Envoyé Spécial : appel à témoignages ou appel à la délation ?
(Source)
Décidément, le service public audiovisuel fait de plus en plus fort !
Il y a déjà cet appel pour « nous alerter » en bandeau sur certains articles de FranceTVInfo.
« Vous êtes citoyen et vous avez repéré des déchets dans la nature, une faune et une flore décimées près d'une entreprise ou d'une exploitation agricole ? Vous avez eu connaissance, autour de vous, de maladies à répétition et suspectez une origine environnementale ? Vous êtes bénévole dans une association ou élu dans une commune et ne savez plus quoi faire face à un cas de pollution ? Alertez-nous dans le formulaire ci-dessous. Vous pouvez également nous contacter via les applications chiffrées WhatsApp ou Signal, au numéro suivant : 06 13 76 73 41. »
Est-ce sur cette base que France 3 et France Bleu publient des bouses médiatiques à répétition, comme celle démontée ici ?
(Source du gazouillis répercuté)
Quelle comparaison historique peut-on se permettre sans risquer le point Godwin (ou autre) ?
Les dénonciations anonymes sont aussi bienvenues…
On vient apparemment de franchir un nouveau cap avec « APPEL A TEMOIGNAGES. Tensions autour des pesticides : riverains ou agriculteurs, racontez-nous comment cela se passe chez vous ».
En chapô :
« Le 24 octobre, "Envoyé spécial" diffusera un reportage consacré aux tensions entre riverains et agriculteurs sur la question des pesticides. Pour l'occasion, l'émission de France 2 s'associe avec franceinfo.fr pour vous donner la parole. »
À ce stade, cela peut sembler anodin, neutre.
Oui, mais c'est pour le très spécieux Envoyé Spécial...
Oui, mais on sait très bien que ce genre d'appel – particulièrement dans une atmosphère de chasse aux sorcières, du reste entretenue par nombre de médias et notamment le service public audiovisuel – suscite les « témoignages » infondés, la délation et les dénonciations calomnieuses.
Oui, mais l'appel est ciblé :
« Arrêtés anti-pesticides, riverains inquiets de voir des produits phytosanitaires épandus à quelques mètres de leur habitation, agriculteurs agressés, débat sur la distance minimale à respecter... La question des pesticides suscite de plus en plus de tensions en France. Alors que la consultation citoyenne sur ce sujet brûlant s'achève mardi 1er octobre, "Envoyé spécial", qui y consacrera un reportage sur France 2 le 24 octobre, et franceinfo s'associent pour vous donner la parole, avec un dispositif similaire à notre #AlertePollution.
Vous habitez près d'un champ ou d'une exploitation agricole et vous vous inquiétez des conséquences des pesticides pour votre santé ? Vous êtes agriculteur et vous avez déjà été confronté à l'hostilité de vos voisins après un épandage ? Votre maire a pris un arrêté anti-pesticides et vous soutenez/dénoncez cette démarche ? Racontez-le nous en remplissant le formulaire ci-dessous et en nous laissant vos coordonnées pour que nous puissions vous recontacter. »
Il y a, certes, une possibilité de témoigner pour les agriculteurs.
Mais le cœur de cible, c'est ceux qui ont/auraient été confrontés à l'hostilité de voisins, pas ceux – probablement beaucoup plus nombreux – qui vivent en bonne intelligence avec des gens qui comprennent les réalités de l'agriculture, autrement dit de la production de ce que nous mangeons.
Mais les agriculteurs ont déjà fait l'expérience de tant de mauvaises expériences – par exemple pour l'émission sur les « bébés sans bras » – que bon nombre d'entre eux ne prendront pas la peine d'informer une équipe de production qui, a priori, ne jouit guère de crédibilité.
Envoyé Spécial – une émission souvent putassière que le service public audiovisuel s'obstine à diffuser pour faire, non pas de l'information, mais de l'audimat – ne s'intéresse selon le formulaire qu'aux situations de tension ou de conflit :
« Décrivez le plus précisément possible les tensions/problèmes autour de l'utilisation de pesticides ».
Quel est l'objectif ? Faire à nouveau de l'audimat et du buzz (et accessoirement flatter l'ego zeppelinesque de l'équipe de production) ? Peser pesamment sur le processus de décision gouvernemental sur les zones non traitées en agitant la menace implicite de nouvelles tensions et hostilités, que le service public audiovisuel aura bien sûr suscitées, s'il n'est pas satisfait aux revendications des activistes ?
Que fait le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel ? Que fait la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés, car il y a manifestement constitution d'un fichier. Pas seulement de « témoins » et délateurs, mais indirectement de personnes mises en cause, nommément ou faciles à identifier ?
/image%2F1635744%2F20150606%2Fob_b8319b_2015-06-06-les-champs-de-l-au-dela-tom.jpg)