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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« "Glyphosate: Champigny-sur-Marne n’est pas Champigny-en-Beauce!" La tribune de Pascal Brindeau » dans l'Opinion

15 Octobre 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Pesticides, #Politique

« "Glyphosate: Champigny-sur-Marne n’est pas Champigny-en-Beauce!" La tribune de Pascal Brindeau » dans l'Opinion

 

Glané sur la toile 418

 

 

(Source)

 

 

« Glyphosate: Champigny-sur-Marne n’est pas Champigny-en-Beauce! » est une tribune libre bienvenue de M. Pascal Brindeau, député UDI du Loir-et-Cher.

 

Comment mieux décrire la bassesse démagogique de la décision de M. Christian Favier, président du conseil départemental du Val-de-Marne, d’interdire le glyphosate dans tout son département, au nom du principe de précaution (il a bon dos, ce principe...) ?

 

Le Val-de-Marne ? quelque 50 exploitations pour une surface agricole utile de 1.000 hectares. Le Loir-et-Cher ? Près de 3.500 exploitations et 307.212 hectares de SAU.

 

En clair :

 

« Plus simple d’interdire quand ce choix n’a pour ainsi dire aucune conséquence humaine et économique. »

 

Et en bref :

 

« Loin d’être les pollueurs irresponsables que certains khmers verts dénoncent, les agriculteurs français savent pertinemment que la terre est leur outil de travail, que la qualité est le gage de leur durabilité, que le modèle agricole français repose sur l’exigence de qualité et la responsabilité environnementale. »

 

Il faut cependant une mise en garde contre une concession qu'on trouve quasiment à chaque coin de tribune en faveur de l'agriculture. Ici, c'est :

 

« Ainsi, la plupart des agriculteurs que je rencontre me font part de leur désir de réduire rapidement le recours aux pesticides et de mettre en place les conditions d’un nouveau modèle paysan où local et durable vont de pair. »

 

Marre du « nouveau modèle », en plus « paysan […] local et durable » ! Les 3.500 exploitations loir-et-chériennes contribueront-elles à alimenter les quelque 1.380.000 Val-de-Marnais avec une agriculture d'un « modèle paysan », etc. ? Bien sûr que non.

 

Marre aussi de la réduction, en plus rapide, des pesticides ! Arrêtons de semer de faux espoirs et de planter de fausses promesses.

 

La France est une utilisatrice moyenne de produits phytosanitaires sur la scène européenne, malgré des secteurs viticoles et fruitiers importants. Compte tenu de l'efficacité de son secteur agricole, c'est une performance remarquable.

 

Il y aura une réduction des usages, probablement importante, avec l'évolution technique (agronomique, génétique, chimique et technique) – peut-être compensée par une augmentation du fait de l'extension de l'agriculture biologique, grande utilisatrice de cuivre et de soufre et de produits moins performants que ceux que ses thuriféraires honnissent et vilipendent.

 

L'indicateur de fréquence de traitement (IFT) moyen est de 3,8 pour le blé tendre selon le document ci-dessous, dont 0,5 pour « autre » (essentiellement un régulateur de croissance) et 1,5 pour les fongicides. Traduisons en termes simples pour les lecteurs non familiers du jargon : le producteur de notre nourriture sort son pulvérisateur quatre fois dans l'année pour le blé. Croit-on sérieusement que l'on peut réduire le nombre de traitements fongicides ? Avec à la clé non seulement d'importantes pertes de rendement (de nourriture produite), mais aussi de gros risques sanitaires liés aux mycotoxines ?

 

L'IFT moyen est de 1,5 pour le maïs grain, essentiellement herbicide. Croit-on sérieusement que remplacer les herbicides par des désherbages mécaniques répétés – chronophages et émetteurs de GES, en attendant les robots désherbeurs efficaces et économiques – est une solution (voir par exemple la France Agricole du 4 octobre 2019) ?

 

 

 

 

Il serait temps pour les agriculteurs et leurs amis de déployer le langage de vérité, tant sur la situation actuelle que sur les perspectives d'avenir.

 

Mais M. Pascal Brindeau a raison de souligner que

 

« Il est temps de sortir d’un certain écologisme accusatoire et même inquisitoire, qui conduit à nous monter les uns contre les autres. Agriculteurs et consommateurs ne s’opposent pas, bien au contraire ! »

 

 

 

 

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max 15/10/2019 17:05

Une phrase que je trouve hypocrite de la part du bio est "n’opposons pas les modèles", sachant que l'existence du bio est basé sur l'opposition au conventionnel, en se prévalant d'être meilleurs en tous.