Sur le Blog du Communicant : « AgriBashing & Communication : Piège inextricable ou opportunité d’évoluer ? »
Glané sur la toile 430
« Si une célèbre émission de télé-réalité a décrété que "l’amour est dans le pré", il semblerait plutôt que c’est son versant opposé de la haine qui y prolifère comme du chiendent. En l’espace d’à peine une décennie, rarement une profession comme celle d’agriculteur a autant catalysé les griefs de la société française. En réaction, le monde agricole brandit l’agribashing comme une déviance inacceptable et joue de la victimisation pour tenter de défendre sa cause. Au risque cependant d’une déconnexion latente d’avec l’opinion publique qui ne morigène pas les agriculteurs mais les pratiques d’une certaine agriculture qui n’est plus acceptée. Tour d’horizon des enjeux et des issues. »
C'est le chapô d'une longue et belle analyse, « AgriBashing & Communication : Piège inextricable ou opportunité d’évoluer ? »
Reste cependant à savoir ce qu'est « l’opinion publique ».
Ne serait-ce pas la musique savamment orchestrée et diffusée par les agribasheurs et leurs idiots utiles des médias et des réseaux sociaux ? Les slogans éructés dans des mégaphones plutôt que le bruissement de la foule ?
Les critiques des « pratiques d’une certaine agriculture qui n’est plus acceptée » séduisent-elles – prétendument – parce que, d'une part, elles sont rabâchées avec constance et insistance et, d'autre part, elles ne font pas l'objet de réponses appropriées ?
Nous écrivons « prétendument » car les sondages montrent que le public a une bonne opinion des agriculteurs.
(Source)
Une communication intelligente peut donc tomber sur un bon terreau.
Deux intertitres résument bien l'objectif et la méthode d'une stratégie de communication efficace : « Reconquérir le grand public » et « On range les fourches pour ouvrir les bouches ! »
« Plutôt que s’enfermer dans une opposition frontale à un agribashing qui finalement ne rend pas compte de la réalité plus diverse et complexe du monde agricole, la profession est en mesure de proposer une autre ligne de discours plus ouverte aux attentes de la société tout en s’autorisant la possibilité d’expliquer ses propres contraintes et difficultés et de montrer qu’elle change progressivement et concrètement. Evidemment, ce dispositif doit être articulé avec cohérence et ne pas se disperser dans une multitude de voix cacophoniques. Une chose est sûre : ouvrir la bouche est éminemment plus profitable que sortir la fourche ! »
Reste encore à savoir, à notre avis, ce qu'il faut entendre par « elle change progressivement et concrètement ». Si c'est aller dans le sens des « attentes de la société » – artificiellement créées et suscitées (y compris par les milieux agricoles et agroalimentaires eux-mêmes) –, le problème ne fera que se déplacer.
Il faut voir les choses en face : il y a une forme d'agribashing qui est devenue un véritable fond de commerce pour des entreprises – souvent incorporées sous forme d'associations et servant de porte-flingues pour de puissants intérêts économiques – dont l'objectif devient rapidement leur pérennisation. Toute « victoire » obtenue par ces entreprises sera suivie par une nouvelle revendication et campagne de harcèlement des filières agricoles et agroalimentaires, de la grande distribution, à charge pour elle de peser sur l'amont, et des pouvoirs publics.
L'agriculture ne doit pas « s’autoris[er] la possibilité d’expliquer ses propres contraintes et difficultés » : elle doit s'engager résolument sur ce terrain et expliquer, en même temps et surtout, les enjeux pour la société – les citoyens-consommateurs.
(Source)
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