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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le maïs TELA peut-il résoudre les graves pénuries alimentaires en Afrique subsaharienne ?

1 Décembre 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Afrique, #amélioration des plantes, #OGM

Le maïs TELA peut-il résoudre les graves pénuries alimentaires en Afrique subsaharienne ?

 

Christopher Bendana*

 

 

Le maïs TELA (à droite) présente une bien meilleure résistance à la pyrale et à la légionnaire d'automne que la variété non GM.

 

 

L’Afrique subsaharienne reste la région du monde la plus touchée par l’insécurité alimentaire, avec environ 237 millions de personnes souffrant de malnutrition chronique dans la région.

 

Les sécheresses fréquentes sont en partie responsables des pénuries alimentaires persistantes et le temps sec rend l’agriculture particulièrement difficile pour les petits exploitants de la région. Le projet TELA Maize s’emploie depuis plus de 10 ans à commercialiser des variétés de maïs génétiquement modifiées (GM) résistantes à la sécheresse et à des insectes, et les essais sur le terrain commencent à faire naître l’espoir de trouver une solution à long terme à l’insécurité alimentaire de la région.

 

Les hybrides de maïs GM offrant une protection contre des insectes – communément appelée Bt (Bacillus thuringiensis) – et une tolérance à la sécheresse (Bacillus subtilis ; DroughtGuard®) ont montré de meilleurs rendements que les variétés de maïs traditionnelles lors d'essais au champ menés dans de nombreux pays, en particulier lorsqu'ils étaient soumis à la sécheresse et à des insectes nuisibles, a déclaré Sylvester Oikeh, responsable du projet TELA à la Fondation pour la Technologie Agricole en Afrique (AATF), basée à Nairobi.

 

« Le maïs Bt a montré un avantage de 52 pour cent sur le maïs non Bt quand ils sont tous deux cultivés dans les mêmes conditions d'exposition à la pyrale », a récemment déclaré Oikeh à un groupe de scientifiques en biotechnologie agricole de l'Institut National de Recherche sur les Ressources Cultivées (NaCCRI), Namulonge.

 

TELA est une progression du projet Maïs Économe en Eau pour l’Afrique (WEMA) qui s’est déroulé dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne. En Afrique du Sud, où le maïs TELA a été commercialisé en 2016, il a permis aux agriculteurs d'obtenir des récoltes malgré des conditions très défavorables, notamment l'invasion de la légionnaire d'automne.

 

Les variétés TELA sont sélectionnées pour tolérer les sécheresses modérées qui sévissent depuis longtemps dans la région. Les sécheresses peuvent souvent entraîner des pertes totales pour les producteurs de maïs, mais elles ne constituent pas le seul défi auquel ils sont confrontés. Les variétés TELA sont également développées pour résister aux insectes ravageurs des tiges capables de décimer les champs, ainsi qu'à la légionnaire d'automne qui constitue une menace croissante pour la sécurité alimentaire dans la région.

 

Godfrey Asea, le chercheur principal du projet TELA en Ouganda et directeur du NaCCRI, a déclaré à l'Alliance pour la Science que le NaCCRI ferait bientôt parvenir au Comité National de Biosécurité de l'Ouganda une demande visant à mettre en place des tests multi-sites des variétés Bt, ce qui conduirait à leur déploiement auprès des petits exploitants agricoles en Ouganda.

 

Asea a déclaré que des essais sur le terrain en Ouganda ont montré que les variétés TELA résistent non seulement à la sécheresse, mais également de manière significative à la légionnaire d’automne, un fléau répandu dans les champs de maïs du pays.

 

Il a ajouté que les variétés peuvent produire jusqu'à 100 quintaux par hectare dans des conditions favorables et entre 30 et 40 quintaux dans des conditions activant la tolérance à la sécheresse. Les variétés non GM, quant à elles, ont du mal à produire 10 quintaux dans ces conditions défavorables.

 

Malgré les essais sur le terrain réussis, le maïs TELA doit encore faire face à d'importants obstacles avant de pouvoir atteindre les agriculteurs de nombreux pays africains.

 

Les efforts visant à promouvoir les variétés TELA en Ouganda ont subi un dur coup à la fin du mois d'août lorsque le président Yoweri Museveni a refusé de signer un projet de loi sur la biosécurité adopté par le Parlement en 2017. C'est la deuxième fois qu'il a renvoyé le projet de loi, anciennement connu sous le nom de National Biotechnology and Biosafety Bill (projet de loi sur la biotechnologie et la biosécurité) et rebaptisé Genetic Engineering Regulatory Act (GERA) Bill (projet de loi sur la loi sur la réglementation du génie génétique), au Parlement pour un nouvel examen et des modifications.

 

Au Kenya, le président Uhuru Kenyatta a manifesté son soutien à la biotechnologie, mais son adoption officielle a été lente. Cependant, une demande d’approbation des variétés de maïs TELA pour une utilisation généralisée a récemment été soumise à l’Autorité Nationale de Biosécurité, à la suite de la décision prise en 2015 par le conseil d’accorder une approbation conditionnelle pour les essais de performance des variétés.

 

Oikeh a indiqué que le Kenya perd actuellement, chaque année, environ 400.000 tonnes de maïs, d’une valeur de 90 millions de dollars, à cause des foreurs de tige, ce qui équivaut au montant dépensé annuellement pour importer du maïs afin de répondre à la demande du pays.

 

Parmi les sept pays du projet TELA – Afrique du Sud, Éthiopie, Kenya, Mozambique, Nigeria (qui a rejoint le projet en avril 2019), Ouganda et Tanzanie – seule l'Afrique du Sud a commercialisé le maïs TELA. Les essais sont terminés au Mozambique et les variétés seront mises à la disposition des agriculteurs en attendant les approbations des organismes gouvernementaux compétents. Des essais sont également en cours en Ethiopie, au Nigeria et en Tanzanie.

 

Les variétés de maïs conventionnel résistantes à la sécheresse (TEGO) diffusées dans le cadre du projet WEMA se sont bien comportées en Ouganda, permettant à la production de maïs d'augmenter d'un million de tonnes en 2005 à trois millions de tonnes par an. Anthony Okello, producteur de maïs dans le district de Kole, dans le nord de l'Ouganda, a déclaré qu'il avait hâte de mettre la main sur les nouvelles variétés TELA.

 

« Je suis tout à fait prêt à les cultiver », a-t-il déclaré, ajoutant que ses 8 hectares de maïs avaient récemment été touchés par la légionnaire dautomne.

 

David Wanzala, agriculteur et distributeur de semences dans le district de Masindi, dans la région occidentale de l'Ouganda, a déclaré que toute variété susceptible d'aider les agriculteurs à réduire la quantité de produits chimiques pulvérisés dans leurs champs serait la bienvenue.

 

« Les agriculteurs me demandent toujours s'il existe de nouvelles variétés résistantes à la légionnaire d'automne et au foreur des tiges. Je pense donc qu'une variété résistante rapidement mise à la disposition des agriculteurs avec le soutien du gouvernement serait une bonne nouvelle », a-t-il déclaré.

 

______________

 

* Source : https://allianceforscience.cornell.edu/blog/2019/10/can-tela-maize-solve-the-acute-food-shortages-in-sub-saharan-africa/

 

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Il est là 02/12/2019 07:49

Franchement quand j'entends les biotausaurus accuser les chercheurs qui fond les OGM d'être corrompus et des criminels contre l'humanité alors que leur invention pourrait sauver des vies entières alors qu'eux mêmes se contentent de beaux discours et d'apporter de la nourriture de l'étranger aux pauvres gens sans se soucier de leur autonomie alimentaire ou leur donner des ocnseils d'agricultures à deux balles alors qu'ils connaissent autant le sujet que moi je connais les noms des Rois du Myanmar.... ça me fait mal au coeur pour ces savants.

Et c'est là que je me demande, que puis-je faire pour les aider ces braves ?

Seppi 04/12/2019 17:20

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Croyez-vous que ces gens apportent de la nourriture ? Greenpeace ?