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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Fongicides SDHI : quand on se permet de stigmatiser Monsanto...

5 Février 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Pesticides, #SDHI, #Activisme

Fongicides SDHI : quand on se permet de stigmatiser Monsanto...

 

 

La diapositive montrée lors des auditions de l'OPECST

 

 

Nous avons vu dans « Fongicides SDHI : la cerise sur le gâteau de M. Pierre Rustin était pourrie ! » que lors des auditions de l'Office Parlementaire d'Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST) sur les fongicides SDHI (inhibiteurs de la succinate déshydrogénase), le jeudi 23 janvier 2020, M. Pierre Rustin avait présenté une diapositive censée démontrer qu'on ment aux agriculteurs et que les fongicides SDHI ne servent à rien. Elle est reproduite ci-dessus.

 

 

Petit retour sur un graphique pas vraiment « clean »

 

Il y a lieu de revenir sur ce point, abondamment commenté sous le billet précité.

 

Chacun se fera son opinion, et sans nul doute personne ne démordra de la sienne. La mienne sera du style normand, bien que je sois alsacien pur porc.

 

C'e nest pas bien de ne pas partir de 0 ou de ne pas illustrer le fait que l'on ne part pas de 0 en tronquant le graphique par une ligne brisée.

 

Cela dit, les données sont claires. L'échelle de l'ordonnée est là, détaillée et bien lisible. Les rendements sont indiqués sans ambiguïté dans les barres. Et le document s'adresse à des spécialistes de la culture du soja (la majorité d'entre eux la pratiquent) qui ne sont pas des perdreaux de l'année.

 

 

Quand une diapositive montrée à l'audition de l'OPECST est corrigée en catimini...

 

On mentirait donc aux agriculteurs ? Quid des internautes, en fait des citoyens ?

 

L'équipe de M. Pierre Rustin a mis en ligne les diapos qu'il a/aurait présentées lors de l'audition. On y parvient par cette page dont l'essentiel est reproduit ci-dessous. Les deux textes dans les rectangles sont des liens.

 

 

 

 

Allons donc aux diapositives, et bien sûr à la dernière...

 

 

 

 

Avez-vous bien vu ? La diapositive a été corrigée...

 

Les chiffres ont été corrigés et les barres des intervalles de confiance ont été munies d'un point d'interrogation. Notons en passant que selon les indications fournies par le Monsanto Learning Center, deux répétitions ont été plantées. Difficile dans ces conditions de calculer un intervalle de confiance. Et ce n'était pas un essai scientifique mais de démonstration et de vulgarisation. Mais cela doit être difficile à comprendre...

 

La diapositive a aussi été « améliorée » avec une petite indication de ce que les graphiques représentent et l'addition de l'URL de la source.

 

Manifestement, mon billet a été lu et on en a tiré partiellement les conséquences.

 

Mais du coup, on tombe de Charybde en Scylla : ce qui a été mis en ligne n'est plus « Les diapositives de notre intervention ». Comment alors qualifier la démarche ? Chacun se fera son opinion.

 

En tout cas, ce n'est pas sérieux. Et quand on veut donner des leçons d'honnêteté…

 

 

Est-ce digne de scientifiques ?

 

La mise en ligne des diapositives a aussi permis de contrôler la rhétorique. La diapositive suivante doit retenir notre attention.

 

 

 

 

Est-il digne de scientifiques de rapporter (prétendument) le point de vue de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES) – « 2018 : l'ANSES affirme "pas d'alerte", une conclusion réaffirmée début 2019 » – par une référence de seconde main, l'Action Agricole Picarde ?

 

Est-il digne de scientifiques de produire ce qui semble être une citation alors que le texte exact de l'ANSES est : « l’Anses concluait à l’absence d’alerte sanitaire pouvant conduire au retrait des autorisations de mise sur le marché de ces fongicides » ?

 

Est-il digne de scientifiques d'évoquer un « écocide », censé selon le contexte avoir été provoqué par les fongicides SDHI, et ce, en l'absence de toute preuve d'écocide, d'une part, et de lien entre fongicides SDHI et écocide allégué, d'autre part ?

 

Est-il digne de scientifiques de citer Les Lilas Ecologie : Blog des militants et élus Europe Ecologie Les Verts des Lilas et du Pré Saint-Gervais à l'appui de leurs allégations ?

 

Est-il digne de scientifiques d'écrire : « Fin 2019 : Les données initiales pleinement confirmées », quand il n'y a pas eu de « données initiales » et que l'article scientifique cité n'est pas à la hauteur des alertes ?

 

Est-il digne de scientifiques de prétendre que « Fin 2019 : La cnDAPse contredit l'ANSES et valide l'alerte », alors que cette commission a loué et en quelque sorte validé par son opinion les actions de l'ANSES ?

 

Est-il digne de scientifiques d'évoquer le retrait de « [s]ubstances voisines », en l'occurrence le paraquat et la roténone, substances nullement « voisines » ?

 

 

Notre cerise sur le gâteau : du cherry-picking...

 

 

 

 

Est-il enfin digne de scientifiques de citer « Deficiencies of NADH and succinate dehydrogenases in degenerative diseases and myopathies » (déficiences en NADH et succinate déshydrogénases dans des maladies dégénératives et des myopathies) de Thomas P. Singer, Rona R. Ramsay et Brian A.C. Ackrell à l'appui de « Ce sont des fongicides à une époque largement répandus sur le blé canadien. Ils représentaient un danger environnemental majeur en raison de leur affinité extrêmement élevée pour la succinate déshydrogénase de mammifère » ?

 

Ces deux phrases figurent bien dans l'article. Mais il s'agit au mieux de remarques incidentes, non étayées par des références, dans un article qui traite fondamentalement d'un autre sujet. En voici du reste le résumé :

 

« Cet article examine les fondements expérimentaux des rapports dans la littérature sur les maladies mitochondriales impliquant les complexes I et I| de la chaîne respiratoire. De nombreux rapports peuvent être remis en question sur la base des conditions d'analyse utilisées qui ne tiennent pas compte des connaissances établies sur les précautions requises pour des mesures d'activité valides. De plus, certaines conclusions sont sujettes à caution en raison du matériel expérimental choisi pour l'étude, comme la mesure de l'activité de la NADH oxydase dans les plaquettes dans la maladie de Parkinson, qui affecte sélectivement les neurones dopaminergiques, ou l'utilisation de matériel d'autopsie stocké pendant des périodes prolongées au cours desquelles des changements post mortem peuvent s'être produits. Les carences impliquant prétendument plusieurs composants de la chaîne respiratoire peuvent refléter des effets indirects, tels que des défauts dans la synthèse des amas fer-soufre ou dans la disponibilité du fer, plutôt que des mutations dans les gènes codant pour les enzymes déficientes. Néanmoins, quelques cas de carence en Complexe II sont exempts de telles critiques. Quant au complexe I, le parkinsonisme idiopathique semble impliquer une baisse documentable de l'activité de cette enzyme. En utilisant le système modèle fourni par la N-méthyl-4-phényl-l, 2,3,6-tétrahydropyridine (MPTP), qui produit des syndromes biochimiques, pharmacologiques et cliniques ressemblant étroitement au parkinsonisme, l'étiologie de la maladie est examinée. »

 

 

 

 

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Commenter cet article

Il est là 05/02/2020 12:42

Décidemment Monsanto devient Monsatanto, les biotausaurus le brandissent toujours comme un époivantail et un croque mitaine, à croire qu'ils ont si peu d'arguments valables contre les OGM et les pesticides qu'ils sont obligés de crier Monsanto à chaque fois pour noircir leur image et faire peur. EN fait c'est un aveu de faiblesse

Seppi 05/02/2020 19:06

@ Il est là le mercredi 05 février 2020 à 12:42

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Autre exemple : la tribune de Dominique Bourg, José Bové et Cie sur la loi bioéthique dans l'Immonde...