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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Covid-19 et les « coquelicots » : crétinerie ou faux-culerie ?

2 Avril 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Covid-19, #Activisme, #Pesticides

Covid-19 et les « coquelicots » : crétinerie ou faux-culerie ?

 

« Coronavirus: faut-il arrêter les épandages de pesticides ? »... avec un point d'interrogation !

 

 

(Source)

 

 

Pendant la crise du Covid-19, l'agribashing continue !

 

La petite entreprise incorporée sous forme d'association – qui accepte les dons, paraît-il défiscalisés à 100 % (?!) [ajout de 10 heures : voir ci-dessous le commentaire de GPCU] mais pas de membres et dont le site Internet a été enregistré par Générations Futures, autre petite entreprise... – continue son travail de sape et de désinformation.

 

(Source)

 

 

Une question saugrenue !

 

« Coronavirus: faut-il arrêter les épandages de pesticides ? » est un de ses derniers chefs-d'œuvre goebbelsien :

 

« Redisons-le encore une fois. Le mouvement des coquelicots n’a jamais attaqué et n’attaquera jamais les paysans. Nous refusons, radicalement, une pratique agricole détestable, qui empoisonne par les pesticides tous les êtres vivants, dont nous, toutes les formes vivantes. Mais nous voulons ardemment de nombreux paysans dans les campagnes. […] »

 

(Source)

 

Pourquoi une telle question en titre quand la petite entreprise milite pour l'arrêt des pesticides* (*de synthèse) ?

 

Une petite entreprise, incidemment, qui n'ira pas militer pour l'interdiction d'un « pesticide » de synthèse, en l'occurrence un médicament antiviral contre le coronavirus, et promouvoir une « préparation naturelle peu préoccupante »...

 

 

Retour à la terre qui ne ment pas...

 

Arrêtons nous un instant sur le fond : le « mouvement » veut des « millions » de paysans ». Combien ? Le pluriel commençant à deux, l'implication est qu'en régime d'autarcie – l'eldorado pour les partisans du retour à la terre qui ne ment pas – un « paysan » devrait assurer les besoins alimentaires et autres (lin textile, matières premières comme l'amidon, etc.) de 34,5 personnes, dont lui-même et sa famille dans un pays de près de 69 millions d'habitants. En sens inverse, une trentaine de personnes devraient assurer le financement du fonctionnement de la ferme et le revenu, forcément plus que décent, équitable, du « paysan ».

 

Autre approche : deux millions de « paysans » sur quelque 29 millions d'hectares de surface agricole utile (SAU), ce seraient des « fermes » d'en moyenne 14,5 hectares. De telles exploitations peuvent être gérées par un seul actif – il y aurait donc deux millions de « fermes ». Cela nous ramène grosso modo à... 1955.

 

Mais attention, ces paysans seraient

 

« ...redevenus agronomes, attentifs à la terre, attentionnés ».

 

C'est bien connu, les agriculteurs actuels sont des ploucs incultes (ironie).

 

Et, sans ces « paysans » redevenus agronomes,

 

« la France ne fera pas face aux terribles menaces de l’avenir, dont le dérèglement climatique. »

 

 

Ah, la FNSEA...

 

Après les délires pétainistes ou peut-être pol-potien, voici l'inévitable agression de la FNSEA :

 

Cette position de principe nous permet de parler sans crainte de ce qui se passe aujourd’hui. Une grande opération de com est en cours, à l’initiative de la FNSEA. Elle consiste à présenter l’agriculture industrielle comme la sauveuse de la société française, en s’appuyant sur l’éternelle courroie de transmission qu’est le ministère de l’agriculture. L’épidémie de coronavirus est utilisée pour effacer des dizaines d’années de critiques fondées d’un modèle qui a, au passage, fait disparaître la paysannerie, peu à peu transformée en machine de guerre exportatrice au service de quelques-uns. »

 

Une « grande opération de com » avec un tel objectif, de tels moyens, etc. ? Première nouvelle !

 

Mais acceptons le point Godwin : « Plus le mensonge est gros, mieux il passe », n'est-il pas ?

 

 

Les confinés découvrent les épandages de pesticides...

 

Continuons avec les mensonges :

 

« Nous apprenons en cette fin mars 2020 que de nombreux confinés découvrent ce que sont les épandages de pesticides. Enfermés avec leurs gosses, il leur faut supporter à quelques mètres de leurs fenêtres la vaporisation de produits souvent très toxiques. On se protège donc d’un virus en rapprochant ses cibles d’un poison? C’est irresponsable. »

 

Comment est-ce possible ? On aurait fait tout ce foin à propos des traitements phytosanitaires et ce n'est que maintenant que « de nombreux confinés découvrent » ? Bien sûr, ils auront ouvert leurs fenêtres en grand pour faire l'expérience de « produits souvent toxiques »... oups... « très toxiques »... mais non, c'est « un poison »...

 

 

(Source)

 

 

Les particules fines propagatrices du coronavirus...

 

À partir de là, on entre dans le dur :

 

« Une étude scientifique toute récente, que certains contestent, établit des liens puissants entre la pollution de l’air et la circulation du coronavirus. Les particules fines pourraient servir d’accélérateur de la contamination. »

 

L'auteur de cette prose aura au moins eu l'honnêteté de préciser que l'« étude » est contestée.

 

En fait d'étude, comme l'indique l'URL, il s'agit d'un « document de position », certes avec des éléments qui donnent à croire qu'il s'agit d'un article scientifique. Les auteurs – dont les deux premiers relèvent du département de chimie industrielle de l'Université de Bologne – écrivent en conclusion :

 

« En conclusion, la propagation rapide de l'infection au COVID-19 observée dans certaines régions du nord de l'Italie est supposée être liée à la pollution par les PM10 due à des particules en suspension dans l'air pouvant servir de vecteur d'agents pathogènes. Comme déjà souligné dans des études précédentes, il est recommandé de prendre en compte la contribution des PM10 et de sensibiliser les décideurs politiques à la nécessité de prendre des mesures directes pour lutter contre la pollution. »

 

La Tribune a écrit en intertitre « Des coïncidences particulièrement évidentes dans la vallée du Pô » dans « La pollution de l'air, une "autoroute" pour le coronavirus » (sans point d'interrogation journalistique...). On est peut-être bien dans le domaine de la coïncidence, d'une corrélation qui n'est pas un lien de causalité.

 

Quoi qu'il en soit, l'article des « coquelicots » déroule maintenant le récit des horreurs de la pollution de l'air, qui tuerait chaque année 659.000 personnes dans l'Union Européenne (quelque 12 % de la mortalité totale...), avec évidemment des appels à l'autorité, en l'occurrence Airparif.

 

 

...et les responsables des particules fines, c'est les engrais et pesticides

 

Nous y voilà enfin :

 

« Une question légitime se pose: les épandages d’engrais et de pesticides, qui redémarrent partout en France, peuvent-ils être une source de pollution de l’air, et jouer en ce cas un rôle néfaste dans la propagation du virus? »

 

La réponse fuse, quoique le verbe nous semble curieux :

 

« Un groupe de scientifiques de Strasbourg s’interroge publiquement: "Tous les ans, à la même période, les épandages agricoles sont responsables de pics de pollution printaniers durant les mois de mars à mai. Ces particules printanières sont, de par leur composition, moins toxiques que des particules de combustion issues par exemple du trafic routier néanmoins elles vont également servir de vecteur de transmission au virus. Ces particules peuvent voyager sur plusieurs kilomètres et donc transporter également le virus sur de longues distances!". En conséquence, ils appellent les préfets "à prendre des mesures urgentes visant à limiter drastiquement les émissions liées aux épandages agricoles". »

 

 

Des « scientifques », mais... militants...

 

On trouve ce texte sur le site de... Strasbourg Respire,

 

« un collectif de citoyens de tous horizons professionnels (vous pouvez encore nous rejoindre) comprenant, entre autres, des médecins, et qui a vu le jour en mars 2014 à la suite d’un épisode majeur de pollution de l’air, de plus d’une semaine et dans une indifférence quasi générale. 

 

Il y a donc erreur sur la qualification des auteurs. Involontaire ou délibérée ? Crétinerie ou faux-culerie ?

 

Il y a aussi erreur sur les affiliations.

 

Le texte en question est signé par Mme Isabella Annesi-Maesano, directrice du département « Épidémiologie des maladies Allergiques et Respiratoires » de l'INSERM ainsi que cinq « docteurs » et un « sans grade », dont cinq se prévalent d'associations militantes ou d'une fondation. C'est – quelles que soient les qualités des signataires – un texte militant et, disons le poliment, il y a un certain manque de rigueur à le faire passer pour le texte d'un « groupe de scientifiques ».

 

Une demi-vérité reste un gros mensonge.

 

 

Une partie de la FNSEA prise pour le tout

 

La FNSEA aurait répondu... « par la voix de sa section départementale du Finistère ». C'est pareil ! Une section départementale ne s'exprime pas au nom de l'instance nationale. C'est tellement évident qu'on ne peut guère invoquer l'excuse du lapsus calami.

 

 

Et pour conclure, l'envolée

 

Mais voici l'envolée finale :

 

« Une manière comme une autre de détourner l’opinion d’une évidence: les pratiques agricoles industrielles sont massivement refusées par la société. Ce n’est pas en niant les faits que l’on pourra lutter efficacement contre le coronavirus. Face au drame actuel, nul n’est intouchable. Nous avons le droit et le devoir de continuer à parler haut et clair. Bien sûr, il faut préparer les récoltes et nourrir le pays. Mais on peut le faire sans se mettre la tête dans le sable. Oui, il va falloir changer. Ensemble. »

 

Limitons-nous à un seul point de ce gloubi boulga. Une évidence ?

 

L'évidence est que les consommateurs se sont rués sur les produits de l'agriculture « industrielle », délaissant les produits des rayons « bio ». La crainte de manquer fait oublier tous les caprices (« bio », « sans gluten », « sans lactose », etc.) et revenir aux fondamentaux de l'alimentation fournie par une agriculture de qualité.

 

 

(Source)

 

 

(Source)

 

 

L'évidence ? La veille de la mise en ligne de ce torchon, les « coquelicots » répercutaient un intéressant « sondage » organisé par leur propre cercle :

 

 

(Source du gazouillis original)

 

 

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fm06 02/04/2020 18:19

Ce mouvement de coquelicots qui voit des pesticides partout... ce n'est plus de l'obsession pathologique, c'est de la folie furieuse!

Nicias 02/04/2020 17:44

"L'auteur de cette prose aura au moins eu l'honnêteté de préciser que l'« étude » est contestée." C'est une vertu dans les milieux touchés par le complotisme !

Il est là 02/04/2020 13:04

Je vais dire un avis éclairé à la bougie dont beaucoup de monde se fiche mais je le dis quansd même et pis c'est tout.

"Autre approche : deux millions de « paysans » sur quelque 29 millions d'hectares de surface agricole utile (SAU), ce seraient des « fermes » d'en moyenne 14,5 hectares. De telles exploitations peuvent être gérées par un seul actif – il y aurait donc deux millions de « fermes ». Cela nous ramène grosso modo à... 1955."

Ok les Coquelicoyvore, montrez moi l'exemple, allez travailler dans une exploitation 100% bio de 14,5 hectar pendant qq années et on verra votre retour d'expérience. Avoir des idées c'est bie, vivre avec ses idées, c'est encore mieux et c'est plus beau.

"Comment est-ce possible ? On aurait fait tout ce foin à propos des traitements phytosanitaires et ce n'est que maintenant que « de nombreux confinés découvrent » ? Bien sûr, ils auront ouvert leurs fenêtres en grand pour faire l'expérience de « produits souvent toxiques »... oups... « très toxiques »... mais non, c'est « un poison »...

Comment est-ce possible ? On aurait fait tout ce foin à propos des traitements phytosanitaires et ce n'est que maintenant que « de nombreux confinés découvrent » ? Bien sûr, ils auront ouvert leurs fenêtres en grand pour faire l'expérience de « produits souvent toxiques »... oups... « très toxiques »... mais non, c'est « un poison »...

"Comment est-ce possible ? On aurait fait tout ce foin à propos des traitements phytosanitaires et ce n'est que maintenant que « de nombreux confinés découvrent » ? Bien sûr, ils auront ouvert leurs fenêtres en grand pour faire l'expérience de « produits souvent toxiques »... oups... « très toxiques »... mais non, c'est « un poison »...

"Comment est-ce possible ? On aurait fait tout ce foin à propos des traitements phytosanitaires et ce n'est que maintenant que « de nombreux confinés découvrent » ? Bien sûr, ils auront ouvert leurs fenêtres en grand pour faire l'expérience de « produits souvent toxiques »... oups... « très toxiques »... mais non, c'est « un poison »...

Comment est-ce possible ? On aurait fait tout ce foin à propos des traitements phytosanitaires et ce n'est que maintenant que « de nombreux confinés découvrent » ? Bien sûr, ils auront ouvert leurs fenêtres en grand pour faire l'expérience de « produits souvent toxiques »... oups... « très toxiques »... mais non, c'est « un poison »...

Comment est-ce possible ? On aurait fait tout ce foin à propos des traitements phytosanitaires et ce n'est que maintenant que « de nombreux confinés découvrent » ? Bien sûr, ils auront ouvert leurs fenêtres en grand pour faire l'expérience de « produits souvent toxiques »... oups... « très toxiques »... mais non, c'est « un poison »...

Comment est-ce possible ? On aurait fait tout ce foin à propos des traitements phytosanitaires et ce n'est que maintenant que « de nombreux confinés découvrent » ? Bien sûr, ils auront ouvert leurs fenêtres en grand pour faire l'expérience de « produits souvent toxiques »... oups... « très toxiques »... mais non, c'est « un poison »...

"Mais attention, ces paysans seraient



« ...redevenus agronomes, attentifs à la terre, attentionnés »."

DOnc pour pouvoir savoir comment prendre soin de la terre,, il faut être agronome ? très bien les coquelicotyvores, combien d'entre vous sont des experts en agronomie ? COmbien travaille pour des laboratoires de recherche en agronomie ou des Académies d'Agriculture et ont vu leurs études paraître sur le site de ces institutions témoignant d'une reconnaissance ?

« Nous apprenons en cette fin mars 2020 que de nombreux confinés découvrent ce que sont les épandages de pesticides. Enfermés avec leurs gosses, il leur faut supporter à quelques mètres de leurs fenêtres la vaporisation de produits souvent très toxiques. On se protège donc d’un virus en rapprochant ses cibles d’un poison? C’est irresponsable. »

« Nous apprenons en cette fin mars 2020 que de nombreux confinés découvrent ce que sont les épandages de pesticides. Enfermés avec leurs gosses, il leur faut supporter à quelques mètres de leurs fenêtres la vaporisation de produits souvent très toxiques. On se protège donc d’un virus en rapprochant ses cibles d’un poison? C’est irresponsable. »

« Nous apprenons en cette fin mars 2020 que de nombreux confinés découvrent ce que sont les épandages de pesticides. Enfermés avec leurs gosses, il leur faut supporter à quelques mètres de leurs fenêtres la vaporisation de produits souvent très toxiques. On se protège donc d’un virus en rapprochant ses cibles d’un poison? C’est irresponsable. »

« Nous apprenons en cette fin mars 2020 que de nombreux confinés découvrent ce que sont les épandages de pesticides. Enfermés avec leurs gosses, il leur faut supporter à quelques mètres de leurs fenêtres la vaporisation de produits souvent très toxiques. On se protège donc d’un virus en rapprochant ses cibles d’un poison? C’est irresponsable. »

« Nous apprenons en cette fin mars 2020 que de nombreux confinés découvrent ce que sont les épandages de pesticides. Enfermés avec leurs gosses, il leur faut supporter à quelques mètres de leurs fenêtres la vaporisation de produits souvent très toxiques. On se protège donc d’un virus en rapprochant ses cibles d’un poison? C’est irresponsable. »

Comment est-ce possible ? On aurait fait tout ce foin à propos des traitements phytosanitaires et ce n'est que maintenant que « de nombreux confinés découvrent » ? Bien sûr, ils auront ouvert leurs fenêtres en grand pour faire l'expérience de « produits souvent toxiques »... oups... « très toxiques »... mais non, c'est « un poison »...

Ah ben faudrait savoir les coquelicotyvores, je pensaos que les paysans épendaient très souvent au mépris des riverains faisant d'eux une source fiable depuis des années pour parler des pesticides...

"...et les responsables des particules fines, c'est les engrais et pesticides"

Alors Le Point a donné une interview a Serge Zarka, spécialiste des rapports entre la météo et l'agriculture, il confirme que la polution de l'air par des particules fines est due à hauteur de 30 à 35% à l'agriculture...et à hauteur de 65% par les cheminés.

https://amp.lepoint.fr/2369664

Donc l'agriculture n'est pas le principal responsable.

Des questions ?

Il est là 02/04/2020 20:08

Il est vrai mon cher Justin qu'avec les feux de cheminé on peut avoir un cancer bio ;)

Justin 02/04/2020 14:53

Les cheminées, c'est de la biomasse (forêt) qui brûle, c'est donc écolo et donc bon pour la nature et pour la santé!
Les australiens ont d'ailleur bien appréciés cet hiver... et les brésiliens aussi... et les autres... il n'y a que les français qui se plaignent!

non?

GPCU 02/04/2020 09:32

N'éxagérez pas pour la déduction fiscale, le montant après déduction se met à jour quand on sélectionne le montant du don. La capture d'écran correspond à un don de 0€

Seppi 02/04/2020 10:08

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

C'est très malin… à la limite de l'escroquerie. Et le coût réel ne s'affiche pas si vous choisissez de donner une fois un des montants préaffichés.

Je modifie mon texte.