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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Biotech « vertes » : signez la pétition !

8 Avril 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM, #CRISPR, #Politique

Biotech « vertes » : signez la pétition !

 

Un article et un appel de Mme Catherine Regnault-Roger

 

 

Ils ne sont pas nombreux les scientifiques à « se mouiller » pour les biotechnologies « vertes » – lire essentiellement : les organismes génétiquement modifiés.

 

Au vu de la gabegie législative et réglementaire actuelle, cette désignation renvoie :

 

  • aux méthodes d'amélioration des plantes (et des animaux) qui consistent essentiellement dans la transgenèse ;

     

  • à la cisgenèse (le transfert de gènes qui proviennent de la même espèce que l'espèce receveuse, ou d'une espèce apparentée) ;

     

  • les nouvelles techniques d'amélioration des plantes (et des animaux) dont le porte-étendard est CRISPR-Cas9, et ce, depuis le malencontreux arrêt de la Cour de Justice de l'Union Européenne du 25 juillet 2018 (arrêt, communiqué de presse, bref commentaire) ;

     

  • en France, la mutagenèse in vitro depuis l'encore plus funeste arrêt du Conseil d'État du 7 février 2020 (arrêt, communiqué de presse, commentaire) qui, pris à la lettre, devrait même avoir un effet rétroactif (et dévastateur pour l'agriculture biologique...).

 

D'un point de vue scientifique, cette notion d'OGM n'a guère de sens : on a montré que de nombreuses espèces – notamment la patate douce – sont naturellement transgéniques. Les mutations induites ne sont pas différentes, par essence, des mutations naturelles ; compte tenu du nombre de plantes de blé sur un hectare et de la fréquence des mutations, il ne serait pas inconsidéré de dire que ce champ d'un hectare est « OGM » selon les critères des contempteurs des technologies modernes.

 

Ils ne sont pas nombreux... Les scientifiques en activité prendraient malheureusement des risques pour leur carrière, le financement de leurs programmes, voire leur intégrité physique, et bien sûr morale. Pour les « scientifiques » des disciplines « molles » comme la sociologie, il serait inconvenant de braire à l'encontre d'un « opinion publique » manipulée (et qu'ils contribuent à manipuler).

 

 

Affiché dans la serre du CIRAD vandalisée le 5 juin 1999

 

 

Les jeunes peuvent encore se permettre la liberté de ton. Au pire, à la sortie de leurs études, ils peuvent chercher à s'engager dans des filières qui ne font pas polémique en Europe ou s'expatrier vers des horizons plus accueillants (et plus prometteurs).

 

Un petit groupe a ainsi lancé une initiative citoyenne européenne intitulée « Cultiver les progrès scientifiques: les cultures sont importantes! » (site de l'Union Européenne ; site des initiants). Son objectif : inciter les décideurs politiques à modifier la directive 2001/18/CE qui réglemente les divers aspects de l'utilisation des OGM et, en pratique, interdit leur culture :

 

« Nous voulons que l'UE se concentre sur le développement durable, la sécurité et l'innovation responsable au sujet des nouvelles techniques de sélection végétale. Demandons un meilleur cadre juridique en recueillant un million de signatures !

 

Le système réglementaire actuel implique une interdiction implicite des nouvelles techniques de sélection végétale. Ces nouvelles techniques sont des outils précieux pour obtenir plus vite des variétés plus résistantes qui utilisent moins de ressources, tout en étant aussi sûres. Leur interdiction signifie que les progrès scientifiques, indispensables en ces temps de changement climatique et d’insécurité alimentaire prospectée, stagnent. »

 

En pratique, l'objectif est plus précisément que la réglementation se concentre :

 

« sur le produit final plutôt que sur la technique, de sorte que la sécurité soit garantie sans que les avantages précieux des nouvelles techniques soient perdus en raison d’obstacles réglementaires absurdes. »

 

Les retraités, libres, n'ont à craindre que le « qu'en dira-t-on » (et les insultes). Mme Catherine Regnault-Roger a pris cette liberté dans « Initiative citoyenne européenne : signez la pétition pour les Biotech vertes » dans European Scientist.

 

Qui est-elle ? Certes moins connues que les marchands de peurs et les prêcheurs d'apocalypse, elle est professeur émérite de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour et membre de l'Académie d'Agriculture de France et de l'Académie Nationale de Pharmacie. Et bien d'autres choses. Inutile de lui chercher des liens d'intérêts : elle est reconnue pour ses travaux sur la bioprotection des agrosystèmes et de l'environnement à travers une démarche d'écologie chimique et de qualité sanitaire des récoltes (mycotoxines), puis pour des recherches transdisciplinaires sur les biotechnologies et le biocontrôle. « ...biocontrôle » ? Ce devrait être du miel pour les défenseurs de l'environnement autoproclamés...

 

Que dit-elle en (presque) conclusion :

 

« Il faut aider ces jeunes qui prennent en main leur avenir pour que notre futur européen soit tourné vers le progrès. Citoyens européens, il est crucial que la Commission européenne nous entende ! »

 

En ces temps où nous luttons contre une pandémie, il est bon aussi de citer une partie de son propos :

 

« De l’avis général, cette réglementation est très lourde et très chère. Seules les grands consortiums internationaux comme Corteva, ChemChina, ou Bayer peuvent financièrement en assumer le coût élevé (plus de 100 millions de dollars par dossier). Cette réglementation est non seulement coûteuse mais elle est aussi disproportionnée par rapport aux risques encourus.

 

En effet, plus de vingt ans de recul ont démontré que les biotechnologies et les OGM se sont révélés des outils très utiles pour améliorer non seulement la santé humaine et animale mais aussi la santé végétale et environnementale (adaptation aux changements climatiques par exemple) comme le soulignent les récentes publications de la Fondation pour l’innovation politique (1).[...] »

 

Imaginez que la recherche de vaccins contre le Covid-19 produits grâce aux biotechnologies soit soumise aux carcans de la directive sur les OGM...

 

Imaginez une épiphytie (une maladie qui atteint rapidement un grand nombre de végétaux de la même espèce) susceptible de menacer notre approvisionnement alimentaire et qui trouverait son remède dans un résultat de recherche-développement relevant des biotech « vertes » auxquelles la réglementation européenne et la pusillanimité des décideurs politiques barrerait la voie...

 

Le rappel à l'ordre de la Nature – et de notre propre insouciance – s'agissant de la santé humaine doit aussi être un rappel à l'ordre s'agissant de notre agriculture et de notre alimentation.

 

Certes, les pas de temps entre une épidémie affectant l'Homme et celles affectant des plantes soumises à des cycles saisonniers ne sont pas les mêmes. Mais c'est le cas aussi pour les pas de temps des décisions politiques, légales et réglementaires à l'heure actuelle.

 

Mme Catherine Regnault-Roger nous dit :

 

« Signez ! https://europa.eu/citizens-initiative/initiatives/details/2019/000012_fr »

 

______________

 

(1) « Des outils de modification du génome au service de la santé humaine et animale », Catherine Regnault-Roger

 

« Des plantes biotech au service de la santé du végétal et de l’environnement », Catherine Regnault-Roger

 

« OGM et produits d’édition du génome : enjeux réglementaires et géopolitiques », Catherine Regnault-Roger

 

« L’affaire Séralini: l’impasse d’une science militante », Marcel Kuntz

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