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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Lâchers de papillons (teigne des crucifères) GM en plein champ : premiers résultats

5 Février 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Article scientifique

Lâchers de papillons (teigne des crucifères) GM en plein champ : premiers résultats

 

 

« On » va beaucoup en parler, et il sera intéressant de savoir comment (voir ici les jérémiades d'Inf'OGM de 2017).

 

Aux États-Unis, dans l’État de New York, une équipe de chercheurs a procédé à des recherches en plein champ sur une nouvelle méthode de lutte contre des ravageurs. Elle a porté sur la teigne des crucifères, Plutella xylostella, qui provoque des dégâts importants sur les cultures de choux. Elle recourt à des mâles génétiquement modifiés pour que leur descendance femelle ne soit pas viable.

 

Cela a donné lieu à un long article, « First Field Release of a Genetically Engineered, Self-Limiting Agricultural Pest Insect: Evaluating Its Potential for Future Crop Protection » (première dissémination sur le terrain d'un insecte nuisible agricole génétiquement modifié et auto-limitant : évaluation de son potentiel pour la future protection des cultures) d'Anthony M. Shelton et al. L'équipe de recherche est mixte, composée de membres d'Oxitec – la start-up britannique qui développe des insectes génétiquement modifiés – et de l'Université Cornell.

 

En voici le résumé (nous découpons...) :

 

« Des approches alternatives à base biologique pour la lutte antiparasitaire sont absolument nécessaires et une approche consiste à utiliser des insectes génétiquement modifiés.

 

Nous décrivons ici une série d'études intégrées sur le terrain, en laboratoire et de modélisation avec la teigne des crucifères, Plutella xylostella, un ravageur mondial grave des crucifères.

 

Une souche "autolimitante" de Plutella xylostella (OX4319L), génétiquement modifiée pour permettre la production de cohortes de teignes exclusivement mâles pour les lâchers sur le terrain, a été développée à titre de nouvelle approche pour protéger les cultures de crucifères. Les femelles de type sauvage qui s'accouplent avec ces mâles autolimitants ne produiront pas de descendance femelle viable.

 

Nos précédentes études en serre ont démontré que les lâchers de mâles OX4319L entraînent la suppression de la population cible de ravageurs et la dilution des gènes de résistance à des insecticides. Nous rapportons les résultats de la première dissémination en plein champ d'une souche auto-limitante non irradiée et génétiquement modifiée d'un insecte nuisible agricole.

 

Dans une série d'études sur le terrain de marquage-libération-recapture avec des co-lâchers de mâles adultes OX4319L et de leurs homologues de type sauvage, la dispersion, la persistance et la survie au champ de chaque souche ont été mesurées dans un champ de choux de 2,83 ha. Dans la plupart des cas, aucune différence n'a été détectée dans ces paramètres.

 

Dans l'ensemble, 97,8 % des mâles de type sauvage et 95,4 % des mâles OX4319L recapturés se sont dispersés à moins de 35 m du point de lâcher.

 

La persistance prévue ne différait pas entre les souches quel que soit le taux de libération. Avec une confiance de 95 %, on peut s'attendre à ce que 75 % des mâles OX4319L relâchés à un taux de 1.500 puissent vivre entre 3,5 et 5,4 jours et que 95 % de ces mâles puissent être détectés dans un rayon de 25,8 à 34,9 m à partir du point de lâcher.

 

La souche de teigne n'a eu aucun effet sur la survie au champ, contrairement au taux de libération. Collectivement, ces résultats suggèrent un comportement au champ des mâles OX4319L similaire à celui de leurs homologues de type sauvage. Les études en laboratoire n'ont révélé aucune différence de compétitivité d'accouplement ou de taux de croissance intrinsèque entre les souches et de petites différences de longévité.

 

En utilisant les résultats de ces études, des modèles mathématiques ont été développés qui indiquent que la libération de mâles OX4319L devrait offrir une gestion efficace du ravageur P. xylostella. D'autres études sur le terrain sont recommandées pour démontrer le potentiel de ce P. xylostella autolimitant à fournir des avantages pour la suppression des ravageurs et la gestion de la résistance, comme cela a été démontré précédemment dans les études en serre.

 

 

 

 

 

 

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Marc 06/02/2020 17:58

Bonjour, et nous en Europe des 27, nous n'aurons qu'au ramassage de ce nuisible par les enfants ou les femmes ! puisqu'il y a le terme OGM . Nous importerons des choux d'autres pays ! et ferons crever nos agriculteurs.

Seppi 07/02/2020 10:51

@ Marc le jeudi 06 février 2020 à 17:58

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

A côté de chez moi, des idéalistes se sont lancés dans le maraîchage bio (évidemment). A vue de nez, ils ont récolté un chou sur trois, malgré les voiles de protection...