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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

CNRS : éthique et intégrité en temps de crise sanitaire

8 Mai 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Covid-19

CNRS : éthique et intégrité en temps de crise sanitaire

 

 

Pour le motif de la publication de « Recherche en temps de crise sanitaire : débats éthiques et respect de l’intégrité scientifique », suivez notre regard...

 

En chapô :

 

« Dans un message commun, le Comité d'éthique du CNRS et la Mission à l'intégrité scientifique du CNRS rappellent les principes inhérents à la recherche scientifique et biomédicale dans ces temps de crise sanitaire : le respect des règles éthiques humanistes et une démarche garantissant le caractère fiable, rigoureux et honnête des recherches. »

 

Nous en extrairons ce paragraphe :

 

« Face à une situation exceptionnelle à bien des égards, la communauté scientifique doit se rappeler, et rappeler à tous, que son rôle est de pratiquer, sans compromis, une recherche honnête et responsable. »

 

Oui, il appartient à la communauté scientifique de « se mouiller » face aux désordres.

 

Le texte de ces deux entités se fonde en partie sur une analyse de M. Emmanuel Hirsch, professeur d’éthique médicale à l’Université Paris Saclay, « Recherche biomédicale : quels principes éthiques en temps de pandémie ? ».

 

Une appréciation de la situation par M. Emmanuel Hirsch :

 

« L’équilibre doit donc être trouvé entre la qualité d’une expérimentation menée dans des conditions qui permettent d’aboutir à des données incontestables, et le souci d’éviter que des procédures par trop contraignantes n’entravent la mise à disposition des traitements urgemment attendus en situation de crise sanitaire.

 

Il apparaît que c’est ce à quoi visent en ce moment les dispositifs consacrés aux études cliniques menées avec sérieux et compétence dans le cadre d’une mobilisation internationale, tenant compte d’un contexte exceptionnel et de "l’urgence à trouver". »

 

L'avis des instances du CNRS vient avec un article compagnon, « L'éthique de la recherche en situation de crise sanitaire », le point de vue de M. Jean-Gabriel Ganascia, Président du Comets (Comité d’éthique du CNRS). Ce point de vue a été élaboré à partir d’échanges entre son auteur et des membres du Comets, mais ne saurait constituer une position de ce comité.

 

Extrait :

 

« Pour autant, l’urgence de la situation justifie-t-elle que, par pragmatisme, on s’affranchisse des règles d’éthique de la recherche et des procédures usuelles dans les sciences ? Cette question mérite d’autant plus qu’on l’examine en détail que l’actualité nous y pousse. D’un côté, la nécessité d’aller au plus vite sans se laisser freiner par des considérations accessoires expliquerait que l’on déroge exceptionnellement à certaines règles ; d’un autre côté, la quête inconditionnelle de vérité chez les scientifiques et le soucis de l’éthique l’interdisent. Autrement dit, l’éthique et l’intégrité scientifique constituent-elles un luxe dont on pourrait, dans une situation aussi critique que celle dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui, se passer ? »

 

Pour le savoir, il faut aller sur site.

 

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I
Des arguments pour zététique?
Répondre
M
Une vidéo sympa de mr sam sur certains biais que l'on a pour évaluer une situation et placé là dans le cadre du covid 19 (et de Raoult, mais sa fonctionne pour tous les annonces de ce types).
https://www.youtube.com/watch?v=qirbNmrxmUI
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U
Pour être bref, ces textes (me) posent deux questions principales :
Quelqu'un a-t-il jamais demandé à un comité d'éthique la permission de ne rien faire ? Et le comité pourrait-il la refuser ? D'où ma première question :
La passivité est-elle l'attitude la plus éthique ? ( quand les gens meurent par milliers).

Même si les nombres globaux sont terribles, le Covid19 est relativement peu mortel. La conséquence est qu'il est impossible de réunir suffisamment de cas pour une étude statistiquement valide. Les (rares) cohortes de 1000 aboutissent à quelques dizaines de cas significatifs, ce qui n'est pas un grand nombre. Au vu des données chinoises, cela aurait pu être prévu. Or toutes les méthodes préconisées reposent sur les lois des grands nombres. D'où ma deuxième question :
Est-il éthique d'utiliser des mathématiques fausses ?
Accessoirement M. Hirsch écrit :" L’approche est différente concernant des personnes en bon état de santé que l’on risquerait d’exposer abusivement à des risques indus."
N'est-ce pas pourtant ce qui est imposé comme phase 1 des essais thérapeutiques ?
Répondre
U
@max 10/05/2020 22:14
Et à votre avis, pourquoi ces pays n'ont pas coopéré ?
Par pure perversité ?
Ou parce qu'ils ont compris que c'était une impasse ?
M
"Le problème est qu'ils le font avec des boulets aux pieds, dus au dogmatisme et au précautionnisme et que cela les retarde et a des conséquences sur la santé publique."
Le problème n'est pas la méthode scientifique mais la lourdeur administrative. Cela dit certains ont pus faire leur essaie sans que personne ne sans mêle. Même si ces derniers s' asseyais clairement sur l'éthique et la science.

"Le fiasco de Discovery en est l'illustration."
Le fiasco de Discovery n'est pas du à ça, mais à l'incapacité des pays européen à coopérer et toutes sortes de problème administratif. Il faut aussi compté sur le fait que les traitement testés étaient voués à l'échec, ce que des études sortie plus tôt ont démontré.

"Il est sans doute trop tard pour Covid19, le virus semblant disparaitre de lui-même."
On peut l’espérer, mais il ne faut pas trop s'avancer et criée victoire trop tôt.

"Mais on peut essayer de tirer des leçons pour être un peu mieux préparé pour la prochaine crise."
Après la multiplication d’essais sauvages, de manquement éthique grave, et d'affirmation sans preuve (comme Raoult, l'AP-HP et d'autres), l'ANSM et l'ordre des médecins n'ont pas levé le petit doigt. Même Jardé, créateur de la loi portant son nom, s'en fout qu'on la respect. La leçon à tirer est que le niveau de la recherche en France est à un niveau déplorable. Et aussi que le gouvernement (et les politiques) ont eu un niveau d'incompétence et d'hypocrisie record dans cette crise.
U
@max 09/05/2020 17:28
Avez-vous lu ce que j'ai écrit ?
Bien sûr que les chercheurs travaillent. Le problème est qu'ils le font avec des boulets aux pieds, dus au dogmatisme et au précautionnisme et que cela les retarde et a des conséquences sur la santé publique.
Et oui,je maintiens que contraindre à utiliser des méthodes reposant sur les lois des grands nombres quand on est à peu près certan de ne pas avoir de grands nombres relève de la fausseté mathématique.
Le fiasco de Discovery en est l'illustration.
Il est sans doute trop tard pour Covid19, le virus semblant disparaitre de lui-même. Mais on peut essayer de tirer des leçons pour être un peu mieux préparé pour la prochaine crise.
M
"La passivité est-elle l'attitude la plus éthique ? ( quand les gens meurent par milliers)."
Si vous parlez de la situation actuelle, je ne vois pas vraiment de passivité. Les équipes de recherche travail à fond dans le monde pour trouver une solution. Elles ne sont justes pas médiatisé. Et trouver une solution ne se feras pas en 2 jours, le temps de la recherche, même en urgence reste long.

"Est-il éthique d'utiliser des mathématiques fausses ?"
Je ne vois pas en quoi les mathématiques sont fausses dans ce cas. Le faite que plus le nombre d'individus dans un essaie est grand plus les résultats de l'essaie seront significatif reste vrai.