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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Les agriculteurs nigérians enthousiastes à l'idée de participer à la révolution génétique en Afrique

18 Janvier 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM, #Abeilles, #Afrique

Les agriculteurs nigérians enthousiastes à l'idée de participer à la révolution génétique en Afrique

 

Onyaole Patience Koku*

 

 

 

 

Je n'ai pas voulu semer du niébé ici au Nigeria parce que la plante souffre d'un des pires ennemis imaginables : la méchante chenille de la Maruca.

 

Mais maintenant, les agriculteurs comme moi, dans tout le Nigeria, ont un moyen de vaincre ce terrible ravageur et de produire une importante culture vivrière avec d'énormes avantages pour les producteurs et les consommateurs.

 

C'est que le Nigeria vient d'approuver la commercialisation du niébé Bt – et je ne pourrais pas être plus enthousiasmée par l'opportunité de profiter de cette nouvelle technologie.

 

Nous savions que ça allait arriver – ou du moins nous avions de bonnes raisons d'espérer. Bien sûr, les agriculteurs l'ont toujours voulu. Nous cherchons à produire la meilleure nourriture possible, ce qui signifie avoir accès à tous les outils et avantages que la science peut offrir.

 

Nous avions aussi beaucoup d'alliés. Des chercheurs nigérians de l'Institut de Recherche Agricole de Zaria ont passé des années à tester le niébé Bt, à garantir sa sécurité et à l'adapter pour qu'il puisse être cultivé localement. Les groupes de santé et les chefs religieux ont appelé à son développement, comme moyen efficace de lutter contre la malnutrition et d'améliorer la sécurité alimentaire. Les journalistes ont documenté les avantages considérables.

 

Plus tôt cette année, les autorités de réglementation de l'Agence Nationale de Gestion de la Biosécurité du Nigeria ont autorisé sa dissémination dans l'environnement.

 

C'était une étape importante, mais si l'histoire mondiale des cultures GM nous a appris quelque chose, c'est que nous ne pouvons rien prendre pour acquis. Les militants anti-science n'ont pas abandonné leurs efforts fondés sur l'ignorance. Nous ne pouvons constater l’adoption complète de quoi que ce soit tant que les agriculteurs n’achèteront pas et ne sèmeront pas les graines.

 

Pourtant, cela se passe vraiment ici, et je m'attends à produire du niébé Bt sur ma ferme en 2020.

 

Les Nigérians ont une certaine expérience des cultures GM. Nous cultivons déjà du cotonnier Bt et nous avons vu à quel point il résiste à des parasites. Partout dans le monde, les producteurs de coton espèrent et attendent de pouvoir le faire en 2020 lorsque les semences arriveront sur le marché. Ils ne voudront plus jamais revenir en arrière. Ils vont continuer de choisir cette excellente option.

 

Le niébé est notre première culture vivrière génétiquement modifiée, et le Nigeria est en fait le premier pays à commercialiser ce produit particulier. Partout dans le monde, les agriculteurs cultivent du maïs, du soja, des aubergines, etc. génétiquement modifiés, mais nous allons écrire l'histoire avec le niébé.

 

Cela a du sens, car le niébé est un aliment de base pour nous. Parfois appelé « viande du pauvre », le niébé est riche en protéines ainsi qu'en glucides et pauvre en graisses. Nous l'utilisons comme ingrédient clé dans toutes sortes de recettes, de l'acara (boulettes de haricots) au moimoi (pudding de haricots) au gbegiri (soupe de haricots).

 

Nous aimons donc manger du niébé. Malheureusement, les chenilles de la Maruca aussi. Elles dévorent les gousses et endommagent même les fleurs. Leur contrôle peut nécessiter jusqu'à dix traitements par campagne, ce qui augmente le coût de la production de cette importante culture vivrière de base. Même cela ne garantit pas le succès. Les agriculteurs peuvent encore subir des pertes dévastatrices.

 

En raison de ces défis, j’ai évité de semer du niébé dans ma ferme. Cela ne valait tout simplement pas le risque.

 

Mais je cultiverai du niébé Bt car il a une capacité naturelle à lutter contre les chenilles de la Maruca. Nous nous attendons à ce que nos rendements augmentent, en fonction de ce que les tests sur le terrain ont montré. Nous prévoyons de passer de la récolte de moins d'une tonne à l'hectare à plus de deux tonnes à l'hectare.

 

Cela fera une grande différence pour les petits agriculteurs. Ils auront plus de nourriture pour leurs familles et plus de nourriture à vendre aux clients des villes. Leurs revenus augmenteront. La pauvreté diminuera.

 

En tant que nation, cela nous permettra d'augmenter nos exportations de niébé. Cela aidera notre économie, nous permettant de gagner plus de devises et de réduire notre déséquilibre commercial et nos importations de produits alimentaires.

 

En produisant plus de nourriture sur moins de terres, nous améliorerons notre durabilité. Et comme avantage supplémentaire, le niébé améliorera la santé de notre sol car il y fixe de l'azote, ce qui en fait une culture idéale pour la rotation.

 

Pendant des années, une grande partie de l'Afrique a résisté à la révolution génétique. Nous avons fait l'erreur de nous tourner vers l'Europe pour le leadership en raison de notre histoire coloniale et de notre proximité géographique. De nombreux Européens rejettent les cultures GM même si elles sont sûres pour l'alimentation et utiles aux agriculteurs. Les Africains ne peuvent pas se permettre ce luxe : nous avons un continent de personnes souffrant de malnutrition à nourrir.

 

Nous essayons maintenant une approche différente – et le Nigeria est parfaitement placé pour montrer la voie. Un autre pays d'Afrique de l'Ouest, le Ghana, pourrait devenir le deuxième pays à commercialiser le niébé Bt. Ses agriculteurs penseront que si les Nigérians peuvent accéder au niébé Bt, ils le devraient aussi. Et ils ont raison !

 

Alors que mon pays rejoint la révolution génétique, je ferai ma part en produisant du niébé Bt sur ma ferme pour la première fois.

 

_____________

 

* Onyaole Patience Koku

 

La ferme de Patience est située dans l’État de Kaduna au Nigeria. La ferme couvre 500 hectares de terres louées et produit deux cultures par an sous irrigation par pivot. On y cultive principalement du maïs semence pour Monsanto et du maïs grain pour de grandes entreprises de transformation des aliments au Nigeria, comme Flour Mills of Nigeria. Patience est titulaire d’un diplôme en sciences politiques et a plus de 20 ans d’expérience dans divers secteurs, dont la mode et l’agriculture. Elle a déjà démarré et exploité une ferme avicole de 12.000 poulets de chair par bande et fait du négoce (au niveau local et international) et du courtage pour ADM. Patience promeut l'accès aux technologies agricoles. Elle attend avec impatience la possibilité de cultiver des plantes génétiquement modifiées au Nigeria. Elle siège au conseil d'administration de plusieurs sociétés, dont 1 Hectare 1 Family Nigeria Ltd., une entreprise qui vise à faire cultiver 200.000 hectares de terres au cours des cinq prochaines années, améliorant les moyens de subsistance des petits exploitants agricoles en leur permettant d'accéder à la mécanisation, à l'innovation et à la technologie.

 

Source : https://globalfarmernetwork.org/2019/12/nigerian-farmers-excited-to-join-the-gene-revolution-in-africa/

 

 

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anti idiots 18/01/2020 20:54

il est là, reconnait constamment son incompétence agricole mais se permet de faire la promo OGM, bref du grand n'importe quoi à l'image de ce blog d’ailleurs.

Seppi 29/01/2020 19:17

@ Il est là le samedi 18 janvier 2020 à 21:02

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Moi, je trouve ça plutôt réjouissant : s'il a compris le sens de votre diagnostic psychiatrique, il en tirera peut-être les conséquences qui s'imposent...

Il est là 18/01/2020 21:02

Et bien je vous pleins mon vieux Lionel, avec un tel pseudo vous montrez que vous êtes contre-vous même, c'est bien triste.

Il est là 18/01/2020 14:28

Encore un bon témoignage de l'excellente Onyaole Patience Koku. Je souhaite tout le courage du monde aux paysans Nigérians et puissent leur expérience améliorer la réflexion des Occidentaux sur les OGM et leur montrer qu'ils sont désirables et souhaitables et non une mosntruosité.

Et surtout je suis ravie de lire qu'au moins au Nigéria les journalistes font leur travail correctement.

Seppi 29/01/2020 19:04

@ Il est là le samedi 18 janvier 2020 à 14:28

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

J'espère aussi que cela va se réaliser vite et que la preuve sera faite.

Quant aux journalistes, nigérians, ne vous précipitez pas trop vite pour former un avis sans avoir épluché la presse...