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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

L'INRAE chiffre le surcoût de la « sortie du glyphosate » pour la viticulture

22 Janvier 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Glyphosate (Roundup), #Politique

L'INRAE chiffre le surcoût de la « sortie du glyphosate » pour la viticulture

 

 

Il va falloir s'y faire : l'INRAE est l’Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement, né le 1er janvier 2020 de la fusion de l’INRA et de l'IRSTEA, en des temps anciens CEMAGREF.

 

Cocorico ! « INRAE devient par sa taille et l’étendue de ses domaines de recherche le premier organisme de recherche spécialisé au monde en agriculture, alimentation et environnement. » Pour la qualité de sa recherche et de ses contributions au progrès dans ses champs de compétence, on verra...

 

Trève de persiflage.

 

INRAE – oups ! Nous persiflons encore : il semble qu'il ne faut plus utiliser l'article... – a publié le mercredi 15 janvier 2020 une étude de l'INRA datée de juillet 2019, « Alternatives au glyphosate en viticulture – Evaluation économique des pratiques de désherbage » de F. Jacquet, N. Delame, J. Lozano-Vita, X. Reboud, C. Huyghe.

 

Notre président jupitérien avait décidé, avec un formidable coup de menton, que la France devait « sortir du glyphosate » « dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans 3 ans ». On sait qu'entre-temps, quelques réalités ont oser sauter à la figure de nos décideurs politiques, mais personne n'a encore eu le courage de dire stop à la connerie.

 

(Source)

 

 

À moins de douze mois de l'échéance fatale, « on » ne sait pas encore comment cette décision sera appliquée, qui bénéficiera d'une exception ou d'un sursis et, partant, qui parmi les premiers intéressés devra investir dans des solutions de remplacement, voire mettre la clé sous la porte.

 

 

 

INRAE – succombons au barbarisme – propose enfin un chiffrage dans une étude détaillée.

 

Verdict :

 

« Ramené à l’hectare, le Produit Brut d’exploitation de notre échantillon est, en moyenne sur les trois années retenues de 9558 €/ha, l’Excédent Brut d’Exploitation de 3505 €/ha et le Revenu Courant avant impôt (RCAI) de 2353 €/ha (Tableau 10).

 

Le surcoût que représente la substitution du désherbage mécanique au désherbage chimique peut être rapproché des résultats économiques des exploitations. Il représente ainsi de 0,3 à 4,4% du Produit Brut, de 1 à 11,5% de l’EBE et de 2 à 18% du RCAI selon les bassins viticoles. Sur l’ensemble, un surcoût moyen de 250 €/ha représente 2,6% du Produit Brut, 7,1% de l’Excédent Brut d’Exploitation et 10,6% du Revenu Courant avant Impôt.

 

En retenant l’EBE comme l’indicateur de revenu le plus pertinent pour notre analyse, on voit que le surcoût représente moins de 5% de l’EBE dans plusieurs bassins viticoles, autour de 7.5% en Val de Loire et Languedoc-Roussillon et 11,5% en Alsace. Ce résultat pour l’Alsace est très sensible à notre hypothèse concernant le calcul des amortissements du matériel. En effet, si on considère que le matériel permettant le désherbage mécanique est amorti sur une superficie de 20ha (hypothèse H3 tableau 9), il est de 5%. »

 

Tout cela est bien beau. Il est un aphorisme selon lequel, quand je mets un pied dans le four et l'autre au congélateur, en moyenne, je suis dans une position confortable...

 

D'autres questions se posent : par exemple la compatibilité d'un nouveau système de culture avec les disponibilités en main d'œuvre, ou la surconsommation de carburant (en Bourgogne-Beaujolais, en passant du chimique en plein au mécanique en plein, on passe d'un peu plus de 10 litres/hectare à un peu moins de 80 litres), ou encore l'érosion et le stockage de carbone.

 

Il faut reposer la question : qui va proposer de tirer la prise ?

 

 

 

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