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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Vandana Shiva à UC Santa Cruz : le compte rendu de Mme Alison Van Eenennaam (1)

3 Mars 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Activisme, #Vandana Shiva

Vandana Shiva à UC Santa Cruz : le compte rendu de Mme Alison Van Eenennaam (1)

 

Une agriculture californienne sans « poisons » ni énergie fossile

 

Alison Van Eenennaam*

 

 

Ouvriers agricoles mexicains désherbant à la main. Vallée de San Joaquin, Californie. Photo Richard Thornton/Shutterstock.com

 

 

 

L'Institut pour l'Environnement Woods de Stanford a invité Mme – oups ! la Dr – Vandana Shiva – à prononcer le 23 janvier 2020 la huitième conférence annuelle Stephen H. Schneider, sur le thème : « Le sol, pas le pétrole : une agriculture fondée sur la biodiversité pour se confronter à la crise climatique ».

 

Des membres de la communauté scientifique ont protesté par une lettre ouverte publiée par European Scientist (français ; anglais), traduite par M. Marcel Kuntz sur son blog, OGM : environnement, santé et politique et reprise sur ce blog dans « L'Université de Stanford invite Mme Vandana Shiva... le monde scientifique proteste ».

 

Nous rappellerons que Sciences Po Paris s'est permis le déshonneur d'inviter Mme Vandana Shiva à disserter le 21 octobre 2019 sur l'écologie et le féminisme. Et que, profitant d'un déplacement dans l'État d'Uttarakhand, l'ambassadeur de France Emmanuel Lenain est allé rendre visite à celle qui assimile le viol à la culture d'OGM.

 

Retour sur la Californie. Les 25 et 26 janvier 2020, Mme Vandana Shiva était à l'UC Santa Cruz. Mme Alison Van Eenennaam, spécialiste de la vulgarisation coopérative au Département des Sciences Animales de l'Université de Californie à Davis et directrice du laboratoire de génomique animale et de biotechnologie, y était aussi.

 

 

Voici la partie 1 d'un tryptique sur cet événement de deux jours de janvier 2020 mettant en vedette le Dr Vandana Shiva à l'UC Santa Cruz.

 

Fin janvier 2020, j'ai assisté à deux événements à l'UC Santa Cruz, un campus frère de l'UC Davis ; c'est aussi là que vont les frais de scolarité que je paye pour l'éducation (a priori fondée sur les faits) de mon fils « limace-banane » ; il y est en quatrième année. C'est donc avec une certaine inquiétude que j'ai lu que Vandana Shiva avait été invitée à parler sur le campus. Le Dr Shiva a été un personnage clivant dans la discussion sur les aliments génétiquement modifiés (OGM), comme l'a décrit Michael Specter. Mais personnellement, je ne l'avais jamais entendue parler : et, en tant que scientifique et quelqu'un qui essaie de comprendre pourquoi le débat sur les OGM est devenu si polarisé, j'ai décidé de m'inscrire et d'écouter attentivement ce que le Dr Shiva avait à dire, à la fois lors de sa conférence du samedi soir, « Vandana Shiva en conversation », et de la journée suivante intitulée « Poison-Free, Fossil-Free Food and Farming » (agriculture et alimentation sans poisons et sans énergie fossile).

 

La conférence du samedi soir, devant un auditoire très réceptif et bien disposé, a abordé un éventail de sujets, de l'autonomisation des agricultrices à l'importance des aliments nutritifs, de l'impact du changement climatique sur les systèmes de production alimentaire à l'importance des banques de semences. Difficile de trouver à redire sur aucun de ces sujets ; en fait, je suis d'accord avec le Dr Shiva sur un certain nombre de ses points. Il y avait beaucoup de dénigrement de « l'industrie » et des milliardaires, en particulier de Bill Gates malgré sa philanthropie, et beaucoup de diabolisation de la mondialisation et de la colonisation.

 

En tant que scientifique en agriculture, je suis en désaccord sur le manque de preuves à l'appui de certaines anecdotes exagérément optimistes qui ont été rapportées concernant la productivité de différents systèmes de production biologique et agroécologique ; en effet, s'ils étaient vraiment supérieurs, la logique voudrait que TOUS les agriculteurs, en tant que propriétaires d'entreprise astucieux, auraient rapidement employé de tels systèmes de production. C'est peut-être plus compliqué que ce qui était suggéré.

 

L'affirmation selon laquelle les systèmes de production biologique surpassent les systèmes conventionnels n'est pas étayée par le poids de la preuve dans la littérature évaluée par les pairs ; et c'est l'une des raisons pour lesquelles moins de 1 % des terres agricoles américaines sont en production biologique. Mais c'est en discutant de tout ce qui concerne les OGM, Monsanto, les brevets et en particulier le glyphosate (Roundup) que – peut-être comme on pouvait s'y attendre – les choses ont complètement déraillé. J'entrerai dans quelques détails pour ceux qui sont intéressés par la vérification des faits dans la partie 2 (le sponsoring du mensonge) et la partie 3 (Rounding Up Fear – susciter la peur) de cette série.

 

Le lendemain, un groupe de personnes partageant les mêmes idées a discuté des moyens d'action collective pour faire passer l'agriculture californienne au « sans poisons » et « sans énergie fossile », ce qui signifie éviter l'utilisation de tous les pesticides et engrais de synthèse. La Californie est un État grand producteur agricole, le plus grand du pays. Bien que les orateurs aient beaucoup parlé de justice sociale et d'autonomisation des agriculteurs, il n'y avait dans le panel des orateurs aucun agriculteur ou ouvrier agricole californiens, aucun de ceux qui seraient vraisemblablement les plus touchés par les changements proposés.

 

 

Pertes de récolte dues à différents facteurs en l'absence de mesures efficaces

 

 

Il y a eu une discussion sur la nécessité pour les ouvriers agricoles de toucher un salaire décent, mais peu de discussions sur ce que la suppression de tous les pesticides et engrais pourrait signifier pour ces mêmes ouvriers agricoles s'agissant de leurs fonctions professionnelles ou sur la durabilité économique des fermes qui leur fournissent leur emploi. En d'autres termes, il n'y a eu AUCUNE discussion sur les compromis et arbitrages qui pourraient résulter de cette nouvelle vision de l'ensemble du système de production agricole en Californie.

 

Dans le cadre de mon travail, j'interagis avec des agriculteurs et des éleveurs de Californie, certains en conventionnel, d'autres en biologique, et d'autres encore quelque part entre les deux pour répondre à certaines exigences des programmes créant de la valeur ajoutée (par exemple, « never ever » (au grand jamais) ou « sans OGM »). J'observe comment les agriculteurs sous différents systèmes de production gèrent les besoins en nutriments de leurs cultures et contrôlent les ravageurs, qu'il s'agisse de microbes pathogènes, d'insectes voraces ou de mauvaises herbes qui recherchent l'humidité. Le fumier de poulet provenant des systèmes de poulaillers conventionnels est composté et utilisé comme engrais sur les systèmes de production biologique, les coques d'amandes conventionnelles constituent une bonne source de nutriments pour les vaches laitières exclues de l'alimentation par des OGM, et les ouvriers agricoles contrôlent les mauvaises herbes dans les systèmes de production qui ne permettent pas l'utilisation d'herbicides de synthèse en ayant recours au travail du sol, à des lance-flammes au propane et au binage manuel comme illustré ci-dessous.

 

 

Des ouvriers agricoles de Californie désherbent à la main une culture biologique dans la vallée de San Joaquin

 

 

L’Inde, où vit le Dr Shiva, avec sa population de 1,27 milliard d’habitants, emploie 59 % de la main-d’œuvre totale du pays dans l'agriculture. Soixante-dix pour cent de ses ménages ruraux dépendent encore principalement de l'agriculture pour leur subsistance, 82 % des agriculteurs étant petits et marginaux. Le pays abrite également un quart des personnes souffrant de la faim dans le monde et l’anémie affecte 50 % des femmes et 60 % des enfants du pays. Il y a certainement de bonnes raisons de s'inquiéter de l'amélioration à la fois de la sécurité alimentaire et de la productivité de l'agriculture dans ce pays.

 

Cependant, l'agriculture californienne ne comprend pas de petites exploitations de subsistance. C'est une puissance agricole. Les 77.100 fermes et ranchs de Californie ont reçu un total de 50,130 milliards de dollars pour leurs productions en 2017, l'ensemble des produits représentant 13,4 % du total américain. Les principales cultures de la Californie sont les fruits, les noix et les légumes. Plus de 27 % des 77.100 fermes de Californie ont généré des ventes de plus de 100.000 $, soit plus que la moyenne nationale de 19,9 %. La taille moyenne d'une ferme en Californie est de 133 hectares, ce qui est inférieur à la moyenne nationale de 180 hectares. Il s'agit de grandes entreprises à gérer et à exploiter, et les défis auxquels sont confrontés les agriculteurs californiens sont probablement très différents de ceux d'un petit exploitant agricole de subsistance. À quoi pourrait ressembler l'agriculture californienne si les pesticides et engrais de synthèse étaient interdits ?

 

En 1840, les ouvriers de l'industrie agricole représentaient 70 % de la main-d'œuvre américaine. Aujourd'hui, les agriculteurs et les éleveurs ne représentent plus que 1,3 % de la population active américaine, soit environ 2,6 millions de personnes. Une partie de cette transition urbaine a été rendue possible par l'utilisation d'herbicides de synthèse en agriculture. Selon l'auteur d'un article intitulé « The Value of Herbicides in U.S. Crop Production » (la valeur des herbicides dans la production agricole US), « en contrôlant efficacement les mauvaises herbes, les herbicides font le travail de 70 millions d'ouvriers ». Dans cet article, il est indiqué que « le problème de la lutte contre les mauvaises herbes sans herbicides a été cité à plusieurs reprises comme le plus grand obstacle à la production agricole que rencontrent les producteurs de produits biologiques ». Les rapports de l'USDA sur la fraise, la carotte, le coton et la tomate de transformation ont conclu que la production nationale diminuerait de 30 %, 48 %, 27 % et 20 %, respectivement, sans l'utilisation d'herbicides et avec substitution par des alternatives probables.

 

Plus généralement, il a été estimé que sans pesticides, 70 % des cultures vivrières mondiales seraient perdues ; même avec l'utilisation de pesticides, 42 % sont détruits par les insectes et les atteintes fongiques. Selon une étude, « renoncer aux pesticides nécessiterait au moins 90 % de terres cultivées supplémentaires pour maintenir les niveaux de production actuels. Renoncer aux engrais nécessiterait au moins 400 à 600 Mha de terres cultivables supplémentaires (en plus des ~ 1.400 Mha actuellement cultivés) ».

 

« La conséquence d'une agriculture moins efficace serait l'élimination de la nature sauvage qui, par toute mesure de la biodiversité, dépasse de loin celle de tout type de système agricole. »

Anthony Trewavas, membre de la Royal Society, Université d'Édimbourg, Écosse

 

Il y avait un réel sentiment dans la salle que tous les pesticides étaient des « poisons » et qu'aucune quantité de pesticide (ou d'engrais inorganiques) n'était acceptable. Et tout cela semblait reposer sur l'hypothèse selon laquelle l'agriculture utilise aujourd'hui des quantités toujours croissantes de pesticides plus toxiques (poisons). Le graphique ci-dessous sur l'utilisation des pesticides dans l'agriculture américaine de 1960 à 2008, tiré d'un rapport de 2014 de l'USDA ARS, indique pourtant que « la toxicité chronique moyenne a diminué, car les produits toxiques appliqués au cotonnier (comme le DDT et le toxaphène) et au maïs (comme l'aldrine) ont été interdits (en particulier dans les années 1970 et au début des années 1980). D'autres facteurs affectant la toxicité ont été l'utilisation d'insecticides moins toxiques, tels que le carbaryl et le chloropyrifos, l'introduction de pyréthrinoïdes, l'utilisation du malathion dans le programme d'éradication du charançon de la capsule et l'utilisation de cotonniers Bt [protégés contre des insectes, génétiquement modifiés] depuis 1996.

 

 

Dose : livres de matière active/acre/traitement multiplié par le nombre de traitements/an.

Source : estimations fondées sur les données de l'USDA et privées (Appendice 2) pour quatre cultures : maïs, soja, cotonnier et sorgho.

Graphique de Fernandez-Cornejo, Jorge, Richard Nehring, Craig Osteen, Seth Wechsler, Andrew Martin et Alex Vialou. Pesticide Use in U.S. Agriculture: 21 Selected Crops, 1960-2008 (utilisation de pesticides dans l'agriculture américaine : 21 cultures sélectionnées, 1960-2008), EIB-124, Département de l'Agriculture des États-Unis, Economic Research Service, mai 2014.

 

 

La persistance a diminué au cours des années 1970 après l'interdiction du DDT et de l'aldrine, puis a augmenté au cours des années 1980 et au début des années 1990 (en partie avec l'utilisation de produits à haute persistance tels que le métolachlore et la pendiméthaline) ; la persistance a diminué ces dernières années, reflétant l'augmentation rapide de l'utilisation du glyphosate. Le glyphosate a une faible toxicité chronique (un score chronique élevé) et une persistance relativement faible par rapport aux herbicides qu'il a remplacés. Comme l'indique le rapport du NRC (2010), le glyphosate "est biodégradé par les bactéries du sol et il a une très faible toxicité pour les mammifères, les oiseaux et les poissons". »

 

Aucune donnée de ce type fondée sur des preuves n'a été présentée lors de cet événement d'une journée. Sans parler des données qui documentent le fait que les cultures d'OGM ont en fait diminué l'utilisation d'insecticides, en particulier des insecticides organophosphorés, y compris en Inde, et permis l'utilisation d'herbicides moins toxiques. Malheureusement, les refuges de cotonnier non Bt ont été rarement plantés en Inde, ce qui a augmenté la pression de sélection sur les vers roses de la capsule résistants au Bt, réduisant ainsi l'efficacité du cotonnier Bt dans ce pays, et soulignant l'importance de la lutte intégrée contre les ravageurs, un terme que je n'ai pas entendu mentionner dans cette conférence.

 

J'ai été déçue que lors d'un événement universitaire public sur l'agriculture, il n'y avait pas de toxicologues du secteur public pour présenter des faits et des données objectifs sur l'utilisation des pesticides dans l'agriculture, ni de spécialistes de la lutte antiparasitaire intégrée ou d'agriculteurs californiens, pour discuter des compromis et arbitrages potentiels et de ce qu'une agriculture californienne sans poisons et sans énergie fossile pourrait signifier pour leurs fermes, leurs ouvriers, leurs familles et leurs moyens de subsistance. La discussion n'a pas dépassé le cadre dichotomique du bien contre le mal, et a été une occasion manquée d'avoir la discussion plus nuancée qu'un sujet d'un tel poids et d'une telle importance mérite. Mais les choses ont empiré lors de l'événement d'une journée intitulé « Poison-Free, Fossil-Free Food and Farming » (aliments et agriculture sans poisons, sans énergie fossile). Ce sera expliqué dans la dernière partie de « Rounding Up Fear » (susciter la peur).

 

_____________

* Source : https://biobeef.faculty.ucdavis.edu/2020/02/03/poison-free-fossil-free-california-agriculture-1-of-3/

 

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Il est là 03/03/2020 12:50

Très beau débunkage en règle des bêtises shivatesques, ce sont les chercheurs comme cette dame qui devraient être invitées à des conférences universitaires et non Shiva et consort. Franchement, il faudrait que je vois comment orienter des gens pas trop fermés sru ce sujet vers cet article pour qu'ils entendent un discours plus nuancé et scientifique, cela ferait du bien

Cela dit @Seppi je dois vous signaler une petite erreur : vous avez marqué que la visite de Shiva à SciencePo avait eu lieu en octobre 2020, c'était en octobre 2019.

Justin 03/03/2020 10:58

J'ai vécu la même chose ce WE à un débat sur "le bio peut il nourrir la planète?"

Petit résumé:

Y'a plus de pesticides dans le bio que dans le non Bio : c'est faux!
Oui mais les pesticides bio, c'est naturel !
Monsanto
Le suicide des paysans Indiens
La permaculture, la ferme du Bec hellouin
Les abeilles, la.polinisation manuelle
Vous êtes payés par Monsanto ?
Bio = meilleur pour la santé
Les lobbies
l'Europe
Et puis ils ne discutent pas du postulat de départ : l'agriculture intensive, ça tue les sols et le bio c'est naturel donc bon pour soi et la nature.
T'as beau demander qu'est-ce qui tue les sols ? Les pesticides ! Et le sulfate de cuivre autorisé en Bio il ne tue pas les sols? Nan mais ça, c'est pas du vrai Bio
Bref, pas loin du Bingo

Et le meilleur pour la fin/faim?!
Moi: vous n'êtes pas sans savoir qu'en Afrique il y a une invasion de sauterelle qui va bouffer l'équivalent de la nourriture de 50 millions de personnes. Qu'est-ce qu'on fait ?
Les autres : c'est naturel, on les laisse crever. C'est mieux qu'être à la solde des chinois et des industries agroalimentaires qui ne les nourris pas et les poussent au suicide... ou sulfater le pays aux pesticides.
Moi: je suis resté sans voix...

un physicien 03/03/2020 15:26

@ Il est là
Le riz doré pourrait sauver la vie de centaines de milliers d'enfants de moins de 5 ans chaque année dans le monde. Et Greenpeace fait tout son possible pour en empêcher la culture. A ce jour 154 lauréats Nobel appellent à ce que ce soit considéré comme crime contre l'humanité, mais nos média le cachent autant qu'ils peuvent.
https://www.supportprecisionagriculture.org/nobel-laureate-gmo-letter_rjr.html
Tu n'as pas fini de rester sans voix ...

douar 03/03/2020 15:04

sans voix et il y a de quoi.
A noter cette perle dans La Croix, de Dominique Quinio du 10 févier dernier suer le sujet de l'invasion des criquets:
"En une journée dit on, un essaim consomme la même quantité de nourriture que 35000 personnes! Or les moyens de de lutter contre ce fléau ne sont guère "durable", puisqu'il s'agit d'insecticides."

A sa décharge, elle semble pointer l'incohérence des discours, mais ce n'est pas clair car elle ajoute "que peuvent donc faire les cultivateurs pour chasser les envahisseurs" et les solutions proposées excluent de facto les plus efficaces, c'est à dire les insecticides.

Il est là 03/03/2020 12:53

Et beh, la haine des pesticides etdes OGM a atteint un tel niveau que l'on préfère laisser mourir des Africains pluitôt que d'utiliser ces inventions pour les sauver d'une invasion de sauterelles ? Et cette remarque comme quoi les invasions de sauterelle c'est préférables aux OGM car c'est naturel... mais bordel a va être quoi le prochain objectif ? Ne plus soigner les diabétiques car cette maladie c'est naturel alors que la méthode pour la soigner c'est des OGM ? Non mais là atteindre un tel niveau de ... non je ne peux rien dire :(