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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Grandes exploitations avicoles : les animaux et les agriculteurs sont-ils traités équitablement ?

18 Mai 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #élevage

Grandes exploitations avicoles : les animaux et les agriculteurs sont-ils traités équitablement ?

 

Michelle Miller, AGDAILY*

 

 

Image Perdue

 

 

J'ai écrit une critique du film, « Super Size Me 2 ». Bien que certaines parties du film soient vraies, certains éleveurs de poulets m'ont aidé à démonter beaucoup de dramatisation et d'hyperbole que l'on trouve dans ce film.

 

Les grands éleveurs de volailles à qui j'ai parlé élèvent des poulets pour certaines des « big chicken », des grandes entreprises de poulets comme Pilgrim's Pride et Perdue. Bien que 98 % des exploitations agricoles aux États-Unis soient des exploitations familiales, on peut qualifier ces grandes exploitations de « fermes industrielles » ou CAFO (confined animal feeding operations).

 

Plus j'en apprends sur les CAFO, plus je suis impressionnée par ce qui s'y passe réellement. Des décennies de recherche ont été nécessaires pour s'assurer que les animaux reçoivent les meilleurs soins possibles. Grâce aux améliorations constantes apportées au logement des volailles, à la ventilation, au recueil de données et au contrôle du climat, et à la biosécurité, une grande majorité de poulets sont élevés en « no antibiotics ever », sans jamais avoir recours aux antibiotiques. De même, les hormones de croissance ou les stéroïdes ne sont jamais utilisés chez les volailles. Lorsque vous voyez cela indiqué sur une étiquette, c'est du marketing pur, sans signification réelle.

 

Jackie Lohr et son mari, distingués par un Prix de Gérance de l'Environnement, élèvent environ 1,2 million de poulets chaque année pour « Pilgrim's Pride ». Cela équivaut à 190.000 poulets répartis dans cinq poulaillers (dont certains à deux étages). Ils élèvent 6,5 bandes par an dans la vallée de Shenandoah en Virginie, à quelques heures seulement de Washington, D.C. Ils sont fiers de leur ferme et organisent quelques visites, principalement pour des groupes scolaires.

 

Les élevages de poulets produisent des oiseaux de différentes tailles pour différentes raisons. La famille Lohr élève des oiseaux de quatre livres, alors que d'autres fermes les poussent jusqu'à six ou huit livres. Les différents magasins et entreprises d'alimentation veulent des tailles différentes pour satisfaire l'utilisateur final, et l'uniformité est très importante (notamment en ce qui concerne les consommateurs des restaurants ou les clients des magasins qui vendent directement aux consommateurs).

 

Dans cette région, Jackie a expliqué qu'ils ont la chance d'avoir quatre intégrateurs – ce mot désigne l'entreprise avec laquelle ils passent un contrat – différents parmi lesquels choisir. D'autres producteurs du pays n'ont pas cette chance – ils ne peuvent peut-être conclure de contrat de production qu'avec une seule entreprise, ce qui signifie qu'ils n'ont pas le choix. Dans cet exemple, Pilgrim's Pride fournit les poussins et la nourriture, tandis que l'éleveur fournit les poulaillers, l'électricité, l'eau et les services.

 

 

 

 

C'est la norme pour une majorité d'élevages de poulets aux États-Unis. Les poussins arrivent à la ferme en bonne santé et vaccinés, et les éleveurs sont payés à la livre via un « système de tournoi ». Cela crée un environnement concurrentiel dans lequel les éleveurs sont classés parmi leurs pairs en fonction du taux de croissance. À mon avis, je m'épanouirais vraiment dans un tel système car j'aime la compétition et j'essaierait toujours d'être numéro 1. Les éleveurs à qui j'ai parlé voient des avantages et des inconvénients, le plus grand désavantage étant qu'ils ne veulent pas partager leurs « secrets » avec les quelque cinq autres producteurs avec lesquels ils sont en concurrence. Ainsi, s'ils aiment être numéro un, cela ne favorise pas toujours l'amélioration continue ou le partage d'informations entre pairs.

 

Même s'il y aura toujours dans chaque secteur des gens qui seront négatifs et se plaindront, les éleveurs à qui j'ai parlé trouvent que le programme est assez équitable.

 

 

 

 

Le système de tournoi pour les éleveurs est régi par une formule qui comprend trois facteurs principaux :

 

  1. Le nombre de livres d'aliments utilisés

  2. Le nombre de poulets

  3. La quantité de médicaments utilisés, le cas échéant

 

Il s'agit en fait du taux de gain journalier, et les éleveurs peuvent être récompensés par des primes pour un travail bien fait.

 

Quels sont les autres facteurs qui entrent en jeu ? Il y a parfois des choses qui se produisent hors du contrôle des agriculteurs. Le temps au moment de la livraison des poussins (une journée vraiment chaude ?), la qualité des poussins (proviennent-ils d'un lot d'élevage plutôt âgé ou plutôt jeune ?), quelque chose s'est-il passé dans le couvoir, certains des poussins étaient-ils malades ? Ces situations ne sont pas si banales et peuvent vraiment relever du tirage au sort. Mais si quelque chose se produit, si par exemple on a livré un mauvais lot de poussins, l'entreprise assume la responsabilité de l'erreur et l'éleveur est quand même payé. Il s'agit là d'un autre avantage de la protection « de type assurance » dont bénéficient les éleveurs qui passent des contrats avec ces grandes entreprises.

 

 

 

 

Qu'en est-il de l'argent ? Ces sociétés se soucient-elles vraiment de leurs éleveurs et est-ce une activité rentable ? Il est vrai que les éleveurs de poulets, comme presque tous les autres agriculteurs, s'endettent lourdement. Le démarrage de l'activité peut coûter des millions de dollars à l'éleveur en frais de construction, mais ils expliquent que les bâtiments peuvent généralement être amortis en une quinzaine d'années. Bien que les éleveurs ne gagnent en moyenne que 20 à 40 cents par poulet, c'est quand même une activité rentable, et vous en tirez ce que vous y avez mis. C'est vraiment comme n'importe quel autre activité : vous devez faire un bon travail d'entretien de votre équipement et de vos bâtiments.

 

Nourrir tout le monde est une tâche considérable qui nécessite des exploitations agricoles de toutes tailles et, heureusement, les agriculteurs et les chercheurs cherchent toujours à améliorer les choses. Par exemple, récemment, Perdue a installé des fenêtres dans de nombreux poulaillers de ses éleveurs, sans frais pour ces derniers. Ils ont constaté que laisser entrer la lumière naturelle du soleil dans les bâtiments était meilleur pour les oiseaux et le bonheur des agriculteurs. N'oubliez pas que l'agriculture est une activité économique. Mieux les poulets sont soignés, plus ils sont rentables. Heureux = en bonne santé ; et des protéines de qualité, saines, nutritives, abordables et délicieuses, c'est ce à quoi tout le monde aspire à produire dans la filière.

 

______________

 

Michelle Miller, Farm Babe (@thefarmbabe, www.facebook.com/IowaFarmBabe) est une agricultrice, conférencière et auteure de l'Iowa. Elle vit et travaille avec son compagnon dans une ferme qui comprend des cultures, des bovins et des moutons. Elle pense que l'éducation est essentielle pour réduire l'écart entre les agriculteurs et les consommateurs.

 

Source : https://www.agdaily.com/livestock/poultry/large-scale-poultry-farms-animals-farmers-treated-fairly/

 

 

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