« Électrosensibles, anti-vaccins : quand la justice valide l'antiscience » dans l'Express
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(Source)
« Électrosensibles, anti-vaccins : quand la justice valide l'antiscience » de M. Paul Conge est un excellent article sur les dérives du système judiciaire quand la science et la technologie sont invitées au débat. Dommage qu'il soit derrière un péage.
Le premier exemple pour la mise en train de la démonstration :
« L'homme, technicien dans une entreprise de télécommunications, s'était effondré au sol. Un malaise inexpliqué, une tachycardie soudaine. Il a dû être évacué aux urgences. Depuis son lit d'hôpital, le salarié accusera la nuée de téléphones portables dans la pièce à côté. Depuis des années, il se disait "électrosensible", ou "EHS", c'est-à-dire hypersensible aux ondes électromagnétiques, celles qui émanent du WiFi, des appareils électroménagers ou des téléphones... Une pathologie absolument pas validée par la médecine. Il n'empêche, cinq ans plus tard, le 27 septembre 2018, le tribunal des affaires sociales de Versailles l'a reconnu victime d'un accident du travail, en raison de son "intolérance aux ondes". »
Le problème qui se pose ne se limite évidemment pas à l'électrosensibilité et aux accidents vaccinaux allégués.
Il ne se limite pas à des griefs tirés d'une atteinte alléguée, mais en théorie réelle. Le « principe de précaution » habilement invoqué et malencontreusement retenu par des juges offre un potentiel immense. Nous attendons de voir ce que la justice fera des gesticulations des « pisseurs de glyphosate »... ils pourront aussi se fonder sur une autre belle invention, le préjudice d'anxiété.
Et le chapô est un peu court :
« En donnant parfois gain de cause à des personnes se disant victimes de vaccins ou des ondes électromagnétiques, les tribunaux s'attirent les foudres des scientifiques. »
« En donnant parfois gain de cause... », au mépris de ce qui disent la science et la raison, la justice ouvre des perspectives alléchantes pour un activisme qui s'attaque aux fondements même de notre société.
On peut, bien sûr, critiquer les juges qui « n'y entravent rien » ou qui ont des sensibilités personnelles les poussant à repousser les limites du droit, voire à prendre quelques libertés.
On peut aussi s'inquiéter du génie inventif des plaideurs, et surtout des activistes qui ont compris que la justice peut être instrumentalisée à l'appui de leurs causes ou, plus prosaïquement, de leurs fonds de commerce.
Nous devons surtout nous inquiéter de ce que nous faisons – ou ne faisons pas – pour éviter une dérive que l'on peut sans nul doute qualifier d'inquiétante.
La conclusion de l'article nous livre un exemple :
« Même coup de force à Foix (Ariège). Pour cela, un rapport de l’Anses a été mis sous le nez des juges. Il suggère d’"étudier le montage de filtres" sur les compteurs électriques pour éviter la "propagation de signaux CPL" – point sur lequel s’appuient toutes les décisions de justice. Sous-entendu, il pourrait bel et bien y avoir un risque ? "Nous aurions dû préciser que cette pose de filtre s’effectue dans une approche sociale, pour apaiser la polémique. Il n’y a aucun lien avec un effet sanitaire", rectifie aujourd’hui Olivier Merckel, chef de l’unité d’évaluation des risques liés aux agents physiques de l’Anses. Tant de décisions fondées sur une erreur… »
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