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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

L'accès à plus de commerce pourrait signifier l'accès aux nouvelles technologies pour les agriculteurs du Kenya

30 Avril 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Afrique

L'accès à plus de commerce pourrait signifier l'accès aux nouvelles technologies pour les agriculteurs du Kenya

 

Rodney Kili*

 

 

 

 

Lorsque j'ai voyagé aux États-Unis depuis la ferme de ma famille au Kenya, il y a deux ans, j'ai vu par moi-même comment les sciences et l'ingénierie agricoles peuvent aider à nourrir le monde – et maintenant, j'espère qu'un accord de libre-échange entre nos deux pays introduira des technologies innovantes au Kenya afin que nous puissions mieux nous nourrir.

 

Tout à coup, un accord de libre-échange États-Unis-Kenya est devenu une possibilité réaliste. Cela fait suite à la rencontre entre le président kenyan Uhuru Kenyatta le mois dernier à la Maison Blanche avec le président américain Trump. Le 6 février, le président Trump a officiellement annoncé son intention d'entamer des pourparlers commerciaux avec le Kenya. Lorsqu'un journaliste lui a demandé s'il avait l'intention de signer un accord, le président américain a répondu par un seul mot : « Probablement ».

 

Un accord de libre-échange entre ces deux pays est logique car il serait avantageux pour les deux nations. Le commerce bilatéral vaut déjà environ 1 milliard de dollars par an.

 

J’espère qu’un accord commercial se concentrera sur l’intégration d’aspects complémentaires de la production agricole dans les deux pays, en incorporant les cultures de production uniques des deux pays et la pertinence climatique des cultures commerciales. Je serais heureux de voir augmenter les exportations de cultures commerciales telles que le thé, les produits de l'horticulture, le café et les épices parmi d'autres produits uniques que le Kenya produit. En retour, les États-Unis peuvent exporter des cultures telles que le soja, la betterave sucrière, etc. qui ne sont pas couramment cultivées au Kenya.

 

Mon père a commencé notre ferme dans l'ouest du Kenya, près de la ville d'Eldoret, en 1998. Aujourd'hui, sur environ 400 hectares, nous produisons quatre cultures principales : le maïs, le blé, l'orge et le canola. Nous produisons également des cultures de saison courte telles que le tournesol qui nécessite moins de précipitations et agit comme culture de couverture.

 

Tout ce que nous cultivons est destiné à la consommation locale ici, au Kenya. Notre maïs et notre blé vont à notre minoterie, où nous les transformons en produits finaux que nous vendons directement à des clients kenyans. Nous n'exportons rien parce que le Kenya ne peut pas produire suffisamment de ces denrées pour lui-même.

 

Nous ne sommes tout simplement pas assez efficaces. Selon le SARD-SC, un groupe basé au Nigéria qui soutient le développement agricole, les petits exploitants agricoles du Kenya représentent 80 % de la superficie en blé de notre pays mais ne fournissent qu'environ 20 % de la demande du Kenya.

 

Pour compenser la différence, le Kenya importe environ 2 millions de tonnes de blé par an. Les États-Unis ne représentent qu'une infime partie de cette quantité : environ 100.000 tonnes par an, selon Agri-Pulse.

 

La part américaine augmentera rapidement si un accord de libre-échange réduit les droits de douane de 10 % ou les élimine sur ces cultures américaines. Un autre objectif pour les diplomates commerciaux américains sera d'abaisser les droits de 35 % sur le riz.

 

De mon point de vue, en tant qu'agriculteur kenyan, un accord pourrait également me fournir de nouvelles opportunités pour bénéficier d'un meilleur accès à des équipements modernes et à des technologies avancées qui peuvent nous rendre plus efficaces. Sur notre ferme, par exemple, nous utilisons des tracteurs John Deere, que nous achetons directement à la société mère aux États-Unis. Nous achetons également bon nombre de nos produits phytosanitaires auprès d'entreprises américaines. Une meilleure circulation des biens, des services et des informations entre nos pays contribuera à apporter davantage de ces excellents outils au Kenya.

 

J’espère particulièrement que les agriculteurs kenyans auront un meilleur accès aux technologies GM.

 

Depuis au moins une décennie, les agriculteurs kenyans ont appelé notre gouvernement à approuver la plantation de cultures GM. Récemment, Nairobi a permis la commercialisation du cotonnier Bt, un développement bienvenu, attendu depuis si longtemps.

 

La prochaine étape concerne les cultures vivrières génétiquement modifiées. Elles ne peuvent pas arriver assez tôt. L'année dernière, selon l'Organisation Kenyane de Recherche sur l'Agriculture et l'Élevage, les agriculteurs n'ont récolté que 35 millions de sacs de maïs alors qu'ils avaient un potentiel de 60 millions de sacs.

 

Si le Kenya vise à augmenter ses rendements et à atteindre une véritable sécurité alimentaire, nous devrons adopter une large gamme de technologies, du maïs Bt que de nombreux agriculteurs américains peuvent maintenant tenir pour acquis, jusqu'aux innovations de pointe de l'édition de gènes, qui ont le potentiel de produire des cultures vivrières très désirées comme le blé sans gluten.

 

L'accès à de meilleures semences nous aiderait à résister à une pression massive de ravageurs tels que la chenille légionnaire d'automne et la pyrale ainsi que des sécheresses qui semblent aller de pair avec le changement climatique.

 

Lorsque j'ai eu l'occasion de visiter une grande ferme familiale dans l'Illinois il y a deux ans, j'ai pu constater par moi-même le potentiel incroyable de la technologie GM. Aujourd'hui, j'espère qu'un accord de libre-échange entre les États-Unis et le Kenya augmentera enfin la possibilité pour moi d'apporter ces technologies chez moi.

 

_____________

 

Rodney Kili

 

Agriculteur, Kenya

 

Rodney Kili est un agriculteur de deuxième génération qui produit du maïs, de l'orge de brasserie, du blé, du tournesol et du canola en travail du sol minimal et avec GPS dans le comté d'Uasin Gishu, au Kenya. La famille a 25 vaches laitières et s'emploie à développer cette activité.

 

 

* Source : https://globalfarmernetwork.org/2020/03/access-to-more-trade-could-mean-access-to-new-technologies-for-kenyas-farmers/

 

 

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max 30/04/2020 14:58

Pendant que les états-unis rafle le marcher et améliore au passage la sécurité alimentaire du Kenya, nous on a ça.

https://twitter.com/benoistcdric/status/1255745586252386304
https://twitter.com/RemDumDum/status/1255752572390047744

max 01/05/2020 13:27

On peu aussi rajouter les leçons de Cyril Dion qui dit ça
" qu’autour des villes on ait une multitude de fermes comme celle du Bec Hellouin, qui sont à la fois très productives et qui sont capables en même temps de climatiser, de faire revenir la bio-diversité, de séquestrer du carbone dans le sol, on en a plus que jamais besoin !"
Ça résume son intervention. En même temps, en tant que cofondateur des colibris, il défend son business.

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-d-elodie/le-monde-d-elodie-cyril-dion-cette-crise-n-est-qu-un-avant-gout-de-la-crise-climatique-il-faut-accepter-de-le-croire_3917753.html

Un aspect qu'il ne nous présente pas sont ses liens avec l'anthroposophie. Ça fait réfléchir sur les intention du personnage.
https://www.youtube.com/watch?v=bTLrrigL_4g&feature=emb_title
On découvre aussi dans cette vidéo les liens d’extinction rébellion avec ce même mouvement.

Seppi 30/04/2020 15:04

@ max le jeudi 30 avril 2020 à 14:58

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Je viens de voir...

https://actu.fr/normandie/saint-mard-de-reno_61418/dans-perche-ferme-permaculture-cherche-benevoles_33276742.html

Le plus intolérable est peut-être qu'un journal répercute ce genre d'appel sans états d'âme.