Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Les agriculteurs kényans soutiennent l’appel de leur président en faveur d'une procédure accélérée pour l’accès au cotonnier Bt

4 Octobre 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Afrique, #OGM

Les agriculteurs kényans soutiennent l’appel de leur président en faveur d'une procédure accélérée pour l’accès au cotonnier Bt

 

Gilbert Arap Bor*

 

 

 

 

Lorsque le président kényan, Uhuru Kenyatta, s'est rendu dans la ville d'Eldoret en juin, il a donné à ceux d'entre nous qui vivent ici un grand espoir quant à l'avenir de l'agriculture, de la science et de la technologie.

 

Deux mois plus tard, cependant, nous attendons toujours des ministres de son gouvernement qu'ils tiennent sa promesse de lever l’interdiction des OGM néfaste pour le Kenya.

 

Le 21 juin, le président s'était rendu dans cette ville pour mettre en service la filature de coton Rift Valley Textile (Rivatex), qui créerait des milliers d'emplois dans le secteur textile, améliorerait les perspectives économiques des producteurs de coton et l'aiderait à atteindre les objectifs de son « Big 4 Agenda ».

 

Il a également fait une annonce majeure : il a enjoint publiquement les Ministres de l'Agriculture, de l'Industrie, de la Santé et de l'Éducation d'accélérer la commercialisation du cotonnier GM et de lever l'interdiction de 2012 d'importation d'organismes génétiquement modifiés.

 

C'était précisément ce que je voulais entendre. Ma ferme est située juste à l'extérieur d'Eldoret, dans le grenier à pain du pays. Bien que je ne cultive pas de cotonnier – mes principales productions agricoles sont le maïs, les produits laitiers et les légumes –, j’ai tout de suite compris l’importance considérable de cette directive. Cela signifiait que le Kenya allait enfin abroger une interdiction qui a porté préjudice à nos agriculteurs et empêché le Kenya d'atteindre la sécurité alimentaire ; que le cotonnier et le maïs Bt seraient immédiatement commercialisés.

 

Le président Kenyatta a déclaré qu'en rejoignant les pays qui ont adopté la biotechnologie, nous pourrions enfin entrer dans le 21e siècle.

 

Le problème est qu’au cours des deux mois qui ont suivi sa visite, nous n’avons fait aucun progrès au-delà de nos méthodes du XXe siècle. Nous ne sommes pas plus près de la commercialisation du cotonnier GM qu’au début de l’année ! Les ministres semblent n'avoir rien fait.

 

Je demande au Kenya d’accepter les OGM depuis une décennie. J'ai personnellement constaté comment cette technologie sûre et éprouvée a aidé des agriculteurs du monde entier, des États-Unis à l'Afrique du Sud, du Canada à l'Inde. En réduisant les menaces posées par les parasites et les mauvaises herbes, elle a permis aux agriculteurs de produire des récoltes record.

 

L'accès aux OGM est crucial pour un pays en développement comme le Kenya, où des millions de personnes – plus de 80 % de la population kényane – dépendent de l'agriculture pour subvenir à leurs besoins et où la malnutrition est une menace constante. Nous devons trouver des moyens créatifs et durables d’accroître les revenus de nos agriculteurs et d’améliorer la sécurité alimentaire de tous. Les OGM n’accompliront pas cela seuls, mais ils constituent un élément important de la formule – et nous les avons dédaignés depuis trop longtemps.

 

Dans son allocution lors de la mise en service de la filature de coton à Eldoret, le président Kenyatta a évoqué la demande de cotonnier GM. Si l’usine rénovée doit fonctionner à plein régime et en plein emploi, elle aura besoin d’un approvisionnement fiable en coton. Pour y parvenir, les agriculteurs devront avoir accès à des OGM qui neutralisent les attaques des vers de la capsule, ce qui décuplera la production de coton dans 22 comtés – passant de 28.000 tonnes à 260.000 tonnes par an. Ce coton alimentera non seulement la nouvelle usine, mais également une demi-douzaine d’autres usines qui ont fermé leurs portes ces dernières années. La technologie des OGM pourrait les aider à retrouver la vie.

 

Partout où les producteurs de coton ont eu accès aux OGM, ils se sont empressés de les exploiter. En Inde, par exemple, environ 97 % des producteurs de coton cultivent des variétés GM. Personne ne leur a imposé cela. Ils l'ont choisi volontairement parce qu'ils en ont constaté les avantages.

 

Le maïs est la prochaine cible évidente pour l'adoption des OGM. En tant que producteur de maïs, je suis parfaitement conscient de la façon dont les OGM peuvent améliorer ma productivité et ma rentabilité. Cet outil m'aiderait à tuer les insectes qui rongent mes cultures sans la complication des pesticides. Et tout ce que je cherche, c’est l’accès à la même technologie que les agriculteurs de nombreux autres pays qui tiennent maintenant les OGM pour acquis.

 

Nous, les Kényans, pouvons nous plaindre de tout ce que nous voulons sur les héritages du colonialisme et du racisme et sur la façon dont le monde néglige l’Afrique ; même en ce qui concerne la corruption – mais dans le cas des OGM, la triste réalité est que nous nous sommes privés de cette opportunité. Nous n'avons personne d'autre à blâmer.

 

Nous pouvons et devons inverser le cours des choses. Nous avons vu ce que les OGM peuvent faire pour les agriculteurs et les consommateurs ailleurs. Laissons ce miracle de la technologie améliorer nos propres vies.

 

Le président Kenyatta comprend l'opportunité. Il y a deux mois à Eldoret, il l'a exprimé. Il incombe maintenant à ses ministres d’encourager la commercialisation réussie des OGM, afin que les agriculteurs du Kenya puissent les cultiver dès 2020.

 

Le temps des mots est terminé – et le moment d'agir est venu.

 

_________________

 

Gilbert Arap Bor

Agriculteur, Kapseret, Kenya

 

D. Gilbert Arap Bor cultive du maïs et des légumes et élève des vaches laitières dans une petite ferme de 10 hectares située à Kapseret, près d'Eldoret, au Kenya. Il enseigne également à l'Université Catholique d'Afrique Orientale, sur le campus d'Eldoret, et est membre du conseil d'administration de la Kenyan Fish Marketing Authority. Dr Bor est le récipiendaire du prix Kleckner 2011 et est membre du Réseau Mondial d'Agriculteurs (Global Farmer Network).

 

Source : https://globalfarmernetwork.org/2019/08/kenyas-farmers-support-their-presidents-call-to-fast-track-bt-cotton-access/

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article