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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« ImPACtons » ! Un nouveau débat public... l'agribashing organisé

28 Février 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Politique

« ImPACtons » ! Un nouveau débat public... l'agribashing organisé

 

 

 

 

Le 23 février 2020, M. Didier Guillaume, ex-candidat à la Mairie de Biarritz et toujours Ministre de l’Agriculture et de l'Alimentation, a lancé au Salon International de l’Agriculture, « imPACtons ». C'est un débat public sur l’agriculture, plus précisément sur les règles qui devraient régir la Politique Agricole Commune (PAC) pour le cycle 2021-2027 et la répartition des quelque 9 milliards d’euros alloués chaque année à l’agriculture française (soit quelque 37 centimes d'euro par Français et par jour, venant de fonds européens).

 

Jamais à court d'une tartarinade, il a lancé :

 

« La France est le seul pays [de l’Union européenne] à lancer un débat. C’est un investissement et un engagement. C’est un budget de 1,2 million d’euros. Ce n’est pas un débat sur la politique agricole française, mais sur la Pac et sur comment la France fera son plan stratégique national (PSN). »

 

On voit... ImPACtons permettra à des spécialistes de la culture d'herbettes en jardinière, capables de faire survivre un pot de basilic pendant une semaine entière, de dispenser de précieux et avisés conseils au gouvernement pour l'élaboration de son plan stratégique... Faut-il paraphraser le célèbre aphorisme d'Umberto Eco ?

 

 

 

 

Gageons que bien peu de prescripteurs d'agriculture biologique, d'agroforesterie, de permaculture, etc. n'auront lu le « Projet de diagnostic en vue du futur Plan Stratégique National de la PAC post 2020 » avant de se lancer.

 

Selon le site dédié,

 

« Parce que l’avenir de l’agriculture française est l’affaire de tous, vous avez trois mois pour faire entendre votre voix, grâce à ce débat inédit, national et indépendant organisé par la Commission nationale du débat public. »

 

Plus prosaïquement ;

 

« Le débat public est une procédure du Code de l’environnement qui permet la participation de tous au processus d’élaboration d’une politique publique ou d’un projet à forts enjeux socio-économiques ou environnementaux. C’est un dispositif de démocratie participative et délibérative en amont des décisions. »

 

 

Quel bonheur ! On y trouve une référence à la sécurité alimentaire. Tout n'est pas encore perdu !

 

Après un travail de débroussaillage de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), il a été décidé de soumettre au débat les cinq questions suivantes :

 

  • Quels modèles agricoles pour la société française ?

  • Quelle transition agroécologique ?

  • Qu’est-ce que je mange ?

  • Comment cohabiter dans les campagnes ?

  • Qui décide de la politique agricole ?

 

Mais aucun sujet n'est tabou !

 

Il en est un qui s'est prodigieusement agacé devant cette situation : M. Jean-Paul Pelras. Cela a donné un excellent « Les paysans devraient immédiatement quitter le Salon de l'agriculture ! » dans le Point.

 

De la mise en route :

 

« La consultation publique baptisée "Impactons" durera trois mois. "Le plus grand nombre de citoyens" est invité à y participer pour défendre l'avenir de notre alimentation. Les ONG, les associations, les syndicats pourront rédiger des "cahiers d'acteurs". Les internautes pourront participer à la hiérarchisation des objectifs de la PAC. Une assemblée citoyenne sur l'agriculture composée de 140 personnes tirées au sort se réunira fin mars. Un "kit" sera mis en place pour la tenue de "débats maison"… Sachant que 30 réunions publiques seront organisées en régions. Cette opération, pour en assurer la neutralité, sera pilotée par des "universitaires". Il faut se rendre sur le site ImPACtons et se pencher sur toutes les "entrées" concoctées à la sauce environnementale par le "maître d'ouvrage" pour mesurer la préméditation de cette affaire qui, de toute évidence, n'a pas été couvée dimanche au chant du coq. Ou comment déléguer l'arbitrage en divisant une fois de plus les Français sur les questions écologiques et sur celles qui relèvent des aides publiques ! »

 

Les ONG – et les « ONG » – pourront aussi produire des réponses prémâchées – comme cela a été fait pour les zones non traitées aux abords des habitations –, demander la publication des statistiques à l'issue de la procédure et, quand leurs propositions n'auront pas été retenues, dénoncer le mépris des autorités pour l'« avis de la population » et attiser encore davantage la contestation du « système ».

 

Voilà ce qui a été mis en place avec la procédure de « consultation ».

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Justin 06/04/2020 11:19

J'ai fait ce que j'ai pû mais le débat à été interrompu...
https://jeparticipe.impactons.debatpublic.fr/processes/agriculture-alimentation/steps
En raison de la crise du Covid-19, conformément aux dispositions gouvernementales concernant le confinement et la suspension des délais de l’action administrative (art. 7 de l’ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020), et en application de la décision de la Commission nationale du débat public, réunie ce jour, de suspendre tous les débats publics en cours, la Commission particulière du débat ImPACtons ! suspend le débat public.

A noter que les réponses inovquant le bingo (de synthèse, OGM, pesticides naturels, pesticides/engrais inutiles, pas besoin de nourrir la planète, tous le monde aux champs, local, permaculture,...) sont légion et qu'il y a toute une éducation à refaire

Seppi 06/04/2020 13:46

@ Justin le lundi 06 avril 2020 à 11:19

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Les réponses invoquant le bingo ? C'était à prévoir.

Hbsc Xris 29/02/2020 08:31

J'ai pris le temps de me plonger dans la fameuse consultation "Impactons" avec l'idée initiale d'y répondre et de la faire connaitre à des amis agriculteurs et éleveurs pour qu'ils y répondent. Ben dis donc !
Déjà, elle est de toute évidence faite pour des gens qui ont beaucoup de temps libre vu la construction du site et le mélange d'infos-intox et de rubriques. C'est à dire qu'elle n'est pas du tout faite pour des agriculteurs qui font ad minima les 35h en 3 jours et qui sur leurs rares temps libres, galopent pour faire le reste : ménage, gosses, comptes, courses... Quand aux questions, on se rend compte qu'elles sont posées sur des modes "globalement" fermés. La transition écologique au bio y est présenté de manière totalement partiale comme une nécessité, la biodiversité y est en danger (n'importe qui qui vit dehors sait que c'est faux), et l'agriculture et l'élevage sont sources de pollutions. Allez "La messe est dite".
Je me suis plongée dans ce qui était écrit sur les pesticides de synthèse présentés comme dangereux pour la santé. On nous renvoie en guise de "preuves" à une enquête de l'Inserm, dont le lien est d'ailleurs erroné. Bon, en tapant Inserm et pesticides, on la trouve. Et on trouve quoi ? Des articles assez vieux, très vagues, et sans données étayées. Rappelons tout de même qu'il existe en cours une grande enquête "santé" dans le monde agricole commencée en 2000 et qui va se terminer l'an prochain portant sur la bagatelle de 180 000 agriculteurs et agricultrices dans tous les départements français. Que disent les différents résultats intermédiaires de cette étude qui ont déjà été publiés ? -30% de mortalité par cancer chez les hommes dans le monde agricole et -24% chez les femmes ! Il existe effectivement certains cancers dont les taux sont supérieurs chez les agriculteurs. On a ainsi les mélanomes de la peau, pas vraiment étonnant lorsqu'on subit les rayons du soleil toute l'année... les myélomes multiples, sans doute en lien avec des expositions au benzène dans le maniement des machines agricoles, il faut avoir eu les pattes dans l'essence, le gas oil, les graisses de tracteur et de machines pour comprendre. Les mécaniciens sont eux aussi exposés à ces myélomes. Pour le reste, les chiffres supérieurs sont insignifiants ou les chiffres inférieurs très positifs. On retiendra également une forte anomalie de maladies de Parkinson dont la cause est probablement à chercher du côté de la roténone, ce merveilleux produit naturel phyto bio qui fut malheureusement utilisé aussi en conventionnel. L'occasion de rappeler que les produits phyto de synthèse sont infiniment plus étudiés dans leurs effets que les produits dits "naturels" raison pour laquelle il fallut attendre si longtemps pour que soit révélés les dangers de la roténone "naturelle" qui a été massivement utilisée en Europe au cours du XXème siècle. Voilà... Après avoir perdu du temps dans le bullshit de cette pseudo consultation, je n'y répondrais pas, les dés sont totalement pipés. Jean Paul Pelras avait mille fois raison, les agriculteurs et éleveurs auraient du quitter massivement et immédiatement le salon de l'agriculteur, cela aurait été un message fort. A un moment, il faut cesser de tendre la joue gauche quand on vous frappe la joue droite et il faut se fâcher. Je n'ai jamais été marxiste, dieu m'en garde, mais il y a des moments où on rêve d'une petite révolution envoyant tout ces hauts fonctionnaires qui n'y connaissent que dalle en agriculture et élevage, en "rééducation" dans les campagnes en leur imposant de se nourrir en autonomie selon les méthodes qu'ils préconisent.

Il est là 29/02/2020 18:18

Je ne suis pas totalementr d'accord avec vous sur ce coup, Hbsc.

On ne peut nier que l'agriculture pollue et a un impact écologique lourd, alors certes, le modèle français est un des moins polluant mais il y a encore des choses qu'on peut et qu'on doit chercher à améliorer. S'il faut défendre nos agriculteurs contre l'agribashing, on ne peut être dans le déni dde l'impact écologique ede leur activité et les aider à trouver des solutions pour continuer à s'améliorer. De même la chute de la biodiversité est reconnue et fait consensus chez les biologistes, on ne peut le nier, certes, si on regarde par la fenêtre on voit des animaux mais ceta rgument est bancal car l'oeil ne voit pas tout et il est ensuite facile à certains de rétorquer qu'ils vivent dans un endroit où il y a moins d'animaux qu'avant. Bref attention à ce genre de raisonnement.

Cependant comme l'indique mon précédent message je partage votre scepticisme et votre agacement concernant cette convention, les citoyens qui y participent n'ont sans doute aucune compétence en science agronomique et on les invite à se prononcer sur ce sujet comme s'ils étaient de grands experts. Je partage la colère de Jean-Paul Peltras. Et leur proposition visant à abolir les produits phytosanitaires montrent bien leur méconnaissance de l'agriculture.

Oui parfois je pense que faire des camps de rééducation aux métiers de l'agriculture ferait du bien à certains.

Murps 28/02/2020 23:59

"Comme la police est importante pour la sécurité, je propose une Commission où les citoyens diront comment les policiers doivent enquêter, arrêter les criminels, les interroger et les arrêter."
Ca s'appelle un Comité de Salut Public.
Déjà fait.
Mais ça fonctionne très bien. Il y a un type, un savant célèbre, à qui l'on a expliqué que "la république n'avait pas besoin de savant" avant de l'envoyer à l'échafaud.

Il est là 28/02/2020 21:34

Bon alors

Vu qu ela médecine est fondamentale pour vivre, je propoe une commission où les citoyens diront comment faire les médicaments, quand les prendre et comment faire une opération de chirurgie

Comme la police est importante pour la sécurité, je propose une Commission où les citoyens diront comment les policiers doivent enquêter, arrêter les criminels, les interroger et les arrêter.

Comme l'enseignement est important je propose une Commission où les citoyens diront comment un prof doit enseigner à une classe de 30 élèves

Comme les livres c'est important je propose une Commission où^chacun dirait comment les bibliothécaires doivent consevrver les livres et restaurer les livres abîmés.

On peut aller loin avec ces conneries.

Marc 28/02/2020 18:03

En quoi le citoyen lambda peut avoir une idée précise et circonstanciée de ce qu'est la PAC ? Pourquoi ne pas faire un débat public sur le salaire des fonctionnaires, les indemnités et avantages de nos élus, sur le montant colossal des subventions aux ONG, sur la taille des arbres fruitiers, etc. … ! Nos agriculteurs vont se faire avoir dans cette histoire et ils vont perdre gros. Une honte et a risée des autres pays.