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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Sucre bio : quand M. Gil Rivière-Wekstein fact-checke le « fact-checkeur » François Veillerette

24 Décembre 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Activisme

Sucre bio : quand M. Gil Rivière-Wekstein fact-checke le « fact-checkeur » François Veillerette

 

Glané sur la toile 451

 

 

 

Dans le paysage médiatique, Mme Emmanuelle Ducros est – à côté de quelques autres – une journaliste qui dérange un peu, beaucoup, énormément certains milieux...

 

Il y a près d'un an, elle a « commis » une courte vidéo, « Le bio aussi a ses limites : l’exemple du sucre ». En résumé :

 

« Acheter bio semble souvent une garantie d’écologie et de respect de l’environnement. Mais les solutions simples ont leur limite. Un exemple avec le sucre : acheter du sucre bio signifie importer du sucre de canne produit aux antipodes, transporté en produisant du CO2 et cultivé en encourageant la déforestation. Certes, le sucre de betterave n’est pas bio en soi: on ne sait pas protéger les betteraves de façon totalement bio. Mais pour autant, le produit final et local est quasiment dépourvu de traces de pesticides, puisqu’un cristal de sucre est pur à 99,9%. L’exemple simple du sucre doit encourager à se poser des questions de bon sens avant de se ruer sur les labels ! »

 

 

Cette vidéo a fortement déplu à M. François Veillerette, co-fondateur et présentement directeur et porte-parole de Générations Futures, qui ambitionne maintenant de « protéger les générations futures des pesticides et autres chimiques »... rien que ça ! Sachant toutefois que par « pesticides », il faut entendre « pesticides de synthèse ». La petite entreprise a donc répondu le 10 octobre 2019 (selon mon moteur de recherche) par un « Vérification des faits: Générations Futures vous propose un nouvel épisode de sa rubrique de "Fact Checking" ». En second titre :

 

« Episode 2: "Acheter du sucre bio signifie importer du sucre de canne produit aux antipodes" puisqu’on "ne sait pas protéger les betteraves de façon totalement bio" ? »

 

Lecteur de passage, vous vous demanderez peut-être pourquoi M. François Veillerette et Générations Futures ont éprouvé le besoin de venir au secours du « bio »... C'est qu'ils sont généreusement financés par le biobusiness auquel ils sont étroitement associés et fournissent d'éminents services.

 

Reproches faits en bref à la collaboratrice d'un « quotidien ultra-libéral et pro-business comme il se définit lui même » – se vanter ainsi, c'est évidemment blasphématoire :

 

« Au final, cette vidéo vise surtout à faire croire que la consommation de sucre bio ne peut se faire que par une consommation de sucre de canne qui serait par nature polluante de par le transport induit et la déforestation liée à sa production (sans d’ailleurs prouver que cette culture de canne bio se fait systématiquement au détriment de la forêt d’ailleurs).

 

La vérification des faits, dont nous faisons ici la démonstration, montre clairement que la culture biologique de la betterave est non seulement possible mais en train d’être développée en Europe et en France car la demande du consommateur existe. [...] »

 

On n'a pas oublié de casser un peu de sucre sur le dos de Mme Emmanuelle Ducros ; ce n'est pas méchant... sans comparaison avec le déferlement de haine de certains titulaires de cartes de journaliste quand elle avait osé débunker l'infameux Envoyé Spécial, « Comment sortir du glyphosate » :

 

« Il est choquant qu’une journaliste qui prétend "combattre la désinformation", tourne ainsi le dos aux faits dans le but d’alimenter une thèse préconçue ! »

 

Il est choquant ? Sur Agriculture et Environnement, M. Gil Rivière-Wekstein titre fort courtoisement et modestement : « Fact-checking : Générations Futures continue à se tromper / #épisode 2 : le sucre bio ». Et reprend les objections point par point.

 

C'est évidemment une lecture fort éclairante sur les techniques employées pour défendre le quasi-indéfendable.

 

Car oui, « la culture biologique de la betterave est non seulement possible mais »... à quel prix et dans quelles conditions ?

 

Voici un petit couplet d'A et E :

 

« Dans son fact-checking, Génération Futures clame ainsi avoir repéré dans la vidéo trois affirmations fausses. Primo concernant le fait que, selon la journaliste, lorsqu’on achète du sucre bio, "eh bien on achète du sucre de canne produit essentiellement en Amérique du Sud, surtout au Brésil". Par conséquent, un sucre qui a voyagé dans des "géants des mers" après avoir été produit "dans des zones que l’on a déforestées". Faux, rétorque GF, qui s’est rendue dans le premier magasin bio "ordinaire" du coin de la rue : "Et là, surprise, nous avons pu voir que du sucre de betterave bio, produit en Allemagne, était disponible à la vente." Son prix : 4,73 euros le kilo, "soit légèrement moins cher que les sucres de canne en poudre dans le même rayon". Le sucre de betterave conventionnel coûtant entre 0,80 et 1,20 euro le kilo en distribution traditionnelle, la référence de GF coûte donc entre cinq et six fois plus cher ! Autrement dit, le prix d’un kilo de sucre bio équivaut à celui de cinq à six kilos de sucre normal. On ne peut donc que remercier GF d’avoir rappelé que le prix du sucre bio reste excessif. Surtout pour un produit absolument équivalent en termes sanitaires. »

 

La dernière phrase est à corriger : surtout pour un produit absolument identique.

 

 

 

 

Quant à la disponibilité du sucre de betterave « bio », nous pouvons vous proposer une démonstration simple par les images : cherchez les images avec votre moteur de recherche préféré avec pour mots clés, d'une part « sucre + bio » et, d'autre part, « sucre+ bio + betterave »...

 

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N
"Pardon je voulais écrire 200 euros de nourriture chaque semaines."

Quelle preuves?
Il suffit d’être parfaitement idiot pour le croire et suffisamment crétin pour le répéter.

Dans mon cas, chez moi nous sommes deux personnes qui mangeons exclusivement BIO et nous sommes loin de dépenser 100€par personne par semaine .
Pardon je voulais écrire 200 euros de nourriture chaque semaines.
Vos balivernes n'ont donc aucun sens!
Répondre
S
@ nami le vendredi 27 décembre 2019 à 15:50

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Même réponse: je n'ai aucune idée des coûts, sauf que, d'une part, on sait qu'à panier égal c'est plus cher et, d'autre part, que bon nombre de celles et ceux qui écrivent sur le sujet, en tant que consommateur de bio, s'attachent à décrire comment faire des économies.
I
Nami

Cette histoire est un témoignage, il a donc la valeur que chacun porte aux témoignages. Néanmoins, dans la mesure ou vous même n'apportez pas de preuve de ce que vous racontez, j'en déduis que mon témoignage a autant de valeur que le votre.

NB votre pseudo, il a un rapport avec le personnage de One Piece ?
I
Pardon je voulais écrire 200 euros de nourriture chaque semaines.
Répondre
S
@ Il est là le vendredi 27 décembre 2019 à 10:51

Bonjour,

Merci pour vos commentaires.

J'avoue n'avoir aucune idée de l'importance des dépenses d'alimentation.
I
Tenez une petite anecdote savoureuse.

Hier je suis allé voir une de mes grand-mère. Elle m'a expliqué qu'une de ses voisines n'achètent que du bio. Résultat des courses : cette voisine dépense 200 euros pour la nourriture chaque mois alors qu'elle n'achète à manger que pour deux personnes (elle et son mari). Ce doit être le fameux bio accessible à tous et à toutes.
Répondre
S
Il n'y a pas de quoi brailler devant une situation avec les cours du sucre conventionnel qui s'effondrent (prés de -200€/T) depuis deux ans; planteurs, transformateurs pleurent et ne savent plus comment faire .
Répondre
S
@ SUGAR le jeudi 26 décembre 2019 à 22:42

Merci pour votre commentaire.

Mais il me laisse perplexe.
N
J'ai acheté deux fois des produits bio dans ma vie. De l'ail argentin. Normal, c'est un pays béni pour le bio : sec mais avec de l'eau des Andes.

Et de la betterave. Les deux fois à cause du prix moins cher que le conventionnel.
La betterave bio ça existe donc. Pas forcement plus cher. Un peu comme l'énergie éolienne quand il y a beaucoup de vent. Cela devient "gratuit"* dans de bonnes conditions.

*dans le sens ou ça ne vaut rien au prix du marché.
Répondre
S
@ Nicias le mardi 24 décembre 2019 à 18:52

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Oui, de la betterave (potagère) bio, ça existe. De la sucrière aussi. Mais quand on regarde de plus près -- et c'est ce qui est suggéré par le fact-checking de M.GRW -- c'est une culture très délicate et très aléatoire. Oui, c'est un peu comme les éoliennes...