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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Glyphosate : désinformation et mensonge d'Etat » dans la Tribune

10 Décembre 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Glyphosate (Roundup)

« Glyphosate : désinformation et mensonge d'Etat » dans la Tribune

 

Glané sur la toile 445

 

 

Les merveilleuses « solutions » de l'INRA résumées en un tableau... (source)

 

 

« Glyphosate : désinformation et mensonge d'Etat » est une tribune parue dans la Tribune du 26 novembre 2019 et signée par MM. Gérard Kafadaroff, André Fougeroux, Jean-François Proust, ingénieurs agronomes, et Philippe Joudrier, directeur de recherche honoraire de l'INRA, membres du Collectif Science-Technologies-Actions.

 

Elle rebondit sur le rapport d'information de la mission d'information commune (à deux commissions de l'Assemblée Nationale) sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate dont les médias se sont fait assez largement l'écho. Les conclusions de ce rapport – pas grand chose de nouveau par rapport à ce que l'on savait déjà – devraient être sans appel pour l'intention du gouvernement de « sortir » du glyphosate fin 2020 :

 

  • Il y a des impasses agronomiques.

     

  • En particulier, l'agriculture de conservation (et de régénération) des sols – la voie d'avenir dans une optique environnementale et climatique – sera (le rapport dit « pourrait être ») remise en question.

     

  • Des cultures aux fortes contraintes techniques, par exemple le lin, la production de légumes ou la production de semences, seront fortement impactés.

     

  • Ce qui est présenté comme des « solutions » – essentiellement le recours au travail du sol – pose des problèmes agronomiques et est désastreux sur le plan environnemental. Un seul chiffre : 226.000 tonnes de CO2 supplémentaires émis dans l'atmosphère selon l'AGPB (l'équivalent de quelque 100.000 voitures).

     

  • Ce qui est présenté comme des « solutions » a un coût très important en frais de main d'œuvre (12,7 millions d'euros d'heures supplémentaires), de consommation de carburant (87 millions d'euros), d'investissements en matériels nouveaux, etc. L’AGPB a évalué le surcoût à 950 millions d’euros pour l’ensemble des producteurs de céréales, et à 2 à 3 milliards d’euros si le calcul est appliqué à toutes les filières de grande culture. Les charges des exploitations seraient alourdies de 50 et à 150 euros l'hectare. Les coûts de production du blé augmenteraient de 10 euros la tonne.

     

  • En conséquence, la pérennité de nombreuses exploitations est menacée.

     

  • L'agriculture n'est pas la seule activité à être impactée. C'est aussi le cas de tous les acteurs économiques qui doivent maintenir des surfaces propres pour des raisons de sécurité, notamment de la SNCF. « Une étude économique réalisée par un cabinet extérieur a chiffré l’application des solutions alternatives au glyphosate les plus crédibles aujourd’hui à 16 fois les coûts actuels pour maintenir les standards de sécurité (soit 500 millions d’euros, ou 350 millions d’euros selon les scénarios, contre 30 millions d’euros aujourd’hui). [...] la SNCF n’a pas d’alternative immédiate à l’usage du glyphosate, hormis un traitement thermique qui imposerait chaque année la consommation de 3 millions de litres de gasoil ainsi que de 550 millions de litres d’eau pour en maîtriser les risques d’incendie. »

 

Bien sûr, les rapporteurs ont mis les formes dans toute la mesure du possible. La survie des exploitations n'est pas en jeu, mais « [l]’équilibre économique des exploitations sera difficile à trouver sans un accompagnement financier ».

 

Et que signifie « accompagnement financier » ? La main de l'État qui plonge dans la poche du contribuable pour compenser (sans nul doute de manière bien insuffisante) les dégâts d'une mesure qui tient du caprice présidentiel. En conséquence, une péjoration de la compétitivité de l'économie française.

 

 

(Source)

 

 

Les auteurs de la tribune nous administrent une piqûre de rappel sur les origines de ce fiasco, la décision irréfléchie de Président Emmanuel Macron, l'hystérie collective « alimentée par la surenchère des militants écologistes, des réseaux sociaux et d'une majorité des médias », les conséquences pour les agriculteurs, les médias qui s'éloignent du journalisme et la victoire du militantisme écologique).

 

Citons une phrase :

 

« L'interdiction du glyphosate programmée pour fin 2020 va à l'encontre d'une agriculture agroécologique pourtant fortement promue, sans susciter la moindre interrogation des responsables politiques de tous bords et bénéficiant de l'étonnante passivité du milieu scientifique et de la tiédeur des organisations professionnelles agricoles pourtant directement concernées. »

 

 

(Source)

 

 

En conclusion :

 

« Le mensonge d'Etat sur le glyphosate va coûter cher à la France et à son agriculture à nouveau privée d'un outil contribuant à sa compétitivité. Plus grave, il marque l'abandon de la gestion rationnelle et éclairée du pays et le recours à la manipulation de l'opinion pour des bénéfices électoraux immédiats. Il est encore temps pour les politiques de prendre la seule bonne décision qui s'impose : s'en tenir à la réglementation européenne et autoriser le glyphosate. »

 

Nous ne pouvons que conclure par une question : y a-t-il un décideur politique pour dire au Président Emmanuel Macron que, sur ce dossier, il faut tirer la prise ?

 

 

(Source)

 

 

 

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R
Bonjour
IL y a une alternative. On abandonne le glyphosate, on continue à refuser les OGM et on abandonne aussi l'idée d'avoir une agriculture fonctionnelle pour l'alimentation en France (et en Europe) et on importe tout des EU, du Brésil ou d'Australie. Les agriculteurs qui restent entretiennent le paysage pour le tourisme. C'est juste un choix de société. Ah! on abandonne aussi bien sûr la production de semences (juste un milliard d'euros d'excédent commercial ,on s'en fiche...). Le bilan environnemental sera nul ou négatif, mais on aura des coquelicots.
cordialement
Cordialement
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S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

J'avais compris… un Puy du Fou à l'échelle nationale...
M
Je ne parlait pas de produire, juste une vitrine pour bobo étranger, avec des éoliennes, des panneaux photo-voltaïque, des Pierre Rabhi qui aime la terre et ou tous le monde pourras admirer notre bonheur intérieur brut. On peu même faire des activités pour ceux qui se sentent grisés par la merveilleuse biodynamie (payantes bien sûr).
S
@ max le vendredi 13 décembre 2019 à 15:50

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Mais vous faites erreur, au moins en partie : il ne serait plus question de produire… juste entretenir. Mais il est vrai que l'on pourrait aussi avoir quelques écomusées si on trouve de solides gaillards capables de manier la faux.
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

C'est effectivement à étudier...
M
Faut en profiter pour ouvrir un écomusée à l'échelle du pays. Les gens du monde entier pourront voir comment fonctionnait un pays en 1900.
A
L'agriculture de conservation n'est que du bidon pour justifier l'importance du glyphosate; derrière cette grosssiére fumisterie ce cache les sales lobbyistes défenseurs des pesticides. Une fois que vous avez connaissance de cela vous avez tout compris sur le "débat" du glyphosate, car l'abandon de celui impacte directement les profits des firmes pesticides/OGM qu'ils défendent.
C'est ainsi que vous trouverez régulièrement ce genre de billets mensongers rédigés par toute une mafia qui se moque complétement de l'avenir de votre santé et du désastre environnemental dans lequel elle vous conduit avec ces poisons.
Répondre
S
@ yann le mardi 10 décembre 2019 à 18:28

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Il n'y a pas de quoi se fâcher…

J'ai comme l'impression que c'est le grand spécialiste du sulfate de cuivre qui nous a tant régalé sur le site agriculture de Greenpeace.
S
@ pierre marie le mardi 10 décembre 2019 à 18:07

Bonjour,

Merci pour votre contribution.

Ce que vous décrivez est en effet l'expérience généralement dégagée du passage vers l'agriculture de conservation. Encore minoritaire en France, largement répandue au Brésil.
S
@ fm06 le mardi 10 décembre 2019 à 12:08

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Le suspense est insoutenable...
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Vous avez sans nul doute quoi étayer des affirmations aussi tranchées écrites dans un style fleuri.

Lionel, auriez-vous changé de "genre" ?

Au cas où vous l'auriez zappé, le glyphosate est tombé dans le domaine public en 2000. Les producteurs sont nombreux et il y a des formulations à des prix défiant toute concurrence. Si vous pensez que des "firmes pesticides/OGM" font des super-profits avec le glypho...
Y
"derrière cette grossière fumisterie ce cache les sales lobbyistes défenseurs des pesticides."
Là il faut oser! Deux possibilités soit vous êtes une de ces activistes sans fois ni scrupules prêt a raconter n'importe quoi avec comme seul argument que la fin justifie les moyens soit une handicapée, incapable de se servir d'un clavier pour savoir qui sont ceux qui développent l'agriculture de conservation.
https://www.apad.asso.fr/
Je côtoie les agriculteurs engagés dans ces pratiques assez régulièrement pour pouvoir affirmer que si il y a bien des personnes libres et au service de personnes ce sont bien eux.
Quand a cette phrase:"C'est ainsi que vous trouverez régulièrement ce genre de billets mensongers rédigés par toute une mafia qui se moque complétement de l'avenir de votre santé et du désastre environnemental dans lequel elle vous conduit avec ces poisons".
Vous commencer vraiment pauvre petite …. a nous gonfler avec vos insinuations aussi insultantes que débiles. Marre des donneurs de leçon ignares qui n'ont que leurs certitudes/croyances de malades mental amélioré d'une incompétence crasse en agronomie comme argument pour nous insulté !