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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Escroquerie des « glyphotests » : s'il n'y en a plus qu'un, de média national, c'est le Point

22 Décembre 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Glyphosate (Roundup), #critique de l'information, #Activisme

Escroquerie des « glyphotests » : s'il n'y en a plus qu'un, de média national, c'est le Point

 

Glané sur la toile 450

 

 

Fiers d'avoir été escroqués...

 

 

Nous avions titré le 19 décembre 2019 : « Les "glyphotests" du laboratoire BioCheck taxés de malhonnêteté ». Le même jour, sous la signature de Mme Géraldine Woessner, le Point a produit une analyse allant dans le même sens sous le titre : « Preuve à l'appui : les glyphotests sont bidon ! »

 

En chapô :

 

« VIDÉO. Une analyse sous contrôle d'huissier s'est intéressée aux "pisseurs de glyphosate". Sa conclusion : c'est une vaste opération de manipulation de l'opinion. »

 

 

C'est une excellente analyse reprenant les points essentiels. La conclusion :

 

« Pour Jean-Alain Divanac'h, président de la FDSEA du Finistère, "la non-fiabilité du laboratoire allemand est aujourd'hui avérée : étant les plus exposés en tant qu'agriculteurs, nous n'avons pourtant pas dans nos urines de traces quantifiables de l'herbicide. Pour nous, ces associations sont malhonnêtes. Qu'elles soient contre Monsanto ou anticapitalistes, c'est très bien. Mais elles n'ont pas à polluer le débat public et médiatique en utilisant des tests biaisés pour servir leurs causes", regrette-t-il. "En pleine campagne électorale, de nombreux politiques sont tentés, on le voit, d'utiliser cette propagande populiste. Ils doivent conserver leur esprit critique !" Plusieurs maires, en effet, ont justifié par ces glyphotests la prise d'arrêtés interdisant l'épandage de pesticides à moins de 150 mètres des habitations. Des décisions "irrationnelles", qui coûtent cher à la collectivité : "Il faut arrêter de déborder les tribunaux avec ces procédures. La justice ne doit pas être instrumentalisée." On ignore encore, aujourd'hui, ce que vont devenir les 2 960 plaintes d'ores et déjà déposées. »

 

Cela mérite peut-être une brève analyse.

 

On peut raisonnablement mettre au bénéfice des initiateurs de l'opération des dosages de glyphosate une méconnaissance des limites et insuffisances des tests de BioCheck. Mais la question suivante prend alors une plus grande importance : quid quand les doutes, de plus en plus sérieux, ont commencé à poindre, quand des objections de taille comme la non-accréditation du laboratoire BioCheck pour des analyses médicales humaines ont été soulevées, et que les opérations de dosages se sont nénamoins poursuivies ?

 

Y aura-t-il des « pisseurs » volontaires pour porter plainte pour escroquerie ?

 

Nous apprenons par ailleurs que la FDSEA d'Ille-et-Villaine introduit une action contre les « pisseurs involontaires » :

 

« Nous y dénonçons les procédés de communication mensongers de ce collectif ainsi que l’incitation au harcèlement et à la violence contre les agricultrices et les agriculteurs français. Il n’est plus acceptable ni supportable que de tels agissements et de telles manipulations de nos concitoyens restent impunis. »

 

 

(Source)

 

 

S'agissant de la pollution du débat public et médiatique, les « pisseurs involontaires » ont sans nul doute actionné les bons leviers. Mais ne faut-il pas incriminer essentiellement les acteurs et influenceurs du débat public que sont les médias ?

 

M. Jean-Alain Divanac'h a raison d'évoquer les politiques utilisant une propagande populiste. Mais le problème est plus sérieux. Il peut s'illustrer par un article du Parisien, « Hauts-de-Seine : le tribunal donne encore raison aux maires anti-glyphosate » : il y a une instrumentalisation en boucle des pouvoirs politiques, judiciaires et médiatiques. Le Parisien écrit :

 

« Et trois victoires de plus. Le tribunal administratif (TA) de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise) a validé trois arrêtés municipaux anti-pesticides supplémentaires, ce jeudi.

 

Une semaine après l'audience, les magistrats ont rejeté les référés-suspension du préfet des Hauts-de-Seine l'opposant aux maires de Bagneux, Nanterre et Malakoff. Le tribunal a en revanche suspendu l'arrêté pris par la ville de Garches. »

 

Non, rejeter une demande de suspension ne revient pas à « valider ». Et tant les politiques que les juges des référés savent très bien que les arrêtés ne résisteront pas à un examen quant au fond.

 

Mme Géraldine Woessner s'interroge au bout du compte sur les plaintes d'ores et déjà déposées. On peut aussi se demander pourquoi les premières demandes n'ont pas encore été examinées. Ne devrait-on pas pouvoir attendre de la justice qu'elle accélère son cours quand elle sait qu'elle est instrumentalisée ? Quand elle sait que tant que les affaires qui sont portées devant elle pèsent sur les débats politiques et médiatiques tant qu'elle ne sont pas jugées ?

 

 

Un commentateur a écrit :

 

« […]

 

Les articles de Géraldine Woessner sont toujours frappés d'une grande rigueur, ce qui n'est pas le cas de l'ineffable Elise Lucet, qui bénéficie scandaleusement du porte-voix d'une chaîne de service publique. Malheureusement, il faut craindre que Mme Michu ait plus de faciliter à activer la télécommande qu'à lire le Point. Il est regrettable que les articles de Géraldine Woessner ne connaissent pas une plus large diffusion. Lire sont bouquin sur le nucléaire. »

 

 

Post scriptum

 

Dans un autre article, Mme Géraldine Woessner s'est faite didactique : « Tout comprendre aux résultats d'un glyphotest ».

 

Une page locale d'Ouest France – un journal qui nous a paru particulièrement assidu dans la promotion des « pisseries » – s'interroge : « Deux-Sèvres. Pisseurs de glyphosate : les analyses étaient-elles fiables ? » C'est derrière un péage... nous n'aurons donc pas la réponse à la question.

 

20 Minutes a répercuté l'information sur la plainte de la FDSEA d'Ille-et-Villaine... en l'assortissant d'une vidéo nauséabonde anti-Monsanto. Ou comment ridiculiser l'information principale par une diversion... et entretenir la glyphophobie...

 

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