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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Sésame s'est ouvert sur les « microfermes »

29 Décembre 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Divers

Sésame s'est ouvert sur les « microfermes »

 

 

 

 

Est-ce un hasard ? Probablement pas.

 

Le 21 novembre 2019, RTBFRadio-télévision Belge de la Communauté Française – publie « Epuisée, Pauline arrête le maraîchage bio deux ans après s'être lancée ». La vérité toute crue, en tout cas pour de nombreux idéalistes qui se sont lancés, se lancent ou envisagent de se lancer dans le maraîchage à petite échelle, style Martine à la ferme.

 

Et la RTBF a enfoncé le clou avec « Du circuit court au court-circuit : la galère des jeunes maraîchers bio wallons »

 

En fait, en regardant bien, on trouve des articles dans les médias régionaux sur ces cessations d'activité. Par exemple :

 

 

 

 

Bien sûr, on trouve aussi bien plus d'articles dithyrambiques sur cette activité, souvent d'une naïveté déconcertante. Ainsi, « Le maraîcher de Sommery utilise à 80% la traction animale ». Naïveté ?

 

« Afin de développer son activité et gagner en autonomie, il envisage d’acheter une kassine et éventuellement un autre tunnel. Pour cela, il a fait appel au financement participatif avec la plateforme Miimosa. »

 

 

 

 

Souvent à la base de ces systèmes : de longues heures de travail, du bénévolat et du travail dissimulé, des financements « participatifs ». Pour certains, bien en vue, des activités annexes comme les stages de formation, les livres...

 

 

(Source)

 

 

Un gazouilleur a ressorti de l'ombre « [Microfermes] On perd une énergie folle ! », un point de vue que nous partageons. En résumé :

 

« Pourfendeur des simplifications médiatiques autour des microfermes, Philippe Baret, professeur, Agro de Louvain-la-Neuve (Belgique), doute, en l’état actuel des connaissances, de la pertinence du modèle de maraîchage sur de petites surfaces. Et pointe du doigt l’écran de fumée que crée le sujet. »

 

C'est un article d'un numéro de Sésame consacré aux micrfofermes publié en mai 2017.

 

On y trouvera aussi des témoignages de gens engagés dans ce mode de production, ainsi que « [Microfermes] Hypermodernité économique », un point de vue de M. François Léger, enseignant-chercheur à AgroParisTech. Retenons-en l'opinion finale :

 

« Quelles sont, selon vous, les limites au développement de ces microfermes ?

 

Sur le territoire français, on pourrait sans doute aller jusqu’à 250 000 très petites fermes, comme le proposent certains. Sauf qu’on ne trouvera peut-être jamais 250 000 candidats "sérieux" à l’installation. Et plus leur nombre augmentera, plus la question de l’accès au foncier et du risque de saturation des débouchés locaux deviendront problématiques. A mon avis, la très petite agriculture de proximité a un réel avenir, parce qu’elle s’inscrit dans une hypermodernité économique où la question du sens écologique et humain est déterminante. Pour autant, son développement impose une recomposition des relations agriculture-société au niveau local. Ce qui est en jeu n’est pas la substitution totale immédiate, mais le remplacement progressif et partiel des modes de production actuels par ce type de systèmes. Cela commence dans les territoires abandonnés par l’agriculture industrielle. Autrefois, c’étaient les Cévennes, aujourd’hui c’est partout, en particulier dans les zones périurbaines ou urbaines où les attentes en matière de redéfinition des systèmes alimentaires sont aussi les plus fortes. »

 

 

(Source)

 

 

Selon l'introduction à l'article, M. François Léger aurait livré « un regard distancié sur la question des microfermes ». Distancié il l'est, en effet... il faut oser rêver à un « remplacement progressif et partiel des modes de production actuels par ce type de systèmes ». Les modes de production à la mode, médiatisés et surmédiatisés, contribueront sans doute à l'approvisionnement d'une partie de la société en légumes (bio, locaux et de saison), mais il ne faut pas compter sur eux pour l'essentiel de notre alimentation : les calories et les protéines.

 

Mais nous aimons bien l'« hypermodernité économique ». C'est la traduction dans le domaine économique de la post-modernité et du relativisme. À chacun sa vérité, même si elle contrevient aux règles élémentaires de l'économie.

 

 

 

 

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H
Mais pourquoi diable ces maraichers bio s'acharnent-ils à vouloir vendre des légumes ? Il existe des maraichers bio qui s'en sortent... Ils ont compris la manne que représente des journées de stage de jardinage entre 100 euros et 250 euros la journée, selon la notoriété du maraicher bio, surtout à 10 stagiaires ou 15 par session... Une célèbre ferme modèle a même franchi un cap : des stages d'écologie intérieure, traduisez une sorte de néo-yoga. Mais pourquoi diable vouloir se tuer à produire quelque chose dans un maraichage ?
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S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Enfin, ils produisent quand même… et alimentent les stagiaires qui, béats d'admiration, s'occupent du désherbage à la pince d'Adam…

C'est à lire :

https://blogs.mediapart.fr/yann-kindo/blog/170218/de-l-exploitation-en-milieu-fermier-ecolo
I
C'est amusant mais cet article me rappelle mon arrière-grand-père immigré italien. Quand il est venu en France, il travaillait 12heures à l'usine et 4heures chez un agriculteur. Parfois j'ai l'impression qu'avec ces micro-fermes de permaculture bio sans OGM et tout on va revenir à un tel système mais en inversant les chiffres : 4heures à l'usine ou au service public et 12heure chez l'agriculteur.
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S
Ah ha ! Voilà un nouvel avatar du Fregoli des pseudos… Vous êtes vraiment incorrigible...
I
Alors allez le faire Gugus vous aurez un verre en echange
G
12 heures chez l'agriculteur, ramasser des courgette...éreintant... en effet ce n'est pas une activité pour papy gâteux.
S
@ Il est là le lundi 30 décembre 2019 à 10:02

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Non, 12 heures chez l'agriculteur… entendez le petit producteur qui cultive des courgettes, une matinée une fois et puis fini… faut pas y compter. D'ailleurs, j'ai ramassé des courgettes… éreintant.
G
@ Jp le très faible taux de cessations d' activité des mlcro ferme bio est tellement faible que l'on comprend rapidement pourquoi les journaux tel que le monde planète ou madame Élise lucet n' en parle pas.

Par contre l objectivité de certains journalistes les conduits hélas vu le nombre particulièrement élevé à venir parler des cessations d' activité des agriculteurs par suicides la situation y est tellement grave que l'on parle même de surmortalité .

Donc écrire the end, cela dépend de quelles fermes ...
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S
@ guss le mercredi 01 janvier 2020 à 14:53

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

"...cette situation étant nulle il y a donc aucun intérêt d’établir des statistiques…" ? Ah bon ? C'est une grande nouvelle ça. Je ne vais pas rechercher les sources, mais Florian Guhl a fini par reconnaître le phénomène, et il n'est pas marginal.

G
@seppi,


Je vous confirme l'absence de statistiques sur les conversions de bio en conventionnel, en effet cette situation étant nulle il y a donc aucun intérêt d’établir des statistiques.

Au sujet des pouponnières, il y a plusieurs sites autour de chez moi dans lesquels on note 100%de réussite.
S
@ guss le dimanche 29 décembre 2019 à 22:19

Bonjour et meilleurs vœux pour 2020.

En l'absence de statistiques sur les cessations d'activité -- comme du reste sur les reconversions du bio en conventionnel -- il est difficile de se faire une opinion.

Une "pouponnière" s'est ouverte à côté de chez moi. C'est après tout une bonne idée que de permettre à des gens de faire une première expérience. Il y a une installation (qui me semble plutôt bien partie)… et si j'ai bien compris deux abandons.


Merci pour votre commentaire.

I
Gugus

Du coup vous avez les chiffres exacts du nombre de micro fermes bio qui cessent leurs activités ? Si oui qu'est-ce qui vous dit que plusieurs ne cessent pas leurs activités sans le dire à haute voix par honte ou peur des représailles ?
J
Bien sur les cessations d' activité des mlcro ferme bio les journaux tel que le monde planète ou madame Élise lucet n ' en parle pas, cela prouve l objectivité de certains journalistes.
Répondre
S
@ Jp (email) le dimanche 29 décembre 2019 à 16:49

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Pour mesurer l'objectivité de ces journalistes, on peut se contenter d'examiner leur production, pas la peine de faire l'inventaire de ce qu'ils refusent de produire…

Quoique… le silence assourdissant sur l'affaire Litzenburg du lauréat de deux prix de journalisme obtenus avec le concours de jurés affligés d'un conflit d'intérêts...