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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Résidus de pesticides dans les aliments : un rapport de l'EFSA à nouveau rassurant

9 Avril 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #EFSA, #Pesticides, #Activisme

Résidus de pesticides dans les aliments : un rapport de l'EFSA à nouveau rassurant

 

 

(Source)

 

 

L'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) a publié le 2 avril 2020 son rapport sur les résidus de pesticides dans les échantillons d'aliments collectés et analysés par les États participants (Union Européenne, Islande et Norvège en 2018.

 

Le communiqué de presse est prudemment intitulé « Résidus de pesticides dans les aliments : suivez les tendances grâce à nos graphiques navigables », après les malversations médiatiques d'une célèbre émission de France 2 qui, pour arriver à ses fins, avait amputé un autre titre, « Plus de 97 % des aliments contiennent des résidus de pesticides dans les limites légales »... vous devinerez facilement quel élément a été laissé hors du champ de la caméra de Cash désinformation... Il se veut aussi didactique.

 

Extrait :

 

« Au total, 91.015 échantillons ont été analysés en 2018, dont 95,5 % se situaient dans les limites légales autorisées. En ce qui concerne le sous-ensemble de 11.679 échantillons analysés dans le cadre du programme de contrôle coordonné par l'UE (collecte aléatoire), 98,6% des échantillons se situaient dans les limites légales.

 

[…]

 

La section consacrée aux données collectées de façon aléatoire est particulièrement utile car elle couvre le même panier de produits sur une rotation de trois ans, ce qui signifie que des tendances à la hausse ou à la baisse peuvent être identifiées pour des produits spécifiques.

 

Par exemple, entre 2015 et 2018, la proportion d'échantillons qui présentaient des dépassements de résidus a augmenté dans les bananes (de 0,5% à 1,7%), les poivrons (1,2% à 2,4%), les aubergines (0,6% à 1,6%) et les raisins de table (1,8% à 2,6%). En revanche, les dépassements ont baissé en 2018 par rapport à 2015 pour les brocolis (de 3,7% à 2%), l'huile d'olive vierge (0,9% à 0,6%) et les œufs de poule (0,2% à 0,1%).

 

[…]

 

Les programmes nationaux de contrôle sont basés sur les risques probables ; ils ciblent des produits susceptibles de contenir des résidus de pesticides ou des produits pour lesquels des infractions légales ont été identifiées au cours des années précédentes. Ces programmes fournissent des informations importantes aux gestionnaires du risque mais, contrairement aux données du programme coordonné par l'UE, ils ne fournissent pas une image statistiquement représentative des niveaux de résidus que l'on peut s'attendre à trouver dans les aliments présents en magasin à travers l'Europe.

 

Évaluation du risque

 

Dans le cadre de son analyse des résultats, l'EFSA a également réalisé une évaluation des risques alimentaires. Cette évaluation suggère que les produits alimentaires analysés en 2018 ne sont pas susceptibles de constituer un problème pour la santé des consommateurs. Toutefois, un certain nombre de recommandations sont formulées pour accroître l'efficacité des systèmes de contrôle européens et continuer ainsi d'assurer un niveau élevé de protection des consommateurs. »

 

 

Et alors ? (Source)

 

 

Sur son blog, M. Albert Amgar a fourni des informations plus détaillées en traduisant une partie du rapport de l'EFSA.

 

Nous retiendrons les chiffres globaux :

 

« Pour 2018, 95,5% des 91,015 échantillons analysés sont en dessous de la limite maximale de résidus (LMR), 4,5% ont dépassé ce niveau, dont 2,7% n'étaient pas conformes, c'est-à-dire des échantillons dépassant la LMR après prise en compte de l'incertitude de mesure.

Pour le sous-ensemble de 11 679 échantillons analysés dans le cadre du programme de contrôle coordonné par l'UE, 1,4% dépassaient la LMR et 0,9% n'étaient pas conformes.

Pour les 11 679 échantillons analysés:

 

  • 6 770 ou 58% se sont révélés sans niveaux quantifiables de résidus (résidus < LOQ Limite de quantification).

     

  • 4743 ou 40,6% contenaient un ou plusieurs résidus de pesticides à des concentrations supérieures à la limite de quantification et inférieures ou égales aux limites maximales de résidus (LMR).

     

  • 166 ou 1,4% contenaient des concentrations de résidus dépassant les LMR. Parmi ceux-ci, 101 ou 0,9% du total des échantillons ont été considérés comme non conformes, lorsque l'incertitude de mesure est prise en compte. »

 

Les marchands de peur stipendiés par le biobusiness semblent s'être faits plutôt discrets cette année. Le Covid-19 et les particules fines dans l'air imputées à aux engrais et pesticides étaient un sujet plus « vendeur ».

 

 

(Source)

 

 

« NB: il y a des gens sur cette Terre qui aiment avaler des #pesticides dans leur nourriture. Des poisons, conçus pour être des poisons. Ils vont nous l’écrire »

 

Là, question argumentation, on est au fond de la fosse des Mariannes. Mais plus c'est gros...

 

 

(Source)

 

 

Au niveau européen, le business de la peur s'est exprimé par la voix de PAN Europe – quelque 300.000 euros de budget en 2018, dont quelque 115.000 euros de financements publics en 2018 (pour notamment saborder l'agriculture européenne et éroder sa souveraineté alimentaire) et 184.000 euros de fondations privées, dont Patagonia qui proclame que « Notre entreprise existe pour sauver la planète »...

 

Les pesticides isolés ne semblent plus faire recette... voici les cocktails avec « Business as usual for pesticide cocktails in EU food » (business as usual pour les cocktails de pesticides dans l'alimentation européenne).

 

Euractiv cite longuement – cinq paragraphes – dans « EFSA report offers snapshot into pesticide residues on food » (un rapport de l'EFSA fournit un aperçu des résidus de pesticides dans les aliments). L'article est traduit dans « Un rapport de l'EFSA offre un aperçu des résidus de pesticides sur les aliments – EURACTIV.fr ».

 

Quand on lit, par exemple, ce propos de Mme Angeliki Lysimachou, responsable de la politique scientifique de PAN Europe : « À une époque où la réduction de la dépendance aux pesticides est une priorité politique, les régulateurs doivent cesser de prétendre que les cocktails de pesticides sont sûrs », on peut se dire que Joseph Goebbels a fait bien des émules...

 

Pour le « camp d'en face », on se contentera d'un paragraphe :

 

« Geraldine Kutas, directrice générale de l'European Crop Protection Association, a déclaré à EURACTIV que le rapport est "une excellente nouvelle pour les agriculteurs qui continuent de respecter les normes les plus élevées lors de l'application des pesticides et de garantir des aliments sains pour tous", ajoutant que le rapport de l'EFSA "confirme une fois de plus que l'approvisionnement alimentaire de l'Europe est parmi les plus sûrs au monde". »

 

Mais il est vrai que l'ECPA est dans l'action et la construction, pas dans la gesticulation et la destruction.

 

La vidéo ci-dessous ne date pas d'hier, mais l'explication reste d'actualité.

 

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Justin 10/04/2020 09:24

Pour l'effet cocktail voir la réponse ici vers 1h21 https://www.youtube.com/watch?v=fMwES5Js_EA (Association Française pour l'Information Scientifique)

en résumé:
- rien n'a pas d'effet
- rien n'a pas d'effet
- il y a très peu de chance que rien rencontre rien donc le mélange des 2 fera 3x rien.
- ce serait donc étonnant que 3x rien fasse quelque chose (et quand je dis 3X rien c'est plutôt 0,"beaucoup de zéro"1 de rien)

Donc l'effet cocktail est insignifiant! CQFD

Il est là 09/04/2020 13:06

Ben de toute façon pour les mouvements biotausaurus l'EFSA se contente de faire un copie-colle des rapports des industriels, alors ils refusent de tenir compte de ses avis.

C'est drôle quand même car ces mouvements biotausaurus eux mêmes sortent des études qui sont des copies-colles des propos de Cash Investigation ou des compagnies qui parraine l'agriculture bio.