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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

France Inter se fait agent électoral pour M. Joël Labbé et ses lubies anti-pesticides

9 Novembre 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Pesticides, #Activisme

France Inter se fait agent électoral pour M. Joël Labbé et ses lubies anti-pesticides

 

 

(Source)

 

Il y a des jours où on a vraiment envie de hurler qu'il y en a marre !

 

Sous la signature de M. Clément Conte, France Inter a publié « Dangereux, les fongicides pourraient être interdits sur les pelouses des stades de foot et rugby ».

 

En chapô :

 

« Certaines études montrent que les fongicides utilisés sur les pelouses dans les stades représentent un danger pour les pratiquants. Un sénateur breton, Joël Labbé, compte faire une proposition de loi dès 2020 pour les interdire. »

 

Prenons les choses pas à pas.

 

 

« Dangereux, les fongicides » ?

 

Dans la mesure où tout est dangereux (même dormir dans un lit car on peut s'étrangler avec les draps, ou sortir du lit car on peut déraper avec le tapis), c'est exact. Mais tout dépend de la dose et des conditions d'emploi.

 

Cette assertion, telle qu'elle est formulée et sera entendue, est une exagération inacceptable.

 

 

« ...les fongicides... » ?

 

Quand on lit le texte, on se rend compte qu'il s'agit essentiellement d'une classe de fongicides, les – désormais fameux – SDHI, inhibiteurs de la succinate déshydrogénase.

 

Le titre est donc une exagération inacceptable.

 

 

« Dangereux, les fongicides » SHDI ?

 

Oui – voir ci-dessus – mais sans risque. Bémolisons : quand ils sont utilisés selon les préconisations d'emploi, et évidemment selon l'état actuel des connaissances (pas vraiment rudimentaires).

 

Le 15 janvier 2019, l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES) a publié un communiqué, « Fongicides inhibiteurs de la succinate déshydrogénase (SDHI) : l’Anses présente les résultats de son expertise », dont le résumé est comme suit :

 

« Un groupe de scientifiques a alerté sur les risques potentiels pour la santé de l’usage en agriculture des fongicides inhibiteurs de la succinate déshydrogénase (SDHI). Dans ce contexte, l’Anses a saisi un groupe d’experts indépendants afin d’examiner les hypothèses évoquées par ces scientifiques. Les experts ont pris en compte l’ensemble des données scientifiques disponibles afin de déterminer, notamment, si ces éléments constituaient une alerte sanitaire. A l’issue des travaux, l’Anses conclut que les informations et hypothèses évoquées n’apportent pas d’éléments en faveur d’une alerte sanitaire pour la santé humaine et l’environnement en lien avec l’usage agricole de ces fongicides qui pourrait justifier la modification ou le retrait des autorisations de mise sur le marché. Pour autant, l’Anses considère que le dossier n’est pas clos et poursuit les investigations.

 

De l'eau a depuis coulé sous les ponts... les attaques ne se sont pas calmées, au contraire, avec notamment l'insistance du meneur de la charge contre les SHDI, M. Pierre Rustin (voir par exemple dans Reporterre « Pesticides SDHI : "L’Anses n’a pas pris la mesure du drame" »), les accusations de M. Fabrice Nicolino dans son livre, « Le crime était presque parfait », ou encore une question posée par le député Loïc Prud'homme à l'Assemblée Nationale.

 

L'ANSES a répondu et maintenu sa position sur son site dans « SDHI : l’Anses fait le point sur les travaux lancés suite à l’avis de janvier 2019 ». Fait que l'on peut qualifier de nouveau, elle s'est aussi exprimée par la voix de ses dirigeants dans la presse, notamment dans le Point, dans « Pesticides : l'Anses répond aux "élucubrations" de Fabrice Nicolino ». Enfin, pour une fois, on peut louer les propos de M. Didier Guillaume, Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation : il est monté au créneau à l'Assemblée Nationale en réponse à M. Loïc Prud'homme (voir, dans le Parisien, « Pesticides SDHI : le ministre de l'Agriculture soutient l'Anses et les scientifiques »).

 

Tout cela passe à la trappe dans l'article de France Inter. Mais il n'est pas avare en anxiogenèse :

 

« C'est le journal l'Equipe qui le révélait il y a quelques mois. Des études sont menées par des chercheurs et ils l'affirment : ces pesticides sont potentiellement dangereux pour la santé des sportifs. Dès avril 2018, un collectif de médecins, cancérologues, toxicologues et chercheurs du CNRS, de l’Inserm, de l’Université, et de l’Inra alertait sur l'impact des antifongiques sur la santé sur le site de Libération. Des cancers et des maladies comme Parkinson ou Huntington seraient liés au SDHI, les inhibiteurs de la succinate déshydrogénase, des molécules présentes dans ces pesticides. »

 

Il n'y a, bien sûr, aucune référence à ces fameuses études. Cela répond donc à la première assertion du chapô, « Certaines études montrent que... »

 

C'est trop restreint ? On fait bafouiller au autre maître en génération de la peur :

 

« "Il y a aussi des perturbateurs endocriniens", précise François Veillerette, directeur de Générations futures, association de défense de l'environnement : "Des substances qui, même à faible dose, peuvent interagir avec notre système hormonal". L'impact de ces pesticides dépasseraient donc les limites du terrain : "Il y a les mamans qui accompagnent leurs enfants autour des pelouses. Elles sont parfois enceintes et et il peut y avoir des conséquences sur le futur fœtus", ajoute François Veillerette. »

 

 

« ...pourraient être interdits... »

 

C'est aller vite en besogne car...

 

 

« Un sénateur breton, Joël Labbé, compte faire une proposition de loi dès 2020 pour les interdire »

 

Quel truc sublime ! Il « compte faire »... Dans quelque temps on aura « a l'intention de faire », puis « va faire » et, enfin, « a fait ». Quels génies de la communication, ces Joël Labbé et Clément Conte !

 

Mais à lire l'article, on se rend compte que l'étape suivante semble un peu éloignée. Pour commencer, on va « sensibiliser » les entraineurs qui, comme M. Christian Gourcuff, n'ont « aucune information sur les pathologies possibles » et les joueurs :

 

« Un travail sera donc mené avec les joueurs : "On va aller les voir. Il faut qu'ils soient au courant. Il doit y avoir une prise de conscience des risques par rapport aux produits utilisés. Il faut que ça change." »

 

Et puis, on est quand même un peu embêté :

 

« Reste maintenant une question essentielle : à quoi vont ressembler les pelouses des stades de Ligue 1 et 2 de football, de Top 14 et Pro D2 de rugby, les terrains de golfs, si les jardiniers ne peuvent plus utiliser de pesticides ? La réponse de Patrice Therre, expert et membre de la commission "surfaces de jeu" à la Ligue de football professionnel (LFP) est sans appel : "On aurait des pelouses par endroit grillées, dégarnies. Je ne dis pas qu'elles ne seraient pas jouables, mais elles seraient sur le plan esthétique extrêmement dépréciées. Aujourd'hui, on demande beaucoup de choses à ces pelouses. Il faut qu'elles soient jouables en hiver, il ne faut pas qu'elles gèlent et il n'existe aucun système au monde qui permet d'obtenir ça _sans couvertures de produits phytosanitaires._"

 

Mais les lubies de M. Joël Labbé sont imperméables aux faits :

 

« Une situation délicate, mais pas impossible pour Joël Labbé : "Il y a des alternatives comme l'aération par exemple. Beaucoup d'efforts sont déjà faits. Il faut travailler sur ces questions de recherche et développement et continuer d'entretenir les pelouses. C'est primordial.»

 

 

Résumons, sur le mode un peu complotiste

 

M. Joël Labbé – et sans nul doute quelques autres de même obédience – souhaitent porter un nouveau coup de canif aux pesticides qu'ils honnissent. « Aujourd'hui, il est temps de réfléchir à ces 'trous dans la raquette », dit-il. Ces trous, ce sont les situations échappant à la loi qui porte son nom, laquelle, en résumé, interdit aux collectivités publiques d'utiliser des pesticides dans des espaces publics.

 

Comme le sujet est un peu délicat, il faut faire monter les peurs pour surmonter les réticences des gestionnaires de stades et autres équipements sportifs... Un journaliste de France Inter s'y colle...

 

France Inter, un service public...

 

 

Pour en savoir (un peu) plus

 

 

Post scriptum

 

Il y a du nouveau sur le front de l'activisme anti-SHDI avec la publication par PLOS One d'un article de l'équipe de Pierre Rustin, « Evolutionarily conserved susceptibility of the mitochondrial respiratory chain to SDHI pesticides and its consequence on the impact of SDHIs on human cultured cells » (sensibilité conservée au cours de l'évolution de la chaîne respiratoire mitochondriale aux pesticides SDHI et ses conséquences sur l'impact des SDHI sur les cellules humaines en culture). Rien de bien neuf... il y a loin de la cellule en culture in vitro au poussin poussant la balle sur un stade de foot. Mais c'est suffisant pour rameuter les amis des médias.

 

On ne peut que conseiller la lecteur de cette excellente analyse : « SDHI : Rustin en voie de séralinisation ? » sur Alerte-Environnement.

 

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M
Bonjour, France Inter est une radio qui vit avec nos redevances et, depuis peu, avec de la publicité. Après avoir été porte parole du P.S., elle est devenu porte parole de l'Agribasching et de nos chers moralisateurs BoBos écolos Franciliens. Il est temps de tourner le bouton de cette pseudo radio qui ne connait rien à l'agriculture Française.
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S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Malheureusement, ils ne sont pas les seuls. La profession agroalimentaire ferait bien de se secouer.
M
On dirait qu'après que l'ANSES est dit que Rustin ne lui avait envoyé aucune donné pour justifier ses dires, ce derniers c'est dépêcher de pondre ça à la va-vite. On voit qu'elle a été conçue pour les médias vu les limites qu'elle possède et le fait qu'il est contacté l'AFP et non pas l'ANSES. Génération future s'en est déjà emparé et va nous "démontrer" que notre nourriture (7,43%) est contaminé (par des doses ridicules) par des SDHI. <br /> <br /> https://www.generations-futures.fr/actualites/sdhi-etude-residus/<br /> En faite quand je disait que les doses était ridicule, ils ne les donnent pas.<br /> <br /> Delphine Batho voudrait elle qu'on se passa de l'ANSES pour prendre des déscision.<br /> <br /> http://www.leparisien.fr/societe/alerte-sur-les-fongicides-sdhi-une-etude-de-l-inserm-demontre-leur-toxicite-07-11-2019-8188722.php<br /> <br /> Cet événement nous montre à nouveau ou son les incompétents, les hypocrites et les manipulateurs parmi les journalistes (qui non pas lu l'étude, trop dure pour eux. En plus c'est en anglais, les mots sont trop bizarre), les politiques, les ONG et les chercheurs (pseudo chercheurs, il serait temps que le CNRS se débarrasse de Pierre Rustin et le mette à la retraite, et aussi de son équipe qui a accepter de participer à cette mascarade).
Répondre
S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Il va falloir s'atteler à ce qui est un gros scandale.