Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Électrosensibles, anti-vaccins : quand la justice valide l'antiscience » dans l'Express

28 Décembre 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information

« Électrosensibles, anti-vaccins : quand la justice valide l'antiscience » dans l'Express

 

Glané sur la toile 453

 

 

(Source)

 

 

« Électrosensibles, anti-vaccins : quand la justice valide l'antiscience » de M. Paul Conge est un excellent article sur les dérives du système judiciaire quand la science et la technologie sont invitées au débat. Dommage qu'il soit derrière un péage.

 

Le premier exemple pour la mise en train de la démonstration :

 

« L'homme, technicien dans une entreprise de télécommunications, s'était effondré au sol. Un malaise inexpliqué, une tachycardie soudaine. Il a dû être évacué aux urgences. Depuis son lit d'hôpital, le salarié accusera la nuée de téléphones portables dans la pièce à côté. Depuis des années, il se disait "électrosensible", ou "EHS", c'est-à-dire hypersensible aux ondes électromagnétiques, celles qui émanent du WiFi, des appareils électroménagers ou des téléphones... Une pathologie absolument pas validée par la médecine. Il n'empêche, cinq ans plus tard, le 27 septembre 2018, le tribunal des affaires sociales de Versailles l'a reconnu victime d'un accident du travail, en raison de son "intolérance aux ondes". »

 

Le problème qui se pose ne se limite évidemment pas à l'électrosensibilité et aux accidents vaccinaux allégués.

 

Il ne se limite pas à des griefs tirés d'une atteinte alléguée, mais en théorie réelle. Le « principe de précaution » habilement invoqué et malencontreusement retenu par des juges offre un potentiel immense. Nous attendons de voir ce que la justice fera des gesticulations des « pisseurs de glyphosate »... ils pourront aussi se fonder sur une autre belle invention, le préjudice d'anxiété.

 

Et le chapô est un peu court :

 

« En donnant parfois gain de cause à des personnes se disant victimes de vaccins ou des ondes électromagnétiques, les tribunaux s'attirent les foudres des scientifiques. »

 

« En donnant parfois gain de cause... », au mépris de ce qui disent la science et la raison, la justice ouvre des perspectives alléchantes pour un activisme qui s'attaque aux fondements même de notre société.

 

On peut, bien sûr, critiquer les juges qui « n'y entravent rien » ou qui ont des sensibilités personnelles les poussant à repousser les limites du droit, voire à prendre quelques libertés.

 

On peut aussi s'inquiéter du génie inventif des plaideurs, et surtout des activistes qui ont compris que la justice peut être instrumentalisée à l'appui de leurs causes ou, plus prosaïquement, de leurs fonds de commerce.

 

Nous devons surtout nous inquiéter de ce que nous faisons – ou ne faisons pas – pour éviter une dérive que l'on peut sans nul doute qualifier d'inquiétante.

 

La conclusion de l'article nous livre un exemple :

 

« Même coup de force à Foix (Ariège). Pour cela, un rapport de l’Anses a été mis sous le nez des juges. Il suggère d’"étudier le montage de filtres" sur les compteurs électriques pour éviter la "propagation de signaux CPL" – point sur lequel s’appuient toutes les décisions de justice. Sous-entendu, il pourrait bel et bien y avoir un risque ? "Nous aurions dû préciser que cette pose de filtre s’effectue dans une approche sociale, pour apaiser la polémique. Il n’y a aucun lien avec un effet sanitaire", rectifie aujourd’hui Olivier Merckel, chef de l’unité d’évaluation des risques liés aux agents physiques de l’Anses. Tant de décisions fondées sur une erreur… »

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Maître Folace 30/12/2019 11:24

Dans un autre domaine que je connais mieux, le nucléaire, j'avais déjà signalé que la commission du débat public sur l'avenir des déchets nucléaires comprenait dans son comité de pilotage une juriste (présidente), un ingénieur en agro-économie un chercheur en physique théorique, une philosophe et une psychiatre. On aurait cherché en vain un neutronicien, un médecin, un hydrologue, un géologue....
Plus fort le lien suivant montre qu'aucun avis scientifique n'a été pris en compte, même pas celui des académies des sciences et technologies mais qu'au contraire le rapport fait la part belle aux "usual suspects", Greenpeace, FNE, Wise France, etc....
https://www.sauvonsleclimat.org/fr/base-documentaire/la-science-proscrite-du-debat-public-sur-les-dechets-nucleaires
Je suppose que c'est ce que Marie-Ségolène de l'Enfant Jésus, madone du Poitou et des Pôles réunis appelle "science participative", càd une science d'où il importe d'exclure les scientifiques qui risqueraient de la polluer.
Je profite de ce message pour remercier il est là pour ses sympathiques voeux de Noël.

Seppi 01/01/2020 14:24

@ Maître Folace le lundi 30 décembre 2019 à 11:24

Bonjour et meilleurs vœux pour 2020.

Merci pour votre commentaire.

J'ai entendu un discours de président de la République et une allusion au nucléaire. Et je m'interroge… n'aurait-on pas aussi une "politique participative", càd une politique d'où il importe d'exclure les scientifiques qui risqueraient de la polluer ?

Francois Tursan 29/12/2019 21:45

Nous connaissions le Haut Conseil des Biotechnologies, doté d'un Comité Scientifique, mais aussi d'un Comité Economique, Ethique et Social dont l'éthique correspond à l'étiquette politique de ses membres majoritaires. Le second comité torpillant les avis du premier, l'objectivité scientifique est jetée à la poubelle.
Désormais, on constate qu'à l'intérieur même de l'ANSES comme de l'INRA ou autres instituts en principe scientifiques, les rédacteurs de rapports s'arrangent pour glisser, au nom du "principe de précaution" dévoyé, des ajouts permettant aux écolos et aux décideurs politiques de ne pas tenir compte de l'essentiel de l'avis, de trancher dans le sens de la démagogie.

Seppi 01/01/2020 14:15

@ Il est là le lundi 30 décembre 2019 à 09:34

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Se tirer une balle dans le pied ? Je crains fort que cla ait déjà été fait. Et pas qu'une seule balle...

Seppi 01/01/2020 11:57

@ Francois Tursan le dimanche 29 décembre 2019 à 21:45

Bonjour et meilleurs vœux pour 2020.

Merci pour votre commentaire.

Entièrement d'accord. Et c'est vrai aussi pour la justice… hélas...

Il est là 30/12/2019 09:34

François Tursan

Ah d'accord je comprends mieux maintenant pourquoi quand je regarde les sujets agricoles sur le site de l'INRA (notamment l'élevage et le glyphosate) je vois que les économistes ou les sociologues ont un avis divergent de celui des agronomes.

Est-ce qu'un jour ces institutions se rendront compte qu'en donnant autant de poids à la parole des économistes et des sociologues qu'à celle des agronomes scientifiques elles risquent de se tirer une balle dans le pied ?

Francois Tursan 29/12/2019 21:47

Je faisais allusion à votre dernier paragraphe au sujet des filtres sur compteurs électriques.