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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

La fille du fermier : les années 2020 promettent un nouveau changement dans les technologies et les perspectives agricoles

18 Janvier 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Divers

La fille du fermier : les années 2020 promettent un nouveau changement dans les technologies et les perspectives agricoles

 

Amanda Zaluckyj, AGDAILY*

 

 

 

 

Nous sommes en 2020. Nous sommes entrés dans une nouvelle décennie [ma note : c'est une erreur courante, 2020 finit la décennie]. C’est une période passionnante et un nouveau départ. Vous rappelez-vous l'aube de 2010 ? Si vous pensez que peu de choses ont changé, je vous mets au défi de penser au téléphone portable que vous possédiez le 1er janvier de cette année. Oui, le monde a définitivement progressé !

 

Personnellement, la dernière décennie a vu d'énormes changements dans ma vie. Quand le calendrier a affiché 2010, j'étais encore à la faculté de droit. Je n'écrivais pas sur l'agriculture. Et l'idée ne m'avait même pas encore traversé l'esprit.

 

L'agriculture a également beaucoup évolué depuis. Nous avons vu un grand ralentissement économique. Nous avons ajouté de nouvelles technologies de manière importante. Et les grandes avancées de 2010 sont désormais monnaie courante. Les préférences des consommateurs ont également changé radicalement. Nous avons assisté à l'essor du label non-OGM ainsi que des viandes et laits d'origine végétale.

 

Alors que réserve cette nouvelle décennie à l'agriculture ? J'ai consulté ma boule de cristal et lu dans le marc de café. Et je suis prête à vous donner mes prévisions pour les années 2020.

 

 

1. L'économie agricole va se redresser de façon considérable.

 

Je promets que ce n’est pas seulement un vœu pieux. Nous subissons de mauvaises conditions économiques dans l’agriculture depuis plusieurs années déjà. L'industrie évolue généralement dans le bon sens et quelquefois dans le mauvais. Mais finalement, cela va se retourner et nous verrons des conditions économiques positives. L'économie est cyclique, donc les chances sont assez élevées. Mais la grande question est de savoir si nous avons touché le fond de ce ralentissement. Et je ne suis pas sûre que ce soit le cas. Cela pourrait empirer avant de s'améliorer.

 

 

2. Les beaux jours du label non-OGM sont terminés.

 

Trop de sociétés agroalimentaires ont collé sur leurs produits ces petits logos montrant un papillon monarque dans les années 2010. Et les entreprises qui ne veulent pas payer les frais élevés du Non-GMO Project ont mis au point leurs propres versions. Mais je pense que nous avons vu l'apogée de ces étiquettes ridicules. Pourquoi ? Parce que les étiquettes OGM de l'USDA seront bientôt monnaie courante. Et bien que j'aie été initialement opposée à elles, je pense que cela ne deviendra pas un problème. L'USDA a conçu de belles étiquettes qui reflètent positivement la biotechnologie. Ainsi, les associations négatives seront moins efficaces au fil du temps, même si elles ne disparaîtront pas complètement.

 

 

3. Les ventes du bio vont plafonner.

Je triche un peu sur ce point : le taux de croissance des ventes de produits bio a ralenti en 2018. Je pense donc que la tendance va se poursuivre. C’est vrai que la certification bio a connu une belle décennie. Mais les ventes n'augmentent plus de façon exponentielle. Et je sens que les consommateurs commencent à comprendre que le marketing du biobusiness exagère ses avantages. Pourquoi dépenser plus pour quelque chose qui n’apporte pas vraiment d’avantages ? Le bio sera toujours une option ; je ne le vois tout simplement pas augmenter au même rythme. De plus, la discorde populaire s'est éloignée du bio et est passée à d'autres mots à la mode, comme l'agriculture régénérative. Dans les années 2020, nous passerons du bio au prochain grand truc (et j'espère que ce sera la science !).

 

 

4. Nous allons voir de grands changements technologiques.

 

Nous avons tous vu des vidéos de petits robots qui peuvent se déplacer dans un champ et arracher les mauvaises herbes sans assistance humaine. Ils ne sont pas encore nécessairement prêts pour les les grandes démonstrations, mais il y a des progrès. Et l'année dernière au Fort Wayne Farm Show, il y avait beaucoup de start-ups agricoles avec de nouveaux produits et technologies. Il semble donc que nous verrons bientôt de grandes choses arriver à la ferme. Je suis prête à parier qu’en 2030, la technologie agricole sera très différente de ce qu’elle est aujourd’hui.

 

 

5. La biotechnologie offrira des solutions à des problèmes persistants.

 

Orangeraies décimées par le verdissement des agrumes [Citrus greening]. Le caféier menacé par le changement climatique. Les bananiers frappés par la flétrissure fusarienne. Les années 2010 ont vu beaucoup de graves défis pour des cultures populaires. Mais nous n'avons pas fait beaucoup de progrès pour les maîtriser. Les années 2020 seront différentes. Et la biotechnologie fera la différence. Nous verrons des cultures résistantes aux principales maladies et suffisamment résistantes pour lutter contre les effets du changement climatique. La biotechnologie sera présentée comme un héros, pas comme un méchant.

 

Voilà donc mes grandes prédictions. Qu'en pensez-vous ? Et que voyez-vous se produire au cours des 10 prochaines années ?

 

_____________

 

Amanda Zaluckyj blogue sous le nom The Farmer's Daughter USA. Son objectif est de promouvoir les agriculteurs et de lutter contre la désinformation qui tourbillonne autour de l'industrie agroalimentaire américaine.

 

Source : https://www.agdaily.com/insights/2020s-shift-ag-technology-perspective/

 

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I
Le témoignage est plein d'optimisme mais pour le cas de la France je ne le partage pas vraiment<br /> <br /> 1) Pour l'économie agricole je ne sais pas je ne peux me prononcer<br /> <br /> 2) et 3) Au vue de l'impact de l'idéologie biotausaurus sur les esprits des Français, j'ai des doutes, je pense plutôt que les gens vont acheter de plus en plus de tout bio (en sachant que parfois il y a plus d'autres choix tant cette idéologie est prégnante) et renforcer leur haine des OGM. A moins que les rationnalistes n'envahissent en force les médias, le tout bio va se développer<br /> <br /> 4) Pour la technologie, je veux bien être optimiste. A voir ce qu'elle va apporter<br /> <br /> 5) Là je serai plus nuancé. Les biotechnologies font partis de la solution mais ils sont pas les seuls. De même, s'ils vont permettre d'aider les cultures à résister au changement climatique, je ne suis pas sûr qu'ils n'éviteront pas un minimum de dégât.
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S
@ Il est là le samedi 18 janvier 2020 à 14:49<br /> <br /> Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Chacun son opinion… Je n'aime pas faire de prédictions… surtout si elles concernent l'avenir. Mais j'ai bien aimé ce billet parce qu'il est optimiste.<br /> <br />
M
Bonjour, merci pour ce témoignage optimiste sur l'agriculture; sauf qu'il nous vient des US ! Pourrait-on l'envoyer aux news Français ? mais je doute fort qu'ils le publierait et même qu'ils oseraient le lire ! Je suis de tout cœur avec cette agricultrice Américaine qui croit en ce qu'elle fait et ne suis le chant des sirènes. Rappelons-nous le voyage d'Ulysse.
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S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Ce que j'apprécie chez ces gens, c'est surtout leur fierté d'agriculteurs et producteurs de nourriture. En France, il y a tout de même quelques twittos remarquables, mais Twitter, c'est malheureusement éphémère.
M
Je pense qu'elle a raison. En France aussi, on sent un petit frémissement, grâce notamment à des blogs comme ceux de Seppi ou de Yann Kindo. Même l'Anses commence (un peu) à se rebeller.
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S
@ max le samedi 18 janvier 2020 à 13:56<br /> <br /> Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Il y a certes une haute montagne à gravir, mais nous ne sommes plus au fond de la vallée.<br /> <br /> Oui, ils ont leurs entrées, ils ont leurs adeptes dans des lieux stratégiques, mais la réalité commence à les rattraper. On recommence même à parler de nucléaire...
S
@ Mireille Gary le samedi 18 janvier 2020 à 07:48<br /> <br /> Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire et les compliments.<br /> <br /> Deux facteurs importants ont été la (petite) polémique sur le cuivre et surtout la campagne contre les "pesticides* (*de synthèse). Tout d'un coup les angelots du bio ont dû admettre qu'ils utilisent aussi des pesticides. Cela a changé le décor.<br /> <br /> Les coups de boutoir de L'Opinion avec Emmanuelle Ducros (et d'autres) et du Point avec Géraldine Woessner (et d'autres) ont aussi un impact significatif.<br /> <br /> Ce serait un joli sujet pour des (vrais) sociologues.
M
Je ne serais pas aussi optimiste sur la France. Les écologistes on malheureusement leurs entrées dans les médias et trop d'influence sur les politiques. Les mouvement ésotérique comme l'anthroposophie avec la biodynamie sont même de plus en plus accepté dans des instances comme l'INRA, la chambre d'agriculture et le ministère de l'agriculture, sans compter sa popularité parmi les médias et les peoples (on peut rajouter la situation de la Milivude, gros cadeaux aux sectes et surtout à l'anthroposophie). On préfère arrêter le nucléaire pour rattraper notre retard sur le renouvelable par rapport à l'Allemagne, et ce au détriment de l'environnement et du climat. Les quelques personnes ayant suffisamment d'impact médiatique pour contredire la doxa écologiste, sont rapidement dénigrer et accusé des intentions les plus malhonnête, comme ce qui est arrivé à Emmanuelle Ducros. <br /> A moins d'un revirement, la France seras le grand perdant de la prochaine décennie.