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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Pour M. Cédric Villani, Paris vaut bien une compromission avec L214

29 Novembre 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Politique, #élevage, #Alimentation

Pour M. Cédric Villani, Paris vaut bien une compromission avec L214

 

 

(Source)

 

 

Que ne ferait-on pas pour attraper quelques voix ! M. Cédric Villani, candidat à la Mairie de Paris a fait savoir par un gazouillis qu'il a signé un « engagement » auprès de l'association L214 qui milite officiellement pour la cause animale et, en réalité, l'abolition de l'élevage. La manœuvre est facile et, pour qui sait lire et connecter quelques neurones, transparente : il suffit d'accoler « intensif » à « élevage » et, ni vu ni connu, l'objectif réel est camouflé.

 

M. Cédric Villani gazouille donc le 24 novembre 2019 :

 

« Les animaux ont toute leur place dans nos villes et Paris ne fait pas exception, bien au contraire. Je me suis engagé auprès de @L214 à défendre leur intérêt dans les politiques publiques de la Ville. Maire de Paris, j'aurai un adjoint dédié au bien-être animal. #Animaux2020 »

 

Le truc concocté par les activistes de L214 est assez extraordinaire. Manifestement, ils ont assimilé les ficelles du fond de commerce de l'activisme.

 

Le candidat à une mairie de Paris – ou d'une autre commune boboïsée :

 

« déclare vouloir soutenir activement au sein du futur conseil municipal la mise en œuvre des mesures de l’engagement "Une ville pour les animaux". En tant que candidat·e, je veillerai à ce que le respect des animaux ait toute sa place dans mon programme et ma campagne. »

 

Non, il ne prendra pas les mesures... il ne fera que « soutenir », certes « activement »... Il ne mettra pas « le respect des animaux » dans son programme... il « veillera à ce que... »

 

Mais bien sûr, une fois le candidat élu, les activistes ne manqueront pas de lui rappeler un engagement qui sera interprété d'une manière un peu différente.

 

M. Cédric Villani a eu des soutiens, mais aussi son lot de critiques et de quolibets sur Twitter. Il faut dire que signer un papier intitulé « Une ville pour les animaux » quand les Parisiens se préoccupent de l'invasion de leur ville par les rats témoigne d'une belle niaiserie politique. « Une ville pour les animaux » ? Les rats, donc ? Les cafards, les moustiques, les punaises de lit ? Et les humains ?

 

 

(Source)

 

 

Il lui est reproché à juste titre de contribuer à l'agribashing.

 

 

 

 

Car, outre l'adjoint dédié au bien-être animal (avec une ligne budgétaire dédiée...), il y a des « engagements » de taille. Premièrement :

 

« Élevage & pisciculture

 

Intégrer le "bien-être animal" dans les critères d’attribution des marchés publics en matière de cantines scolaires et de restauration collective :

 

Exclure de la commande publique l’ensemble des produits issus de l’élevage intensif (viande, œufs, laitages, poissons d’élevage…) ;

 

Cesser de s’approvisionner auprès d’abattoirs pratiquant l’"étourdissement" au CO₂ des cochons, la suspension des volailles conscientes ou l’abattage sans "étourdissement". »

 

M. Cédric Villani – et les autres candidats qui signeraient cet engagement – a-t-il conscience des implications ? Qu'est-ce, pour commencer, qu'un « élevage intensif » ? Faudra-t-il des abattoirs et laiteries spécialisés dans la valorisation du non-intensif, une séparation de filières, un étiquetage particulier ? Y aura-t-il encore du saumon d'élevage sur la table ? Des pâtes aux œufs ?

 

Deuxièmement :

 

« • Augmenter la part de protéines végétales dans les menus dans la restauration collective :

 

Introduire deux repas végétariens ou végétaliens hebdomadaires ;

 

Instaurer une option quotidienne végétarienne ou végétalienne.

 

Même question... M. Cédric Villani est-il conscient que pour bon nombre d'enfants, le seul repas équilibré de la journée est celui de la cantine ? A-t-il conscience des risques pour la santé des enfants de l'alimentation « végétalienne » et de la responsabilité que prendrait une municipalité ?

 

On peut ajouter un troisièmement :

 

« • Mener des actions de sensibilisation auprès des restaurateurs et du grand public pour encourager et accompagner un développement significatif de l’offre végétarienne ou végétalienne. »

 

La police de l'assiette est pour bientôt...

 

Et pendant qu'on y est, un quatrièmement.

 

 

 

 

Hep, M. Cédric Villani... la santé publique ?

 

 

Post scriptum

 

L214 a publié un communiqué de presse pour annoncer un événement à Paris.

 

 

 

 

Message fièrement répercuté par France 3 Régions avec « L’association L214 appelle les candidats aux municipales à s’engager pour les animaux ». Vous avez dit « service public » ?

 

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jp 29/11/2019 19:41

ou va t' on?

Seppi 04/12/2019 15:15

@ Il est là le dimanche 01 décembre 2019 à 21:43

Bonjour,

Merci pour votre commentaire et les deux liens.

En voici un autre, non limité:

https://www.telegraph.co.uk/science/2019/11/27/meat-crucial-feeding-planet-going-vegan-not-green-say-scientists/

Une agriculture "végane" est évidemment "possible"... Impossible n'est pas français...

Mais les conséquences seraient dévastatrices. Les terres qui ne se prêtent pas ou mal à la culture retourneraient à la friche puis, avec un peu de chance, à une forêt plus ou moins productive. Les terres dites labourables ne porteraient plus de cultures destinées à l'alimentation animale, notamment les prairies temporaires. Les sous-produits ne seraient plus valorisés comme aujourd'hui (pensez aux tourteaux, sous-produits de l'extraction de l'huile)...

Et puis le dogmatisme "végan" s'opposerait aussi à la chasse et à la régulation des nuisibles. Ah les champs fraichement semés et à nouveau labourés par les sangliers qui ont suivi les lignes de semis…

Et puis oubliez les jolis rêves bucoliques d'une agriculture biologique ou "biodynamique" avec traction animale...

Il est là 01/12/2019 21:43

Dans le veganisme. Après est-ce que l'agriculture pourra s'adapter à la véganité ? Il y a qq jours les chercheurs en agronomie de l'Université d'Edimbourg ont tiré la sonette d'alarme sur la montée du mouvement vegan et affirment qu'une agriculture sans élevage n'est pas possible.
https://www.thetimes.co.uk/edition/news/vegans-could-be-bad-for-environment-say-scientists-k55s7ckb2?fbclid=IwAR1tK9RC8LRRLc3-HCy4V6mZJFRjkiaLrmowxVre5a8sQj5zq5DloJ20lGE

Sinon pour rebondir sur ce que dit Emmanuel Rizzi, je crois que c'est exagéré. A ma connaissance, L214 ne demande pas l'abolition des animaux de compagnie, par contre, elle demande aux propriétaires de chiens et de chats de nourrir leurs bêtes avec des croquettes végétales, c'est sur leur site internet.

https://vegan-pratique.fr/conseils-pratiques-vegan-pratique/chiens-et-chats-vegan/

Sinon moi perso j'attends encore que des laboratoires de recherche en agronomie type INRA ou des académies d'agriculture affirment qu'une agriculture vegan est possible.A ma connaissance, Elodie Vielle-Blanchard a interviewer des agronomes dans son livre vegan impact, presque tous se sont montrés très réticent sur la possibilité d'une agriculture sans élevage, c'est expliqué dans l'épilogue notamment

https://books.google.fr/books?id=0FNuDwAAQBAJ&pg=PT166&lpg=PT166&dq=elodie+vieille+blanchard+interview+agronome&source=bl&ots=KXh3MYKw31&sig=ACfU3U1TcRDGKaJUAlHbwqGpSEb9OQK2wA&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjThImPppXmAhUFdxoKHTnQAPIQ6AEwC3oECAkQAQ#v=onepage&q=elodie%20vieille%20blanchard%20interview%20agronome&f=false

En plus j'avais vu une interview, mais j'arrive plus à la retrouver, où elle disait que si es agronomes étaient réticents à accepter son idée c'est parce qu'ils étaient sentimentalements attachés à la prairie. traduction "J'ai une idée, je demande leur avis aux experts, ils me disent que c'est pas possible, bah c'est eux qui ont tord et moi je connais leur métier mieux qu'eux". Cela s'appelle du dogmatisme.

Seppi 30/11/2019 14:46

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Nous ne savons pas où nous allons, mais nous y allons d'un bon pas...