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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Terre de Touraine et FNSEA 37 et FDSEA 36 sur le glyphosate : excellent !

12 Mars 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Glyphosate (Roundup), #Activisme, #critique de l'information

Terre de Touraine et FNSEA 37 et FDSEA 36 sur le glyphosate : excellent !

 

 

(Source – pour des informations plus détaillées, voir ici)

 

 

On peut avoir des regrets... ou peut-être pas !

 

Première posture : quel dommage que des informations importantes n'aient pas été divulguées plus tôt. Deuxième posture : en laissant faire, on aura pu démontrer jusqu'où pouvaient aller le cynisme et la mauvaise foi des manipulateurs à l'origine de l'opération des « pisseurs de glyphosate ».

 

Terre de Touraine – se fondant sur les initiatives de la FNSEA 37 et de la FDSEA 36 – nous apprend donc que les résultats des tests analysés par le laboratoire allemand BioCheck viennent avec une précision importante : « nicht akkreditiertes Verfahren », procédure non accréditée.

 

On savait déjà que le laboratoire n'était pas accrédité pour les analyses médicales (humaines) ! Nous l'avions écrit sur ce site dans « Biocheckons le laboratoire Biocheck… », à la suite d'un article de M. Jakez Gwenan, « BioCheck le grand laboratoire allemand pour le glyphosate ». Celui-ci avait écrit :

 

« BioCheck a une certification ISO/CEI 17025 et non CEI 15189 pour laboratoire de biologie médicale.

 

ISO/CEI 17025 la une norme internationale qui définit les exigences de compétence des laboratoires d’essais et d’étalonnage comprenant non seulement des exigences sur l’organisation mais aussi sur l’aptitude technique du laboratoire (personnel, installations, méthode d’essais et d’étalonnage, validation des méthodes, traçabilité du mesurage, échantillonnage, afin de produire des résultats valides.)

 

Cette norme concerne tous les laboratoires d'analyses et d'essais, à l'exception des laboratoires d'analyses médicales qui utilisent la norme ISO 15189.

La norme ISO 15189 est une norme internationale spécifique aux laboratoires de biologie médicale.

 

Elle traduit les exigences particulières concernant la qualité et la compétence professionnelle et couvre la totalité des activités du laboratoire. »

 

La nature réelle du laboratoire transparait aussi de son intitulé développé : « BioCheck – Labor für Veterinärdiagnostik und Umwelthygiene Gmbh » (BioCheck – laboratoire de diagnostics vétérinaires et d'hygiène environnementale). Nous l'avions aussi signalé en novembre 2019 dans « "La farce des tests au glyphosate" dans le Mensuel du Morbihan ».

 

 

Un laboratoire peut choisir, pour des raisons qui lui sont propres, de ne pas faire agréer une procédure ; cela aura notamment des conséquences sur la force probante des résultats... et c'est bien ce que suggère à qui a un peu de jugeotte, certes implicitement, le « nicht akkreditiertes Verfahren ». On peut néanmoins supposer que la méthode est validée par la science. Les agriculteurs ont demandé à des toxicologues de vérifier dans les publications scientifiques.

 

Terre de Touraine indique qu’ils ont trouvé une publication mexicaine qui démontrait que la méthode n’était pas fiable.

 

Mais il y a aussi une publication de 2014, « Detection of Glyphosate Residues in Animals and Humans » (détection de résidus de glyphosate dans les animaux et les humains), qui trouve une bonne corrélation (0,87) entre les résultats des tests ELISA et des analyses par chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse en tandem (la méthode utilisée par le CHU de Limoges, dont la fiabilité fait consensus).

 

Elle est de... Monika Krüger, la fondatrice du laboratoire BioCheck, se prévalant à l'époque de son affiliation à l'Institut de Bactériologie et de Mycologie de la Faculté Vétérinaire, Université de Leipzig. Comme chacun sait (ironie), le glyphosate relève aussi de la bactériologie et de la mycologie. Plus sérieusement, Mme Monika Krüger est une militante patentée et le militantisme anti-glyphosate s'est tourné préférentiellement, voire exclusivement, vers son laboratoire.

 

Pas fiable ou fiable, on se trouve devant un problème. Il est évident dans le premier cas. Dans le deuxième, on doit s'interroger sur le manque de cohérence entre les résultats de BioCheck et du CHU de Limoges.

 

Des milliers de gens ont donc été arnaqués et incités à payer pour un test sans valeur, en tout cas sans valeur probante, et en tout cas aussi sans valeur probante devant un tribunal.

 

Malgré les mises au point publiées par certains médias, dont le Point en décembre dernier, le cynisme et la mauvaise foi se poursuivent encore aujourd'hui – avec le concours tout aussi cynique de quelques médias – puisque des plaintes manifestement vouées à l'échec continuent d'être déposées, à grand renfort de publicité (voir par exemple ici et ici).

 

Terre de Touraine rapporte aussi des propos de toxicologues lors d'une réunion publique. Ainsi,

 

« Entre "rien", "sans doute quasi rien", et "trois fois rien", c'est toujours RIEN. La population peut être, et doit être, rassurée : il n'y a pas de surrisque. Bien sûr, comme tout scientifique, il [M. François Darrouzain, du CHU de Tours] a ajouté "en l'état actuel des connaissances"  »

 

La deuxième phrase de la citation ci-dessus est contestable : elle ne vaut que pour les scientifiques respectables – pour qui un résultat ne vaut que tant qu'il n'a pas été infirmé par une nouvelle recherche – pas pour les militants qui interprètent leurs résultats en terme de : « science is settled » (la science a parlé).

 

 

(Source)

 

 

La lettre ouverte aux politiques et aux médias de MM. Michel Vaudour et Denis Carroy, responsables du dossier glyphosate pour la FNSEA 37 et la FDSEA 36, vaut aussi le détour.

 

Ce qu'il faudrait maintenant, c'est sortir du silo agricole et percer dans les médias généraux... Ne comptons pas sur les désinformateurs nationaux patentés, mais il doit y avoir des moyens de propager l'information par la presse régionale.

 

Peut être que, parmi les « pisseurs », honnêtes citoyens inquiets qui ont porté plainte, il s'en trouvera quelques-uns qui vont voir la lumière et comprendre qu’ils se sont fait manipuler…

 

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J
99% des pisseurs volontaires se moquent de tromper l'Opinion publique.ils feront tout pour bloquer la vérité et ils demanderont des expertises bien entendu indépendante.....
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M
Bonjour, il est effarant de voir l'obscurantisme aller si loin. Mais, peut-être aurait-on du mieux contrôler les adjuvants mis dans certaines formulations de glyphosate, pas celle de Monsanto, mais par certaines usines de l'Asie et de Chine qui, par souci d'économie et/ou rentabilité, sont moins soucieuses de l'environnement. Mais quels distributeurs agricoles ou quels agriculteurs se laissent trop souvent aller vers le prix le plus bas ? <br /> Comme disent nos amis Belges, remettons l'église au centre du village !
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Y
"Peut être que, parmi les « pisseurs », honnêtes citoyens inquiets qui ont porté plainte, il s'en trouvera quelques-uns qui vont voir la lumière et comprendre qu’ils se sont fait manipuler…"<br /> <br /> Oui peut être, mais peut être aussi que beaucoup n'auront pas le courage de reconnaitre leurs bêtises pour c'être fait arnaquer aussi grossièrement, car faire confiance à un labo qui à 100% de résultats positifs aurait quand même du les "réveiller" !!!!
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