouloir prendre des dispositions pour :

 

  • Protéger les agriculteurs et les entreprises alimentaires françaises contre les organisations qui les attaquent impunément au nom d’une idéologie radicalisée. Nous demandons à nos élus de définir et mettre en œuvre des lois et des actes qui visent à protéger les hommes et les femmes ainsi que les entreprises qui font la production alimentaire française. Notre alimentation française est attaquée : agressions sur les personnes, intrusions en élevages et abattoirs, vandalisme et incendies de sites de production et de commerces, chantage, harcèlement et name & shame systématisé des grandes marques. Des activistes issus de mouvements radicalisés (écologisme militant, abolitionnisme…), financés par de puissantes multinationales dont ils servent naïvement les intérêts, répandent un terrorisme alimentaire. Cet état de guerre permanent déstabilise dangereusement la filière alimentaire française.

     

  • Libérer la compétitivité française : les contraintes de la surrèglementation asphyxient lentement mais sûrement la production et la conduisent à une perte de compétitivité et d’efficacité. Et là encore nous pouvons pointer un paradoxe français : affaiblir la production nationale, c’est nous exposer à la dépendance alimentaire et aux importations massives de produits obéissant à des standards de qualité, ainsi qu’à des règles environnementales et sanitaires inférieures au niveau d’excellence français. Est-ce acceptable que 87 %** du poulet servi en restauration hors domicile en France soit importé ?

 

Nous ne demandons pas un blanc-seing pour produire comme bon nous semble. Nous nous inscrivons en permanence dans des démarches de progrès qui prennent en compte l’équilibre entre la réalité économique des outils agricoles et alimentaires, le respect de l’homme et de son environnement ainsi que la bientraitance des animaux. La mise en œuvre de productions durables est au cœur de notre ambition.

 

Dans quelques semaines des décisions seront à prendre pour favoriser une relance de l’agriculture et de l’agroalimentaire, piliers de la viabilité économique nationale. Nous nous tenons à votre disposition pour élaborer la feuille de route d’une production alimentaire française souveraine et résiliente.

 

Nous restons à votre écoute et vous prions, Monsieur le Président, d’agréer l’expression de notre très haute considération.

 

Loic Hénaff, Président Produit en Bretagne

Danielle Even, Présidente d’Agriculteurs de Bretagne

Annie Saulnier, Présidente de l’ABEA

Yves Fantou, Président d’Interbev Bretagne

Michel Bloc’h, Président de l’UGPVB

 

* il n’y a que neuf repas entre l’humanité et l’anarchie.

** Source : LSA/Anvol 02/02/2020 »

 

Si l'heure est à une nouvelle forme de pétainisme, il ne faut toutefois pas oublier que la France fait partie des 10 pays du monde qui en alimentent d'autres en calories – et de ceux qui fournissent d'autres produits alimentaires qui permettent aux Humains d'être des gastronomes.

 

Contribuer à nourrir le monde en dehors de nos frontières revêt aussi une importance stratégique.

 

 

 

 

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C
Il est là, fils spirituel de Seppi,

Vous reconnaissez souvent votre incompétence, mais s'il vous plait à minima faite l'effort de ne plus confondre paysans et agriculteurs.

Cette lettre montre des agriculteurs en quette d'autonomie alors que les paysans le sont !

exemple, en production bovine le paysan produit l'alimentation à partir de ses prairies,de ses semences fermières... pour nourrir son cheptel dont les effluents fertiliserons cette dite production ...il est autonome !

A contrario l'agriculteur achète semences, pesticides, engrais ... pour produire des récoltes (blé payé 200€ T pour l'export) qui ne nourrissent pas ou que partiellement son cheptel,. Alors pour nourrir son cheptel il remet de nouveau la main au porte monnaie pour acheter encore et encore de l'alimentation, tien par exemple le fameux soja qui lui coute une fortune (400€ T) pour nourrir le troupeau qui luis sera payer au ras des pâquerettes.Ils n'ont aucune autonomie .

Voilà pourquoi le monde agriculteurs écrit cette lettre !
Voilà pourquoi les biautosaurus soutiennent les véritables paysans .

Je crie donc haut et fort "Merci pour avoir mis cette lettre sur votre blog, mon cher Seppi."
Une véritable preuve de la réelle situation agricole en France qui ne peu plus durer.

Non l'agriculture scientifique n'est pas la solution car elle entretien toujours cette dépendance que les agriculteurs dénoncent fermement dans leur courrier.

Oui l'agriculture biologique est l'unique forme qui respecte les vrais paysans dans leur autonomie, oui l'agriculture biologique est l'unique réponse aux maux des agriculteurs, oui l'agriculture biologique et la seule solution vertueuse pour le maintient d'une agriculture Française socialement, économiquement,écologiquement durable et capable de nourrir le MONDE entier.

@ douar

Au sujet du lait bio, informez vous avant d'écrire toutes ces sottises, à moins que vous ne soyez un adepte colporteur de fackes news?
Comme dit; vous avez entendu braire mais vous ne savez pas dans quelle étable ;-))
Répondre
I
Bionel, mon ami

Et bien comme le disait Pierre le Grand, l'illustre czar russe "je suis un ignorant et je demande à apprendre", alors, mon cher Bionel, mon ami, expliquez-moi ce que vous avez voulu dire que je réponde au mieux la prochaine fois

Pour douar, enfin, Bionel mon ami, vous me dites toujours pas enquoi ce qu'il dit sur le lait bio est faux :( je ne suis pas plus avancée, Bionel mon ami.
C
Il est la, fils spirituel de Seppi05/05/2020 00:47

Bon je pensait que le niveau archiviste était un peu plus élevé, votre réponse est hors sujet,même pas en mesure de comprendre ce que j'explique ça craint pas mal .

Ce qu'il dit sur le bio est en partie erroné voir complément faux!
Mais bon de la part d'un apôtre des pestiférés il est normal et coutumier de trouver ce genre de dérapage.
I
Bionel mon ami

Ah vous ne changez pas mon cher. Toujours prompt a venir defendre le bio. Mais la vous allez bien vite. Deja ces agriculteurs critiquent pas l l'agriculture scientifique dans leurs lettre. Ils denoncent des regles qui entravent l echange des denrées et les attaques contre les paysans. Or qui attaque les exploitations agricole ? Les biotausarus et les veganimalistes justement. En plus vous remarques que les signataires comme l Interbev ou l UGPVB sont proches de la FNSEA donc niveau defenseur du bio... on a vu mieux.

Sinon comme vous avez l air d etre un grand agronome vous pouvez expliquer en quoi douar dit des bêtises ?
I
Merci pour avoir mis cette lettre sur votre blog, mon cher Seppi.


Mais je ne sais pas quel en sera sa portée, j'espère qu'elle va mobiliser les consciences dans la défense de nos paysans et de notre alimentation, mais bon, la propagande biotausaurus est devenue bien trop forte, je crains que même après le Covid-19 il faudra du temps pour rééduquer les masses dans l'attachement à l'agriculture scientifique. Mais bon on peut toujours espérer
Répondre
D
La réalité c'est quoi?
ruée sur les produits basiques, farine, oeufs, poulets standards.
Les produits "festifs" sont lourdement impactés.
Même le bio est touché: demande des laiteries en Bretagne de baisser la production de lait bio de 5 %, alors qu'en conventionnel, ce n'est pas vraiment le cas. Il faut dire qu'une partie du lait bio part en conventionnel, donc valorisé en conventionnel. Les industriels ne peuvent pas encaisser ces surcoûts.
Il va bien falloir qu'à un moment donné, on appelle un chat, un chat: que la montée en gamme est une chimère, que comme tout secteur d'économie marchande, il faille améliorer la productivité en agriculture.
La Crise devrait actuelle devrait faire réfléchir nos stratèges. Mais reconnaître ses erreurs est un exercice très difficile pour des politiques qui ont les yeux rivés sur les prochaines élections.