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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Agribashing : "Le" combat de Christiane Lambert ! » de M. Jean-Paul Pelras

20 Novembre 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #agribashing

« Agribashing : "Le" combat de Christiane Lambert ! » de M. Jean-Paul Pelras

 

Glané sur la toile 442

 

 

Un peu d'histoire syndicale dans un édito sur un sujet très actuel...

 

M. Jean-Paul Pelras cite Mme Christiane Lambert, présidente de la FNSEA :

 

« On ne peut pas, d'un côté, voter la Loi alimentation, censée assurer un meilleur revenu aux agriculteurs qui pourront monter en gamme et offrir des produits qui répondent mieux aux attentes des consommateurs. Et, de l'autre, ouvrir les frontières à des produits venant d'ailleurs qui ne respectent pas du tout les mêmes règles ! »

 

Est-ce un « dosage » que la FNSEA doit continuer à promouvoir ? Sans doute, mais il y a un enjeu plus important.

 

Il serait bon, à notre sens, d'engager une vraie réflexion sur les « attentes des consommateurs », sur « monter en gamme », sur l'ouverture (ou la fermeture) des frontières, et sur les conséquences des choix politiques et économiques pour les productions nationales et, partant, pour les producteurs.

 

Soyons clairs : le matraquage publicitaire que nous subissons en ce moment pour des produits censés être haut de gamme (« bio », « sans... » voire « garanti sans... ») reflète-t-il vraiment des « attentes des consommateurs » ? N'a-t-il pas, au contraire, pour objectif de créer un juteux marché de niche accessible, côté producteurs, à un nombre limité d'« élusé et, côté consommateurs, aux seules classes aisées et aux hypocondriaques moins aisés faisant des sacrifices sur d'autres postes de dépense ? Quelles conséquences sur les producteurs exclus de ces stratégies dont certaines relèvent de la filouterie ?

 

Créer, par exemple, une filière de légumes « garantis sans résidu de pesticide », et surtout diffuser une publicité putassière, revient à faire de l'agribashing au détriment des producteurs non engagés dans cette filière – et qui produisent aussi, en majorité, des légumes sans résidus.

 

Les frontières ne peuvent pas être fermées en raison de notre appartenance à l'Union Européenne, des accords internationaux de commerce (et des simple réalités qui font par exemple que si nous voulons vendre des Rafale à l'Indonésie, nous devons accepter d'importer son huile de palme)... et de la nécessité d'alimenter des marchés français déficitaires.

 

Une « montée en gamme » qui sacrifie une partie de la profession agricole n'est pas une solution. Plus que d'un « dosage » à « promouvoir et à exiger », il faut un effort d'explication sur les réalités de la production agricole et alimentaire, et les réalités sociétales.

 

 

(Source)

 

 

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F
Le client est roi. Si le consommateur veut du bio, du biodynamique, du végétarien ou autre chose, à partir du moment où il le décide librement, tout va bien. De même le producteur peut faire du bio ou autre chose pour répondre à la dfemande de ses clients, à partir du moment où il le décide librement, tout va bien.

Ce qui ne va pas c'est quand on passe à la vente forcée (ex: obligation du bio dans les cantines), à la concurrence déloyale (ex: dénigrement systématique), à la publicité mensongère (allégations "sans pesticides" ou "meilleur pour la santé"), ou bien à l'intimidation des producteurs (ou des consommateurs) voire aux menaces et aux violences.
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S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

C'est aussi ma philosophie, avec un bémol : tant qu'il n'est pas porté atteinte à des intérêts supérieurs. Exemple : le refus d'un viticulteur de la Côte de Beaune dont on taira le nom par charité de traiter contre les cicadelles et protéger ses vignes et celles de ses voisins de la flavescence dorée.
J
le discours des politiques est très dangereux.le monter en gamme de Macron c'est tordu.Le bien manger,le bien produit,la qualité sanitaire d'abord et les qualités gustatives de la nourriture faite avec notre production agricole Française c'est la vrai réalité.La mal bouffe et cie c'est vouloir maltraiter les paysans Français avec les défauts des excés d'autres pays tel que les USA..Apres on veut nous mettre en concurence avec des productions de pays ne s'interdisant pas de nombreux produits Phytos mais aussi ayant été maintenu a des niveau de couts du travail excessivement bas
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S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Je suis bien d'accord avec la dangerosité du discours de la "montée en gamme". Ces gens vivent dans une bulle. Ils n'ont pas compris qu'il y a des gens qui vivent -- mal -- avec le RSA et d'autres aides et que le prix qu'ils peuvent payer pour leur alimentation exerce forcément une pression sur les produits des gammes supérieures.

Je pense qu'il faut aussi qu'on renverse les termes de certains débats, ne serait-ce que pour susciter la réflexion. D'autres pays s'autorisent des phytos que nous nous interdisons ? Notre position est-elle raisonnable ? Pour le coût du travail, c'est plus compliqué, c'est toute notre construction sociale qui est en jeu.