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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Ne pas criminaliser les agriculteurs », une tribune de l'eurodéputée (LaREM) Irène Tolleret

1 Octobre 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information

« Ne pas criminaliser les agriculteurs », une tribune de l'eurodéputée (LaREM) Irène Tolleret

 

Une excellente tribune, mais elle aurait pu être meilleure

 

Glané sur la toile 407

 

 

(Source)

 

 

« Ne pas criminaliser les agriculteurs » est une tribune de l'eurodéputée (LaREM) Irène Tolleret apparemment publiée dans le Midi Libre.

 

Elle se veut constructive, et elle l'est tout compte fait... mais...

 

Mais on ne peut pas faire l'impasse à un appel à plus de responsabilité.

 

« Partout en Europe, l'agriculture est appelée à répondre aux exigences croissantes de la population en matière environnementale comme de sécurité sanitaire » ?

 

C'est vrai. Mis partout en Europe les personnes investies d'une parcelle de pouvoir de décision doivent être appelées à répondre à l'exigence de courage, de responsabilité et de civisme.

 

Lorsque les « exigences […] de la population » sont fantaisistes, irréalistes, voire suicidaires, il vous appartient, à vous, Madame, et à vos collègues, de répondre par le sérieux et le réalisme et d'expliquer ce qui est possible, opportun et nécessaire. Vous l'avez certes fait, mais avec des concessions qui desservent la cause.

 

Ce n'est pas : « Je suis votre leader, je vous précéderai là où vous voulez qu'on aille », mais : « Je suis votre leader, voici où nous devrions aller et, si vous en êtes d'accord (car nous sommes en démocratie), je vous y mènerai. »

 

Ce suivisme est particulièrement contestable s'agissant de la sécurité alimentaire, qui est très largement garantie en France.

 

« Nous tous, élus, citoyens, associations et agriculteurs, devons nous engager pour accompagner l'amélioration des pratiques agricoles. »

 

Phrase creuse, démagogique, politicienne, qui a précisément pour effet induit de « …criminaliser les agriculteurs » car elle implique, dans une opinion dite « publique » largement fabriquée et manipulée par la désinformation, que les agriculteurs ne sont pas au top. Je suis sûr que vous ne tenez pas ce langage devant les viticulteurs de l'Hérault ou de votre région du Pic Saint-Loup ; je suis sûr que vous vanteriez, au contraire, leurs mérites... avec raison. Le double langage est lassant, improductif, si ce n'est qu'il fait croître – sans engrais ni pesticides – le rejet de la classe politique constructive au profit des extrêmes.

 

Il en est de même, en fait en pire, de :

 

« À juste titre, l'utilisation des pesticides est pointée du doigt en permanence. »

 

C'est d'autant plus étonnant que, viticultrice (en conventionnel, semble-t-il, mais c'est la même chose en bio), vous utilisez vous-même des pesticides, et ce par nécessité.

 

Est-ce si difficile de contribuer au démontage de la désinformation ? D'expliquer que les plantes ont aussi besoin de médicaments, comme les humains ? De montrer les dégâts de maladies comme le mildiou ou l'oïdium sur des vignes non protégées ; de rappeler les ravages des maladies comme l'ergotisme ; de faire le bilan de notre souveraineté alimentaire en l'absence de protection des plantes ?

 

« Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre. » (Winston Churchill). Vous – je généralise pour l'ensemble de la majorité gouvernementale et d'autres qui ne sont pas engagés dans un travail de sape contre notre société – voulez éviter la confrontation au prix d'un renoncement. Vous aurez encore la confrontation malgré le renoncement.

 

Il faut aussi méditer Mark Twain : « Dans le doute, dites la vérité. Cela confondra vos ennemis et étonnera vos amis. »

 

Et si vous, viticultrice, ne dites pas la vérité, qui, parmi vos amis, la dira ?

 

 

 

Qui a construit l'école au milieu des vignes ?

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J
Je ne vois pas de rapport entre la démagogie antiscientifique et le "rejet de la classe politique constructive". Est-ce que justement il n'y a pas de nombreux politiciens "constructifs" qui entretiennent la désinformation en matière d'environnement? Avoir des positions politiques radicales n'implique pas de rejeter la science et l'agriculture moderne! (Bien que, de plus en plus, la gauche ait tendance à se vautrer dans l'écologisme réactionnaire.)
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S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Je ne me suis peut-être pas exprimé très clairement.<br /> <br /> Vous écrivez à juste titre : "Est-ce que justement il n'y a pas de nombreux politiciens "constructifs" qui entretiennent la désinformation en matière d'environnement?" Quand Mme Tolleret écrit : « Nous tous, élus, citoyens, associations et agriculteurs, devons nous engager pour accompagner l'amélioration des pratiques agricoles », elle implique que les pratiques ne sont pas satisfaisantes, et abonde dans le sens d'une opinion publique largement conditionnée. Cela apporte de l'eau aux moulins des extrémistes de l'écologie punitive(et de l'anti-systémisme) ; beaucoup d'eau parce qu'il suffit d'affirmer que la classe politique qui est au pouvoir, ou le fut ("les constructif", au moins en principe) ne fait rien en pratique et se cantonne à la gesticulation.<br /> <br /> Oui, on peut avoir des positions "radicales" sans rejeter la science. Ce fut le cas du communisme (avec ses errements, par exemple lyssenkistes). Et je fais le même constat que vous sur les dérives de la gauche (un gauche qui va loin à droite…).