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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Des agriculteurs africains contribuent à la production de semences de qualité pour des cultures « négligées »

10 Mars 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Semences, #Afrique

Des agriculteurs africains contribuent à la production de semences de qualité pour des cultures « négligées »

 

Christopher Bendana*

 

 

 

 

Bien que l'Ouganda ait l'une des plus faibles productivités agricoles au monde, les efforts visant à faire participer des groupes de petits exploitants à la production de semences contribuent à redresser cette situation désastreuse.

 

Dans ce processus, certaines régions agricoles sont passées d’avant-postes de la faim et de la pauvreté à des communautés dynamiques.

 

Actuellement, seulement 30 pour cent de toutes les graines semées en Ouganda sont améliorées. Ce pourcentage est encore plus faible pour les cultures vivrières locales « négligées » importantes, comme le mil, l'arachide et le sorgho, et les plantes autogames comme le haricot.

 

En réponse, le gouvernement et une multitude d'institutions, telles que Harvest Plus, ont mis en œuvre plusieurs programmes pour accroître l'accès des agriculteurs aux semences améliorées. D'autres initiatives sont également sur le point d'être prises, notamment l'amélioration accélérée des variétés et la livraison de semences de légumineuses et de céréales (Accelerated Varietal Improvement and Seed Delivery of Legumes and CerealsAVISA).

 

L'Institut National de Recherche sur les Ressources Agricoles (National Crops Resources Research InstituteNaCRRI) à Namulonge, qui est chargé du développement des cultures, travaille avec des groupes d'agriculteurs comme la Kyazanga Cooperative Society Ltd. (KCSL) dans le centre de l'Ouganda pour produire des semences de haricots de qualité.

 

Le Dr Stanley Nkalubo, chef du programme des légumineuses au NaCRRI, a déclaré que l'organisation avait commencé à travailler avec des groupes d'agriculteurs au début des années 2000, après que des essais sur le terrain organisés par les agriculteurs pour des haricots tolérants à la sécheresse de l'Institut ont montré que les agriculteurs avaient la capacité de se lancer dans la production de semences.

 

Il a travaillé depuis avec plus de 100 de ces groupes d'agriculteurs à travers le pays, les formant à l'agronomie de la production de semences de haricots de qualité.

 

« Une fois bien formés, ils s'en tiendront à une seule variété », a-t-il déclaré.

 

Stephen Begumisa, directeur du marketing de la KCSL, a déclaré que la production de semences de haricots a apporté une nouvelle vigueur à Kyazanga.

 

« Ce n'est plus le lieu de la faim, de la maladie et de la pauvreté qu'il était quand nous nous sommes lancés dans les semences », s'est-il vanté. « Si les gens ne mangent pas, ils tombent malades. Mais tout de même, si vous êtes en bonne santé mais pauvre, cela n'aide pas beaucoup. »

 

 

Des agriculteurs de la Kyazanga Cooperative Society Ltd. préparent les terres pour le semis.

 

 

Begumisa faisait partie du groupe initial qui a fondé la société en 1997 en tant qu'organisation communautaire pour lutter contre la faim et la pauvreté dans la région. Mais des changements vraiment importants ont commencé à se produire en 2008, lorsque Nkalubo a introduit des essais de haricots.

 

Nkalubo a ensuite aidé la KCSL à obtenir en 2011 un contrat de la première dame ougandaise, Janet Museveni, pour fournir trois tonnes de haricots à Karamoja, dont elle était la ministre en charge.

 

Begumisa a déclaré que le groupe vend des haricots car ils arrivent rapidement à maturité et c'est une espèce que les femmes cultivent tant pour la consommation domestique que pour obtenir des revenus. Le groupe est passé de 37 membres en 1997 à 1.088 – dont 60 % de femmes.

 

La KCSL achète chaque saison ses semences de base auprès du NaCRRI, en payant environ 2 dollars US pour un kilogramme.

 

Aujourd'hui, l'AVISA est parvenue à améliorer la qualité des semences de cinq cultures africaines « négligées » – le mil, l'arachide, le niébé, les haricots communs et le sorgho.

 

 

Champ de sorgho.

 

 

Sous la direction de l'Institut International de Recherche sur les Cultures des Régions Tropicales Semi-arides (ICRISAT) à Nairobi, au Kenya, le programme travaille avec le Système National de Recherche Agricole (National Agricultural Research System NARS) en Ouganda, en Tanzanie, au Mali, en Éthiopie, au Nigeria, au Ghana, au Burkina Faso et au Mali. Le NARS utilisera les réglementations en vigueur dans chaque pays hôte pour mettre les semences améliorées à la disposition des agriculteurs. Parmi les autres membres du consortium il y a l'Institut International d'Agriculture Tropicale (IITA) et le Centre International d'Agriculture Tropicale (CIAT).

 

Le Dr Chris Ojiewo, scientifique à l'ICRISAT, a déclaré que l'AVISA a choisi le sorgho et le millet parce qu'ils sont parmi les céréales les plus importantes des tropiques semi-arides en termes de nourriture, de nutrition et de sécurité des revenus. Le niébé, le haricot commun et l'arachide ont été ajoutés parce qu'ils s'intègrent avec ces céréales dans les systèmes agroalimentaires pour la nutrition et la santé des sols.

 

Son collègue, le Dr Henry Ojulong, scientifique à l'ICRISAT à Nairobi, a déclaré que le programme les aidera à sélectionner avec précision les meilleures variétés pour obtenir un meilleur rendement et une bonne nutrition dans des cultures comme le mil.

 

L'AVISA va utiliser des techniques de sélection modernes telles que la sélection rapide et le génotypage et le phénotypage à haut débit, a déclaré Ojiewo.

 

Nelson Masereka, directeur exécutif de l'Association Ougandaise du Commerce des Semences (Uganda Seed Trade Association), une organisation faîtière qui rassemble les sociétés semencières, a déclaré que le groupe travaille sur des réglementations qui impliqueront des groupes de producteurs de semences comme la KCSL. Il a expliqué que le processus est essentiel pour l'assurance qualité, entre autres.

 

Jeffrey Ehlers de la Fondation Bill & Melinda Gates (BMGF), qui finance l'AVISA, a présenté des modèles de développement du secteur semencier des États-Unis, de l'Inde, du Brésil et de l'Argentine aux parties prenantes lors d'une récente réunion en Ouganda. Il a demandé aux sociétés semencières africaines d'adopter certaines de ces mesures pour les aider à améliorer la qualité de leurs semences.

 

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* Source : https://allianceforscience.cornell.edu/blog/2020/01/african-farmers-helping-to-grow-quality-seed-for-neglected-crops/

 

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