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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le Mozambique considère les cultures GM comme un moyen de réduire la pauvreté et d'assurer la sécurité alimentaire

3 Avril 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM, #Afrique

Le Mozambique considère les cultures GM comme un moyen de réduire la pauvreté et d'assurer la sécurité alimentaire

 

Joseph Opoku Gakpo*

 

 

Photo: Luis Jose Cabango, CIMMYT

 

 

Le Mozambique explore l'utilisation de cultures biotechnologiques pour renforcer la sécurité alimentaire après ses essais sur le terrain réussis de maïs génétiquement modifié (GM).

 

Depuis 2017, le Mozambique mène des essais sur le terrain de maïs génétiquement modifié dans le cadre du projet WEMA (Water Efficient Maize for Africa – maïs économe en eau pour l'Afrique). Connu maintenant sous le nom de maïs TELA, le type de maïs Bt tolérant à la sécheresse et résistant à des insectes a montré une résistance aux foreurs de tiges qui sont considérés comme l'un des ravageurs les plus destructeurs du maïs. Le maïs Bt a également montré une résistance prometteuse à la légionnaire d'automne, un ravageur qui continue de menacer la sécurité alimentaire de l'Afrique.

 

Bien que le maïs TELA n'ait pas encore été commercialisé et mis à la disposition des agriculteurs du Mozambique, le pays envisage d'ores et déjà d'introduire d'autres cultures biotechnologiques.

 

« En outre, le Mozambique envisage d'utiliser des biotechnologies innovantes dans le développement de produits tels que les diagnostics de maladies chez les animaux (maladie de Newcastle) et les plantes (virus du manioc, de la tomate) et les cultures biofortifiées, comme les patates douces oranges », selon le rapport annuel sur la biotechnologie agricole publié par les services d'agriculture étrangère (FAS) du Département de l'Agriculture des États-Unis (USDA) et le Réseau Mondial d'Information Agricole (GAINGlobal Agricultural Information Network).

 

« L'amélioration génétique animale, les études sur la biodiversité des forêts et les études sur la volaille sont d'autres biotechnologies innovantes que le Mozambique envisage d'adopter », a ajouté le rapport, publié le mois dernier.

 

Les variétés WEMA sont développées au Mozambique grâce à une collaboration public-privé entre le Centre International d'Amélioration du Maïs et du Blé (CIMMYT) et les institutions de recherche gouvernementales de sept pays africains : Afrique du Sud, Éthiopie, Kenya, Mozambique, Nigéria, Ouganda et Tanzanie. WEMA/TELA vise à soutenir la sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne en développant des variétés de maïs résistantes à la sécheresse et à des ravageurs grâce à la biotechnologie et à la sélection conventionnelle.

 

Le GAIN a indiqué que le projet est conforme à la stratégie agricole du gouvernement mozambicain visant à accroître la production et la productivité agricoles grâce à l'utilisation de technologies modernes.

 

Le rapport a ensuite déclaré que le gouvernement du Mozambique « reconnaît la contribution que la biotechnologie moderne peut apporter pour répondre aux besoins critiques de sécurité alimentaire et nutritionnelle » et « s'est engagé à adopter de nouvelles technologies agricoles pour réduire la faim et la pauvreté en augmentant la production agricole. Le gouvernement comprend que cela n'est possible que si le pays adopte de nouvelles technologies agricoles, y compris la biotechnologie. »

 

« Dans le même temps, le gouvernement reconnaît également que le développement de la biotechnologie moderne doit aller de pair avec une réglementation appropriée afin de maximiser les avantages tout en minimisant les risques potentiels », fait observer le rapport. Le Mozambique a mis en place des réglementations en matière de biosécurité depuis 2007.

 

Le Mozambique autorise actuellement l'importation de produits génétiquement modifiés destinés à être utilisés directement comme denrées alimentaires, aliments pour animaux ou pour la transformation, avec l'approbation de l'Autorité Nationale de Biosécurité. Certains produits alimentaires importés d'Afrique du Sud contiennent des ingrédients génétiquement modifiés.

 

La réduction de la pauvreté et l'amélioration de la sécurité alimentaire grâce à l'amélioration des pratiques agricoles sont une initiative majeure au Mozambique, où 80 % des quelque 29 millions d'habitants pratiquent une agriculture active pour leur subsistance et environ 64 % de la population souffrent d'insécurité alimentaire. Dans la partie sud du pays, la prévalence de l'insécurité alimentaire atteint 75 %. Jusqu'à 55 % de la population vit dans la pauvreté et 40 % des citoyens sont sous-alimentés. Le Mozambique connaît également de fréquentes catastrophes naturelles, notamment des sécheresses et des inondations. Entre 1994 et 1996, les sécheresses ont touché environ 1,5 million de personnes dans le sud et le centre du pays, tandis qu'environ 2 millions de personnes ont été touchées par les inondations en 2000.

 

La population mozambicaine s'attend à ce que l'introduction prévue de cultures GM aide le pays à relever les défis des ravageurs et des maladies des plantes et à renforcer la sécurité alimentaire. Le maïs génétiquement modifié, par exemple, peut augmenter les rendements jusqu'à 50 pour cent, selon une recherche menée par l'Institut de Recherche Agricole du Mozambique.

 

Cependant, le rapport de l'USDA/GAIN a relevé des préoccupations selon lesquelles « l'opinion publique montre un manque total de connaissances sur le génie génétique et la biotechnologie en généra l» et a noté qu'une « sensibilisation généralisée par le biais de programmes de vulgarisation et de renforcement des capacités parmi la société civile et les agriculteurs de subsistance est nécessaire ».

 

Celso Laice, secrétaire permanent au Ministère des Sciences et de la Technologie, a récemment révélé que le Mozambique travaille avec d'autres pays engagés dans la recherche sur les OGM pour partager les expériences des succès et des échecs, afin d'adopter les meilleures pratiques.

 

« La publication des résultats des activités impliquant des OGM est l'un des aspects couverts par la réglementation sur la biosécurité approuvée dans un décret gouvernemental de novembre 2014 », a-t-il déclaré.

 

Laice a également assuré que l'Autorité Nationale de Biosécurité travaille avec d'autres parties prenantes pour garantir que « les activités impliquant des OGM sont entreprises de manière sûre et responsable » au profit de tous les Mozambicains.

 

_____________

 

* Source : https://allianceforscience.cornell.edu/blog/2020/03/mozambique-sees-gmo-crops-as-way-to-reduce-poverty-achieve-food-security/

 

 

 

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M
Une pub que j'ai vu aujourd'hui.
https://www.youtube.com/watch?v=eGinUY1k8hA
Les assos anti-OGM font leurs pub à la télé en prétextant aider le tiers monde.
N'oublier pas de faire un don.
Répondre
I
Moi je dis

Elle parle de faire un don pour défendre une agriculture durable et capable de lutter contre la faim. Les OGM et les pesticides de synthèse utilisés de manière raisonnables peuvent permettre d'atteindre ce but. Donc je fais un don aux instances de recherche en biotechnologie végétale, je contribue à lutter contre la faim dans le monde et pour une agriculture efficace.

CQFD