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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Osé ! « Le Manifeste du Cu » de MM. Jérôme Douzelet, Jean-Charles Halley et Gilles-Eric Séralini (texte) et M. Emmanuel Chaunu (illustrations)

19 Octobre 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Recension, #Gilles-Éric Séralini, #Activisme

Osé ! « Le Manifeste du Cu » de MM. Jérôme Douzelet, Jean-Charles Halley et Gilles-Eric Séralini (texte) et M. Emmanuel Chaunu (illustrations)

 

 

Comme il est beaucoup question de vigne et de vin, nous oserons un commentaire désobligeant : il y en a qui poussent le bouchon un peu loin...

 

 

 

 

Un « Grand Format » selon Decitre. Pour 9 euros ? Superbe affaire, n'est-il pas ?

 

En fait, c'est du 14,0 cm × 21,0 cm, quasiment du A5 (une demi-page de papier ordinaire. Plus précisément, c'est du 14,0 cm × 21,0 cm × 0,2 cm. Vous avez bien lu ? Deux millimètres, 32 pages... Un « grand format » de 32 pages à quasiment 30 centimes la page...

 

Il est question ici du « Manifeste du Cu » – de MM. Jérôme Douzelet, Jean-Charles Halley et Gilles-Eric Séralini pour le texte, et M. Emmanuel Chaunu pour les illustrations.

 

Le résumé chez Librest :

 

« Enfin, la vérité sur le Cu

 

Un manifeste drôle et militant avec cinq chapitres illustrés par Chaunu. Pendant que Chaunu croque le Cu, les auteurs s'appliquent à répondre de façon claire et scientifique aux thèmes suivants :

 

. le Cu, essentiel à la vie

. le Cu dans le vin

. le Cu et les pesticides de synthèse effets sur la santé comparés

. le Cu est bon pour l'environnement

. le goût du Cu

 

Le Cu vous l'aurez compris est le symbole chimique du cuivre. Celui-ci est utilisé notamment en agriculture et principalement en viticulture avec la fameuse bouillie bordelaise. Il fait débat actuellement au niveau européen. Alors...

 

Bougeons-nous le Cu ! »

 

C'est en quelque sorte un produit dérivé de « Copper in Wines and Vineyards: Taste and Comparative Toxicity to Pesticides » que nous avions commenté dans « Un nouvel article séralinien : le cuivre dans les vins ».

 

Agrémenté d'une dose massive de complotisme. Voici, du préambule, mais c'est répété sous des formes très similaires tout au long des quelques pages de texte :

 

« Des lobbyistes veulent faire couler l'agriculture biologique et naturelle. Elle est un rempart contre l'agriculture chimique et les OGM, ces plantes modifiées pour pouvoir contenir des pesticides de synthèse issus de pétrole en grandes quantités, et sans mourir, ce qui facilite cette agriculture industrielle et leurs usages. Certains ont voulu convaincre l'agroécologie d'utiliser ces OGM, la contaminer sans succès, alors ils tentent la diffamation et la désinformation, comme souvent.

 

Le talon d'Achille d'aujourd'hui est simple: grâce à des agences communiquant des perfidies, ils ont fait croire que l'élément Cu était surtout un pesticide, alors qu'il est consubstantiel à l'existence, comme le fer dans le sang. Cela est dû à une désinformation intense organisée auprès du monde "bio" sur le Cu. Ce petit manifeste est destiné à rétablir la vérité. »

 

Cela vient après une courte biographie de l'un des auteurs (devinez...) :

 

« Bête noire des industriels des pesticides, dont Monsanto, il gagne sept procès où il accuse leurs lobbys - qu'il connaît bien - de diffamations. Ses travaux sur les tumeurs des rats provoquées par le Roundup et les OGM le rendent célèbre dans le monde. Ils seront controversés par un système de 55 000 attaques fomentées par Monsanto, révélées par les Monsanto Papers, qui introduit les agences, académies, médias, scientifiques. Ils sont confirmés aujourd'hui, et tous téléchargeables sur www.seralini.fr. Ils sont cités et débattus au cœur des procès gagnés contre la firme. »

 

Je ne savions pas qu'il y a eu des « procès […] contre la firme »... Je ne savions pas que les travaux sur les tumeurs des rats avaient été confirmés... Je ne savions pas que les « Monsanto Papers » avaient révélé la bagatelle de 55.000 « attaques »... Je ne savions pas que Monsanto « introduit les agences, académies, médias, scientifiques »...

 

Si vous voulez en savoir plus sur cet ouvrage d'un « artisan cuisinier », d'un caviste proposant des vins « naturels » et de qui vous savez (10 pages de texte), il y a « Le "Manifeste du Cu" : tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Cuivre sans jamais oser le demander ».

 

Si vous voulez en savoir plus sur cet ouvrage d'un « artisan cuisinier », d'un caviste proposant des vins « naturels » et de qui vous savez, il y a « Le "Manifeste du Cu" : tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Cuivre sans jamais oser le demander ».

 

Cinq questions dans l'article précité. Voici la première, avec sa réponse bien entendu :

 

« Pourquoi les lobbys de l’agriculture chimique sont sceptiques face au Cu ?

 

Gilles-Eric Seralini : La fin de l’agriculture intensive et toxique est programmée. Elle ne fonctionne que grâce à des aides financières et subventions depuis la seconde guerre mondiale, nos sous. Elle ne fonctionne que grâce à la pétrochimie fabriquant des pesticides, qui font utiliser 10 Cal de pétrole pour 1 Cal de nourriture consommée. D’ailleurs, des pesticides comme le Roundup – utilisé en viticulture intensive – peuvent contenir des résidus de pétrole et des métaux lourds comme l’arsenic, mon équipe de recherche l’a publié. Cette agriculture chimique ne nourrit plus la planète, mais le bétail en camps de concentration. C’est le cas du soja transgénique plein de Roundup qui nourrit cochons, vaches et poulets et dévaste l’Argentine.

 

L’agriculture intensive ne nourrit plus le monde (famine et malnutrition sont des maux majeurs), elle l’exploite, l’empoisonne, et dérègle le climat. Donc, ses lobbys se démènent comme ils peuvent pour lutter contre l’agriculture et les vins biologiques et naturels et ses pratiques, car elle est d’une concurrence déstabilisant les fondements de l’agriculture chimique. »

 

La dernière vaut aussi le coup d'œil :

 

« D’où vient ce cuivre ? et sous quelle forme physique et chimique est-il utilisé dans les cultures ?

 

Il a deux formes essentielles : dans les résidus de pétrole pour l’agriculture chimique, il est avec les pesticides chimiques (et n’est pas pur) ou par extractions minières. On peut l’utiliser plus pur sous forme de sels de sulfate de cuivre. Toujours avec modération. Pour les sulfates et les sulfites, voir notre prochain livre… »

 

Pour les sulfates et les sulfites, le suspense est intolérable !

 

Un gazouilleur – M. Olivier Haertel, journaliste à Science & Avenir – nous a livré les débuts de chapitre. Cela nous évitera de les scanner... Les voici :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Hbsc Xris 19/10/2019 21:01

Ah Séralini, dommage que les journalistes, soit disant pourfendeurs de grandes et nobles causes n'aient bizarrement par l'idée d'enquêter quand cela s'imposerait : https://www.agriculture-environnement.fr/2018/06/01/la-part-dombre-de-seralini-le-chercheur-persiste-et-signe
Tiens au fait, rappelons aux écolos bobo-bio que le sulfate de cuivre n'est plus produit depuis bien longtemps par des moyens artisanaux, mais est produit et vendu par les grandes multinationales de la chimie sur lesquels ils tapent. Comment feront-ils lorsqu'ils auront ruiné les grandes firmes à coups de procès et d'intox ? Bon en attendant, un de mes amis travaillant dans le monde des magasins jardinage-bricolage me faisait part de ventes records d'acide chlorhydrique printemps et été dernier (apparemment des recettes de désherbant circulant chez les propriétaires de pavillons) et un autre truc plus curieux, de grosses ventes de bombes anti-guêpes et frelons. Ne comprenant pas ce dernier point, j'ai fini par trouver sur le net US un usage toxicomane récent de ces bombes. Pas du tout besoin de l'agriculture pour que des analyses trouvent des produits toxiques dans les populations humaines.

max 19/10/2019 13:10

Ces mecs sont des minables.

Philippe 19/10/2019 12:50

Bonjour Seppi
Plus rien ne me surprend
Tout cela était prévisible

Seppi 19/10/2019 13:16

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Il y a manifestement une escalade d'engagement. Mais je n'airais jamais imaginé que cela puisse prendre de telles proportions.

Marc 19/10/2019 12:13

Bonjour, la dose de Cu utilisée actuellement est beaucoup moins importante qu'il y a 20 ou 30 ans. Vous ne trouvez plus de vignes toutes bleues à la véraison ! Nos installations sanitaires sont majoritairement en cuivre et l'eau du robinet ne nous intoxique pas. A force de tout remettre en question, nos chers écolos vont réinventer l'eau chaude ! Stop à toutes ces foutaises.

Seppi 19/10/2019 13:24

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Effectivement, le cuivre des tuyauteries et le cuivre de la bouillie bordelaise sont deux problématiques très différentes.

max 19/10/2019 12:46

Le cuivre est une métal qui a l'avantage de très bien résister à la corrosion (surtout celle causé par l'eau), à par faire coulé de l'acide directement dans les tuyauterie (pour les métallique en tous cas) il n'y a aucune chance de contamination possible. La comparaison n'est donc pas du tout pertinente. En faite le réseau de distribution d'eau est constituer de fonte ductile ou d'acier et de PEHD et PVC pour la distribution locale. Dans les habitions le PE, PER et le multicouche sont aussi souvent employé (plus souvent dans le neuf, les bâtiments ancien risque d'avoir encore de l'acier ou de la fonte), parce que le cuivre ça coûte chère (autant la mises en œuvre que le matériaux). Il n'y à donc pas autant de cuivre que ça dans la tuyauterie.

Le problème du cuivre est que même en quantité plus faible il ne se dégrade pas (à moins de bactérie faisant des réactions nucléaires). Il y a donc automatiquement une accumulation dans le sol.

Seppi 19/10/2019 12:33

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Oui, déjà par la force de la réglementation on est passé de 6 à 4 kg Cu/ha/an en données lissées.

Pour réinventer l'eau chaude, je ne sais pas s'ils en sont capables… L'ineffable Yannick Jadot et le non moins ineffable Julien Bayou ont des problèmes pour calculer la surface d'un cercle, c'est dire le niveu !

Anecdote : quand j'étais étudiant à Montpellier, les élèves assuraient une partie de l'intendance du Salon de la Motoviticulture sur le domaine de Lavalette. Il y avait évidemment des démonstrations de pulvérisateurs (avec juste du monoxyde de dihydrogène… quand même). C'était à qui produisait le plus gros nuage… Le monde a bien changé… en bien.

Jehl 19/10/2019 11:02

En août 2003, les boues de la station d'épuration d'un village viticole étaient interdites à l'épandage agricole à cause d'une teneur trop élevée en cuivre. Elles sont parti à l'incinération. Et on veut nous faire croire que le cuivre est écolo. Dans ma famille, deux jeunes filles sont décédées, il y a longtemps, intoxiquées par du sulfate de cuivre.

Seppi 19/10/2019 11:59

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Intéressant ! D'où venait tout ce cuivre, à vitre avis ?

Rappels : épandage maxi de 30 tonnes MS boues/10 ans.

Teneur maxi en cuivre : 1 gramme/kilo MS.

https://www.senat.fr/questions/base/2014/qSEQ140611965.html

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000570287