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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

L'art d'avoir toujours raison selon M. Gilles-Éric Séralini

27 Février 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Article scientifique

L'art d'avoir toujours raison selon M. Gilles-Éric Séralini

 

 

(Source)

 

 

M. Gilles-Éric Séralini vient de produire – seul, en tant qu'unique auteur – « Update on long-term toxicity of agricultural GMOs tolerant to roundup » (mise à jour sur la toxicité à long terme des OGM agricoles tolérants au roundup). C'est publié dans Environmental Sciences Europe, une revue du groupe Springer en pay-for-play qui accueille volontiers, disons...une certaine forme de « science » (voir ici et ici, de M. Marcel Kuntz – c'est un peu vieux, mais ça fait toujours l'affaire).

 

En voici le résumé (nous découpons) :

 

« Les organismes génétiquement modifiés agricoles (OGM) sont des plantes obtenues par transfert de gènes ou plus récemment par édition de gènes. Leur principale caractéristique phénotypique commune pour laquelle 99 % ont été modifiés, est qu'ils sont conçus pour être cultivés avec des pesticides, qui peuvent se bioaccumuler dans les plantes et/ou le consommateur, et/ou exprimer des insecticides dans leurs cellules. Des exemples des deux types sont le soja et le maïs tolérants au Roundup et les plantes insecticides Bt.

 

Récemment, Steinberg et al. ont conclu qu'il n'y avait aucun effet indésirable chez le rat de la consommation d'un maïs GM tolérant au Roundup, appelé NK603, et qu'aucune autre étude à long terme n'est justifiée. Cela contredit plusieurs de nos études in vivo sur les effets toxicologiques à court et à long terme du même OGM, d'autres OGM ou du pesticide Roundup lui-même. Nos résultats ont été attribués en particulier aux effets à long terme in vivo des résidus de Roundup, qui présentent également des effets toxiques et perturbateurs endocriniens in vitro. Ces effets étaient clairement liés aux formulants du pesticide, tels que les résidus de pétrole et les métaux lourds, et non au glyphosate seul.

 

En fait, les rats traités dans l’expérience de Steinberg et al. ont montré de nombreux effets indésirables, dont certains, notamment une mortalité accrue chez les mâles nourris avec du maïs GM + Roundup, étaient statistiquement significatifs.

 

D'autres effets indésirables ont affecté les groupes traités et témoins. Cette dernière tendance peut être due à la contamination des aliments des animaux témoins par de nombreux polluants cancérigènes, y compris des pesticides, mais aussi par des résidus de Roundup et des OGM tolérants au Roundup. Par exemple, le glyphosate contenu dans le Roundup s'est révélé être 300 à 1.400 fois plus élevé dans leur alimentation témoin que dans notre groupe traité.

 

En conclusion, l’étude de Steinberg et al. est invalidée par l’alimentation contaminée, les interprétations biaisées et d'importants conflits d’intérêt non déclarés. »

 

Steinberg et al., c'est « Lack of adverse effects in subchronic and chronic toxicity/carcinogenicity studies on the glyphosate-resistant genetically modified maize NK603 in Wistar Han RCC rats » (absence d'effets indésirables dans des études de toxicité/cancérogénicité subchroniques et chroniques sur du maïs génétiquement modifié NK603 résistant au glyphosate chez les rats Wistar Han).

 

C'est une des études financées par l'Union Européenne pour – non pas invalider (parce que son protocole est différent) – mais démontrer l'absence de pertinence de l'infameuse étude sur les rats de Séralini et al. publiée dans puis dépubliée de Food and Chemical Toxicology et republiée sous une forme quelque peu différente dans Environmental Sciences Europe. Elle est connue sous la désignation «  G-TwYST ».

 

En voici aussi le résumé (nous découpons) :

 

« En 2012, une étude controversée sur la toxicité à long terme d'un herbicide Roundup et du maïs génétiquement modifié (GM) tolérant au glyphosate NK603 a été publiée.

 

Le consortium de recherche G-TwYST financé par l'UE a testé la toxicité subchronique et chronique potentielle ainsi que la cancérogénicité du maïs génétiquement modifié résistant au glyphosate NK603 en effectuant deux essais d'alimentation de 90 jours, l'un avec des taux d'inclusion de maïs GM de 11 et 33 % et l'utre avec des taux d'inclusion allant jusqu'à 50%, ainsi qu'un essai d'alimentation de 2 ans avec des taux d'inclusion de 11 et 33% chez des rats Wistar Han RCC mâles et femelles en tenant compte des lignes directrices de l'OCDE pour les essais de produits chimiques et des recommandations de l'EFSA sur les tests de sécurité des aliments pour humains/des aliments pour animaux sur des animaux de laboratoire.

 

Dans les trois essais, le maïs NK603, non traité et traité une fois avec du Roundup pendant sa culture, et son homologue conventionnel ont été testés. Les différences entre chaque groupe test et le groupe témoin ont été évaluées. L'équivalence a été évaluée en comparant les différences observées aux différences entre groupes de référence non GM dans des études précédentes. En cas de différences significatives, on a évalué si les effets étaient liés à la dose et/ou accompagnés de changements dans des paramètres connexes, y compris les résultats histopathologiques.

 

Nous concluons qu'aucun effet indésirable lié à l'alimentation par du maïs NK603 cultivé avec ou sans Roundup pendant une période allant jusqu'à 2 ans n'a été observé. Sur la base des résultats des études de toxicité subchronique et des études combinées de toxicité/cancérogénicité chroniques, nous présentons des recommandations sur la justification scientifique et la valeur ajoutée des essais d'alimentation à long terme dans le processus d'évaluation des risques des plantes GM.

 

En bref, Séralini et al. « démontrent » que les OGM et le Roundup, c'est mal... Steinberg et al. concluent que l'étude de Séralini et al. ne vaut pas tripette... et Séralini tout seul « démontre » que l'étude de Steinberg et al. ne vaut pas un clou.

 

Nous n'entrerons pas dans la nouvelle séralinade, sauf à mentionner quel'auteur a un gros conflit d'intérêts intellectuels – puisqu'il cherche à défendre ses travaux – et que l'étude Steinberg et al. – 32 auteurs en tout – doit être invalidée parce que M. Pablo Steinberg a/aurait des conflits d'intérêts.

 

Il y a 40 références bibliographiques.

 

Sur les 40 références, 23 se réfère à ses travaux et à ceux de son équipe. Neuf... enfin... Stéphane Foucart du Monde, Gaël Lombart du Parisien, le cabinet d'avocats prédateurs Baum, Hedlund..., US Right to Know, Corporate Europe Observatory, GM Watch, Test Biotech et Helmut Burtscher-Schaden, E. Novotny... Ajoutez les références à Steinberg et al. et àdes sources incontournables comme le CIRC et l'OCDE... Impressionnant !

 

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Hbsc Xris 27/02/2020 16:30

On constate deux choses, la première c'est que c'est toujours la même pseudo-recherche de 2012 qui tourne en boucle, sous une forme ou une autre, la seconde, si je comprends bien est que Séralini paye pour se faire publier. Cela évoque l'article bien "rassis" du Monde, justement souligné (merci Seppi) dans ce même blog, il y a quelques jours sur le glyphosate avec le pourtant bien connu Christopher Portier aux lourds conflits d'intérêt. Pas brillant. Je dis parfois que je lisais Le Monde étant jeune et que j'en ai bien honte aujourd'hui. En matière de sciences et de progrès, ce quotidien est désormais au monde contemporain ce que l'église des heures les plus sombres fut aux siècles passés.

max 27/02/2020 15:05

" les interprétations biaisées et d'importants conflits d’intérêt non déclarés. "
Et c'est le mec financé par Carrefour, Auchan, Biocoop, Seven pharma (vendant su sucre comme détox pour glyphosate) et d'autres acteur du bio qui nous parle de conflit d'intérêts ? Le même mec qui vend aussi avec l'aide de Carey Gillian des remèdes magique anti-OGM. Si l'on pouvais produire de l'énergie avec l'hypocrisie, il en fournirais en excès pour le monde entier.

"Ces effets étaient clairement liés aux formulants du pesticide, tels que les résidus de pétrole et les métaux lourds, et non au glyphosate seul."
Lesquels, on auras surement jamais la réponse. Serait-ce un aveu que le glyphosate ne pose pas de problème.