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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Tribune anti-élevage : c'est qui l'auteur ? Et quel est l'objectif ?

10 Septembre 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Activisme, #élevage

Tribune anti-élevage : c'est qui l'auteur ? Et quel est l'objectif ?

 

 

Comment illustrer la notion d'« élevage intensif » : un attroupement de vaches devant la salle de traite (Source)

 

 

Le 5 septembre 2019 (date sur la toile), le Monde a publié une tribune, « En finir avec l’élevage intensif, cet ennemi de l’intérêt général », avec le chapô suivant :

 

« L’association de défense des animaux L214 lance, dans une tribune au "Monde", un appel contre l’élevage intensif, soutenu par près de 200 signataires, dont Isabelle Adjani, Stéphane Bern, Florence Burgat, Frédéric Lenoir, Michel Onfray, Amélie Nothomb, Pablo Servigne et Véronique Sanson. »

 

 

 

 

Le même jour, mais un peu plus tard, la même tribune est publiée par FranceTVInfo sous le titre « TRIBUNE. "Nous ne voulons plus de ce système ennemi de l’intérêt général" : près de 200 personnalités réclament la fin de l'élevage intensif », avec en chapô :

 

« Isabelle Adjani, Pierre Niney et 180 autres personnalités, chercheurs ou citoyens, pointent du doigt "l'immobilisme" des élus, voire leur "soutien actif au lobby de l’élevage intensif". »

 

Question : qui est à l'origine de cette tribune ? Le Monde – qui a choisi d'illustrer son article sur la toile par un alignement de carcasses – a été transparent. Mais alors pourquoi FranceTVInfo – qui a choisi un attroupement de vaches, apparemment dans l'aire d'attente avant passage à la traite – a-t-il choisi d'occulter la véritable source ?

 

Car L214 a publié ce truc comme un « Appel contre l'élevage intensif » ouvert à la signature des quidams et avec une liste d'organisations signataires plus étoffée, incluant par exemple... Générations Futures...

 

La tribune/appel/pétition est évidemment rédigée avec soin – en ratissant large avec tous les mots clés susceptibles de faire réagir – pour, en principe, dénoncer les abus. Mais l'objectif réel est transparent : c'est tout l'élevage et l'alimentation incluant des produits issus d'animaux qui est ciblé :

 

« Nous ne voulons plus d’un modèle alimentaire fortement carné et lacté qui sous-tend ces modes de production et qui met en danger notre santé.

 

[…]

 

L’urgence éthique, climatique, environnementale, sanitaire et sociale impose d’engager notre pays dans une transition agricole et alimentaire : nous devons nous diriger rapidement vers une consommation essentiellement végétale, durable, saine, respectueuse de l’environnement, des animaux et des humains. »

 

Et ces gens, après sept péremptoires « [n]ous ne voulons plus » exigent :

 

« Nous exigeons :

 

un moratoire immédiat sur l’élevage intensif et l’interdiction de nouvelles constructions destinées à élever des animaux sans accès au plein air ;

 

un plan concret de sortie de l’élevage intensif, avec accompagnement des personnes qui en dépendent aujourd’hui vers des productions alternatives ;

 

une végétalisation d’ampleur de l’alimentation en restauration collective publique ou privée. »

 

Parmi les « arguments » :

 

« Nous ne voulons plus de ce système, soutenu par l’argent public, ennemi de l’intérêt général. Un système qui impose des conditions de travail éprouvantes, aliénantes et risquées, où les agriculteurs se suicident davantage que dans toute autre catégorie socioprofessionnelle. »

 

Pour le dire crûment, ces gens empilent des cadavres pour se faire une tribune pour diffuser une tribune/appel/pétition. Utiliser ainsi le malheur et le désespoir d'agriculteurs – pas nécessairement victimes du « système » d'élevage dénoncé – est tout simplement ignoble.

 

Mais la bien-pensance activiste ne connaît pas de limites.

 

Le gazouilleur Christophe B. (agritof80) a produit un intéressant fil Twitter destiné à rappeler quelques faits sur l'agriculture, l'élevage et notre alimentation. Cela part essentiellement de :

 

« Vu la photo d'illustration, je présume que les signataires de la tribune veulent donc interdire l'élevage de vaches laitières nourris au maïs et aux tourteaux au profit de l'arrêt de l'élevage ou au profit de l’élevage Bio à l'herbe.

Voilà pourquoi c'est une erreur : »

 

Nous ne présumerons pas les motivations de cette clique hétéroclite de « personnalités » moralisatrices – sans nul doute d'une très grande compétence et faisant autorité sur le(s) sujet(s) qu'ils dénoncent (ironie).

 

Nous noterons toutefois qu'il y a un éleveur et un boucher (!), trois signatures se prévalant de l'INRA (!) et l'organisatrice du diplôme universitaire « anti-viande » de l'Université de Rennes 2 dans cette collection de saltimbanques, présentateurs/trices de télévision (et producteurs/trices), écrit-vain.e.s, professeur.e.s et universitaires hors-sol, végan.e.s, antispécistes, idiots utiles de l'industrie de la « viande » végétale, astrophysicien, moine boudhiste, etc.

 

Mais nous recommanderons chaudement la lecture du fil.

 

 

Post scriptum

 

C'est aussi à lire : « Nous ne voulons plus du mépris de la ruralité ».

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H
Je suis en train de me livrer à un petit exercice intéressant : l'étude du Manuel pratique de la culture maraichère de Paris au XIXème, petit livre culte des bobos néo jardiniers. Rien de nouveau sous le soleil pour qui a appris à faire un jardin avec ses parents, grands parents et arrières grands parents et a vécu partiellement dans le monde agricole. Néanmoins, à le feuilleter, je me suis interrogée sur les quantités de fumier utilisée par ses "merveilleux" maraîchers. Je connaissais déjà parfaitement le système des norias légumes-fumier , il est bien documenté : la femme du maraicher partait avant l'aube avec un employé porter aux halles (ou marché) les légumes, soit en hotte sur le dos et plutôt en voiture à cheval au temps de ce manuel. L'employé revenait avec avec la voiture à cheval pleine de fumier, récupérée dans les écuries de la ville (souvent des contrats), et le cas échéant refaisait un ou 2 aller-retours dans la matinée. Et bien les quantités de fumier utilisée paraissent énormes, selon la valeur des "voitures" j'oscille entre 50 tonnes et 250 tonnes de fumier à l'hectare, ceux qui font les primeurs sur couches chaudes étant les plus consommateurs. A plus ou moins 8 kg d'azote la tonne de fumier équin, il me semble que la directive nitrates doit être dépassée de très loin ? Les maraichers bio font-ils l'objet d'une exemption sur la directive nitrates ? Et avec quoi la célèbre ferme bio modèle va faire ses célèbres couches chaudes, si l'élevage devient rare et uniquement en libre parcours ? Devras t-elle payer très cher son fumier de cheval ? Je passe sur les heures de travail des maraichers du XIXème : un esclavage que plus personne n'accepterait... Et je m'interroge sur qui achetait ses fameux primeurs ? Quelques sondages historiques me laissent à penser que le citadin moyen ne mangeait jamais ce fameux melon produit en avril, ni aucun autre melon d'ailleurs. En fait, je pense que ces maraichers avaient pour clientèle principale la riche bourgeoisie des villes, les classes moyennes ou pauvres n'achetant qu'un peu de légumes de grosse production en pleine saison mais en tout cas jamais les fameux melons, les asperges vertes ou blanches, les romaines primeurs et la délicate mâche... et j'en passe....
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S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Serait-ce celui-ci :<br /> <br /> https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6423206t.texteImage<br />
S
Encore une fois, la Confédération Paysanne se compromet avec L214. Il y a encore un éleveur dans ce syndicat ?
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S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Est-ce que c'est un syndicat ?
J
FABER serait pret a signer.A se demander si Danone ou ALpro(rien avoir avec les Alpes) finance L 214.<br /> Il a dit Dimanche approuver cette association.a quand une L214' dans une usine Danone?
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S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> "Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons"... attribué à Lénine.