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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Fongicides SDHI : scandaleux emballement médiatico-activiste

20 Novembre 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #sdhi, #critique de l'information, #Activisme, #Pesticides

 

Fongicides SDHI : scandaleux emballement médiatico-activiste

 

 

 

 

Ce billet aura, hélas, une suite... Nous sommes engagés dans une longue saga.

 

 

 

 

Dans une livraison précédente, « Fongicides SDHI : voilà l'étude, mais elle nous laisse sur notre faim » nous avons vu que l'équipe de M. Pierre Rustin a enfin montré ses cartes dans son combat contre les fongicides SHDI (inhibiteurs de la succinate déshydrogénase), dont l'un des plus médiatisé (par l'activisme) est le boscalide.

 

 

C'est « Evolutionarily conserved susceptibility of the mitochondrial respiratory chain to SDHI pesticides and its consequence on the impact of SDHIs on human cultured cells » (sensibilité conservée au cours de l'évolution de la chaîne respiratoire mitochondriale aux pesticides SDHI et sa conséquence sur l'impact des SDHI sur des cellules humaines en culture – texte français ici).

 

 

L'étude confirme ce qu'ils avaient avancé, sans preuves scientifiques formelles, dans une tribune publiée dans Libération le 15 avril 2018, « Une révolution urgente semble nécessaire dans l’usage des antifongiques » (notre analyse ici) : les SDHI affectent la chaîne respiratoire d'organismes autres que les pathogènes cibles – de l'Homme, de l'abeille et du ver de terre. Sauf que...

 

 

...Sauf que les études ont été réalisées in vitro sur des cellules isolées (Homme) ou même des mitochondries extraites des cellules (abeille et ver de terre, ainsi que Botrytis cinerea servant de témoin). Au mieux donc, a-t-on mis en évidence un danger, et non un risque, car des effets in vitro ne sont pas prédictifs d'e l'existence d'effets in vivo. Si nous n'étions pas équipés, en tant qu'organismes entiers, pour résister aux agressions des agents extérieurs de toute sorte, y compris chimiques, notre café matinal nous serait probablement fatal.

 

 

C'est aussi sous réserve de confirmation, une étude isolée n'étant généralement pas suffisante pour établir des faits en biologie.

 

 

Les auteurs de l'étude ont été prudents dans leurs conclusions (c'est nous qui graissons) :

 

 

« […] ce manque de sélectivité [...] pourrait également constituer un risque supplémentaire pour les organismes exposés [...] »

 

 

Et, un peu poussés par un réviseur qui a demandé davantage de contextualisation, ils ont rappelé dans leur texte que :

 

 

« […] Bien sûr, il est extrêmement dangereux de comparer les valeurs de IC50 obtenues in vitro dans des conditions de laboratoire avec les concentrations de SDHI pouvant résulter de l'application de ces pesticides sur des cultures. »

 

 

Voilà donc le contexte dans lequel « on » a déployé une scandaleuse opération médiatico-activiste.

 

 

Ajutons que le soufflé médiatique est rapidement retombé, même s'il reste une traîne, notamment dans les milieux activistes, et que les manœuvres continuent pour raviver la flamme. De plus, la polémique suscitée par l'équipe de chercheurs n'a guère dépassé les frontières ; nous n'avons trouvé aucune référence en anglais.

 

 

 

 

CNRS : un titre putaclic et pas de contextualisation

 

 

 

 

(Source – c'est à vérifier, mais c'est une allégation grave, lourde de conséquences)

 

 

 

 

Le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) a publié le 7 novembre 2019 « Les fongicides SDHI sont toxiques pour les cellules humaines », un communiqué de presse au titre anxiogène et se composant d'un seul paragraphe.

 

 

Au principal :

 

 

« Des scientifiques français viennent de mettre en évidence que huit molécules fongicides SDHI commercialisées en France ne se contentent pas d’inhiber l’activité de la SDH des champignons, mais sont aussi capables de bloquer celle du ver de terre, de l’abeille et de cellules humaines, dans des proportions variables. »

 

 

On a juste oublié de préciser : « in vitro », et dans certains cas sur des mitochondries isolées. Et que l'on ne cible pas l'Homme, le ver de terre et l'abeille avec ces fongicides. Et encore que l'article scientifique est bien prudent sur l'importance pratique des résultats.

 

 

 

 

(Source – c'est peut-être aller vite en besogne, mais c'est à peu près ça.)

 

 

 

 

Il y a aussi :

 

 

« Enfin, les chercheurs et chercheuses ont montré que les conditions des tests réglementaires actuels de toxicité masquent un effet très important des SDHI sur des cellules humaines : les fongicides induisent un stress oxydatif dans ces cellules, menant à leur mort. »

 

 

Nous avons des doutes sur la pertinence de cette phrase. Voici comment est référencé le stress oxydatif dans le résumé de l'article scientifique :

 

 

« En revanche, lorsque la glutamine est la principale source de carbone au lieu du glucose, la présence de SDHI entraîne une mort cellulaire dépendante du temps. Ce processus est considérablement accéléré pour des fibroblastes provenant de patients atteints de maladies neurologiques ou neurodégénératives dues à une altération de la chaîne respiratoire (encéphalopathie due à un déficit partiel de SDH) et/ou à une hypersensibilité aux stress oxydatifs (ataxie de Friedreich, forme héréditaire de la maladie d'Alzheimer). »

 

 

C'est à croire que l'objectif réel a été de mettre en cause les tests réglementaires...

 

 

 

 

Le Monde Planète sur le mode anxiogenèse (évidemment)

 

 

Nous ne nous attarderons pas sur le compte rendu de Mme Émilie Torjemen, du Parisien, « Alerte sur les fongicides SDHI : une étude de l’Inserm démontre leur toxicité », équilibré et informatif. Sauf à relever qu'il n'a pas fait l'objet de commentaires, malgré un titre est démesurément alarmiste.

 

 

 

 

(Source)

 

 

 

 

Il faut en revanche s'arrêter sur celui de M. Stéphane Foucart, du Monde, « Les SDHI, ces fongicides qui ne touchent pas que les champignons » (sur la toile) ou « Nouvelle alerte sur les risques des fongicides SDHI » (version papier). C'est délicieusement foucartien : beaucoup de place pour les auteurs de l'étude, un strapontin pour l'ANSES (qui, il est vrai, est restée prudente).

 

 

Et surtout, si, après lecture, vous n'avez pas le trouillomètre à zéro, c'est que vous avez mal lu... ou que vous avez compris la fonction du conditionnel. Dès le chapô (c'est nous qui graissons, ici et plus bas) :

 

 

« Des chercheurs français montrent que ces pesticides pourraient être parfois plus toxiques pour des organismes non cibles que pour les moisissures contre lesquelles ils sont censés agir. »

 

Notez aussi le faux-culesque « censés agir » qui sème insidieusement le doute sur l'efficacité des fongicides... Et dire que M. Stéphane Foucart reproche à « l'industrie » d'être des marchands de doute..

 

Voici, un morceau de bravoure :

 

 

« "Or, en raison de la fonction quasi universelle de la SDH dans la respiration cellulaire et le métabolisme mitochondrial, on peut supposer que tout organisme vivant exposé à ces substances pourrait également être affecté, écrivent les chercheurs. De fait, l’exposition aux SDHI sur les organismes non cibles pourrait se révéler un problème majeur, et, parmi d’autres facteurs, jouer un rôle capital dans la perte de biodiversité déjà observable dans une grande partie du monde.»

 

 

La partie que nous avons soulignée ci-dessus ne figure pas dans le texte anglais, publié dans PLOS One et qui doit faire référence. Elle témoigne du parti pris des auteurs... voilà les SDHI élevés au rang des néonicotinoïdes, tueurs d'abeilles et de biodiversité...

 

 

M. Stéphane Foucart a aussi sélectionné ceci dans le texte de l'article scientifique :

 

 

« De manière générale, un dysfonctionnement mitochondrial est désormais reconnu comme un facteur pouvant être à l’origine, ou contribuer à, de multiples affections humaines, y compris aux principales maladies neurodégénératives. »

 

 

Cette phrase figure bien dans l'article, mais se termine par une note renvoyant à une référence bibliographique. Les auteurs n'ont fait que décrire l'état des connaissances. D'une manière qui pose en fait problème : la référence bibliographique se rapporte spécifiquement à la maladie d'Alzheimer. Mais elle ajoute un élément de plus au colportage de la pétoche...

 

 

 

 

Open bar pour la gesticulation activiste dans Libération

 

 

Le scandale de l'article signé par Mme Coralie Schaub – une interview de M. Pierre Rustin – éclate dès le titre : « Fongicides SDHI : "On ne peut se permettre, comme l’Anses, d’attendre la catastrophe" ».

 

 

C'est un scandale tant par la mise en accusation de l'ANSES que par l'abîme qui sépare les conclusions de Bénit (Rustin) et al. et la notion de catastrophe.

 

 

Faut-il croire que le jugement d'une journaliste (et du titreur) soit à ce point obscurci par la recherche du buzz et surtout l'activisme ? Où est la « catastrophe » pour des fongicides utilisés maintenant depuis un demi-siècle et, selon les dires activistes (et de Mme Coralie Schaub), massivement ?

 

 

 

 

(Source)

 

 

 

 

En tout cas, les propos de M. Pierre Rustin sont édifiants :

 

 

« Quelles pathologies cause un dysfonctionnement de la SDH chez l’homme ?

 

 

L’altération des mitochondries entraîne une kyrielle de maladies : cardiomyopathies, myopathies, encéphalopathies (maladies du cerveau), maladies oculaires, maladies chez les enfants, Parkinson, Alzheimer… Elles peuvent apparaître à tout âge, affecter tous les organes, s’exprimer différemment d’un individu à l’autre et leur évolution est très imprévisible. Leur délai d’expression peut être de dix, vingt ou trente ans. On ne va donc pas mourir tout de suite si on absorbe des SDHI, mais on risque de développer la maladie de Parkinson cinq, dix ou quinze ans après. Affirmer qu’il n’y a pas de danger est insupportable. On prend un risque monstrueux, le principe de précaution doit s’appliquer. On ne peut se permettre d’attendre la catastrophe comme l’Anses semble le faire ! »

 

 

Ce procédé rhétorique qui consiste à énumérer toutes sortes de maladies pour ensuite susciter dans l'esprit du lecteur un lien avec les SHDI est tout simplement insuportable, et ce d'autant plus qu'aucun lien n'a été établi. Tout aussi monstrueuse est la référence à un « risque monstrueux » qui ne transparaît nullement – au contraire – de l'article scientifique, fort prudent en l'espèce.

 

Et que dire de l'animosité – le mot est faible – envers l'ANSES ?

 

 

« Vous en voulez beaucoup à l’Anses, qui a ignoré vos premières alertes fin 2017 et se veut rassurante. 

 

 

Elle ment par omission. Par exemple, je ne peux pas croire que l’Anses n’ait pas su que dès 1976 des scientifiques ont décrit les SDHI comme étant hyper toxiques pour les mammifères. Quand on met une molécule toxique en circulation, on vérifie ce qui se passe chez l’homme, c’est la base. Une autre chose absolument scandaleuse : ces pesticides sont utilisés de façon préventive. On traite des champs entiers à haute dose, sans savoir si c’est utile ou pas. Personne n’aurait l’idée de traiter son enfant tous les jours avec des antibiotiques ! L’Anses couvre complètement ce type d’usages, c’est incroyable. »

 

 

Ce n'est pas que l'ANSES – incidemment créée en juillet 2010 – qui est ainsi mise en cause, mais toutes les agences d'évaluation qui ont délivré et renouvelé des autorisations de mise en marché de fongicides inhibiteurs de la succinate déshydrogénase, depuis la carboxine autorisée en France en 1968.

 

 

« ...dès 1976 des scientifiques... » ? Voici ce qu'on peut lire dans la version française de l'article scientifique :

 

 

« Le qualificatif de fongicides, associé aux SDHI, sous-entend un certain degré de spécificité vis-à-vis des moisissures. En réalité, cette prétendue spécificité, quasiment jamais évoquée, n’est pas confirmée dans les bases d'informations scientifiques. Seule donnée, l'action du prédécesseur des SDHI (la carboxine) a été montrée extrêmement violente sur les SDH d'autres espèces, y compris des mammifères [16]. [...]»

 

 

Dans la version anglaise, revue par les pairs, c'est :

 

 

« Le qualificatif de fongicides associé aux SDHI sous-entend un certain degré de spécificité vis-à-vis des champignons, qui ne peut pas être confirmé sur la base d'informations scientifiques de base comparant l'action du prédécesseur des SDHI (la carboxine) sur les SDH d'autres espèces, y compris les mammifères [16]. [...]»

 

 

La note 16, c'est :

 

 

 

« 16. Mowery PC, Ackrell BA, Singer TP Carboxins: powerful selective inhibitors of succinate oxidation in animal tissues. Biochem Biophys Res Commun 1976;71:354-61. »

 

 

Reporterre a mis cet article en ligne en relation avec un article du 1er octobre 2019 dans lequel la parole avait aussi été donnée à M. Pierre Rustin. Voici le propos qu'il a tenu sur ce sujet :

 

 

« Par ailleurs, vous écrivez dans une lettre ouverte à l’Anses qu’elle vous a demandé de montrer l’effet des SDHI sur l’enzyme des mammifères. Or, ceci est fait depuis 1976 ?

 

 

Absolument. Une recherche menée il y a plus de 40 ans par les spécialistes mondiaux de l’époque montre l’effet de la carboxine, l’ancêtre de tous les SDHI. Déjà, ils concluaient que c’était et que ce serait une folie complète d’utiliser ce type de molécules.

 

 

C’est une folie que de chercher à bloquer la respiration cellulaire en visant des étapes clefs, parfaitement conservées dans l’évolution, depuis les microorganismes jusqu’à l’être humain. Au départ, nous n’avons même pas pensé à publier ces observations : les revues scientifiques n’aiment pas republier des choses connues depuis… 40 ans. Quand l’Anses nous a dit que l’on n’amenait rien de nouveau, ils avaient raison d’une certaine façon. »

 

 

Ce serait donc une folie à laquelle nous nous adonnons depuis un demi-siècle...

 

 

 

 

 

 

 

Il est donc reproché à l'ANSES d'avoir fermé les yeux sur un article unique ; un article publié dans une revue qui devait être produite à l'époque avec les moyens du bord, à en juger par sa présentation ; un article portant sur les seules carboxines et autres dérivés de l'oxathiine ; un article portant sur les effets de ces substances sur du cœur de bœuf ; un article qui ne sonne pas le tocsin, contrairement à ce qu'a prétendu M. Pierre Rustin.

Et la référence à une action « extrêmement violente » disparaît de l'article revu par les pairs.

 

 

Avec la critique de l'utilisation des fongicides en préventif dans l'article de Libération (et de Reporterre), on passe à un autre registre : celui de la méconnaissance crasse des réalités agricoles, à laquelle s'ajoute le sophisme d'une comparaison absurde. C'est assez plaisant : comment utilise-t-on – particulièrement en agriculture biologique – le sulfate de cuivre ?

 

 

 

 

(Source)

 

 

 

 

Et puis « On traite des champs entiers à haute dose »... Dans une réponse précédente, c'était en revanche : « On n’a pas besoin d’en mettre d’énormes quantités, car elles sont très résistantes et très toxiques », le mot « toxiques » ayant sans nul doute été utilisé à dessein abusivement pour signifier « très efficaces ».

 

 

Mais il est vrai que, dans Reporterre, M. Pierre Rustin conteste l'efficacité avec un argument des plus surprenants :

 

 

« D’autant que beaucoup de ces molécules n’ont pas prouvé leur efficacité. Je vous engage à essayer de connaître l’effet sur le rendement de ces SDHI. Ni la FNSEA [le syndicat agricole majoritaire], ni les industriels, ni l’Anses n’ont été capables de nous donner des chiffres sur l’effet sur le rendement de ces molécules. Le bénéfice-risque n’est donc même pas connu. »

 

 

Les agriculteurs sont idiots, c'est bien connu (ironie)... Des gens n'ont pas envie d'engager un dialogue de sourds, c'est qu'ils ne savent pas...

 

 

Dialogue de sourds ? Ici, c'est : « ...ces molécules n’ont pas prouvé leur efficacité... », mais ailleurs, c'est : « [a]vec ce type de fongicides, on provoque probablement une catastrophe écologique et sanitaire, car ils tuent tout, pas seulement les champignons. »

 

 

 

 

(Source – pour la vidéo imbriquée, voir ici, c'est un monument de propagande à la Goebbels)

 

 

 

 

Madame Coralie Schaub pose enfin une question intéressante, à laquelle M. Pierre Rustin répond par l'hystérie :

 

 

« Sommes-nous en présence d’un nouveau scandale, type glyphosate ? 

 

 

Absolument. Mais ici, la situation est beaucoup plus claire et évidente. S’il y a une discussion autour du mécanisme d’action du glyphosate, ce n’est pas le cas pour les SDHI, pour lesquels il n’y a aucune ambiguïté. Si j’étais responsable d’une agence sanitaire et qu’on me livrait les informations que nous publions, j’interdirais les SDHI dans la journée. Chaque jour compte. »

 

 

Pertinente, la question... Le scandale du glyphosate, c'est précisément qu'il n'y a pas de scandale, au niveau sanitaire et environnemental du moins.

 

 

Et ici, c'est : «  Chaque jour compte », et ailleurs c'est : « On ne va donc pas mourir tout de suite si on absorbe des SDHI, mais on risque de développer la maladie de Parkinson cinq, dix ou quinze ans après ». Voir aussi ci-dessous...

 

 

(Source)

 

 

 

 

LCI souffle le froid !

 

 

LCI a aussi donné la parole à M. Pierre Rustin. Mais ou bien le titreur s'est gouré, ou bien il a vu clair : « Alerte sur les fongicides SDHI : "Nous ne savons pas si cela va créer une catastrophe sanitaire" ».

 

 

Vous avez bien lu ! Voici le propos final de M. Pierre Rustin :

 

 

« À l’heure actuelle, nous sommes incapables de prédire ce qu’il va se passer et de savoir si ce sera pareil pour tous les individus. Nous ne savons pas si cela va créer une catastrophe sanitaire, ou non. Mais le danger est certain, la toxicité cellulaire est absolument claire. On observe d’ailleurs déjà des maladies neurologiques dans le monde paysan. »

 

 

Alors, catastrophe ou pas catastrophe ? S'il en est une, c'est bien la scandaleuse atteinte portée au raisonnement scientifique par des propos incohérents, par un activisme qui a perdu ses repères et instrumentalise la science.

 

Sans compter les attaques récurrentes contre l'ANSES.

« On observe d’ailleurs déjà des maladies neurologiques dans le monde paysan » ? Ce monde n'en a pas l'exclusivité ! Et peut-on vraiment attribuer ces maladies au SDHI, puisque : « ... nous sommes incapables... Nous ne savons pas... 

Autre incohérence crasse :

 

 

« On ne peut pas déverser dans les champs des produits dont on ne connaît pas toutes les conséquences. C’est comme si chez vous, vous aviez des cafards. Vous utiliseriez des pesticides pour les faire partir, mais vous n'en remettriez pas tous les ans, juste par principe de précaution, sinon il y aurait des conséquences sur la maison. C’est le même principe, on ne devrait pas les utiliser juste par précaution. »

 

 

Nous ne savons pas si cela va créer une catastrophe sanitaire (rappel : après 50 ans d'utilisation de fongicides SHDI), mais :

 

 

« Ce qui est également très clair, c’est que cela va avoir un impact énorme sur la biodiversité. Ces substances tuent tout, y compris ce qui est nécessaire à la biodiversité. »

 

 

 

 

Mme Delphine Batho saute dans le bateau

 

 

L'article scientifique est publié le 7 novembre 2019... la question écrite au gouvernement est datée du 8... Mme Delphine Batho doit avoir un staff d'une extraordinaire compétence...

 

 

 

 

(Source)

 

 

On appréciera aussi l'extraordinaire sens démocratique de Mme Delphine Batho :

 

 

 

 

(Source du premier)

 

 

 

 

M. Georges Marchais nous a fait rire quand il a lancé « Taisez-vous, Elkabbach ». Là, on ne rit plus.

 

 

Qu'avait osé l'Union des Industries de la Protection des Plantes (UIPP) ?

 

 

« L’UIPP réagit à la communication du CNRS sur une nouvelle étude relative aux SDHI et rappelle que les hypothèses évoquées ont déjà été portées à la connaissance de l’ANSES dès avril 2018. Suite à cette première communication, l’ANSES avait conclu à l’absence de signal d’alerte que ce soit pour l’environnement ou pour la santé humaine. 

 

 

Nous sommes attentifs à toute nouvelle étude scientifique. […]

 

 

L’ANSES, agence compétente et indépendante sur le plan scientifique, a exprimé de façon très claire des avis rassurants sur les SDHI à trois reprises au cours des 9 derniers mois. Les experts qui ont été mobilisés "ont conclu à l’absence de signal d’alerte, que ce soit dans l’environnement ou pour la santé humaine." […]

 

 

L’UIPP rappelle que, dans le cadre des évaluations des produits phytosanitaires, l’ANSES prend en compte l’ensemble des études scientifiques intégrant notamment les effets potentiels sur les organismes entiers, ce qui va au-delà d’études réalisées in vitro sur des cellules isolées. »

 

 

Mme Delphine Batho nous livre ainsi un aperçu de ce que sera la liberté d'expression – la liberté tout court – quand la « vertitude » aura pris le pouvoir...

 

 

 

 

Non, il n'y a pas de conflits d'intérêts...

 

 

Dans leur article publié dans PLOS One, P. Bénit (P. Rustin) et al. ont déclaré une absence de conflits d'intérêts.

 

 

Toutefois, ils indiquent ce qui suit dans la rubrique « Financement » :

 

 

« Aucun financement spécifique n'a été initialement apporté pour ce travail. Après la réalisation des travaux, PB and PR ont reçu une subvention de soutien spécifique de l’association française POLLINIS (https://www.pollinis.org/). »

 

 

Une subvention dans quel but ?

 

 

Le site judicieusement intitulé endsdhi.com indique clairement que l'équipe de M. Pierre Rustin s'est associée à la sulfureuse Pollinis, ainsi qu'à Générations Futures et Nous Voulons des Coquelicots

 

 

Peut-on sérieusement affirmer une absence de conflits d'intérêts quand on lit sur le site de Pollinis :

 

 

« POLLINIS s’est associée aux chercheurs Pierre Rustin et Paule Bénit, pour déposer une pétition au Parlement européen en juin 2019 demandant une réévaluation d’urgence des SDHI » ?

 

Peut-on sérieusement... quand cette affirmation a été faite dans un communiqué de presse en date du 9 septembre 2019 (et porte sur un événement qui a dû être mis en route bien avant) et que l'article scientifique a été publié le 7 novembre 2019 

Peut-on sérieusement délivrer un brevet de transparence et de franchise lorsque cette association est – ou semble être – camouflée derrière le prétendu octroi d'une subvention ?

 

 

 

 

 

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U
Mois sans alcool :… L’Elysée annule l’opération portée par Santé publique France.<br /> Voir un rapport avec les campagnes anti pesticides relève de la plaisanterie ...
Répondre
S
@ Il est là le jeudi 21 novembre 2019 à 08:45<br /> <br /> Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Je n'avais pas suivi cette affaire de près et j'ai du mal à comprendre ce qui s'est réellement passé. Il me semble que la filière viticole critiquait la notion d'abstinence (temporaire… un moins) alors que le message de santé est "modération".<br /> <br /> Au final, peut-être encore une macronade :<br /> <br /> https://www.vitisphere.com/actualite-90532-Vignerons-et-negociants-opposes-au-mois-sans-alcool-francais.htm<br /> <br /> https://www.vitisphere.com/actualite-90614-Emmanuel-Macron-soppose-au-Janvier-Sec-Actualise.htm<br />
S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Le dry January a la française… quelle guignolade de ce gouvernement qui se comporte de plus en plus comme un poulet fraîchement décapité.<br /> <br /> En tout cas, pour le glyphosate, la différence est que l'interdiction prévue est le fait d'un caprice présidentiel, pas d'une opération pilotée par une ministre… flinguée en rase campagne.
I
Sûr qu'il peut être amusant de voir des marchands d'alcool dénoncer les pesticides quand ils commercialisent un produit reconnu dangereux pour la santé. <br /> <br /> NB je ne suis pas anti alcool, j'en bois avec modération et suit très attaché à ce patrimoine gastronomique. Mais l'honêteté m'oblige à reconnaître que, si on se fiche du patrimoine culturel, on n'a aucune raison de garder cette boisson très dangereuse pour notre santé.