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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Incroyable : l'obscurantisme s'infiltre dans les temples des Lumières de Lausanne !

21 Avril 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Agriculture biologique

Incroyable : l'obscurantisme s'infiltre dans les temples des Lumières de Lausanne !

 

 

(Source)

 

 

Lausanne ? Une Université prestigieuse (l'UNIL) et une école non moins prestigieuse, l'École Polytechnique Fédérale (l'EPFL). Et un domaine agricole de 7,5 hectares, la Ferme de Bassenges.

 

Après le décès de son exploitant, les deux institutions ont lancé un appel d'offres pour la reprise. La ferme a été attribuée à un collectif de sept jeunes agriculteurs, ingénieurs agronomes ou en environnement et gestionnaires qui en feront une « «microferme agroforestière de polyculture-élevage ». Pourquoi pas...

 

Pour que cela puisse fonctionner, en plus du formidable cadeau que constitue le loyer symbolique de 1 franc suisse pour les bâtiments et les terres, il faudra évidemment succomber aux fantasmes dans l'air du temps : la vente directe à la ferme ou en circuit court sur le campus et le passage au bio figuraient dans le cahier des charges de l'appel d'offres.

 

Mais, selon un article de 24 Heures,

 

« Le collectif ira toutefois plus loin en se mettant à la biodynamie, un mode d’agriculture basé entre autres sur les cycles de la nature. »

 

Vous avez bien lu... la biodynamie...

 

Bienvenue, sur les campus de l'UNIL et de l'EPFL, aux forces ahrimaniennes, à la préparation « 500 », sacrifice offert aux gnomes et aux ondines, à la préparation « 501 », sacrifice offert aux ondines et aux sylphes

 

Le collectif des sept est tout feu tout flamme :

 

« On se réapproprie des techniques anciennes en les associant aux connaissances scientifiques d’aujourd’hui. »

 

« Nous voulons tendre vers un fonctionnement en circuit fermé. Cela veut dire par exemple que nous produirons notre propre compost et notre propre fumier sans les faire venir de l’extérieur. »

 

« Les chevaux participeront aussi à notre autosuffisance, car nous pourrons nous passer de machines que nous n’avons de toute façon pas les moyens d’acheter. »

 

« On fait en quelque sorte un "retour en avant". »

 

Quel est leur projet ? Selon une nouvelle de l'UNIL :

 

  • 12.000 m2 de maraîchage ;

  • 27.000 m2 de grandes cultures (céréales anciennes, sarrasin, pois chiches, lentilles…) et production de semences, en association agroforestière avec des arbres ;

  • 2.000 m2 de petits fruits.

 

Plus deux chevaux et un âne, un couple de cochons, des brebis pour une production fromagère, ainsi qu'une « basse-cour [qui] viendra compléter le cheptel et participera à la lutte contre les ravageurs tels que limaces et insectes indésirables, ainsi qu’au travail du sol. »

 

En bref, une « "Micro-ferme" modèle ».

 

Tout cela est bien plaisant. Et que dire de l'enthousiasme des responsables des deux institutions ?

 

« Avoir plusieurs hectares de terres arables sur un campus universitaire n’est pas courant. "Dès l’appel à projet, notre intention était que les terres du campus servent aussi de laboratoire vivant et de vitrine aux réflexions que la société se doit aujourd’hui de mener quant à son mode d’agriculture et d’alimentation, relève Benoît Frund, vice-recteur de l’UNIL en charge de la durabilité sur le campus. Le projet retenu répond parfaitement aux engagements environnementaux de l’UNIL et prévoit de développer une dimension pédagogique, en partenariat avec une association qui organisera notamment des visites de classes."

 

"En choisissant ce collectif, nous sommes certains de laisser en de bonnes mains la ferme et le terrain qui nous appartiennent, ajoute Etienne Marclay, vice-président de l’EPFL en charge de la durabilité, de l’immobilier, des infrastructures et des opérations. Leur philosophie correspond parfaitement à ce que nous recherchions et nous avons hâte de voir leur activité se déployer sous nos fenêtres.»

 

 

(Source)

 

 

Une ferme de Sylvain et Sylvette à un UTH/hectare comme laboratoire pour une « réflexions que la société se doit aujourd’hui de mener quant à son mode d’agriculture et d’alimentation » ?

 

Le charlatanisme de la biodynamie qui « correspond parfaitement à ce que nous recherchions » ?

 

Il y a eu de l'agacement sur un fil du Messager Boteux :

 

 

 

 

Et voici le clou : la réponse de M. Benoît Frund, géographe et vice-recteur Durabilité & Campus :

 

 

 

 

 

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M
Il font aussi de la pub pour ça.
https://twitter.com/UNIL_CID/status/1251086921595576321

Leurs mesures pour l'agriculture est digne de Mao.
https://lapenseeecologique.com/propositions-pour-un-retour-sur-terre/?fbclid=IwAR10p9rx1YTvveEcIY2Wd5jRtDYWwc3cUchKghoastObEHy-vPlbW5cxUsQ

En plus quand on regarde qui ils ont comme professeur honoraire, ce n'est pas étonnant qu'il accepte la biodynamie.
https://applicationspub.unil.ch/interpub/noauth/php/Un/UnPers.php?PerNum=1052014&LanCode=37&menu=coord
https://twitter.com/bourg_d
Répondre
M
Bonjour, laissons faire ces piètres "paysans" durant 10 ans minimum, mais sans leur donner la moindre subvention publique ou privée. Qu'ils ne vivent que de leur travail ! en ayant soin de rémunérer tout ce beau monde, car il va falloir de la main d'œuvre; entretenir les animaux (au fait, je ne vois pas de cultures vivrières pour les équidés), entretenir les cultures, récolter, stocker dans de bonnes conditions et des récoltes sans parasites. Que l'on fasse les vrais comptes dans dix ans ! mais je ne suis pas sûr tout ce beau monde soit encore là dans 10 ans.
Répondre
C
André le véritable seppi,


Le problème en BIO est, on leur promet 1000€ mais on ne leurs verse que 500 voir rien. C'est ce qui fait monter les BIO au créneaux. Autant ne rien promettre !

Donc supprimons toutes subventions en AB et AC et faisons ensuite le point pour voir qui sera capable de nourrir le monde sans aucune subvention.

Non le seul système qui ne s’effondrera pas est le BIO. (le vrais)

Il n'y aura pas des milliers de gens qui mourront de faim, l'agriculture BIO est particulièrement résiliente (la véritable) et nourrira le monde.

Alors dans ce cas je suis particulièrement fiers d'être un véritable biotausaurus car le conventionnel est un désastre économique, sociétal, environnemental et qui a conduit toute l'agriculture à la ruine.
I
Lionel mon Ami

Justement si les agriculteurs bio réclament le respect du financement c'est parce qu'ils sont conscients que sans lui leurs exploitations auront encore plus de mal à s'en tirer.

Si on supprime toutes les aides, tout système de production agricole va s'effondrer, aussi bien bio que conventionnelle et ce sera la famine et la fin de la sécurité alimentaire.

La surprise on en aura : des milliers de gens qui mourront de faim. Je sais que vous ne voulez pas ça, Lionel mon ami

PS : biotausaurus ce n'est pas une insulte, c'est un mot que j'ai inventé pour qualifier les partisans d'une agriculture 100% bio.
C
André le véritable seppi,

Sans financement, Seul le BIO peut produire et nourrir durablement.

Les aides en BIO sont plutôt dérisoires: en conversion: 300€/ha/an au lieu de 200 avant 2015; en maintien: 160 au lieu de 100 avant 2015 et elles ne sont même pas versées comme elles le devraient voilà la réalité qui motive les réclamations des syndicats.

Supprimons donc toutes les aides et pour tous le monde AB et AC une bonne fois pour toute! C' est le meilleur moyen de mettre AB et AC au même niveau .
Ensuite faisons le constat de qui est réellement capable de nourrir le monde de façon durable et équitable.

Risque de grande surprise pour ceux qui crachent aujourd'hui sur la biodynamie sans rien n'y connaitre par exemple. Soyons rationnel ;-))

"mon ami, vous êtes un biotausaurus" André vous insultez vos amis ? (c'est original)
I
Lionel mon ami

Il y a c'est que actuellement ni le conventionnel ni le bio ne peuvent survivre sans aucun financement, pour preuve même les syndicats défenseurs du Bio demande des aides plus conséquentes. Faire une telle expérience ce sera le coup sûr un retour des famines aussi bien en France que dans les pays où on livre une partie de nos productions agricoles. Alors oui faire l'expérience sur qq fermes, sur toutes les fermes, c'est du suicide.

Lionel, mon ami, vous êtes un biotausaurus mais je ne vous pense pas dénué de raison (et j'avoue que je vous aime bien, peut-être serions-nous devenus des amis si nous n'étions pas dans deux camps si opposés), alors je pense que vous devriez redescendre sur Terre : aucune agriculture ne peut survivre sans aide financière, ce n'est pas possible.
C
Bonjour André le véritable seppi, merci pour pour votre réponse.

Suppression de toutes les subventions sur toutes les exploitations.
Plus aucune aide PAC... en agriculture et observons le résultat .

Voyons qui peux durablement nourrir le monde en mode socialement, économiquement, écologiquement équitable.

Ha je comprend vous commencez déjà à paniquer aucune excuse cher André, produisons sans aucune aide possible en bio comme conventionnel et faisons le bilan .

Les colporteurs glanes et de diverses balivernes cherches déjà de grandes excuses... Qui a t'il de curieux qui puisse déjà leur faire peur ???
N
Hors sujet. Ce matin sur France Culture, une habitante se plaint de l'épandage de pesticides (dixit la journaliste, "produits phytosanitaires" dixit l'agriculteur) pendant "les heures de bureau". Elle a sa maison au milieu des champs. On parle de soufre et de cuivre. Moi ma théorie c'est que c'est un agriculteur bio. Mais la journaliste ne veut pas le dire.
Répondre
N
C'est dans les matins. Vers 8h10. Pendant le journal je pense.
https://www.franceculture.fr/emissions/les-matins/les-matins-de-france-culture-emission-du-mardi-21-avril-2020
N
Des vignes. On a pas d'autres détails dans le reportage mais ça parle d'odeur, de souffre et de cuivre.

On a enfin ce vieux rêve" de réalisé. On a pas mis les villes mais les bureaux à la campagne avec le covid !
S
@ Nicias le mardi 21 avril 2020 à 08:21

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Au milieu des champs ou des vignes ? Traitement ou épandage d'engrais ?

Et puis, c'est quand même incroyable... un agriculteur ne pourrait plus traiter "pendant les heures de bureau" ?
M
J'ai deux questions qui me viennent comme ça :
- est-ce qu'il n'est pas possible de dissocier dans la biodynamie pratiques agricoles et pratiques ésotériques ?
- est-ce que ce ne serait pas une bonne chose de montrer enfin dans un cadre scientifique et institutionnel les limites de ces pratiques ?
Répondre
S
@ Mireille Gary le mardi 21 avril 2020 à 08:19

Supposons que l'on dissocie, que reste-t-il ? A vue de nez essentiellement du "bio". On ne se démarque donc pas.

Oui, je pense que ce serait une bonne chose. Mais je ne pense pas que les charlatans veuillent s'y plier, et je crains que le résultat ne sera pas à la hauteur. Donnez l'essai à un ami des charlatans et il sera biaisé (c'est comme pour le "bio" et des gens comme Carlo Leifert : ils ne testent que ce qui est susceptible d'être en faveur du bio, la teneur en anti-oxydants par exemple). Donnez-le à un esprit rationnel et il sera rejeté déjà a priori.
F
Rêvons un peu: les étudiants découvrent la vraie vie et les vraies difficultés du métier. Ils jettent la biodynamie aux orties et reviennent à la réalité. Ils auront au moins appris quelque chose!
Répondre
I
Remarque @Fm06 c'est une bonne idée. Dans les universités dès qu'on voit des étudiants prôner une agriculture 100% biologique, leur permettre de suivre un cursus spécial où ils devront cultiver un champs uniquement en bio , cela leur donnera peut-être une idée que le monde est plus complexe qu'ils se l'imaginent et les feront redescendre sur Terre. Ce peut-être une idée.
S
@ Fm06 le mardi 21 avril 2020 à 08:18

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

On peut rêver, en effet. Mais ils risquent de jeter la biodynamie en catimini...